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« Romancero Gitano » d’après Federico Garcia Lorca & avec Cristina Hoyos aux Folies Bergère

Cristina Hoyos, la reine du Flamenco, celle qui illumina "Carmen" ou "Noces de Sang" d’Antonio Gadès, filmés par Carlos Saura, tire sa révérence avec un ballet, le "Romancero gitano" extrait de l’œuvre poétique de Federico Garcia Lorca sous un recueil écrit en 1928, composé de 15 romances.

Cristina Hoyos en illustre 9 par autant de tableaux qui ont chacun leur couleur, leur force, leur noirceur, ou leur douleur.

Tous nourris par les larmes et le sang des gitans andalous, qui vivent en marge de la société et sont persécutés par l’autorité, ici chorégraphié sur le "Romance de la Guardia civil".

Rencontre donc entre danse populaire et poésie : Une poésie nocturne, lunaire où les éléments de la nature sont souvent personnifiés, une poésie connue pour sa sensualité et l’usage de la métaphore, pleine de symboles.

Ainsi ces poèmes idolâtrent

- la lune qui, telle une séductrice aux attributs féminins, hypnotise l’enfant gitan et l’entraîne dans la mort, en le tenant par la main pour le "Romance de la luna, luna"

- le vent aux attributs masculins qui flirte avec les jupes, enivre la jeune fille et la fait succomber au plaisir des hommes pour le "Romance de Preciosa y el aire"

- la nuit avec son pouvoir maléfique et envoûtant où les désirs inavoués et secrets s’entrouvent alors que le corps cloîtré exulte sous l’habit de nonne, c’est le "Romance de la monja gitana", où la passion se déchaîne pour la femme infidèle, c’est le "Romance de la casada infiel" et entraîne une violence exacerbée jusqu’à la mort dans des luttes fratricides, c’est la "Muerte de Antonito el Camborio".

Incantation lancinante et poignante d’un peuple, la musicalité de F. Garcia Lorca va être déclinée en un ballet chorégraphié par Cristina Hoyos, elle aussi andalouse, et mis en scène par José Carlos Plaza, avec 22 danseurs, musiciens et chanteurs.

La scène est séparée en deux :

Côté cour, autour d’un feu, dans des couleurs sombres, la Hoyos, toute de noir vêtue, les chanteurs, les deux guitaristes et un joueur de tambourin, frappent des mains ;

côté jardin, sur fond de camp gitan sur une aire d’autoroutes, éclatent les danses rythmées par les jeux de pied du Taconeo et du Zapateo ;

les danses expriment chacune selon son "Romance", l’insouciance, l’affliction, la douleur, le cri de révolte, ou la mise à sac par la garde civile, masse effarante au pas cadencé, d’une synchronisation parfaite.

Tous ces mouvements étourdissants vont mener à l’apothéose de la dame en noir, de 63 ans, cambrée dans sa dignité qui, avec ses castagnettes, et ses battements de pieds, va entreprendre en solo une danse magnétique, tel un serpent ondulant, de la "Pena negra", inconsolable et solitaire.

Charismatique, Cristina Hoyos nous envoûte en ayant choisi, pour ses adieux à la scène parisienne, d’apparaître aux "Folies Bergère" en tête de sa troupe au style épuré, le "Flamenco de Andalucia".
 
Photo © Julio Vergne
 
ROMANCERO GITANO - *** Cat.S & Theothea.com - d’après Federico Garcia Lorca - mise en scène : José Carlos Plaza - avec Cristina Hoyos & le ballet Flamenco d’Andalousie - Théâtre des Folies Bergère -
 


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