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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Sade, Matzneff et la piscine Deligny

Sade, Matzneff et la piscine Deligny

"La chair est triste, hélas, et j’ai lu tous les livres", disait Mallarmé. Nous ne parlerons pas ici des romans de gare ni des "livres qui se lisent d’une seule main", selon le mot de Duclos, mais d’authentique littérature érotique. Du moins de ceux à qui on reconnaît généralement un certain talent pour le sujet. De Sade s’évadant de ses prisons par l’invention d’un monde subversif et érotique, à Matzneff et ses naïades abordées à la piscine Deligny ou à la sortie des hypokhâgnes du Lycée Louis le Grand, voici un petit voyage sous le manteau. L’occasion également d’apprécier, de 1788 à 2008, le seuil de tolérance de nos sociétés, et le déplacement souvent surprenant du curseur sur l’échelle de ce qui peut -ou non- s’écrire.
Si la chair est triste, la littérature qui en traite l’est-elle nécessairement ? Vu l’espace disponible pour ce billet, la question sera uniquement posée à travers deux auteurs catalogués "spécialisés" par la critique, tous deux estampillés "sulfureux" à deux siècles d’intervalle : Le Marquis de Sade et Gabriel Matzneff.
 
1/ Le divin Marquis, prisonnier de ses phantasmes :
 
Sade, c’est avant tout une littérature d’enfermement. Il a largement payé, pour des faits avérés ou obscurs, de mœurs ou de subversion politique. Il passe trente ans de sa vie dans les diverses bastilles, donjons et châteaux forts du Royaume, puis de la République, de la Terreur, du Consulat et de l’Empire. Par ailleurs, il est cultivé et n’a pas attendu la prison pour lire. Il a dévoré les livres favoris de son siècle. Il connaît par cœur l’encyclopédie et éprouve pour Voltaire et Rousseau un mélange de sympathie et d’horreur ( "que l’homme soit humain, je n’en mettrais pas ma main au feu", écrira-t-il).
 
L’ensemble va produire un phénomène littéraire assez détonant pour l’époque (et, dans une certaine mesure, aujourd’hui encore)." L’esprit le plus libre que l’on ait encore vu", disait de lui Apollinaire. Oui, mais un esprit libre dans un corps enfermé, qui ne peut qu’imaginer, s’échauffer de souvenirs de vie réelle, souvent largement enjolivés.
 
Et puis surtout, il y a la censure, les matons.
 
Ce point sera essentiel dans l’œuvre de Sade. Hormis les ouvrages écrits en liberté , dans son Château de La Coste, en Provence (par exemple "La philosophie dans le boudoir"), et qui seront très crus et détaillés, les autres textes doivent passer la censure des matons pour être publiés au dehors. Les matons étant peu instruits, il convient de les leurrer, par des artifices et subterfuges littéraires, comme la litote.
 
Ainsi, dans "Justine et les infortunes de la vertu", décrivant une scène de fellation sur la malheureuse Justine ( prisonnière de moines dépravés dans un monastère de l’Isère), Sade écrit, à propos du moine Clément :
"ses ignominieuses passions s’assouvissent dans un lieu qui m’interdit pendant le sacrifice le pouvoir de me plaindre de son irrégularité".
 
Ou plus loin, dans une scène de sodomie : "Et le malhonnête homme m’ayant placée sur un sofa dans l’attitude propice à ses exécrables plaisirs, me faisant contenir par Antonin et Clément… Raphaël , italien, moine et dépravé, se satisfait outrageusement sans me faire cesser d’être vierge.
Jérôme suit, son temple est celui de Raphaël, mais il ne s’introduit pas au sanctuaire. Content d’observer le péristyle, ému d’épisodes primitifs dont l’obscénité ne se peint point, il ne parvenait au complément de ses désirs que par des moyens barbares qui, ramenant à l’enfance la victime du libertin, le fait jouir d’une sorte de tyrannie qu’étayent quelques raisonnements sophistiqués, que transmet malheureusement, de siècle en siècle, un usage odieux et dont l’humanité frémira toujours".
 
