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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Retour à l’origine de la pensée de Heidegger

Retour à l’origine de la pensée de Heidegger

La parution des premiers cours de Heidegger est un événement important pour comprendre les origines de sa pensée, lui qui prônait justement de toujours revenir à l'origine pour se délester de tous les discours qui la recouvrent. Cela permet aussi de se réconcilier avec les problématiques qu'il a mises à jour et qui alimenteront toute la période existentialiste, avant leur contamination par la période nazie (et même s'il fréquentait déjà les cercles réactionnaires et pangermanistes). De quoi mieux comprendre à quel point son parcours s'enracine dans la théologie (notamment Luther et Kierkegaard bien qu'il soit lui-même catholique "à l'origine" O22), ce qui expliquerait la religiosité de ses partisans, ainsi que ce qui l'oppose radicalement à la phénoménologie dans laquelle il s'est formé comme assistant de Husserl. Celui-ci est en effet accusé de scientisme, à viser une certitude impersonnelle, alors qu'il s'attache lui-même à la temporalité de l'existence et son historicisme vécu (nébulosité éloignée d'idées claires et distinctes), assumant sa finitude et son point de vue dont nul ne saurait s'abstraire. Ce qui est mis en valeur, c'est le rapport direct et personnel de chacun à l'histoire, historicité de l'être-là humain comme ouverture aux possibilités du moment (être dans un monde).

Cet attachement à l'historicité du vécu cohabite curieusement avec la négation de l'histoire qu'implique ce retour à l'origine dont il se réclamera au nom du "retour aux choses mêmes" à la poursuite d'une authenticité perdue à cause de l'histoire justement alors que l'authenticité serait pourtant toute entière dans la conscience historique ! On ne peut nier une part de vérité à cette tentative de revenir à une virginité première (qu'on peut donc appliquer à Heidegger lui-même en revenant à ses premières formulations) mais il y a aussi une grande part d'illusion dans cette quête proche de celle des sociétés originaires, toujours attentives à revenir à l'ordre ancien par quelques sacrifices (ce dont les Grecs nous ont délivré en inaugurant le temps de l'histoire par la démocratisation de l'écriture). On peut voir un air de rousseauisme dans cette sorte de retour à la nature que la civilisation aurait pervertie mais c'est bien le fond de toute religion de promettre de nous délivrer de la fausseté des apparences pour nous faire pénétrer dans la clarté de l'être et retrouver notre identité profonde. Comme on vit dans l'illusion, rien de plus normal que de rêver d'un être véritable, celui de la chose-en-soi, suprême illusion ! Au moment où il tente de se débarrasser de conceptions religieuses (onto-théologiques), notamment d'une définition figée de l'humanité tel qu'animal rationnel (O48) ou même individu (O25), il produit avec le Dasein qui s'y substitue, une nouvelle fiction de la présence originaire (phono-logo-centriste) qu'on peut dire créationniste, puisque situant la vérité à l'origine. On peut y opposer un savoir en progrès aussi bien qu'une évolution créatrice (avec toute une dialectique qu'il refuse) alors qu'il identifie la plupart du temps le Dasein au regard (O79, I121) - même si "nous voyons en passant par le langage" (I47). Le regard comme tel n'apprend rien, étant toujours le même à chaque fois dans sa confrontation originelle au monde extérieur (même s'il est toujours "historique" O114, s'éveillant à chaque matin du monde). Si Heidegger rejette la dialectique, c'est à cause de son caractère systématique préconçu mais surtout, parce qu'elle abandonne ce qu'il appelle (O144) "l'acquis préalable" (ne voyant pas que la négation est toujours partielle) et qu'elle ne préserverait pas une continuité qu'il brise pourtant lui-même. En fait, on peut trouver dès cette époque l'incarnation de ce parti pris originaire dans sa conception du langage, rapportant le sens de chaque mot à sa genèse (I32), ce qui justifie son utilisation intensive de l'étymologie. De même, tout comme l'être-là peut s'identifier pour lui à un simple regard, il réduit un peu trop la fonction du langage à la désignation, la perception, la présence, le maintenant : "la fonction signifiante originaire consiste à montrer" (I42) évacuant aussi bien l'impératif que l'expressivité tout comme la division et la distinction, mais, surtout, la narrativité, la parole étant là tout au contraire pour parler de l'absence plutôt, raconter ce qu'on ne voit pas, sans parler de l'écriture...

