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Rétrospective Walerian Borowczyk et sortie en coffret chez Carlotta Films

Sacrés événements en effet pour voir ou revoir une partie de l’œuvre de Walerian Borowczyk sur petit ou grand écran et s’éclater les prunelles à son cinéma avant-gardiste et sulfureux classé héros de l’éros, qui ne peut pas vous laisser de marbre. Ne boudez pas votre plaisir, pour sûr, foncez et bonnes toiles !

 

Si comme moi, vous n’êtes pas parigot(es) et donc ne pourrez pas assister sur grand écran à la rétrospective au Centre Pompidou de l’œuvre avant-gardiste et diabolique de Walerian Borowczyk (1923 / 2006), du 24 févier au 19 mars 2017, vous pourrez néanmoins vous y plonger via le coffret que Carlotta Films lui consacre dès le 22 février 2017.

 

Carlotta Films : http://www.carlottavod.com/coffret-walerian-borowczyk

 

Walerian Borowczyk d’origine polonaise fut affichiste, peintre, sculpteur, scénariste cinéaste, écrivain, chef opérateur, monteur, décorateur etc... Fils d’un peintre naïf, il fut élève à l’Ecole des Beaux-Arts de Cracovie en 1946 où il étudia la calligraphie et la peinture.

Il s'est inspiré de Fernand Léger, au point de lui dédier un court-métrage et adoubé par le mouvement surréaliste. Reprenant à son compte le désir de l'artiste d'exprimer dans les années 50 une œuvre à partir d'un pinceau et d'une caméra.

Tous ses arts se conjuguaient dans sa production créatrice. Même s'il considérait la peinture et le cinéma en tant que deux styles d'expression différents. Même si au départ, il n’effectuait aucune distinction entre le film d’animation et la prise de vue directe. « Je ne me suis jamais demandé si j’étais un réalisateur de films d’animation ou de dessins animés ou je ne sais trop quoi… Je fais des films. Tout ce que je fais en matière de cinéma se fonde sur ce que j’ai appris quand j’étais très jeune. : un film est le déroulement de vingt-quatre images par seconde. Cette analyse ou cet extrait du monde perçu par l’œil crée le cinéma. Je me demande toujours comment je puis m’exprimer avec vingt-quatre images, aller au-delà de ces images, créer un mouvement – ou l’illusion d’un mouvement. Le jour où j’ai compris cela, j’ai tout de suite trouvé des idées. Mais je n’ai rien inventé, Méliès a ouvert la route, il n’y a pas d’invention, juste un jeu des éléments. Et chacun joue comme il l’entend  ».

 

Dans toute son œuvre, il a mis sur le même plan les comédiens et les objets à qui il a pris soin à donner corps. Au point qu’on lui a conféré l’art du fétichisme dans le sens de l’adoration des objets sur lesquels il a transféré des pouvoirs particuliers, souvent liés aux sens en effervescence. Il a invité son ami surréaliste Pierre de Mandriargues à présenter sa collection particulière d’objets hétéroclites avec ses mains qui donnent vie et vit à un godemichet antique. Dans le même esprit d’une « Thérèse Philosophe », second tableau d’une exposition de ses « Contes immoraux » où la pieuse héroïne se perd en caresses appliquées aux tuyaux d’orgue et c’est tout le souffle de son corps qui se met en branle.

Walerian Borowczyk, on peut le dire a élevé le rôle des accessoires et objets au rang de comédien à part entière.

 

Ce que je préfère dans son œuvre c’est son esprit humoristique et sa participation à la grande farce du cinéma dans le mélange des genres entre souvent l’horreur et l’érotisme. Comme si Eros et Thanatos s’en jetaient une bastos à l’arrière train pour refiler la métaphore. Il s’en explique : « C’est une façon de voir les choses, une exagération artistique, et aussi un raccourci pour être compris. C’est un moyen de montrer les choses d’une façon imagée. Oui c’est de l’exagération artistique ».

 

Walerian Borowczyk aime la mise en abîme de ses images. C’est un esthète de l’image. Très souvent, il se dégage des plans généraux. Il s’attache aux moindres détails, à tel point que des critiques ont dit que chez lui : le cadrage c’est déjà un élément du montage.

 

Effet garanti à l’image mais aussi par la bande son. Eclectique avant tout, son spectre musical pouvait s’étendre des « Pécheurs de perles » de Bizet interprété par Tino Roussi à des arrangements d’une des « Carmina Burana » pour le générique de « Blanche ». Il marie le clavecin de Rameau et Scarlatti pour « La Bête » avec le concerto pour violon de Mendelssohn. Il porte l’estocade dans « La Marge » (1976) avec Elton John, Aznavour, Chopin, des tangos, Pink Floyd… !