Les infortunes de la vertu est le livre de Sade où l’imagination du lecteur est le plus mise à contribution, via la litote, les périphrases, etc. Le reste de son oeuvre, celle écrite hors -les-murs, sera beaucoup plus explicite, et donc beaucoup plus banale pour nous autres, contemporains des films X.
 
Qui l’eut cru, l’administration pénitentiaire pouvait (peut encore ?), indirectement, produire un genre littéraire rare et stylistiquement recherché.
Du reste, beaucoup feront observer que l’enfermement générera chez Sade différentes caractéristiques rares dans la littérature érotique.
 
D’abord, elle n’est pas réaliste. Des hommes ( Dolmancé, Le Chevalier, le moine Valentin), décrits comme ayant 40 ou 50 ans ( soit l’antichambre de la faucheuse en regard de l’espérance de vie de l’époque), "honorent"des femmes 8 à 10 fois dans la journée sans faiblir. Les poses et postures de ce qu’on appellerait aujourd’hui une partouze sont souvent un défi aux lois de la physique et de l’endurance musculaire. Mais Sade n’en a cure, il écrit dans le souvenir, dans l’outrance, et ses visions n’ont pas vocation à être mises en pratique : il invente, il sort ainsi par le roman de la prison du réel, des possibilités du corps, de la mort qui rode.
 
De la même façon, il n’y a pas d’odeurs, de cris dans les étreintes de Sade. Les peaux ne transpirent plus, les voix n’ont aucune nuance, ni les coups ni la douleur ne se mesurent. Tout est comme sur papier glacé, ou bien dans la préciosité des dialogues : " Ah, Diantre, je me meure, je décharge.."
" Il suffit, je quitte ce sanctuaire étroit, car j’y laisserai mon foutre, Madame, etc.…".
 
2/ Faites entrer le cas Matzneff :
 
Chez les plus de 40 ans, on ne présente plus Gabriel Matzneff, écrivain raffiné d’origine russe, devenu "intellectuel de droite de la rive gauche". Un anti-conformiste professionnel, aux oeuvres souvent baroques, accordant une grande place au mysticisme orthodoxe, qu’il tente de concilier avec un goût prononcé pour le libertinage, les jeunes filles et parfois les jeunes garçons.
 
Des livres comme "les moins de seize ans", "ivres du vin perdu" et ses "Carnets" achèveront de le rendre sulfureux et lui coûteront sa place au Monde et une progressive mise à l’écart, mi-90, du monde littéraire français.
Les Carnets, parlons-en. C’est le seul ouvrage que je possède de l’auteur(2).
 
Et, disons-le tout de suite, il y a de quoi être déçu. Matzneff, homme intelligent et cultivé, n’est surtout pas un littéraire dans ses mémoires de boudoir. Un carnet insignifiant sur le fond, qui aurait pu être tenu par un garagiste ou un dermatologue, et une succession d’actes sexuels avec des (jeunes)filles rencontrées à la piscine Deligny ou à la sortie des lycées et facultés. Des exemples ?
 
"Mardi soir" : je dîne seul chez La Foue, après une rencontre qui m’a troublé. De 4 à 7, amour (agréable) avec Claire revue de manière inopinée à Deligny. Puis je téléphone à Pascale, , Marie -Elisabeth et Marie-Agnès".
"Samedi 1er octobre 1983. Hier, amour (sodomite) avec Anne, sortie de classe à 10heures, puis piscine -la mélancolie dorée de la fin de saison à Deligny, le soleil pale décrit dans Isai-, visite de Marie Elisabeth qui se plaint de ma froideur".
Ou encore :
"Samedi 8 : ce matin, après une nuit d’amour presque blanche, Marie Elisabeth m’a quitté à 10H30, et à 13H00 je retrouvais Ghislaine, qui a dix-huit ans, une jolie frimousse et s’est fait très proprement sodomiser (elle ne prend pas la pilule). Ce soir j’aspire à être tranquille".
 