Le retour aux origines de sa pensée est absolument indispensable pour sauver ce qui peut l'être malgré son tournant nazi. L'existence même d'un tournant dans sa pensée contredit cependant toute réduction à l'originaire (bien qu'on puisse interpréter ce tournant comme un retour à l'origine, paradoxe des religions qui se réclament d'une révélation, exigeant une conversion qui casse l'histoire en deux pour retrouver l'origine perdue). Il faut bien dire que la lecture de ces premiers cours relativise plutôt ce tournant dont la plupart des thèmes étaient déjà là, y compris la mise en cause de l'histoire de la philosophie comme recouvrant l'existence elle-même, ou bien la mise en cause d'une primauté de la conscience par rapport à la signification de situations concrètes.

Revenir au Heidegger original n'est pas adopter son point de vue, qui contient les germes de ses errements futurs, mais revenir à ce que la nouveauté de son abord de la question humaine par ce qui nous concerne dans notre être pouvait avoir de nécessaire, tout comme la dimension historique de l'existence et la nécessité de s'appuyer sur le passé (tout en le contredisant, tout est là, c'est le moteur de la dialectique qu'il met en pratique tout en la déniant). On ne peut laisser dans le vague, en tout cas, la valeur qu'on reconnaît à la philosophie de Heidegger alors même qu'il a été compromis par son nazisme plus que ne l'admettent ses fidèles et pour des raisons liées à sa philosophie avec sa quête de l'origine et de l'enracinement. Cette valeur "existentielle" pourrait bien venir, beaucoup plus qu'on ne pouvait l'imaginer avant, de son origine religieuse et même de ce qui oppose religion et science comme liberté et déterminisme. Philosophie qui ne serait ainsi qu'une dé-mythologisation de la religion pour en retrouver l'expérience vécue, bien qu'insensible à nos prières et dépourvue de toute providence. Il y a certainement une part de l'expérience religieuse à sauver mais se défaire de la religion n'est pas une mince affaire tant ses représentations structurent notre imaginaire et nos façons de poser des questions bien au-delà de ce qu'on pourrait croire, la déconstruction ne fait que commencer...

"On prend un recouvrement de la chose pour la chose elle-même. Le fait d'accueillir purement et simplement ce qui se montre n'apporte donc en lui-même aucune garantie. En allant au-delà de cette position initiale, il s'agit d'arriver à saisir la chose elle-même en la libérant de ce qui la recouvre. Il est nécessaire pour cela de mettre à découvert l'histoire de son recouvrement. Il faut parcourir à rebours la tradition du questionnement philosophique jusqu'à atteindre ce qui en est réellement la source. Il faut déconstruire la tradition. Ce n'est que de cette façon qu'une position réellement originaire pourra être atteinte". O106

"La déconstruction prend son point de départ dans la situation d'aujourd'hui qu'elle se rend présente [...] Déconstruire, cela signifie dans le cas présent : faire retour à la philosophie grecque, à Aristote, pour voir comment quelque chose d'originaire y a été mis au rébut pour être ensuite recouvert, et pour voir que nous avons nous-mêmes notre site dans ce rebut". O107

