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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Reconnaissance », entre réalité et virtualité

« Reconnaissance », entre réalité et virtualité

Ce personnage en mal de reconnaissance, en désir d'être, ce marginalisé, ce chômeur, ce solitaire abandonné, cet étranger, cet original, cette anomalie de la nature, ce condamné à tous les maux de la terre, cette espèce en voie de disparition, génétiquement plus ou moins modifiée, globalement, et pour n'oublier personne, cet hystérique, cet obsessionnel, ce névrotique, ce psychotique, c'est moi, c'est toi que je connais ou que je ne connais pas. Dans son unicité, sa différence, ce personnage a besoin d'être reconnu.

Si c'est de moi dont il s'agit, et si mon signalement est en partie ou globalement similaire à la description de l'un des profils mentionnés, je vais devoir impérativement devenir un enfant dans ma tête. Dans cette stratégie de flexibilité adoptée, je changerai de plan et puiserai dans mon imaginaire la ressource, la spontanéité et la fraîcheur d'esprit pour voir dans mon interlocuteur, en apparence plus nanti que moi, une attente de reconnaissance.

C'est ma liberté, mais je vais devoir prendre sur moi, le jeu sera difficile et décourageant. A ce moment précis je serais libre. Oui mais libre de me taire, d'écouter, de regarder, d'être discret mais présent. Surtout, et cela m'arrange peut être, je n'aurai rien à comprendre. S'il m'est arrivé d'entendre fréquemment ce reproche, « Tu ne comprends rien ! »alors, plus que jamais je serais celui qui n'a pas la prétention de comprendre, en parfaite innocence, dans l'interrogation totale, en somme, un extra-terrestre absolu ? Non simplement un être humain.

Comme je ne puis me satisfaire d'un rôle, à première vue aussi dérisoire, je me dirais, c'est cela être un vrai thérapeute, ah bon ? Alors j'ai trouvé du boulot ?

Au temps de l'humanisme naissant M. De Montaigne disait : « Que sais-je ? »

C'est en effet difficile de s’ouvrir à l’infini d’un être en devenir, car il nous place devant le mystère de la vie. Maintenant que je suis investi d'une mission, me voici en présence d'un inconnu. Ce personnage m'indispose, car il m'oblige à transgresser mes certitudes illusoires, mes théories savantes, mes croyances confortables et rassurantes. C’est humainement angoissant.

C'est affolant pour ceux qui savent ou surtout croient savoir. Alors s'il m'est arrivé de penser que j'étais resté sur le bord du chemin, oublié, méprisé, abandonné, alors je suis neuf, sans illusion, sans certitude, sans prétention, sans bagage, simple et libre, comme au premier moment, quand je vins au monde. Et là, plus que jamais tout est encore possible...je commence à présent.

De plus, et c'est important, je suis valorisé, car, depuis un moment, j'apprends à vivre, scientifiquement, je philosophe sans le savoir, naturellement. Ma pensée s'anime, elle se confronte à l'essentiel (la mort, l'amour, l'amitié, l'éducation des enfants, la solitude, l'expérience...) dans la parole de l'inconnu qui m'honore de sa présence, tout cela s'inscrit et se déroule comme un film et touche étrangement une partie secrète de ma personnalité. Philosopher, c'est vivre heureusement, c'est vrai, je me sens bien, il parait que c'est l'apprentissage de la sagesse. C'est une douce médecine la philosophie. La médecine traditionnelle m'apportait le bien être qu'après la guérison. Celle ci me fait plaisir et me guérit en même temps. Sur les bancs de l'école, cela m'effrayait, mon prof était grave, sourcilleux, renfrogné, terrible et impressionnant, je me sentais idiot, sans parole et sans voix, pétrifié !

Dans ce climat de confiance qui s'instaure avec mon vénérable client, je sens en moi une profonde joie contenue, une allégresse, une douce folie. Il me semble que j'assiste à une fête, un temps précieux se ma vie s'écoule, le bon temps.

