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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Répétition » en abyme & à tour de rôle au T2G

« Répétition » en abyme & à tour de rôle au T2G

Du duo « Clôture de l’Amour » au quatuor « Répétition », une boucle se referme sur le flux des convictions, passions et autres illusions à l'instar du glas sur "mai 68".

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REPETITION
photo © Marc Domage

En effet, au bout de deux heures un quart de représentation, Emmanuelle, Audrey, Denis et Stan giseront à terre sur l’ersatz d’un terrain de basket, épuisés et vaincus par les idéaux et chimères qui, jusque-là, les avaient pourtant si bien portés avec enthousiasme au point d’en fonder leur motivation existentielle.

Mais pour en arriver à ce constat d’échec flagrant ou supputé, il aura fallu une séance de diatribes, sous haute volée, clamées tour à tour par chacun des protagonistes transportés ou enchaînés par un même élan de créativité.

A la manière d’un relais en quatre temps autour d’un stade vibrionnant, ces sportifs de haut niveau de performance vont se transmettre la flamme de l’ambition artistique label olympique qui vacille présentement en direct devant les yeux et les oreilles médusés de tous.

En effet, pareillement à ce qu’il advient dans « Pour un oui ou pour un non » de Claude Sarraute, un simple regard croisé voire une légère modification d’intonation ont suffi pour qu’Audrey, déjà en vigilance fragilisée, interprète cet imperceptible « écart » dans leur travail de lecture « à la table » comme le signe rédhibitoire de la fin de l’Amour : Celui, bien évidemment qu’elle portait à Denis mais par voie de conséquences, de toutes les formes affectives qui les reliaient les uns aux autres jusqu’à cet instant d’avant un tel drame, fictionnel ou non.

Alors, la boîte de Pandore étant désormais ouverte, chacun des quatre va se succéder au siège des témoins pour décrire, expliciter et justifier l’impensable du désamour avec tout son cortège de désillusions accumulées et de désirs inassouvis.

Ainsi, Audrey Bonnet s’érige en égérie blessée d’autant plus impétueuse, Emmanuelle Béart se bat en prêtresse du désir menacé en son essence, Denis Podalydès tente de maintenir la cohérence du projet artistique face au contexte et, fier comme Artaban, Stanislas Nordey réclame un partenariat solidaire dans la transmission générationnelle.

Ainsi « Il va falloir en finir avec mai 68 » auraient prophétisé d’aucuns battant campagne ! Eh bien aussi inattendu que cela puisse paraître a priori, Pascal Rambert, lui, s’approche, mine de rien, au plus près de cet objectif idéologique, culturel et politique, près de cinquante années plus tard !

Cependant deux portes de sortie par le haut subsistent à portée de bienveillance cohérente :

En premier lieu, cette fameuse notion de « relais » devrait désormais s’étendre aux générations suivantes qui, elles, auraient donc carte blanche pour pouvoir, avec leur propre talent spécifique tirer profit de l’échec ainsi reconnu par les anciens.

Ensuite, pour clore définitivement l’Amour mais surtout pour éviter une répétition ad vitam aeternam de l’insatisfaction chronique du genre humain, le metteur en scène Pascal Rambert, se mettant délibérément en marge de « l’auteur », propose, dans une pirouette finale fort séduisante, qu’un ange passe sur cette dévastation des idéaux !

C’est donc au tour de « la danseuse » de faire son entrée gymnique pour, en plein état de grâce, effectuer une prestation à décrocher la lune !…

photos © Marc Domage

REPETITION - ***. Theothea.com - de & mise en scène Pascal Rambert - avec Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Denis Podalydès, Stanislas Nordey & Claire Zeller, la danseuse - T2G

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REPETITION
photo © Marc Domage

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