Le reste à l’avenant. Sur 382 pages, éditées chez Gallimard…
Parsemées de restaurants de luxe, de fellations rapides ou lentes, de conseils sur les lubrifiants les plus appropriés, de soucis de l’auteur avec son éditeur, son bronzage, son poids (on apprend ainsi que la sole à l’huile d’olive de chez Taillevant permet de passer en deux semaines de 62,300 kg à 60,8). Etonnant, non ?
 
Contrairement à Sade, on est là dans l’ultra réalisme. Mais pas dans la littérature, fut-elle érotique.
 
Sade était devenu rapidement plus subversif que pornographique ou érotique : ce n’est pas le cas de Matzneff, dont la réputation de livres "sous le manteau" a cependant séduit Gallimard et les lucarnes télévisuelles.
 
 3/ Et aujourd’hui, Docteur ? :
 
La pédo-pornographie, sujet longtemps tabou n’engendrant qu’une réprobation sociale souvent faible, est devenu l’un des premiers sujets d’émotion populaire et journalistique. Elle a conduit Matzneff au silence médiatique ( que les faits qui lui sont reprochés soient avérés ou non), à la quasi-censure de fait de ces ouvrages. Il y a seulement 20 ans, Bernard Pivot ouvrait encore son divan à Matzneff, qui y étalait son bronzage permanent et ses confidences "apostrophiques" à qui voulait regarder.
Ce ne serait plus possible aujourd’hui.
 
A l’inverse, Sade se trouve presque réhabilité. Pas seulement parce que son oeuvre, également politique et philosophique, a traversé les ages et fait encore la joie des étudiants en lettres. Mais surtout parce que, même dans ses délires les plus fous - incluant la coprolagnie et les assemblages stratifiés les plus improbables de corps partouzards - il n’a jamais mis en scène de petits garçons ou de gamines. Eugénie (la jeune fille à "initier" dans la Philosophie dans le boudoir) comme Justine, ont 15 ou 16 ans. C’est-à-dire, à l’époque, l’age de se marier. Et , biologiquement, eu égard à l’espérance de vie de l’époque, l’équivalant d’au moins 30 ans pour une femme d’aujourd’hui. Si scandale il y avait, il ne résidait pas là pour les lecteurs contemporains de Sade.
 
Et les autres ? Angelot, Breillat et Rocco Siffredi tentent bien, de ci-de là, de faire leur place au panthéon , mais il est clair qu’avec eux, la chair est triste et.. on a pas envie de lire leurs livres.
 
Quelques passages de Djian faisaient vaguement gonfler la voile fin 80, mais il a fallu attendre Yann Moix (3), fin 90-début 2000, pour ressusciter le genre. Encore n’est-il pas (et de loin) qu’un littérateur érotico- sulfureux. Son œuvre, souvent brillante, toujours noire, ne se sert du sexe et de ses obsessions que pour nous gratifier de 20 ou 30 pages par ouvrage où la crudité absolue se fait en grande tenue de soirée stylistique. Loin de Matzneff….
 
D’ailleurs, justice immanente, colère de Dieu ou pas, la piscine Deligny brûla -puis coula- le 8 juillet 1993. Etonnant , l’incendie d’une piscine. Un coup du Vatican, de Moscou, de la loge P2, du comité contre les intellectuels libertins de la Rive gauche ? On se perd en conjectures. Pendant ce temps, la littérature érotique sommeille dans ses draps de soie poisseux.
 
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Notes :
1) Illustration : Clovis Trouille ("Luxure : le divin Marquis devant son château de La Coste) 1959, collection de l’artiste
2) Gabriel Matzneff, "mes amours décomposées", journal période 1983-1984, paru en 1990 chez Gallimard
3) Yann Moix, notamment dans "Jubilations vers le ciel", "Les cimetières sont des champs de fleurs" et "Partouz", tous trois chez Grasset.

