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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Quand le lecteur devient acteur.....

Quand le lecteur devient acteur.....

L'auteur est seul, face à sa copie, c'est l'inspiration qui le guide.
Pour diffuser son oeuvre, s'il ne dispose pas d'un réseau national de diffusion et :/ou du soutien d'une grande maison d'édition ; il doit faire des séances de dédicaces et participer à un maximum de salons pour se faire connaître et vendre son ou ses livres.
Il y rencontre des nouveaux ou anciens lecteurs qui peuvent l'interpeller pour donner leur avis et même parfois pour émettre des propositions.
Le lecteur devient quelque peu acteur... C'est ainsi que des auteurs devant le succès d'une histoire produisent une suite....
La transformation du roman "Mamou Roche" en trilogie est née d'une relation forte, via facebook et les salons entre une auteure et des lecteurs qui n'ont eu cesse de l'interroger sur tel personnage et sur son avenir.

"L'enfant-soleil
Mamou Roche-tome II"
roman de Sophie Massonnaud-Herbouiller
Éditions cdans la poche
juin 2012
298 pages
20 €
 Les "faibles" prennent leur revanche

Quand Sophie Massonnaud-Herbouiller édite en 2010 son roman"Mamou Roche", elle ne prévoit pas d'écrire une suite, même si l'idée lui a trotté dans la tête. Ce sont les lecteurs, "prisonniers" volontaires de cette saga familiale qui lui demandent instamment de ne pas laisser la fin en l'état.
Les personnages sont attachants et à la fin du livre, on se demande si les dominés dans cette famille sont voués à leur sort....
L'auteure, touchée par l'intérêt que suscite ce livre qui d'ailleurs obtient le premier prix littéraire des lecteurs Auteurs Libres, est sensible à la demande des "fans" de la famille des Hermasson de La Baule.
Elle décide de se lancer dans l'écriture d'une trilogie en se donnant le temps de peaufiner son "sujet". On n'écrit pas au km surtout quand on aime peaufiner son écriture et lui donner du mouvement et de la couleur
Il n'est pas question de faire à la va vite mais de poursuivre sur la voie tracée, d'autant plus que cette fiction était dans sa tète avec l'idée d'aller plus loin, peut être.
Ce tome II est aussi prenant et passionnant que le premier.
Les lecteurs qui n'ont pas lu le premier livre ne sont pas perdus car l'auteure n'oublie pas de rappeler brièvement au tournant d'une phrase, l'identité et la place des différents personnages.
Rien n'est acquis et parfois, l'amour et l'amitié peuvent l'emporter sur la haine, la jalousie et l'égoïsme....Quant aux faibles, ils peuvent, à tout moment se ressaisir et se reconstruire .
Parfois il arrive que la lumière jaillisse et "déshabille" certaines personnes qui voient se casser les représentations qu'ils avaient de leur proche et d'eux même !
Paul en se regardant dans la glace a découvert quelqu'un qui ne lui plaisait plus : "...Depuis combien de temps était-il devenu le pauvre type que lui renvoyait son reflet ? des mois, des années ? Non, des décennies, une étarnité. Des lustres !"
C'en est assez, il faut se relever !

Les amateurs de sociologie seront ravis...L'auteure dépeint avec talent une micro-société avec ses mœurs , ses habitudes, ses préjugés , le tout dans le cadre d'une histoire vivante et riche en rebondissements.
Le suspense est bien présent dans ce livre qui n'est pourtant pas un thriller proprement dit : des menaces pèsent sur Tatiana, la fille de Tina....
Encore une fois l'auteure réussit le tour de force de nous contraindre à aller jusqu'au bout afin de connaître le dénouement de l'intrigue et les réponses aux questions que nous nous posons...
Le lecteur ne reste pas sur sa faim quand il arrive à l'issue de cette histoire, ce qui ne l'empêche pas de s'interroger et d'avoir envie de savoir si la « rédemption » de Mamou est réelle et définitive et si.... mais là je n'en dis pas plus !

Jean-François Chalot


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8 réactions à cet article    


  • Leo Le Sage 7 août 2012 11:10

    @AUTEUR/CHALOT
    J’ai plussé l’article
    Ben quoi, il faut encourager les lectures utiles non ?

     
    Cordialement

    Leo Le Sage
    (Personne respectueuse de la différence et de la pluralité des idées)


    • CHALOT CHALOT 7 août 2012 11:33

      L’auteure va venir au 3ème salon littéraire de Vaux le Pénil qui se tient à Vaux le Pénil le dimanche 14 octobre 2012, c’est l’occasion d’une rencontre et d’échanges.