Je sens dans les yeux de mon interlocuteur une espèce de gratitude, je ne dis rien ou presque, mon visage tout entier parle en silence, je suis enrichi par la réflexion de l'autre. Je sens que la magie opère, mon interlocuteur semble s'ouvrir au monde par sa parole et sa pensée sans que rien ni personne s'oppose à cet élan, le censure et l'emprisonne. Il se sent reconnu. La connaissance s'est effacée devant la reconnaissance. Si je l'ai rencontré, c'est que je n'avais aucune illusion de le comprendre. Je l'ai perçu comme un être en marche vers un futur, son futur.

Kierkegaard nous dit : « Le soi, c'est seulement ce qui est entrain de devenir »

Notre différence prend toute sa signification, je ne veux pas le comprendre. Dans les instants qui suivent s'opère un mécanisme subtil, le personnage qui me fait face

accomplit une expérience par laquelle il devient en mesure d'aborder l'autre inconnu en lui, son inconscient. C'est là qu'il pourrait solliciter mon intervention pour penser et formuler à sa place, car cela lui demande un pénible engagement qui peut être inquiétant. « je viens ici pour que vous me contiez mon histoire ! »

crie-t-il dans son âme aphone. Se maîtriser est laborieux, car en marge de cette écriture verbale silencieuse on capte le déroulement du fil sensible des événements sporadiques et les affects opposés. La pleine vie. La vie de l'autre touche au sacré dans son essence. Nous ne sommes pas des écrivains mais il nous incombe d'être d'excellents relieurs.

Persistance de la mémoire de Salvador Dali

Imaginons le contre-transfert négatif dans l'échange virtuel du partage. C'est une véritable tragi-comédie qui nous happe, nous enveloppe jusqu'à l'addiction. Dans la vie en général et dans nos articles et commentaires en particulier, le découragement et l'agressivité sont démultipliés, d'autant que nous ne sommes pas toujours dans le bon réflexe d'analyser ce qui se passe en nous. On peut se sentir frustré, par une mise en échec de notre capacité de reconnaître l'autre. L'autre, parlons en, il évolue dans un monde virtuel, plus ou moins masqué, aux icônes les plus incongrues, aux patronymes les plus fantaisistes, nous traînons des casseroles dans un vacarme assourdissant, c'est Venise, mais transfiguré par le talent sulfureux d'un Federico Fellini. La commedia dell'Arte se transforme en un cauchemar insoutenable à la Jérôme Boch ou à la Brueghel l'ancien.

Ce qui peut expliquer nos passages furtifs dans un zapping ininterrompu. Si l'on pouvait visualiser les miasmes qui circulent dans cette atmosphère troublée de violence diffuse, (l'enfer de Brueghel l'ancien.) la reproduction en introduction

Le but de l'opération n'est pas de penser Agoravox comme la plaque tournante de la psychologie des profondeurs, mais il n'est pas interdit de rêver à un mieux être dans un futur plus serein.

Il est entendu que l'on ne soumet pas les auteurs et commentateurs à « la question » comme sous l'inquisition, mais il se passe des courants perturbants pour les âmes plus sensibles qu'il est difficile d'évaluer Que voulez vous reconnaître dans ce tohu-bohu.

Mais enfin, quelle est la question essentielle ? Plus concrètement.

L'homme de Vitruve de Léonard de Vinci

L'auteur vient de sortir son papier, il a fait part de ses états d'âme, de ses convictions, enfin de tout ce qui le touche. Le commentateur entre en jeu. Car il s'agit bien d'un jeu de rôle. Sans bien s'en apercevoir, l'auteur s'est positionné en « analysant ». L'analysant, dans l'intimité d'un cabinet de consultation vient chercher chez l'analyste une reconnaissance. Sans bien s'en rendre compte, le commentateur est investi d'un rôle plus docte, « l'analyste » c'est en quelque sorte celui qui sait, celui qui connaît. Le professeur en quelque sorte. Bien entendu aussi, celui qui croit connaître, car enfin il faut tenter d'être juste. J'en profite pour demander aux commentateurs qui ont fait ce choix, de bien réfléchir sur le pourquoi et le comment de leur choix, une manière d'auto-analyse en quelque sorte. On ne peut tout de même pas leur laisser la part trop belle. Car enfin, pour un auteur, même modeste, et surtout modeste, c'est un plaisir de raconter sa petite histoire.