Tout commence en 1920 par la Phénoménologie de la vie religieuse (2011) dont Husserl le charge et qui constituera le fondement de la suite, du côté de l'expérience individuelle du mystique plus que de la communion avec la foule des fidèles (inquiétude, souci, vécu historique, "à chaque fois", sécurisation qui recouvre l'originaire). C'est avec le cours suivant de 1923 intitulé, comme par hasard, "Ontologie" (2012) qu'il va développer une "herméneutique de la factivité" transposant l'expérience religieuse au monde profane. Les références religieuses sont encore dominantes au début pour s'effacer dès le troisième chapitre. Dans la foulée, "L'introduction à la recherche phénoménologique" (2013), qui est plutôt une exécution, finit de mettre les choses au point par rapport à son engagement auprès de Husserl dont il a fini par prendre le contre-pied sous ce nom d'herméneutique, sensée rendre compte du vécu concret, de la signification immédiate des situations existentielles, explicitation d'une expérience du monde pleine de doute et non d'une conscience transcendantale ou d'une certitude cartésienne. Il garde malgré tout de la phénoménologie l'unité de l'intentionalité, remontant simplement à la motivation préalable (I128) et la situation concrète, devenue unité de la signification qui ne se réduit pas à une multiplicité de causes (O127) et n'est pas simple intériorité mais renvoie à l'engagement pratique (comme dit Spinoza - jamais cité - l'affect est puissance d'agir). Il y a donc toujours une compréhension préalable de la situation et une décision, un acte originel. Ce qui fascinait déjà à l'époque ses étudiants avec cet enseignement hors-norme de la philosophie (analysant le souci de certitude de Descartes plus que sa philosophie), c'est une promesse de dévoilement sans cesse ajournée et dont il faut bien dire, qu'à la fin, cela n'a pas mené beaucoup plus loin malgré toutes ces années. Il y a quand même cette nouvelle insistance sur l'historicité de l'existence, plus affirmée encore dans sa polémique avec Husserl, et cette trilogie inaugurale me semble bien faire comprendre les racines de sa pensée, annonçant une bonne part de ce qui viendra par la suite - de quoi éviter toutes sortes de contre-sens, sans doute.

On peut contester que sa phénoménologie de la vie religieuse soit universelle, trop marquée par le christianisme et se limitant à une religion personnelle. Il évacue ainsi la dimension de fusion avec les autres, pourtant essentielle dans ce qui est d'abord un phénomène social avant d'être individuel (le mystique met en scène ce qu'on lui a fait croire en donnant présence à l'absent). En tout cas, il se focalise, à partir de Paul et d'Augustin, sur la part de crainte de l'avenir constituant la caractéristique principale de notre vie dans un monde incertain, et qui serait donc transmuée par la religion en crainte de Dieu. En ces temps là, effectivement, la vie authentique du chrétien était dans l'attente de la fin du monde comme aujourd'hui dans le catastrophisme ambiant (vivre comme si on allait mourir demain). La crainte témoigne en fait de l'altérité, de la transcendance du monde comme de Dieu. Dès lors, pour Heidegger comme pour Pascal, tout ce qui nous détourne de ce tragique de l'existence, toujours sous la menace, serait oubli de l'être essentiel, divertissement de notre présence singulière au monde, toute affairée dans la préoccupation de l'étant, l'impersonnalité des on-dits du sens commun, jusqu'à considérer les êtres vivants et soi-même comme des choses, de façon toute extérieure (ce que Lukàcs appelait réification en 1923), "s’oublier lui-même en tant qu’existence, pour finalement se comprendre lui-même à la manière d’un étant intramondain". Cette exigence d'authenticité et d'intensité de la vie est sans aucun doute le fond de l'existentialisme, cette expérience personnelle de l'être-au-monde donnant une valeur infinie à l'individu et à sa liberté (sinon, comme dit Kierkegaard, "il n'y a que des spécimens et non des individus" O145). Sans doute sur de tout autres modes, la question de l'authenticité hante aussi l'art moderne confronté au semblant, jusqu'à la critique de la société du spectacle dont on peut ironiquement souligner les fondements religieux dans la dénonciation du Veau d'or déjà. Impossible de se débarrasser d'une authenticité revendiquée par le mensonge lui-même mais qu'il vaut mieux savoir aussi inatteignable que la chose-en-soi, prise dans une dialectique contradictoire loin de pouvoir être un état continu (pas plus que la jouissance), sinon la mise en scène de l'authenticité pourrait se transformer en aliénation la plus complète où le vrai n'est plus qu'un moment du faux.

