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Quand le design, c’était la fête

La galerie des Gobelins au Mobilier national nous installe dans l’intimité créative d’un célèbre designer de 80 ans, Pierre Paulin.

Dans un cadre solennel, avec une scénographie rigoureuse d’Alain Moatti et d’Henri Rivière, l’exposition qui présente deux décennies de recherches et d’éditions avant de célébrer l’arrivée du design au palais de l’Elysée en 1969, puis en 1981, n’est pas particulièrement joyeuse et les interviews du créateur laissent apparaître une certaine désillusion : « je ne suis pas disparu, je ne suis jamais apparu... ». Cette période de non-médiatisation, qu’il décrit amèrement dans une interview diffusée sur place, fut pourtant un moment où chaque idée finalisée et validée par sa mise en œuvre industrielle, était fêtée, avec ou sans cocktail comme une avancée par une population composée de créatifs et de tous ceux qui leurs faisaient confiance.

Le nouveau devait remplacer l’ancien.

Le public concerné était beaucoup plus restreint qu’aujourd’hui même si les créations de Pierre Paulin s’adressent à tous. Le parcours proposé n’est pas seulement chronologique, il est pédagogique. Chaque meuble raconte une histoire, une contrainte, une anecdote : celle du tapissier furieux, la bouche pleine de clous, qui voit le tissu élastique s’adapter immédiatement à la forme comme un maillot de bain.

Les interventions particulières des créations élyséennes : ne pas faire bruit pendant l’installation de la salle à manger présidentielle pour ne pas gêner le voisinage, le choix du polyester pour simplifier l’entretien et d’un industriel spécialisé dans la fabrication des bateaux de pêche pour les coques qui forment les parois qui se retournent en faux-plafond.

Les modèles présentés sont toujours inscrits dans le présent.

Ce qui a changé c’est que le coup de crayon du designer n’a de valeur aujourd’hui que s’il est souligné par le coup de crayon du journaliste (savoir le faire et le faire savoir).

Cette exposition témoigne d’un combat, celui d’un créateur qui renouvelle les pratiques, les usages, en s’adressant à tous, puis à quelques-uns, en gérant les contraintes de la production ou de la réalisation, sans jamais oublier la simplicité, l’élégance, la qualité. Joachim Richard pour planetefacility.com

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