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51 réactions à cet article    


  • Yohan Yohan 9 décembre 2008 10:22

    @ Salut Sandro
    Très intéressant sujet. Pour moi, il n’y a pas photo. Sade se déguste comme un grand cru. Matzneff, c’est du beaujolpif de comptoir de lounge


    • SANDRO FERRETTI SANDRO 9 décembre 2008 10:57

      Oui, le seul point commun aux deux, hormis d’avoir fait scandale à 2 siècles d’intervalle, est que les deux lieux du crime, tant le Chateau La Coste du divin Marquis que la piscine Deligny , ont brulé...
      Mais la piscine Deligny, à ma connaissance, n’a jamais été reconstruite sur les quais de Seine, alors que les ruine du Chateau dominent toujours (ah, la domination sadienne...) le village de La Coste.

      Stylistiquement, il est clair qu’il n’y a pas photo. La préciosité du langage du 18 eme empèche cependant les comparaisons , mais je recommande quand méme Yan Moix , brillant parmi les brillants.

      Peut étre un peu trop. C’est vrai que ses détracteurs lui reprochent ce coté "vous avez vu, je fais ce que je veux avec les mots, et je recommence quand je veux..."
      Cela reste cependant extra-ordinaire, au sens propre du mot. Depuis Céline, je pense qu’on avait pas vu une telle révolution stylistique qu’avec Moix.


    • Yohan Yohan 9 décembre 2008 16:30

      @ Sandro
      Dernièrement, ils en ont construit une autre sur Seine face à la bibliothèque Mitterand. Plus moderne, mais pas mal non plus. J’ai barboté dans la piscine Deligny dans les années 70, le sol autour de la piscine était en bois, de mémoire


    • Yohan Yohan 9 décembre 2008 16:33

      Il y a aussi Bataille, dans le genre austère et cru. Il résidait à Vézelay, pas très loin des bigots


    • SANDRO FERRETTI SANDRO 9 décembre 2008 16:39

      Merci pour la nouvelle cartographie parisienne, Yohan. Comme le temps passe. Ceci dit, la bibliothèque Mitterand, ce n’est pas assez "branchouille" comme quartier pour nos chasseurs d’hypokhagneuses...
      Pour Bataillle, mille fois oui, comme l’a déjà souligné un intervenant plus bas.


    • jps jps 10 décembre 2008 13:19

       

      en ce qui me concerne je préfère ce style. l’auteur ne me semble pas pas très connu et contemporain

      http://charnelcerebral.over-blog.com/


    • bof 9 décembre 2008 10:43

      Sade reste un régal, peut-être bien précisément grâce à ces dialogues précieux. Mais très littéraire en effet : ces personnages manquent un peu de vie.

      Dans un genre plus réaliste et plus vivant, je recommande volontiers Florance Dugas et son "Post-scriptum".
      Quant à Matzneff, j’avoue ne pas l’avoir lu... et ce que vous en écrivez n’est pas de nature à me donner envie de lire.

      Mais qui sait, après tout


      • SANDRO FERRETTI SANDRO 9 décembre 2008 11:07

        Pour étre tout à fait honnète, certains autres ouvrages de Matzneff ont meilleure réputation, littérairement parlant.Mais il faut absolument éviter ces fameux "Carnets", d’autant qu’il y a 4 ou 5 variations du genre, avec un sous titre différent à chaque fois, et retracant différentes années des "exploits" de l’auteur.

        Pour Sade, j’ajouterai qu’il est extrémement moderne, et d’une certaine façon, précurseur du féminisme, ou du moins de l’égalitarisme moderne que nous connaissons ; Dans la "philosophie dans le boudoir", il n’hésite pas à recommander aux femmes de prendre des amants pour se distraire, tout en gardant un "vieux" mari pour subsister.
        " Choisissez -les jeunes et vigoureux, de préférence des laquais de basse extraction, ils ne vous polluerons pas avec leurs paroles. Payez-les , vous achèterez ainsi leur silence et éviterez les attachements sentimentaux grotesques et nuisibles. Faites vous f... en con comme en cul, mais choissisez les précautioneusement exempts de vérole. Faites vous aider pour cela par un médecin de votre connaissance...etc, etc...".

