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Rita Hayworth, la bombe hollywoodienne

 

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 1918 - 1987

Avec Gilda, elle est devenue du jour au lendemain la femme fatale par excellence, l'atomic Gilda, la briseuse de coeur, la rousse au pouvoir d'attraction irrésistible avec un côté sombre exploité par la pellicule qui n'avait d'autre objectif que de l'entourer d'une aura de mystère et de diaboliser sa troublante sensualité. En effet, Gilda de Charles Vidor, qui sort sur les écrans à la fin de la guerre, dégage un érotisme brûlant qui atteint son paroxysme lors du numéro musical que la jeune femme interprète langoureusement en retirant ses gants au rythme de la musique. La pin-up, dont les G.I. avaient peint l'effigie sur la bombe atomique lancée sur l'atoll de Bikini, est consacrée pour l'éternité comme la vamp américaine. D'autant qu'elle enchaîne avec La dame de Shanghai d'Orson Welles, son mari, en 1946. L'affiche la montre en blonde platine, les cheveux courts, alors que le slogan précise : " Vous ne savez rien de la perversité ! " Le film étant, sans doute, destiné à nous l'apprendre. Il est vrai que ce personnage n'est rien moins que machiavélique et ternira un peu l'image de la femme pulpeuse chantant et dansant avec talent qu'elle affichait dans l'opus précédent. Si bien que l'on reprochera à Orson Welles de l'avoir chargée pour se venger de ses infidélités, ce qui est probablement injuste.

 

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 Gilda 

 Ainsi, après ces deux films, est-elle devenue un mythe, une icône rayonnant sur le 7e Art de son époque. Reine de beauté incontestable, elle fut élevée au rang suprême de déesse de l'amour, faisant la couverture des magazines les plus en vue et séduisant un public toujours plus large avec une comédie musicale comme La reine de Broadway avec Gene Kelly pour partenaire et de nouveau Charles Vidor comme réalisateur. Car la belle sait danser, formée dès l'enfance par son père Eduardo Cansino d'origine sévillane et danseur professionnel. Sa mère Volga, née Haworth, était également danseuse et fille d'un acteur irlandais. La petite Rita est donc venue au monde dans le milieu du spectacle et fera ses premiers pas sur scène à l'âge de 4 ans avec éventail et castagnettes, lors d'un récital à Carnegie Hall.

Son père ne cessera d'exiger d'elle un travail intense, lui imposant des cours de danse astreignants, persuadé que l'avenir est aux comédies musicales. Si bien que, dans cette perspective, il créera une école de danse à Los Angeles, espérant poursuivre une carrière au cinéma qui semblait s'intéresser de plus en plus au monde de la danse. Douée de grâce et de charme, la petite Rita commence à retenir l'attention des quêteurs de talent, d'autant qu'elle est très belle : une chevelure somptueuse, un sourire éblouissant ; il suffira d'éclaircir ses cheveux, de la faire maigrir car elle est ronde, d'épiler ses cheveux afin d'agrandir son front et le tour sera joué... D'ailleurs elle dansera dès son premier film L'enfer  en 1935 aux côtés de Spencer Tracy et c'est son père qui en réglera la chorégraphie.

Mais la Fox a des soucis d'argent et la licencie. Par chance, de bonnes fées veillent sur elle et un homme d'affaires, qui a aussitôt évalué son potentiel, ne tarde pas à lui trouver des contrats avec des firmes moins prestigieuses mais qui ont le bon goût de la faire tourner. Elle épousera l'homme pour fuir son étouffante famille et se pliera à ses exigences en se teignant en rousse, en se faisant arracher plusieurs molaires afin de creuser ses joues et en changeant son nom de Cansino pour Hayworth. Ne répond-t-elle pas désormais aux critères des studios hollywoodiens ? Certes, aussi apparaît-elle pour la première fois, à la suite de ces transformations, dans Criminels de l'air  en 1937 et entre-t-elle à la Colombia où son destin s'amorce. Ultérieurement, remarquée dans le film d'Howard Hawks Seuls les anges ont des ailes auprès de Cary Grant et de Jean Arthur, elle emballe les critiques et le public masculin et voit ses émoluments se multiplier par dix au cours des années suivantes. Après plusieurs films mineurs, Rita tourne avec la 20th Century Fox dans Arènes sanglantes  de Darryl Zanuck, fasciné par sa gestuelle sensuelle et son éclat. Si bien qu'elle est définitivement lancée et jouit d'une popularité considérable auprès des G.I. engagés dans la Seconde Guerre mondiale.