Le jeu psychologique entre l'auteur, l'analysant et le commentateur l'analyste est posé. Le climat émergeant dans cette rencontre est au fond angoissant. De cette rencontre subtile entre les deux protagonistes, deux attitudes naîtront. Le rejet ou la fusion, (dans la mesure où l'émotion et trop présente). Ces deux réflexes sont négateurs d'altérité. L'autre est nié. La relation qui s'instaure est une relation de pouvoir. « Là où l'amour manque, le pouvoir occupe la place vacante » C.G.Jung.

Voici donc une tentative d'analyse, à chacun ses responsabilités. Par nature, par goût et par choix, je ne suis pas friand des polémiques qui sévissent sur Agoravox, à chacun son tempérament, le mien est intimiste.

L'humanisme, selon Michel de Montaigne, répondrait à cette délicate équation. Il fut un modérateur, en un temps déchiré par les passions et leurs effets destructeurs dans la société de son temps. Il invitait les hommes à plus de sagesse dans leur comportement et cela dans tous les domaines de la vie :

« s'éloigner le plus possible de l'intransigeance, de la bêtise, du fanatisme. »

« Chaque homme porte la forme entière de l'humaine condition. »

L’unité des Essais repose entièrement sur le projet de la transformation et de la connaissance du moi et de l’homme.

Et chacun de répéter en chœur entre auteurs et commentateurs : « Que sais-je ? »

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« Reconnaissance », entre réalité et virtualité

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47 réactions à cet article    


  • Gollum Gollum 9 avril 2013 11:30

    Très bon texte. Il y en a des sous-entendus là-dedans... smiley


    Mine de rien les échanges sur Avox sont le fait d’egos qui cherchent effectivement à se faire mousser bien souvent.. Je ne prétends pas y échapper d’ailleurs. J’en ai eu conscience dès le début d’où mon ambivalence qui ne me quitte pas..

    Dois-je rester, dois-je partir ? Mon inclination naturelle me pousserait à claquer la porte car au fond je préfère rester dans l’ombre... du coup je me contente de quelques posts de temps en temps... Mais je dois dire que j’ai beaucoup appris sur la nature humaine en fréquentant ce site..

    Et le bilan n’est pas très positif. Les psys ont encore beaucoup d’avenir devant eux.. smiley

    • Antoine Diederick 9 avril 2013 11:38

      ....disons que l’ego est une tentative pour préciser l’identité....(proposition de réflexion...)


    • Furax Furax 9 avril 2013 12:52

      « Dois-je rester, dois-je partir ? »
      Ah non Gollum, tu ne vas pas nous faire le coup de Pierre Parie Baty ou de Sandrine Lagorce.
      Si tous les bons se cassent, il n’y a plus qu’à fermer boutique !
      Merci à l’auteur pour l’habituelle qualité de sa prose ! smiley


    • jack mandon jack mandon 9 avril 2013 16:31

      Bonjour Gollum,

      Dans l’ombre vous assumez le rôle du metteur en scène,
      intervenant pour apporter la note critique, l’inflexion verticale.
      Désormais nous somme tous embarqués...peut être pour cythère 
      à la recherche d’Aphrodite, qui d’ailleurs a déménagé à Chypre.
      Je veux dire qu’il ne faut pas refuser l’aventure.

      Merci Gollum.


    • jack mandon jack mandon 9 avril 2013 16:35

      Bonjour Furax,

      L’usure du temps, éviter l’action frontale,
      Pour cette raison, j’ai pensé à Montaigne pour sa flexibilité.


    • jack mandon jack mandon 9 avril 2013 17:02

      Bonjour Antoine,

      Propos sybillins, réponse laconique...moi spartiate.


    • Gollum Gollum 10 avril 2013 08:56

      A Furax : merci de ce cri du cœur. Croyez que j’y suis sensible, vraiment. smiley Je vais essayer de faire un effort.. smiley


      A Jack : Je veux dire qu’il ne faut pas refuser l’aventure.

      Je pense que bientôt on n’aura pas le choix...