"La quotidienneté caractérise la temporalité du Dasein. Un certain être-dans-la-moyenne du Dasein fait partie de la quotidienneté ; cet être dans la moyenne, c'est le "On" où la singularité propre du Dasein et son possible être-propre sont maintenus à couvert." O115

"Ce à quoi on a affaire, ce auprès de quoi on s'attarde, ce monde, on l' "est" soi-même. Ce qu'on est soi-même, ce qu'on est dans le monde avec les autres, se détermine à partir de la manière dont on vient au paraître avec les autres tout en se différenciant d'eux". O127

"L'apparaître des autres qui vivent factivement est déterminé plus précisément par le caractère de "monde commun" [...] ce sont ceux avec lesquels on "a quelque chose à faire" en commun, avec lesquels on travaille, projette quelque chose". O132

"L'ambiance ne se détermine en aucune manière par la simple juxtaposition des uns avec les autres mais cette ambiance est celle du commerce mondain préoccupé [...] L'ambiance, c'est l'être-dans-la-moyenne, la publicité de la vie." O135-136

Le monde de la préoccupation quotidienne "semble être tout bonnement là" (O137), dans une certaine insouciance dans laquelle la menace peut toujours surgir, justement à cause de l'illusion de sécurité qu'elle procure. La différence d'être oppose la familiarité de l'attente à un arrêt de bus où nous nous fondons dans le décor avec le fait de se trouver soudain dans une ville inconnue d'un pays étranger. Vouloir préserver l'étrangeté du monde et l'inquiétude de la vie peut paraître bien contradictoire puisque, comme dit wikipédia : "la vie comme ce qui se déroule dans le temps est inquiétante et tous ses efforts visent très normalement à essayer de la sécuriser et donc à lui faire perdre son caractère d'être originaire". C'est pourtant bien contre toute sécurisation que va le souci de Heidegger alors même que le besoin de sécurisation est notre seul souci ! Paradoxalement, le fait de se consacrer à une action pratique pourra être décrit comme une fuite de la réalité. Il s'élèvera pareillement contre les sciences et la philosophie (plus tardivement contre la technique et la raison), voulant privilégier un vécu primitif qui sera bientôt l'angoisse de la mort comme révélateur de l'être (et il est vrai que de frôler la mort nous fait nous sentir exister, mais l'amour aussi, d'une toute autre façon). Voilà comment le rédacteur de wikipédia résume ces stratégies sécuritaires qui nous soulagent de l'existence :

"La première sécurisation consiste à à attribuer un sens à l'Histoire en général et un destin à l'homme en particulier ; si je reconnais un sens au temporel celui-ci perd pour moi son caractère inquiétant. La deuxième possibilité est de noyer les destins individuels y compris le mien dans de grands courants collectifs à la manière de Oswald Spengler avec Le Déclin de l'Occident dans lesquels l'individu doit s'insérer. Chez Spengler cet apparent pessimisme a un effet libérateur. La troisième est intermédiaire, l'homme de la quotidienneté se repose occasionnellement de l'étrangeté du monde dans l'admiration des œuvres culturelles".

La même attitude vaut dans le domaine théorique, cette fois par la critique de la phénoménologie "comme science rigoureuse", opposant ce qu'il appelle une "connaissance connue" (publique, validée, scientifique) à la confrontation aux choses elles-mêmes dans une attitude de curiosité (O92), d'exploration, d'extériorité, d'ignorance - à chaque fois ! Husserl aussi critiquera les sciences à la fin pour leur éloignement du monde vécu alors que, presque à l'opposé, Heidegger veut préserver l'expérience de l'altérité qui est constitutive de la perception comme de la communication (à un autre) (I45), transcendance du monde auquel nous sommes confrontés et qui est la cause d'une disjonction entre vérité et savoir (il faudrait noter cependant que l'expérience de la science est le contraire du "bien connu" pour les chercheurs qui vont plutôt de surprise en surprise dans ce qui n'est pas dogme figé mais savoir en progrès, dans une dialectique entre vérité et savoir, expérience et théorie).