        On croirait les conseils de Biba ou Elle aux femmes actives-libérées à l’approche de l’été.. Sade aurait pu étre rédac-chef de ces "revues littéraires".


      • alberto alberto 9 décembre 2008 11:30

        En plus, Sade est lui-même un vrai personnage de roman : espion pour le Roi, puis , ambassadeur, entre ses tentatives de droguer ses "dames" avec la poudre de cantharide, et ses emprisonnements pour dettes, puis pour scandales, en plus du talent !

        Dans un genre connexe, j’ai bien aimé, aussi, "histoire d’O".

        Bien à vous.


        • Georges Yang 9 décembre 2008 11:47
          Très bel article, Sandro ! Mais vous auriez pu laisser une petite place à Guillaume Apollinaire et à son étonnant roman érotique : Les 11000 verges, qui ne tient pas compte de la réalité charnelle et des limites de la physiologie sexuelle, mais part dans un délire de meurtres et d’abus tels qu’ils n’en sont pas crédibles et en deviennent drôles.
          De nos jours, alors qu’il est d’une facilité déroutante de se procurer un film porno aux quatre coins de la planète, il est plus difficile de trouver un bon livre érotique ou une peinture de ce type dans un salon ou une galerie. Etant allé à quelques récents vernissages et salons, j’ai été surpris par la quasi disparition de ce genre d’œuvres sur les cimaises.
          Il faudrait aussi relire le Petit Prince avec un autre œil que celui de l’enfance, mais cela serait trop iconoclaste pour nos censeurs.

          • SANDRO FERRETTI SANDRO 9 décembre 2008 11:58

            Oui, Doc, je me suis volontairement limité, faute de place, à deux symboles du genre, en tentant aussi de démontrer que le dandysme précieux (et feint ?) de l’un n’a pas survécu aux nouvelles censures, alors que l’autre, Sade, le paria, est dans la Pléiade et conserve, tant littérairement que sociologiquement, toute sa modernité.
            Pour la signification érotique cachée des contes pour enfants (vieux sujet...), soyez patient, je suis sur que cela va passer la barre. A moins que les ayant-droits de St Ex....


          • bof 9 décembre 2008 13:21

            Je pense qu’il est plus difficile encore de trouver un bon film porno qu’un bon livre érotique.
            Dans le domaine, la quantité produite ne laisse plus guère de place à la qualité artistique. La diffusion en masse a eu pour résultat le nivellement par le bas.

            Sans trop chercher dans ma mémoire, je pense que le dernier bon film sorti était Histoire d’O, qu’un intervenant a mentionné ici. Bien qu’un peu trop esthétisant à mon goût (mais ce n’est qu’un avis personnel), on peut encore parler ici d’oeuvre cinématographique et nom de produit prêt-à-consommer.

            Des bons livres érotiques - ou même pornos - il s’en trouve encore, heureusement. La Musardine reste le meilleur endroit, je pense. Mais on en trouve même à la FNAC, c’est dire si la littérature a encore de beaux jours devant elle


          • SANDRO FERRETTI SANDRO 9 décembre 2008 14:01

            @ bof
            C’est exact.
            Si j’étais producteur/ réalisateur de porno , je tenterais de marrier des acteurs/actrices actuelles et les moyens techniques modernes avec des dialogues de vieux français , du style de Sade ou d’autres.
            L’effet pourrait étre saisissant , par contraste, et renouveller un peu un genre très pauvre et conventionnel , en effet.
            Remettre l’imagination derrière la caméra, ou plutot les scipts.