 

En 1949, le réalisme socialiste en vigueur en Pologne invita les artistes à obéir aux dogmes de l’esthétique officielle. En 1953 Walerian Borowczk reçut de l’Etat polonais un prix pour ses lithographies qui consacraient le quartier est de Cracovie en un vaste chantier industriel digne des bâtiments staliniens de l’Alex Platz à Berlin Est. Ses lithographies « Nowa Huta » s’apparentaient pourtant presque à des objets non identifiés de sciences fictions par sa vision affirmée iconoclaste.

Subversif, Boro, vous avez dit subversif ! Sa série de portraits de Lénine et Staline vous en bouchent un coin. Son Lénine digne héritier du «  Parrain » à la Brando n’est pas à son avantage. Pas plus que son Staline posant devant un rideau sombre morbide nous rappelant le tristement célèbre rideau de fer.

Il quitta son pays natal pour venir s’installer en France en 1958, créer librement et s’installer définitivement à Paris.

 

Walerian Borowczyk, prenait du plaisir à peindre directement sur la pellicule pour « Sztandar mlodych » ou sur des celluloses d'animation pour «  Théâtre de Monsieur et Madame Kabal » (1967) ou pour « Scherzo infernal  » (1984). Il ne déniait pas non plus d'utiliser le banc-titre pour réaliser des évolutions et des jeux de caméras vraiment léchés en miroir avec des tableaux pour «  Les Jeux des Anges » (1964). Le regard ouvert sur ces focales, forcément, il s'intéressa au collage. Le cinéma pouvant lui permettre de mettre en scène et mélanger toutes ses expressions,

C'est en 1968, est-ce un hasard, qu'il réalisa son premier film « Goto, l'île d'amour ». Comme le prolongement de toutes ses recherches dans la combinaison du noir et blanc, avec l'utilisation d'objets.

En 1971, il réalisa « Blanche » librement inspiré d'un poète polonais qui nous plongeait dans le Moyen-Âge en France avec des décors et accessoires crées des mains mêmes du réalisateur.

 

« La Bête » (1975) en version érotique ou voire pornographique (pour les esprits étriqués et coincés) et parodique de la «  Belle et la Bête » affichait déjà sa patte qui allait se confirmer avec les « Contes immoraux » qui concoururent à un grand succès commercial. Il avait eu le génie de surfer sur la vague de l'abolition de la censure voulue par Valéry Giscard d'Estaing tout juste élu président.

Aussi étonnant que cela puisse paraître au vu de sa filmographie, Walerian Borowczyk était catholique. Il en découla pourtant plusieurs thématiques fortes dans ses films telles que le rôle du sexe à la Renaissance, la répression sexuelle, les rêveries, l'idée du péché qu'il attribue à une éthique, la résurrection. Georges Brassens avec humour, dérision et par provocation chantait : « Je suis le pornographe de la chanson ». Walerian Borowczyk, avec l’humour qui le caractérisait, aurait pu reprendre en chœur le refrain polisson pour son cinéma qui tirait la langue aux convenances sensuelles à l’image.

Il se retrouvait dans Buñuel et son côté anticlérical sur un champ bien plus moral que le clergé dans tous ses déraillements à l’écran. Du cureton pédéraste dans « La Bête » ou les orgies du pape Alexandre VI et les actes du moine Savonarola dans les «  Contes immoraux » et j’en passe…

 

Un doux minois sous différents pseudos apparait souvent à l’écran. Et pour la noble cause, c’est Ligia Branice, madame Walerian Borowczyk qui ne laissait jamais personne indifférent en sa présence. La preuve, son ami le cinéaste Chris Marker ami de Boro, n’hésita pas un seul instant à lui proposer d’incarner l’une des quatre figures de « L’humanité future ».

 

De 1983 à 1987, il évoqua des projets pharaoniques qui n'aboutiront jamais.

Alain Siritzky le producteur de la série des « Emmanuelle » à court d’arguments et s'enlisant dans son concept rongé jusqu'à la gangue recourut à Walerian Borowczyk pour réaliser « Emmanuelle 5 » (1987). Sauf que Walerian ne parlant pas anglais, il lui fut impossible de communiquer avec Monique Gabrielle l'héroïne du film. Je vous laisse deviner le nanar que ce fut...

Pas facile d'être producteur avec Walerian Borowczyk qui voulait avoir la liberté de tourner de A à Z selon ses moindres désirs et moult se cassèrent le nez à vouloir le suivre. D'autant qu'en plus, il était un cinéaste inclassable, sauf à la rigueur et dans la rigueur d'un Buñuel ou d'un Bresson.

D’autres filiations sautent également aux yeux. Je pense à Roland Topor pour ses courts-métrages d’animation et le surréalisme et son côté absurde dont Terry Gilliam se réclame.

