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« René L’énervé » se dédouble sous l’intuition de Jean-Michel Ribes

Jean-Michel Ribes jouerait-il sa tête directoriale avec son sulfureux René, alias le "chef du pays" ?

En tout cas l'auteur, metteur en scène et donc mandataire depuis 10 ans du Théâtre du Rond-Point, n'y va pas avec le dos de la cuillère face au Pouvoir politique dont il apprécie, à sa juste mesure, le degré d'acculturation.

Cependant la prise de position artistique du créateur s'accompagne d'une approche psychologique maligne qu'il met au service d'un improbable double présidentiel se présentant comme l'ombre tutélaire d'un surmoi fort providentiel.

Ainsi débarrassé d'une partialité néfaste à la plus haute incarnation de l'état, le démiurge peut, en toute quiétude théâtrale, laisser libre cours à ses ressentiments idéologiques et autres intuitions imaginaires, en suscitant la conviction que les aléas de la fonction suprême sont les seuls responsables des dérives caractérielles liées à la neutralisation des contre-pouvoirs institutionnels.

En outre, comme la charge n'épargne aucunement ses adversaires politiques, la caricature bat son plein de délire fictionnel au cœur d'une réalité fort suggestive à l'issue du quinquennat actuel.

Alors René qui, tel le Phénix renaîtrait de ses cendres ou, en l’occurrence, de ses contradictions successives, fait bonne figure, en ce verlan opportuniste d' « énervé » ; ce qui pourrait se comprendre, également, comme le « vé » de la victoire sur un « René » judicieusement inversé.

Ainsi, paré sur sa droite, de « René » et sur sa gauche, de l'« énervé », Jean-Michel Ribes peut allègrement confondre les deux facettes de son antihéros en un sublime Opéra-bouffe dont la qualité des voix n'aura d'égale que la richesse de sa composition musicale.

Il resterait à l'auteur le soin de composer, avec son adresse coutumière, des répliques à la hauteur des « cons de la Nation » qui puissent se situer dans la veine de ses célèbres « Brèves de comptoir ».

Paradoxalement en retrait sur ce terrain des bons mots, les perles sont davantage à découvrir dans le choc monomaniaque que les divers protagonistes suscitent au gré de leur incompétence notoire et de leurs lacunes respectives.

Véritable portrait en creux d'une schizophrénie collective qui s'est répandue à la vitesse de l'éclair, tel un virus numérique, sur une société qui semblait, cinq années plus tôt, sortir d'une léthargie paralysant ses organes vitaux, l'opérette va se conclure sur un significatif « Nous n'en voulons plus !... » qui réjouira le peuple des aficionados de Ribes mais qui en laissera plus d'un perplexe sur le parti qu'il doit en prendre.

Bravo, monsieur le démiurge, d'avoir apporté le trouble au sein des consciences ainsi tourneboulées par l’esbroufe récurrente du Pouvoir. Le Rond-Point compte sur vous pour le quinquennat suivant.

 

visuel @ Stéphane Trapier

RENE L'ENERVE - ***. Theothea.com - de & mise en scène : Jean-Michel Ribes - avec Sophie Angebault, Caroline Arrouas, Camille Blouet, Sinan Bertrand, Gilles Bugeaud, Claudine Charreyre, Benjamin Colin, Till Fechner, Emmanuelle Goizé, Sophie Haudebourg, Sébastien Lemoine, Jeanne-Marie Lévy, Thomas Morris, Antoine Philippot, Rachel Pignot, Alejandra Radano, Guillaume Severac-Schmitz, Fabrice Schillaci, Gilles Vajou, Jacques Verzier & Benjamin Wangermée - Théâtre du Rond-Point


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1 réactions à cet article    


  • Ariane Walter Ariane Walter 22 septembre 2011 12:29

    J’ai lu plusieurs critiques catastrophiques du spectacle. Le sujet ne fait pas tout. Mais bon...Des goûts et des couleurs...

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