      • asterix asterix 7 août 2012 12:45

        Cette solitude de coureur de fond nous est commune à tous, nous les dingues qui passons notre temps à concevoir des écrits.
        Sophie a bien de la chance d’avoir un gars de ton accabit ( un ou 2 c ? ) pour la soutenir. Tu as fait la même proposition à d’autres. Personnellement, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, mais ce sera quand j’estimerai en avoir fini. Un auteur n’est jamais démuni devant lui-même, toujours face à autrui. C’est assez difficile à vivre tant qu’on est pas reconnu. Et si cela arrive - en vérité, qu’est-ce que cela change ? les salamalecs seront légion. Au cas inverse, dura lex sed lex.
        Quant aux maisons d’édition, elles sont là pour vendre, faire du fric. Le bon temps des mécènes, parfois récompensés par un succès auxquels ils étaient les seuls à avoir cru, est révolu. Si je voulais faire du fric, je m’en irai composer une biographie de Bachar. Deux ou trois semaines avec une marée de nègres obéissants derrière moi. Du hot dog littéraire avec sa couche de moutarde. Succès assuré, du fric à la pelle.
        Mais voilà, nous voulons autre chose et c’est difficile à comprendre pour les tenants du matérialisme à tout prix.
        Je n’ai qu’une affirmation à poser : continue Chalot, vas-y Sophie, ne baisse pas les bras Asterix.
        Bonne chance à celle que tu soutiens. Te connaissant d’écriture, son boulot doit être costaud. Si tu savais à quel point des gens comme toi nous sont utiles...


        • CHALOT CHALOT 7 août 2012 16:11

          Merci Astérix, je suis disposé à te lire et à faire une chronique pour le plaisir et le coup de pouce


          • asterix asterix 7 août 2012 20:02

            Pour la chronique, je préfère pas. D’autant que par modestie, j’écris sur un autre nom et ne cherche aucunement à me faire connaître de manière détournée sur Agoravox. Mais ne t’en fais pas, bientôt tu recevras les 311 pages A4 auxquelles je mets la dernière main.
            Ma réaction ci-dessus n’était qu’un cri du coeur, salut à toi


          • L'enfoiré L’enfoiré 8 août 2012 18:34

            Il y a près d’un an, il y a eu le salon « La fureur de lire ».

            Alors, l’analyse de ce qui est lu était intéressante.
            Comme dit Asterix, tout est dans la médiatisation d’un livre.
            Il n’y a pas à se leurrer, un livre, cela ne marche pas tout seul, même bien écrit.
            Il y a l’idée originale, la manière de le faire avancer, le fond, et la forme.
            Beaucoup de dialogues ont remplacés les descriptions.
            La grosseur du bouquin comme on le faisait à l’époque de Balzac est souvent révolue.
            Plus le temps de lire. Alors, il faut écrire en résumé.
            400 pages une moyenne.

          • MASSONNAUD MASSONNAUD 10 août 2012 17:11

            Bien vu dans l’ensemble mais j’ajouterai un commentaire sur les maisons d’éditions « qui sont là pour faire du fric »...
            C’est vrai en général mais ce n’est pas toujours le cas, fort heureusement !
            Les éditions Sokrys, par exemple, ne correspondent pas à ce cas de figure.
            Bon courage !
            Amitiés
            Sophie Massonnaud-Herbouiller


            • MASSONNAUD MASSONNAUD 10 août 2012 17:25

              Merci Jean-François pour ce bel article sur « L’enfant-soleil », tome II de « Mamou roche », saga familiale autour de trois générations.
              Comme je le disais à Elodie Cartier qui m’a interviewée sur radio Côte d’Amour, j’ai misé sur l’émotion et le « vécu » des personnages, j’ai mis tout mon coeur et beaucoup travaillé littérairement parlant ces deux romans dont je suis fière : et c’est le « bouche à oreille » qui les a propulsés au succès sur la presqu’île guérandaise ! Je ne bénéficie d’aucune médiatisation (pour répondre au post de « l’enfoiré du 08/08/12) mais je commence maintenant à être connue, depuis quatre ans que j’écris parce que je fais beaucoup de dédicaces et de salons ! Je me démène pour me faire connaître, je dédicace mes romans... et le lectorat suit, fidèle et »happé« par l’intrigue !
              Alors, hauts les coeurs ! Je dis toujours aux auteurs qu’il faut »se bouger" et ne pas ménager sa peine : ils sont les mieux placer pour vanter leurs ouvrages !
              Amitiés :)
              Sophie

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