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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Requiem pour une nonne de William Faulkner

Requiem pour une nonne de William Faulkner

Pour Marie-Josée Croze, être choisie comme interprète d’une mise en scène de Jacques Lassalle rendant hommage à ses deux maîtres d’adolescence, Albert Camus & William Faulkner, et être de surcroît la partenaire qui aura la charge d’endosser le sentiment de culpabilité d’une société face à la conscience de la faute indicible, c’est tout à la fois une haute responsabilité professionnelle et une consécration au royaume des grandes figures de théâtre.

Certes, la pièce de Faulkner adaptée par Camus ne se laisse pas apprivoiser d’emblée, tellement est diffuse cette sourde oppression morale enveloppant l’Amérique sudiste et raciale du début du XXe, mais en effectuant une mise en perspective vers le symbolisme de la tragédie grecque, Jacques Lassalle invente une direction d’acteurs permettant à ceux-ci de devenir les doubles de leurs personnages ; ainsi, dans la pénombre tamisée des miroirs en trompe-l’oeil, une sorte de ballet va s’organiser, où les protagonistes s’éloignent, se rapprochent, se frôlent comme autant de mantes religieuses en apnée, mais toujours prêtes à fondre sur leurs proies.

Telles des spectres d’un cinéma en vitesse ralentie jusqu’à la limite du décrochage, les images pseudo-arrêtées d’une instruction à charge sembleraient à tort temporiser le crime imprescriptible, le meurtre de l’innocence faite enfant.

Cependant l’oeil était dans la tombe et regardait Temple Stevens !

Aussi, quelle que soit la justification des faux-fuyants, rien, pas même son mari désemparé (Scali Delpeyrat) ne pourra empêcher Temple de venir témoigner in extremis en faveur de son ancienne compagne d’infortune Nancy Mannigoe (Martine Maximin) auprès du gouverneur (François Macherey), de manière non à expliquer les circonstances atténuantes impliquées par le viol et la prostitution forcée, mais davantage à inciter le courage du pardon en tant que processus de vie.

Sachant que la peine de mort devrait être la clef d’une justice aveugle, la rédemption par l’émergence de la conscience pourrait-elle effacer le poids de la mémoire ?

photo : Antoine Girard

REQUIEM POUR UNE NONNE ** de William Faulkner - avec Marie-Josée Croze et Jacques Lassalle - mise en scène : Jacques Lassalle - Théâtre de L’Athénée


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