    • jack mandon jack mandon 10 avril 2013 10:52

      Gollum,

      C’est à dire, sous cette forme, ce n’est plus l’aventure choisie.
      Avec le libre arbitre, c’est plus heureux et plus créatif.


    • Montagnais Montagnais 9 avril 2013 11:42

      Bonjour Monsieur Mandon ,


      Bien agréable lecture ..

      « Le but de l’opération n’est pas de penser Agoravox comme la plaque tournante de la psychologie des profondeurs, mais il n’est pas interdit de rêver à un mieux être dans un futur plus serein. » dites-vous

      Vous êtes l’un des Phoenix des hôtes d’Agora .. qui en a bien besoin, face à l’hostilité croissante que manifeste à son encontre non seulement les media « mainstreet », mais aussi la street press, tous les renégats ..

      Etrange supériorité, étrange courage que ceux d’Agoravox, qui continue contre vents et marées - jusqu’à quand ? - à donner la parole aux sombres héros - sic - que vous décrivez assez bien plus haut, en intro ..

      Ceci étant, on peut diverger sur nombre de vos opinions ..

      - « mal de reconnaissance »

      - un mal bien « bourgeois » , sans importance

      - « Montaigne »

      - bien peu « engagé » .. même pas au fait des réalités de son temps, d’aucun secours actuellement

      Vous pourriez-nous parler un peu de votre Maman ?



      • volt volt 9 avril 2013 12:36

        Par exemple, une vie sans quelque quintessence de Montagnais, de temps à autre, je dis, c’est très triste. Peu s’en doutent, et malheur à ceux qui savent.

        Bon, mais j’aime bien la démarche de l’auteur, c’est comme une bombe en plastique, mais parfaitement explosive.

        Sans doute une overdose de Jung, et en général, le bilan est le suivant : grande richesse, liberté schizophrénique enviable, on ne sait où on va, parfait… Hegel n’est jamais né, des formules lacaniennes du genre « la rançon de l’amour, c’est la haine » sont ignorées, un bonheur.

        Mais il n’empêche qu’on finit, par d’autres biais, par retrouver Hegel, ne serait que parce que le Poe de Mallarmé poursuivra à jamais sa chute. Et donc oui, les égos, grande bataille.

        Mais la dichotomie auteur/commentateur ne saurait suffire à évacuer le cobra. Bien des auteurs posent leurs textes comme un divan, puis s’en vont écouter brailler plus bas, sans en avoir cure. Je ne crois aucunement à cette division-là. Par contre, que la reconnaissance soit bien lutte « à mort », là oui, et il en coule des fleuves de sang.

        Savoir se mesurer, telle est peut-être le chuchotement à entendre de Gollum. Donc hurler, puis se taire, parfois ne même pas lire, oublier jusqu’à l’existence même de ces personnes, pourtant bien de chair, de tant de verbe, et de verve.

        « Et dormir dans l’oubli comme un requin dans l’onde »

        Ce texte, au fond, sous couvert d’évoquer une situation clinique, conte une affaire policière, de toujours cette affaire, toujours à faire, incontournable, à jamais, les hommes sont ainsi faits, les femmes encore, aucun lien positif ne tiendrait sans ce partage, qui peut parfois prendre les allures d’un véritable démembrement silencieux.

        Quant à la mère exigée-là ? mais elle court, elle serait petite sœur, de lune en lune, pic à l’appui, ou encore sa fille, qu’un porte, la question c’est qu’à vouloir poser la reconnaissance en mode rousseauiste, évidemment le père en prend un coup, c’est de mode désormais, ça fait loi, que sa volonté ne soit pas faite, au père, tel est peut-être le ressort du lien social ; de même que la complicité de couple, dans toute la différence des sexes : en même temps qu’elle est continuellement exaltée au plus haut, elle semble constituer simultanément le plus grand interdit, le plus étroitement surveillé – il est des malheurs sur quoi l’on veille si bien, bien au-delà des agoras, que nul cahuzac, par le haut ou le bas, n’y sera jamais rêvable - planétaire ça.

