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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « R.E.R. » de Jean-Marie Besset au Théâtre de la Tempête

« R.E.R. » de Jean-Marie Besset au Théâtre de la Tempête

Ce « RER » opère comme une réconciliation virtuelle de Jean-Marie Besset avec lui-même, s’offrant en synthèse d’une ouverture sur le monde, à partir d’une subjectivité urbaine élitaire.

L’auteur aboutit, ainsi, à un point de vue global, où les disparités de classe se rejoignent en un même élan de solitude, au carrefour souterrain du grand réseau de non-communication moderne.

Cultures juive et homosexuelle vont, notamment, pouvoir exprimer leurs réquisitoires emblématiques, en toile de fond d’un fait divers brassant les ressentiments universels d’une population, en mal être, depuis le haut jusqu’au bas de l’échelle sociale.

Le défenseur de ces causes disparates, bien que similaires, aura beau jeu de plaider, de manière éminemment théâtrale, l’exemplarité du simulacre masquant la non-reconnaissance de soi, en passe de se généraliser.

Dans une dialectique où deux camps composites vont s’affronter pour mieux se dissoudre, au final, dans l’anonymat le plus complet, après avoir fait la une des journaux, Jean-Marie Besset tire les marrons du pseudo « RER », en focalisant sur l’underground d’une société rampante.

Un casting haut de gamme tient les rênes de six personnages bien campés que Gilbert Désveaux a en charge de télescoper, avec fracas mais, si possible, sans perte.

Mathilde Bisson, véritable révélation à peine sortie du Conservatoire national, vibre d’une effervescence toute créatrice pour incarner « Jeanne », l’héroïne d’une agression qui n’eut jamais lieu, même dans la fiction, le 9 juillet 2004, entre Louvres et Sarcelles, sur le RER D.

Chloé Olivères, issue pareillement du Conservatoire de Paris, compose sous « Onyx » et avec brio, le stéréotype féminin d’un volontarisme socioculturel, tendance arrogante voire ségrégative.

Marc Arnaud, dit ici « Jo » et Laurent Razzougui, dit « A.J. », se doivent, en des postures de chevalier servant fort différenciées, d’accompagner, au moins mal, les deux jeunes femmes, tout en sachant que leurs rôles est la cible du même collimateur homosexuel.

Ce dernier, brillant avocat, du style bourgeois-bohème tel que l’affectionne ostensiblement Besset, se pose en pierre angulaire d’une dramaturgie qui, à la croisée de tous ces cheminements, aurait l’ambition d’en tirer la substantifique moelle ou, tout au moins, d’en fédérer les composantes, en ôtant tous les masques.

C’est Didier Sandre qui interprète, dans la subtilité d’une palette, ô combien expérimentée, du sentiment humain, ce personnage de « Herman » avenant et libéral, à la limite du cynisme, bon chic, bon genre.

Face à cette autorité institutionnelle, s’élève la figure tutélaire de la mère, prête à tous les sacrifices, pour défendre sa progéniture mais, également, pour remettre tout le monde au pas du bon sens.

C’est Andréa Ferréol, qui affiche, avec son aura naturel, le phare de cette vérité populaire que « Madame Argence », cultive en étendard.

A la fin des fins, Jean-Marie Besset laisse repartir tout son monde, en une infinité de chemins, qui, sans aucun doute, pourraient tous mener à Rome…

photo © Marc Ginot 

R.E.R. - *** Theothea.com - de Jean-Marie Besset - mise en scène : Gilbert Désveaux - avec Andréa Ferréol, Didier Sandre, Marc Arnaud, Mathilde Bisson, Brice Hillairet, Chloé Olivères & Lahcen Razzougui - Théâtre de la Tempête / Cartoucherie 

 

 


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