 

Forcément toutes les images véhiculées par un Walerian Borowczyk, donc forcément par un regard d’homme, peuvent choquer certaines femmes, mais aussi des êtres sensibles. Puisque forcément son cinéma s’insinue dans un certain regard voyeuriste, voir fétichiste autour de l’image charnelle de la femme dans tous ses états. Voire même érotiques, il s’en défendait : « Quand on dit que je fais des films érotiques, je sens toujours un sous-entendu ironique, une condamnation ».Tout est possible avec Walerian Borowczyk et c’est tant mieux.

 

Walerian Borowczyk fut prolixe dans ses productions qui comptent pas loin de 50 œuvres. Carlotta Films nous livre dans son coffret 6 longs-métrages et des courts-métrages. 

 

« Courts-métrages et animation » (1959 / 1984) 2 DVD, couleurs et noir et blanc, 180 minutes.

C’est là où l’on s’aperçoit de l’imaginaire fécond et ses applications en créations artistiques à l’image, avec bien évidemment la préface d’un Terry Gilliam véritable fan à juste raison. Walerian Borowczyk fut un chercheur qui cherchait et avait trouvé moult expressions. Son long métrage autour des personnages de « Concert, théâtre de Monsieur et Madame Kabal » navigue à vue d’œil entre l’absurde d’un Samuel Beckett et l’humour féroce d’un Roland Topor, avec des scènes de la vie conjugale d’un couple où viennent se greffer des séquences brèves en couleurs. Vraiment surprenant !

 

« La Bête » (1975, 94 minutes, couleurs, version française) aurait dû apparaitre parmi les « Contes immoraux », mais Walerian Borowczyk préféra à juste titre étendre son sujet et que la « Bête » prenne procession de ses personnages femmes.

Inspirée de différentes œuvres littéraires dont la nouvelle de Prosper Mérimée ou la créature de Stevenson. C’est aussi un tableau de Podkwinski « La Folie » exposé à Cracovie qui l’inspira. On y voyait une jeune femme nue enlaçant un cheval écumant. La scène qui ouvre le film est une scène de saillie d’une jument pas un étalon.

C’est l’histoire d’un mariage arrangé par un aristo en pleine déconfiture qui espère qu’en mariant son fils Mathurin à une riche héritière américaine, il pourra se renflouer. On sous-entend qu’autrefois, une certaine Romilda aurait succombé lors d’une course poursuite dans les jardins du château aux avances sexuelles d’une bête !

La sexualité débridée au cours du film va libérer les femmes du carcan des hommes. On assiste à une satire en bonne et due forme où l’aristocratie et le clergé sont roulés dans la paille, comme dans certains films de Buñuel. Eros est aux anges et il se dégage de ce film de l’humour et une certaine bestialité esthétique de bon aloi.

 

 

« Contes immoraux » (1974), couleurs, 99 minutes, version française

Ouf ouf la touffe, ce film échappa à la censure à sa sortie, tout du moins en France. Quatre courts-métrages mettent en scène quatre tabous.

Où dans « La Marée », un Luchini jeunot et déjà imbuvable se fait tirer le jus du nœud sous les falaises exactement, en récitant des fadaises à propos des marée par une jeune nymphe bien naïve.

Où dans « Thérèse Philosophe », une ado joue les grandes eaux entre ses cuisses ouvertes.

Où dans « Ezébet Bâthory » une princesse aime sa bouchère qui fait couler le raisiné de jeunes femmes pour qu’elle se baigne dans leur sang.

Où enfin, dans « Lucrezia Borgia » on assiste à un inceste papal.

Du grand art dans un esprit baroque et pas du tout toc.

 

 

« Goto, l’île d’amour » (1968), noir et blanc avec inserts couleurs, version française, 91 minutes

Suite un cataclysme terrestre, sur une île subsistent quelque survivants aux mains d’un tyran interprété avec gouaille par Pierre Brasseur impeccable comme toujours. Sa jeune épouse, la sublime Ligia ne laisse pas indifférent un certain Gonzo. Serviteur aux dents longues et assoiffé de pouvoir et d’amour qui grimpe inexorablement les marches du pouvoir pour devenir calife à la place du calife.

Des paysages qui ressemblent à la Bretagne, une interprétation magistrale, cette farce contre la tyrannie date de 1968. Est-ce un hasard si ce film a été interdit à la fois en Pologne et par le régime de Franco ? ! Je ne pense pas. C’est le film, sans nul doute, le plus subversif de ce cher Walerian Borowczyk.

 

« Blanche  » (1971), couleurs, version française, 90 minutes

Toujours la sublime Ligia mise en scène par son mari à la fois cinéaste mais aussi au montage et comme très souvent aux décors, très chargés d’objets hétéroclites pour un film en huit clos dans un château où se situerait l’action en France au XIIIe siècle.

