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Quand le général de Gaulle passe le bac

Des 4 oeuvres au programme de littérature en terminale littéraire, une nouvelle fait son apparition pour l’année scolaire 2010-2011. Dans la catégorie Littérature et débats d’idées - Littérature et Histoire, on retrouve : Mémoires de Guerre, Tome III « Le Salut, 1944-1946 » de Charles de Gaulle. Mais cela ne plaît pas à tout le monde. Un certain nombre de professeurs ont même lancé une pétition contre l’étude des Mémoires du général.

" Proposer de Gaulle aux élèves est une négation de notre discipline. Nul ne songe à discuter l’importance historique de l’écrit de de Gaulle (...). Mais enfin, de quoi parlons-nous ? De littérature ou d’Histoire ? Aucun thuriféraire du général ne songerait à comparer l’écriture des Mémoires de guerre au style et à la portée de tout autre mémorialiste si l’on veut rester dans ce genre littéraire. " s’indigne la pétition, lancée par le collectif " Les Lettres volées " et qui a recueilli pas moins de 1562 signatures. La question divise.
 
Hormis les 1562 signataires, beaucoup d’historiens, d’écrivains et de journalistes défendent le général :
 
Max Gallo. L’écrivain et historien estime que " le général fait partie des plus grands mémorialistes de notre histoire au même titre que le cardinal de Retz ou Saint-Simon. Vouloir suspecter une intention politique derrière ce choix est indigne. "
Car il est vrai que l’on pourrait vite penser à un débat idéologique : Gaulliste ou anti-Gaulliste ? Le général n’a jamais fais l’unanimité, et même en 2010 il est encore contesté. Sur le plan littéraire certes, mais la politique prend parfois le dessus sur bien des choses.
 
Pierre Assouline, romancier, journaliste et biographe n’y va pas de main morte : " De Gaulle est un écrivain. Et l’un des plus grands. C’est un monument. Personne n’a protesté quand Churchill a reçu le Nobel de littérature en 1953. Et pourtant il a écrit ses Mémoires avec un atelier de 50 nègres ! " Il poursuit : " Cette polémique, c’est bien français. Les gens confondent littérature et fiction et pour beaucoup il n’y a d’écrivain que le romancier. C’est que je j’appellerais la tyrannie du roman. "
 
Pour Bernard Pivot, " les Mémoires sont tout à fait dignes de figurer au bac littéraire. Je ne vois pas matière à scandale. "
 
Et les élèves, qu’en pensent-ils ? Pour un ancien élève de terminale littéraire qui vient à peine de passer son bac comme moi, la question ne prête pas à polémique. Après avoir planché pendant deux heures sur Blaise Pascal et ses Pensées, tout semble littérature. Car c’est vrai : peut-on parler de littérature avec Pascal ? Ouvrons par hasard l’ouvrage : " Fragment 17 : Il a quatre laquais. " Certes sur le fond la phrase retrouve un sens, mais des fragments désorganisés font-ils de la littérature ? Permettez-nous d’en douter.
 
A l’heure ou les mémoires des jeunes se vident de tout contenu historique, et ou le général de Gaulle ne résonne plus que comme un arrêt de bus, ou une station de métro, son étude en classe de littérature apparaît comme une bonne nouvelle. Un très bon lien avec le programme d’Histoire en terminale littéraire. C’est d’ailleurs ce que vise l’Education Nationale, qui prône l’intérêt de l’interdisciplinarité : " Il est bon que les matières communiquent entre elles pour que les élèves puissent mettre en perspective l’Histoire par la littérature et la littérature par l’Histoire.
Ce à quoi répond le Snes-FSU ( le premier syndicat des professeurs de collèges et lycées ) par le biais de son cosecrétaire général, Roland Hubert : " Le ministère instaure une confusion entre ces disciplines, particulièrement dommageable dans une série qui se veut littéraire. "
 
Malgré la polémique, les éditions Hatier, Ellipses, Pocket et Bréal ont déjà préparé les ouvrages qui accompagneront l’étude du texte, à paraître cet été.
 
" Je vous ai compris " a dit le général de Gaulle un jour. Devrait-on le répéter à ses détracteurs d’aujourd’hui ? Non, car justement, aujourd’hui on ne les comprend pas.
 

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2 réactions à cet article    


  • Jean 14 juillet 2010 19:36

    Après tout Dumas s’ est servi de l’ Histoire pour ses romans, au moins là c’ est de
    l’ histoire vraie même si c’ est une version, une interprétation personnelle des évènements, ....ce qui, justement donne un intérêt, cette fois, littéraire ;

    et l’ écriture de l’ Histoire n’ est pas incompatible avec l’ art en soi d’ écrire.

    L’ auteur y exprime parfois son ressenti sur la vie ou sur les Hommes...


    • Bruno R. Bruno R. 16 juillet 2010 11:20

      Chacun aura sa propre définition de la littérature. Les mémoires gaulliennes ont font, pour moi, parties.

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