        Bref, l’on doit remercier l’auteur de se risquer sur ce champ si bien miné, en sifflotant de la sorte, un oiseau, et peut-être que seule la légèreté et la hauteur du chant permettent justement d’y porter des fukushima de poche, comme on jouerait avec un kinder surprise…


      • Montagnais Montagnais 9 avril 2013 13:10
        - L’avenir des Héros, c’est la chute ..

        - L’esprit des peuples est rempli du mythe des Héros vaincus ..

        - Chaque homme est étranger à l’humaine condition

        - L’essentiel dans la vie, c’est d’aimer sa Maman et d’avoir un bel enterrement




        On hésitera ce matin ..

        entre Marin Marais Suites and Pieces de Viole & Georg Philipp Telemann - Essercizii Musici ..



        Un petit vent frais souffle à l’oreille du bouleau, qui nous regarde avec attendrissement.

        On est content de pas être Rochil ou l’Emir ..

        Lacan ou Mishima ? Hagakuré ou les essais ? Giap ou Foster ? Bloy ou Dumas ? Picasso ou Rimbaud ? « Ma banque c’est moi » ou la Voie ? le Tao ?

        Ah ! Volt ! que les choses sont éparpillées ces temps ..

        Bon, j’y retourne, j’ai lu que votre première ligne.

      • alinea Alinea 9 avril 2013 15:37

        volt : je vous croyais mort ; me voilà rassurée ; mais vous êtes changé !
        Il est bon de rompre les routines et se rendre neuf à l’ancien !


      • jack mandon jack mandon 9 avril 2013 16:50

        Bonjour Montagnais,

        Un patronyme d’expédition,
        Au Labrador, sur les traces de nos ancêtres du XVI eme,
        les indiens Montagnais devenus Inus « êtres humains »

        Et vous êtes surpris de rencontrer Montaigne, le premier humaniste ?

        A propos d’agressivité, l’hostilité déclarée ou non envers autrui
        est paradoxalement une cruelle forme d’auto-destruction.

        Mon introduction, un secret bilan de caractère et de comportement.

        Montaigne entre deux forcenés sectaires et cruels, Guise et Navarre,
        un humaniste courageux.

        Montaigne, infiniment moderne dans ses idées.
        Seule, l’enveloppe vestimentaire souligne le temps.
        C’est un esprit sans âge. 

        Merci de votre passage.


      • jack mandon jack mandon 9 avril 2013 17:04

        Montagnais,

        Mince, j’ai perdu mon ramage.


      • jack mandon jack mandon 9 avril 2013 17:42

        Bonsoir Volt,

        L’icône de Stéphane Mallarmé, un verbe surréaliste ou se mêlent les idées,
        les objets et les souvenirs à la Prévert, je me tais, le regarde et j’écoute.

        Merci de votre passage.


      • jack mandon jack mandon 10 avril 2013 11:51

        Alinea, petite soeur, je te sens en retrait ? pourquoi ?

        Pour cela, je n’ose pas te demander de tes nouvelles.


      • jack mandon jack mandon 10 avril 2013 14:35

        volt,

        « la rançon de l’amour, c’est la haine »

        Brièvement, toute citation mériterait un développement.

        L’amour et la haine, c’est la même chose. L’amour prend plusieurs formes.
        Pour faire court il est fusion avec l’autre et cela devient un enfer, d’abord
        dans l’illusion d’amour, c’est la douce folie, mais comme cela ne signifie pas
        que l’on reconnait l’autre, alors, à plus ou moins brève échéance c’est la rupture
        avec tout son cortège de violence, de menace et de souffrance.
        S’il y a rejet pour des raisons subjectives ou objectives, d’entrée, c’est réglé.
        Le troisième cas de figure se trouve assez vite sur le chemin de
        la reconnaissance de l’autre. L’harmonie s’installe avec ses limites humaines,
        mais le partage et le regard s’oriente dans la bonne direction.
        Ce cas est rare. Les interférences entre les trois possibilités sont nombreuses
        et dresse un bilan chaotique de la vie...La situation la plus commune.

        Bien sur Lacan connaissait la musique.

        Ces échanges m’enrichissent et m’invite à confirmer ce que je vous disais,
        commentateur et auteurs même combat.
        J’ajoute, je crois que ce qui permettrait à tout le monde de comprendre, c’est
        qu’il existe une alternance entre commentaire et papier rédigé,
        pour tout le monde.