Encore une distribution étonnante, avec un Michel Simon dans la force de l’âge, un Georges Wilson roi de France libidineux et un Jacques Perrin jeunot mignon.

Jeu d’amour et joute entre deux coqs amoureux de Blanche et un vieux mari jaloux. Jeu de cape et d’épée. Transposition d’un drame romantique polonais du XVIIIe siècle. Cette fresque de mœurs dans la France médiévale somme toute si banale par sa thématique est assez décevante à mes yeux. Surtout vis-à-vis de l’introduction par un autre réalisateur dans le DVD qui nous promet du sang et des larmes. J’en ai pas assez eu pour ma came. Heureusement le petit singe en short m’a réveillé les sens.

 

« Histoire d’un péché » (1975), version originale en polonais sous-titré en français, couleurs, 125 minutes

La saga amoureuse d’une jeune femme qui aurait pu avoir comme titre : plus dure sera la chute. En effet, Ewa, aux yeux de braises, s’enflamme pour Lukasz, un homme qui loue une chambre chez sa famille. Au moment où Lukasz est exclu du foyer pour cause de divorce, selon la chape de plomb de la morale catho qui transpire dans toute la société polonaise par tous les pores de l’hypocrisie, Ewa n’aura de cesse de le retrouver. Quitte à tomber dans des traquenards, que sa naïveté et sa beauté sensuelle auront attisé à son encontre. Film tourné en Pologne et retour aux sources de sa culture, Walerian Borowczyk, le tourna en langue originale et en costumes. Il nous entraine à travers l’Europe du début du XXe siècle.

Une ambiance pressante et sensuelle irrigue notre flux d’attention, un peu à la manière des films à la Fassbinder où les femmes sont les principales héroïnes affublées de destins tragiques. Du très grand art !

 

 

« Dr Jekyll et les femmes » (1981), version française, couleurs, 88 minutes

Walerian Borowczyk a adapté à sa façon le roman de Stevenson. « L’étrange Cas du docteur Jekyll et de Monsieur Hyde » devient à sa façon «  L’étrange Cas du Docteur Jekyll et de Miss Osbourne ». Walerian Borowczyk a rajouté des personnages de femmes qui manquaient cruellement chez Stevenson et se rapproche sans doute de sa première version écrite. On ne le saura jamais puisqu’elle a été jetée au feu par son épouse qui portait le blaze de Fanny Osbourne, la trouvant trop érotique. Autre sacrée différence entre l’œuvre littéraire et celle portée à l’écran, Jekyll pour devenir Hyde dans le roman devait absorber un breuvage, alors que dans le film il doit se plonger dans un bain un peu spécial. Dans la version de Walerian Borowczyk, à Londres à l’époque victorienne, une famille bourgeoise fête les fiançailles de Jekyll et Fanny. La cérémonie familiale se termine par une série de meurtres et de viols en la demeure austère.

Il y a de « La Bête » dans la transformation de Jekyll… Ses mains se couvrent de poils dissimulées par des gants, son visage prend une forme hideuse repoussante et cette transformation lui permet d’accéder aux plaisirs sans contraintes aucune. Le choix du héros n’est pas non plus dû au hasard. Udo Kier qui interprète Jekyll avait déjà été remarqué par Walerian Borowczyk lorsqu’il interpréta le « Dracula » de Paul Morissey. Quant à la fraiche Marina Pierro (Fanny Osbourne), lorsqu’elle devient miss Hyde à la fin du film et se vautre dans la luxure, a de quoi nous réveiller les sens.

J’avoue que c’est mon film préféré de Walerian Borowczyk, pour la liberté de ton, pour l’explosion des décors issu de ses propres mains et sa faculté d’adaptation littéraire. Il s’approprie une œuvre et la recrache sur l’écran selon ses canons de cinéaste et sa personnalité, afin d’exploser tous les codes en vigueur et s’échapper au classement de genre de son cinéma, qui pointe la subversion de bon aloi.

 

Deux livres inédits : « Camera Obscura » et « Le dico de Boro » agrémentent et illustrent le cinéma de Walerian Borowczyk dans ce coffret, pour en comprendre toute la substance moelle de son œuvre très riche et hétérogène dans différents domaines de l’image animée et la fiction cinématographique. Ses auteurs Daniel Bird et Michael Brooke connaissent le sujet par cœur et nous ouvrent une vision transversale et chronologique pour bien s’immerger chez Boro.

 

http://www.carlottavod.com/video-2559-walerian-borowczyk.html

 

Coffret Walerian Borowczyk : 7 films, 16 courts-métrages, 2 livres inédit, avec en sus de nombreux suppléments, chez Carlotta Films, sortie le 22 février 2017


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