Il y a donc un dualisme fondamental dans ce regard étonné sur le monde où la conscience se distingue radicalement de son objet (même si Heidegger récuse la centralité de la conscience). Et pourtant, ce dualisme va se résorber dans la totalité de l'Être où se réfugie la nostalgie de l'unité perdue. On peut voir la même contradiction entre une mystique de l'existence dont les autres sont plutôt exclus (qui sont ce dont on devrait se défaire comme de l'anonymat du On) et puis tous ses délires sur l'être allemand, qui ne se limitent pas à sa période nazie, tombant si bêtement dans la fusion nationaliste et un traditionalisme pointilleux, y compris vestimentaire, alors même qu'il est supposé remettre en cause par ailleurs toute la tradition et l'histoire de la métaphysique ! Partager la même origine finit par noyer l'existence singulière dans un ensemble civilisationnel qu'il identifie à des différences de "style" (O77-78), sensibles en premier lieu dans l'expression artistique mais qui ne sont pas très loin de races originaires (prendre en charge ce passé particulier, en préserver l'origine commune, c'est en préserver la différence, "exterminer l'asiatique" comme il dira plus tard).

Il n'est pas question de réfuter à la va vite toute l'oeuvre de Heidegger à cause de conséquences si funestes, seulement de donner matière à réflexion. Réfuter les grands philosophes, tous les étudiants le font, cela ne les empêche pas de garder leur pertinence à rester obligé d'en passer par eux, par les voies qu'ils ont ouvertes. Il y a toute une façon de questionner le questionnant mis en cause dans son être qui ne peut être effacée, il y a pas mal à s'en inspirer mais on ne devrait plus pouvoir s'y convertir et rester tourné vers l'origine quand c'est notre futur qu'il nous faut préserver et nous tourner vers une philosophie de l'avenir pour la jeunesse mondiale connectée, dans un historicisme assumé (qui ne perd pas ses bases historiques). Impossible de croire encore que c'était le dernier mot de l'histoire (après Derrida pour l'écriture ou Lacan pour l'énonciation) alors qu'on peut inscrire l'existentialisme comme moment dialectique d'une certaine négation de l'hégélianisme qui en reprend l'essentiel pourtant (comme l'a montré Kojève en trouvant sa compréhension de Hegel dans Être et Temps). Nous sommes dans un tout autre moment, mais avec le structuralisme entre-temps, raison pour laquelle la négation du structuralisme nous en rapprocherait (négation de la négation) ?

La leçon devrait en être étendue aux différentes théories de l'aliénation qui datent de la même époque et ont aussi montré comme elles pouvaient devenir elles-mêmes aliénantes et illusoires dans leurs promesses publicitaires (la vraie vie). Toute négation étant partielle cela ne veut pas dire renier leur part de vérité, mais se situer après-coup. On peut du moins, au moment d'une nouvelle tentation identitaire au milieu d'une mondialisation effrénée, avoir appris qu'il n'y a pas seulement une dictature constructiviste, volontariste, mais qu'il peut y avoir tout autant une dictature de l'origine, de l'identité - ce qui n'enlève pas la pertinence de l'existentialisme comme philosophie de la liberté mais lui ôte sa naïveté et complique un peu les choses avec sa supposée hiérarchie des êtres entre pauvres aliénés, véritables zombies, et une humanité supérieure, seule authentiquement humaine.

Un mot sur la traduction, catastrophique, qui donne un charabia infâme réservé à un tout petit nombre. Le cours sur l'ontologie a droit à l'invention en plus du terme de factivité qui se rajoute aux autres stupides conventions de traduction (guise, encontre, entente, etc.) et rendent la lecture si pénible (sans parler du grec omniprésent par nécessité). Il y a vraiment des phrases imbitables à citer pour rire dans les diners. Une version en français serait sympa !


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1 réactions à cet article    


  • Jason Jason 13 juillet 2013 14:44

    Cela est bien dit, mis cultivons notre jardin.

    Vous dites :« Ce qui est mis en valeur, c’est le rapport direct et personnel de chacun à l’histoire, historicité de l’être-là humain comme ouverture aux possibilités du moment (être dans un monde). » Mais qu’est-ce que l’histoire après tout ? L’histoire de qui, de quoi, écrite par qui, dans quelles circonstances, et pour répondre à quoi ?

    L’histoire, mot valise qui sert de faux fuyant, mais impressionne toujours les naïfs et fait naitre les raissonnements les plus fallacieux.

    Je préfère mon scepticisme.

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