      • voxagora voxagora 9 avril 2013 13:10

        Vous dites avec vos mots et vos tournures ce que Lacan martelait aux praticiens qui l’écoutaient :

        « Gardez-vous de comprendre ! Ecoutez ! »
        Laisser venir, effectivement, paroles et pensées originales, forcément différentes,
        et ne pas dire à la place de l’autre.
        c’est le but d’une analyse : que chute celui à qui on supposait un savoir, car le savoir est en nous.
        La récompense, c’est l’émerveillement toujours renouvelé des trésors que recèle la parole.


        Il ne s’agit pas d’une glorification de l’ignorance, mais de faire silence sur tout « savoir » a-priori
        pour donner à l’autre la possibilité d’entendre sa propre parole.

        Et comme je suis plus méchante que vous, Jack Mandon,
        je mets ce lien sur ce qui est l’empêchement extrême à toute expression de soi,
        l’épinglage systématique, pathologisant, d’une négativité annihilante et destructrice

        .

        • jack mandon jack mandon 9 avril 2013 17:12

          Bonjour voxagora,

          Les malades sont toujours optimistes. Peut être que l’optimisme
          lui même est une maladie.

          Et si les maladies n’étaient pas une excellente assurance contre la mort.
          Pendant qu’elles se font des politesses à la porte, la vie suit son cours.

          Lacan, un maître de l’analyse...à la française.


        • Prudence Gayant Prudence Gayant 9 avril 2013 14:13

          Bonjour M. Mandon,

          Un auteur humble devant son auditoire AV est assez rare pour l’en remercier.

          Le tort du commentateur est justement de commenter l’article. Car, qui est-il celui qui ose commenter et assez souvent de critiquer l’article ! Le commentateur parfois, mon cas, commente alors qu’il n’écrit pas !

          Les auteurs ont à présent des états d’âme qu’ils osent dévoiler devant leur public.

          Je repars dans mon anonymat car l’article est à l’évidence destiné aux auteurs qui souffrent de leurs commentateurs.

          Bonne journée 


          • jack mandon jack mandon 9 avril 2013 17:23

            Prudence,

            Un auteur humble devant son auditoire AV est assez rare pour l’en remercier.

            C’est peut être plus simple, comme je le disais plus haut, c’est un jeu où nous sommes tous conviés. Aujourd’hui, simplement nous nous reconnaissons.
            Pas de rejet, pas de fusion, le respect de la différence.

            Tout le monde s’y retrouve et chacun s’exprime intelligemment et librement.

            Sauf intempérie de fin de journée, un grain de sable...


          • In Bruges In Bruges 9 avril 2013 14:30

            Bonjour à l’auteur,
            Article intelligent, comme sans doute son auteur (sait-on jamais ?).
            Oui, drôle de couple que celui du rédacteur et du commentateur.
            Bien sûr, il y a toujours, dans les deux cas, ce côté « parlez-moi de moi, y’a que ça qui m’interesse ».
             Ces compliments attendus, souvent suggérés, parfois provoqués. Pour pouvoir répondre au commentateur flatteur « vous en êtes un autre, cher ami ».
            Ouais.

            Plus je vieillis, plus j’aime Montagnais et ces citations définitives.
            J’aime bien « l’important dans la vie, c’est d’aimer sa Maman et d’avoir un bel enterrement ».
            Dit comme cela, ça a l’air con ou provocateur. Dans les faits, c’est assez troublant, mais j’ai rarement vu les deux ensemble.
            Ou c’était le bel enterrement, ou la Mama.
            Pas les deux.
            Montagnais, vous tenez là un truc à mettre sur votre selle de cheval, cheval de course, course à pied, pied de cochon, etc..


            • In Bruges In Bruges 9 avril 2013 14:32

              Addendum pour Montagnais :
              N’étant pas un héros, j’crains point de tomber.