 

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  Dans Gilda avec Glenn Ford

 

A la Columbia, l'actrice va avoir la chance de danser à deux reprises avec Fred Astaire dans L'amour vient en dansant et O toi ma charmante. Lors de ce dernier, le couple explose littéralement dans un pas de deux d'une grande sensualité. Fred Astaire écrira d'ailleurs qu'il prît beaucoup de plaisir à danser avec Rita et précisera que " chacun de ses mouvements épousaient les siens ". C'est l'époque où on lui prête des liaisons avec Victor Mature, David Niven et Howard Hugues, le collectionneur de conquêtes féminines. C'est aussi celle où elle se sépare de son mentor Edward Judson devenu jaloux et menaçant.

Le 7 septembre 1943, elle épouse Orson Welles et rejoint le plateau de la comédie musicale La Reine de Broadway, opus précurseur des films musicaux qui marqueront les années 50 et où elle révèlera une fois encore ses qualités de danseuse. A sa sortie, en 1944, le film est un triomphe sans précédent qui assied définitivement la renommée internationale de l'actrice. Mais l'apothéose sera atteinte avec Gilda, le film phare de sa carrière, prouvant s'il était encore nécessaire son pouvoir érotique, et la faisant entrer dans la légende des déesses hollywoodiennes. Cependant, et malgré la naissance d'une petite fille, son mariage avec Orson bat de l'aile, en proie à des scènes de jalousie permanentes, d'un côté comme de l'autre. Pour cadeau de rupture, Welles offrira à Rita le rôle étrange et fascinant de La dame de Shanghai, où le final est devenu un moment d'anthologie, celui où Elsa Bannister, l'héroïne interprétée par Rita, agonise au milieu d'un labyrinthe de miroirs qui multiplie à l'envi son reflet. Leur divorce sera prononcé peu après.

 

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C'est alors que les désillusions commencent. Son mariage avec le prince Ali Khan fait d'elle une princesse non plus seulement à l'écran mais dans la vie civile, sans lui apporter d'autre bonheur que la naissance d'une seconde fille Yasmina. Le conte de fée sera de courte durée et son retour à Hollywood comme entaché de mélancolie. Elle tourne alors Salomé, un film biblique réalisé par Rouben Mamoulian, dont le résultat est criblé d'invraisemblances et d'un goût douteux, bien que Rita reste éblouissante et infiniment suggestive dans la célèbre scène de la danse des "sept voiles ". Contactée pour être La comtesse aux pieds nus, elle abandonne le rôle à l'autre déesse d'Hollywood Ava Gardner, trop absorbée par les multiples difficultés et rebondissements de son divorce avec le prince Ali qui lui refuse la garde de leur enfant. Elle apparait encore en 1957 dans L'enfer des Tropiques avec Robert Mitchum resté un ami fidèle, puis La blonde ou la rousse auprès de Frank Sinatra, et épouse en 1958 son cinquième mari James Hill, un producteur rencontré lors de ce dernier tournage.

Le déclin de Rita s'amorce durant les années 60. C'est l'apparition de la maladie d'Alzheimer qui l'emportera et dont on attribue à tort les symptômes à l'alcool. Bien qu'on lui propose toujours des rôles au cinéma et au théâtre, elle refuse la plupart tant elle souffre d'épuisement et de graves troubles de mémoire. Elle fera encore une belle composition auprès de John Wayne dans Le plus grand cirque du monde, puis dans Sur la route de Salina de George Lautner, où elle retrouve son partenaire et ami Glenn Ford. En 1981, placée sous tutelle, elle s'absente définitivement de la scène et de l'écran, veillée et soignée par sa fille Yasmina, et s'éteindra le 14 mai 1987 à New-York, laissant d'elle une impérissable image de beauté et de charme.

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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 A 59 ans, en 1977, malade et encore si belle !


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4 réactions à cet article    


  • Taverne Taverne 27 août 2012 10:43

    J’ai vu Rita dans « Gilda » il n’y a pas longtemps à la télé. Hélas, la bande-son originale de la chanson fut remplacée par quelque chose d’innommable. La chanson « put the blame on me » fut remplacé par « C’est la Philomène ». Horreur, si j’avais eu le parolier à portée de main à ce moment-là, je l’aurais étranglé de toutes mes forces. Parole de parolier !


    • loco 27 août 2012 21:37

       Bonsoir,
       futilité, quand tu nous tiens....


      • Armelle Barguillet Hauteloire Armelle Barguillet Hauteloire 28 août 2012 12:24

        à loco

        La beauté n’est jamais futile. La contempler permet de nous évader un instant de la morosité des choses et également de la vulgarité trop présente et agressive. Pensez seulement aux sculpteurs de l’époque gréco-romaine...


      • rugueux 28 août 2012 08:24

        Taverne, non seulement vous faites des vers de mirliton mais il semble également que vous ayiez un problème d’audition....Ca explique peut-être l’indigence de vos chansons....

        Ce n’est pas « put the blame on me »...put the blame on mame......il y a une assonance entre « blame » et « mame » ....Pour un musicos vous avez l’oreille cassée !

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