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Dominique Tarlé, Stones off

La Galerie de l’Instant, dans le 3ème arrondissement de Paris, expose sous le titre Rocks off les images de Dominique Tarlé.
 
A la charnière des années 60 et 70 ce photographe français explora avec son appareil l’essentiel de la scène rock de l’époque, de Jimi Hendrix à Led Zeppelin en passant par les Stones.
 
En 1971, invité par ces derniers à suivre l’enregistrement d’Exile on main street, leur miraculeux double album, Tarlé en tira des clichés qui participent de l’histoire du rock. Un choix est exposé pour la première fois en France.

Chaque amateur des Stones le sait : Rocks off est le morceau d’ouverture d’Exile on Main street (1972). Jagger et Richards, assistés de leurs acolytes enregistrent-là leur stone angulaire ainsi qu’un magnifique hommage à la musique populaire américaine.
 
Exile on main street est un sommet dont l’ascension commence avec Beggars banquet , disque sorti en 1968 (un an avant la mort de Brian Jones), et se termine en 1974 avec It’s only rock n’roll et le départ de Mick Taylor. Sur cette période fastueuse les amateurs divergent, la faisant commencer auparavant, mais ils s’accordent généralement sur le fait que le remplacement par Ron Wood de l’ancien guitariste des Bluesbrakers plonge les Stones dans une ère calamiteuse à partir de laquelle ils ne seront plus que l’ombre d’eux-mêmes.

Mais Rocks off c’est aussi le titre de la discrète exposition consacrée au photographe Dominique Tarlé. Et s’il y eut un âge d’or des Stones, Tarlé en fut le spectateur privilégié. « Les Rolling Stones ont écrit la bande-son de mon existence », a-t-il confié au journal Libération.

Nichée dans un coin paisible du vieux Paris, la façade rouge de la Galerie de l’Instant inspire la même sorte de nostalgie que ces confiseries à l’ancienne où les papiers enrobant les friandises cachaient un pétard, une blague ou de belles images telles que celles que réalisa Dominique Tarlé, notamment.

J’ai employé le mot de nostalgie pour décrire la façade de ce lieu ouvert il y a quatre ans et qui défend les œuvres de Bert Stern, Patrick Demarchelier, Giancarlo Botti ou Tony Frank, entre autres. Mais il n’y a aucune nostalgie dans les quelques tirages accrochés à ses cimaises, posées à même le sol ou sur des meubles. Comme à la maison. Juste l’émotion d’être traversé par les mêmes ondes que celles qui nous parcourent à la pénultième - car ce n’est jamais la dernière…- écoute de Little wing (1967) de Baba O’Riley (1971) ou de Black dog (1971) - "Hey, hey, mama, said the way you move, Gonna make you sweat, gonna make you groove...".

Les images magnifiquement tirées et contrastées de Dominique Tarlé ne sont pas un viatique pour voyager dans le temps. Ce sont des bouts d’intemporalité dans lesquels il suffit de se laisser aspirer. On les regarde et l’on sent le souffle organique d’une puissante musique païenne à côté de laquelle les cantiques, toutes obédiences confondues, ne peuvent se mesurer.

La galerie de l’Instant qui porte donc bien son nom expose un choix d’instantanés de ce photographe qui sait capter le moment propice où le geste non prémédité, embringué dans un processus créateur qui nous échappe, devient pure forme.

D’où faut-il donc regarder pour voir cet incroyable totem composé par un John Entwistle, Roger Daltrey et Pete Townshend, figés de haut en bas lors de leur fameux concert de 1972 à la fête de l’Humanité ?
 
Comment savoir, si ce n’est par instinct, que c’est là maintenant qu’il faut saisir la guitare enflammée de lumière de Jimmy Page, que le véritable Jimi Hendrix est là, concentré et disponible, pendant ses balances au Royal Albert Hall de Londres, le 18 février 1969 ? Et je ne parle pas de John Lennon, de Marianne Faithfull, d’Eric Clapton, des Pretty Things et autres Kinks que Tarlé connaît tous par cœur depuis qu’il a pris sa première photo - les Beatles en concert à l’Olympia -, en 1964. Il a 16 ans.
 
Et puis, « en 1968, à Londres, j’ai eu un coup de bol incroyable, raconte-t-il à Raphaël Beaugrand, du Point. Alors que je n’avais pas d’accréditation pour photographier l’émission des Rolling Stones Rock’n roll circus , je me suis pointé devant le chapiteau planté au milieu d’un terrain abandonné de la banlieue londonienne. À l’entrée, un type m’a pris par le bras pour m’emmener à l’intérieur. C’était John Lennon ».

Dominique Tarlé ne se contente pas d’attendre que les grands fauves aillent boire pour les shooter et cette exposition ne s’appelle pas Rocks Off pour rien. Avec Sticky Fingers qui paraît en avril 1971, les Stones viennent d’escalader d’un cran l’échelle de la gloire. Il ne leur reste qu’une marche pour atteindre le sommet. Ils peaufinent et enregistrent Exile on main street chez Keith Richards, à Villefranche-sur-Mer.
 
La villa Nellcôte - avec vue sur la Méditerranée - sera le lieu de cet exil particulier - essentiellement fiscal pour les Stones. Le photographe à force de leur tourner autour, sur scène et backstage, sur les plateaux de télévision, est devenu un complice. Ils apprécient son travail et l’invitent à partager leur quotidien. Ils lui demandent de les suivre pendant les six mois que durera l’enregistrement du double album, ce qui arrange bien le jeune Dominique qui, persona non grata à Londres, est invité par les services d’immigration à quitter le pays.
 
C’est là, sous les yeux et l’appareil du photographe qui se fond dans le décor, qu’ils répètent. Tarlé n’en perd pas une miette. Il est tout simplement invisible. Ces images le prouvent. Il s’agit ni plus ni moins d’un dialogue de haute volée entre artistes. Générosité des modèles qui se dévoilent sans réserve et respect du côté du photographe qui, sachant garder la bonne distance, ne traque pas le détail qui choque, mais est en quête de justesse. Certaines de ces images ont fait le tour du monde et des magazines. Elles avaient déjà été publiées dans « Exile », un livre aujourd’hui introuvable dans lequel Keith Richards, le guitariste des Stones à ce commentaire : « Dominique avait le don de se transformer en table basse. On oubliait totalement qu’il était là. Je n’ai jamais réalisé qu’il travaillait autant ».
 
 
Pour la première fois, une petite partie de ces images sont accrochées en France. Jusqu’au 31 octobre. Entrée libre. Pour les malchanceux qui ne peuvent se rendre à Paris elles sont visibles, en moindre qualité, sur le site de la galerie.

Crédit photo : Dominique Tarlé-Galerie de l’Instant



 

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5 réactions à cet article    


  • sisyphe sisyphe 31 août 2009 10:37

    Exile on main street : pour moi, le chef-d’oeuvre des Stones, et du rock.


    • sisyphe sisyphe 31 août 2009 11:45

      Je crois qu’il n’y a pas de période qui justifie autant le slogan « Sex, drugs and Rock n’ Roll », que celle de l’enregistrement de ce disque à la villa Nellcote, à Saint Jean Cap Ferrat : tous les ados et jeunes du coin de l’époque en savent quelque chose...

      Merci pour les photos.


    • le mave 31 août 2009 11:02


      Merci pour le lien vers le site de la galerie :
      très belles photos des Stones quand ils étaient encore un groupe de rock


      • playeur 31 août 2009 21:19

        je déteste les Stone ils ont conforter une génération de droguer .

        la photo est horrible .

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