            • jack mandon jack mandon 9 avril 2013 17:51

              In Bruges,

              En rappel aux allusions de Montagnais, contenu poétique, la mère, le père,
              et le regard attendri de Georges, extrait de la marche nuptiale

              Quand même je vivrai jusqu’à la fin des temps
              Je garderais toujours le souvenir content
              Du jour de pauvre noce où mon père et ma mère
              S’allèrent épouser devant Monsieur le Maire.

              Avec Georges, la femme, la mère, le père et l’enterrement allaient gaiement. 


            • jack mandon jack mandon 10 avril 2013 11:56

              In Bruges,

              A propos de l’intelligence, nous en sommes tous pourvu,
              mais comme nous ne sommes pas tous reconnus, alors,
              il se peut que nous ne trouvions pas toujours les mots pour le dire,
              ou les moyens d’exercer nos talents.


            • alinea Alinea 9 avril 2013 15:41

              François Roustang est beaucoup plus discret que les têtes de gondole, et pourtant, que n’ai-je pas trouvé dans ses écrits qui ne m’apportât point ?


              • gaijin gaijin 9 avril 2013 16:43

                il y a beaucoup de grain a moudre mais pour l’instant je me contenterais de cela
                « Kierkegaard nous dit : « Le soi, c’est seulement ce qui est entrain de devenir » »
                pour une fois que je suis d’accord avec un philosophe ça mérite d’ être souligné.
                je suis tombé la dessus un jour en cherchant autre chose et ça m’a parut si limpide ........
                nous sommes un devenir !
                mais alors que de questions !
                que sommes nous en train de devenir ?
                que pourrions nous devenir ?


                • Gollum Gollum 10 avril 2013 09:02

                  Nietzsche : L’homme est une corde tendue entre l’animal et le surhomme.


                  Jésus le nazaréen : Je dis : vous êtes des dieux.

                • jack mandon jack mandon 10 avril 2013 09:41

                  il y a beaucoup de grain a moudre mais pour l’instant je me contenterais de cela
                  « Kierkegaard nous dit : « Le soi, c’est seulement ce qui est entrain de devenir » »
                  pour une fois que je suis d’accord avec un philosophe ça mérite d’ être souligné.
                  je suis tombé la dessus un jour en cherchant autre chose et ça m’a parut si limpide ........
                  nous sommes un devenir !
                  mais alors que de questions !
                  que sommes nous en train de devenir ?
                  que pourrions nous devenir ?


                  Bonjour gaijin,

                  Ce que tu soulignes est intéressant, il nous ramène à l’essentiel.

                  Tout d’abord la personnalité de Kierkegaard, la pleine époque romantique.
                  Personnage atypique, philosophe certes, mais écrivain-poète et théologien protestant.
                  Pour les religieux de son temps, et surtout protestants légalistes protecteurs du grand livre, un révolutionnaire dangereux.
                  Pour les scientifiques qui ne croient plus à l’existence d’un créateur, c’est un sentimental mystique un peu naïf.
                  Il est donc disqualifié, le rejet et la fusion en toile de fond, il est assis entre deux chaises.
                  Ce qu’il profère est en effet, à la fois d’essence mystique et mesurable concrètement.

                  Un peu de psy. Le Soi est comme un moi supérieur.
                  Le moi est empirique avec ses désirs, ses craintes, ses affects.

                  Un exemple historique

                  Haendel, musicien classique baroque Allemand, caractère capricieux, radin, mesquin (son Moi empirique)
                  Son chef d’oeuvre, le Messie, une manifestation divine du Soi qu’il porte en lui.

                  Le Soi, un centre puissant qui ne s’édifie pas mais se révèle.

                  Paul, l’apôtre a pu dire, Ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi.

                  Tout être qui a subi une révélation spirituelle connaît ce renversement de toutes le valeurs.

                  J’ai pris l’exemple artistique de la création pour montrer qu’il s’agit d’un plan sensible...irrationnel,
                  l’aspect mystique ou spirituel imprime tous les plans de la connaissance, il est d’ailleurs généré
                  par le cerveau droit, plus sollicité chez les artistes, les femmes etc...

                  que sommes nous en train de devenir ?
                  A chacun son histoire, tout est possible
                  que pourrions nous devenir ?
                  même réponse

                  A partir de la reconnaissance de chacun, l’esprit et le cœur s’ouvrent...un soi en devenir, chacun selon
                  ses talents, ses dispositions.
                  Ce qui signifie que dans l’optique globale du monde, c’est de destruction dont il s’agit.
                  En quelques heures nous avons tous construit quelque chose qui nous a fait avancer.
                  Et pourtant pour certain ce sera peut être un moment sans suite.

                  Merci pour votre questionnement.


                • Castel Castel 10 avril 2013 10:05

                  Ce qui signifie que dans l’optique globale du monde, c’est de destruction dont il s’agit.

                  De destruction ou de neutralisation ? En quoi l’optique du monde est-il la destruction ?


                • jack mandon jack mandon 10 avril 2013 11:01

                  Castel,

                  Parce que globalement l’optique du monde passe par le pouvoir.

                  Le pouvoir sert le rejet et la fusion, qui génèrent la violence et la chimère
                  et desservent la simple reconnaissance de l’autre.


                • Castel Castel 10 avril 2013 11:38

                  Vous parlez du monde des hommes alors ? pas du processus d’intégration des espèces dans un monde ?


                • jack mandon jack mandon 10 avril 2013 11:46

                  Castel,

                  Oui bien sur le monde des hommes c’est à dire le monde culturel.

                  Quant à l’autre monde, celui de la nature, nous vivons dans la foi.
                  Car enfin nous connaissons bien mal ce monde qui évolue à son rythme.
                  Que savons nous de la nature ?

                  Le monde de la culture que nous avons créé nous échappe en partie
                  alors je crois que l’on est mal...mais la confiance règne,
                  comme dit Gollum, on n’a pas le choix.


                • Gollum Gollum 10 avril 2013 09:03

                  Intéressant le commentaire de Gollum et ses envie de claquer les portes....je pensais comme lui sur ce lieu virtuel, avant de découvrir pire,


                  Et comme moi vous êtes encore là, ce dont je suis ravi d’ailleurs.. smiley

                • jack mandon jack mandon 10 avril 2013 10:37

                  Selena, Gollum,

                  Comme au théâtre, on salut le public,
                  on feint de disparaitre derrière le rideau...
                  et on reparait.
                  Au fait, c’est pour quand la représentation ?


                • jack mandon jack mandon 10 avril 2013 11:04

                  Selena, je veux bien te reconnaître mais
                  je ne suis pas une potiche 24h sur 24h...wouaff ...wouaff.
                  (c’est le chien du voisin)


                • jack mandon jack mandon 11 avril 2013 06:36

                  Bonjour Selena,

                  Vous avez raison, voilà bien le libre cours à l’interprétation sur un support
                  extrêmement fluide et instable entre réel et virtuel.
                  Comme vous le soulignez, « la spontanéité n’est pas adaptée au net »
                  Et enfin, jeu postural de commentateur nomadisé qui va d’article en
                  article comme l’abeille de fleur en fleur.
                  Dans un même temps « l’auteur » reste attentif , sédentaire, dans sa boutique.
                  Les attentes ne sont pas les mêmes, la qualité de communication fluctue.
                  En attendant, merci d’avoir relevé cet état de fait.


                • jack mandon jack mandon 9 avril 2013 17:59

                  Selena,

                  J’ai pensé la même chose que toi au même moment.
                  Je voulais signifier que j’avais bien écouté tout le monde.
                  pour toi je ne dirai rien, d’ailleurs, je n’ai plus rien à dire,


                  • philouie 9 avril 2013 20:28

                    Dans le forum, il y a la confrontation à l’autre et la confrontation à soi.

                    La confrontation à soi parce que l’autre est miroir.

                    mais c’est aussi un lieu où l’on dépose et donc s’allège.


                    • Gollum Gollum 10 avril 2013 09:07

                      mais c’est aussi un lieu où l’on dépose et donc s’allège.


                      Très vrai. C’est comme cela que je le conçois. Mes posts sont comme des bouteilles remplies de messages que je confie à l’océan. Je ne sais pas sur qui cela va tomber et une fois la bouteille lâchée, elle ne m’appartient plus..

                      Et moi je reste sur mon île.

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