          • Gazi BORAT 9 décembre 2008 16:25

            @ BOF

            La photographie, comme la littérature se prêtent mieux à l’érotisme que le cinéma.

            La photographie, en figeant des images dont on peut prendre le temps d’ apprécier l’esthétique, stimule l’imagination..

            S’il est difficile de trouver un bon film érotique, il est très facile de trouver d’excellente photographies dans le genre..

            gAZi bORAt


          • Gül, le Retour II 9 décembre 2008 12:25

            Bonjour Sandro,

            Merci de ce bel article en forme d’hommage à un des écrivains les plus détonants de la littérature française.
            Je ne connais pas Matzneff, et comme le dit un intervenant plus haut, les extraits que tu en donne ne m’attirent pas le moins du monde...

            J’en profite pour indiquer à ceux qui voudraient se pencher (hem..) un peu plus sur le personnage, l’excellente biographie de Maurice Lever aux Ed. Fayard : Donatien Alphonse François, marquis de Sade.

            Bien à toi.

            P.S. : Il me semble qu’il y avait un projet de reconstruction de la piscine Deligny, peut-être celui-ci a-t’il été abandonné ?


            • SANDRO FERRETTI SANDRO 9 décembre 2008 12:47

              Bonjour, Gul
              Excellente référence biographique que celle citée, en effet.
              Pour la piscine Deligny, ayant quitté Paris depuis 8 ans, je ne sais trop, mais je crois que le Quai de Montebello est toujours vide à cet endroit.
              Un parisien actuel pourrait peut étre nous renseigner ? ... s’il n’a pas peur de nager dans les mémes eaux troubles que l’archange Gabriel , sous la ligne de flottaison....


            • Gazi BORAT 9 décembre 2008 15:57

              @ Gül

              J’ai eu l’occasion de lire un Matzneff (il y a quelques années), et je n’ai guère apprécié. Il y était question d’un catalogue de très jeunes filles de la très bonne bourgeoisie que ceux qui qualifierait de libertin celui que d’autres appelleraient "vieux cochon" alignait sur son tableau de chasse.

              Comme les libertins du XVIII°, il appartient à une "classe oisive" mais vend tout de même ses ouvrages.

              Il ne dédaigne pas pas un parfum de soufre, entretenu par des déclarations comme celle ci :

              • "Coucher avec un ou une enfant c’est une expérience hiérophanique, une épreuve baptismale, une aventure sacrée. Le champs de la conscience s’élargit, les "remparts flamboyants du monde" reculent.
              ... qui l’on fait taxer de "pédophile" et de s’être vu ainsi attaqué verbalement sur le plateau d’un "Apostrophe" mémorable...

              Quant à Sade, qui est toutefois d’un autre niveau, je n’irais pas comme l’auteur à le mêler à une quelconque idée d’égalitarisme (à part celui des sexes). Le projet social que décrit un des protagonistes de "Juliettte ou les prospérités du vice" décrit un monde où des aristocrates vont puiser dans la classe paysanne des proies à tourmenter pour leur plaisir (Le contenu de Juliette, quoique fantasmatique, dépasse le SM classique pour aller en certaines scènes vers le massacre gore).

              On ytrouve même dans son monde, le temps d’une orgie, les prémices de nos modernes univers concentrationnaires avec la soumission du troupeau des victimes et toute une gradation conduisant à leur mise à mort.

              Pier Paolo Pasolini ne s’y trompa pas en s’inspirant directement du "Divin" Marquis pour son "Salo ou les 120 journées de Sodome".

              Le contenu de "Juliette" est moderne et va bien au-delà du libertinage badin et du lutinage de bergères..

              gAZi bORAt

            • bourgpat 9 décembre 2008 13:56

              Pour ce qui est des ecrit de sade en prison vous oubliez le plus important ; les 120 journée de sodome.
              Certaine situation decrite par sade sont il est vrai à la limite de la physique. Mais parfois il suffit de rajouter le temps qui est oublié dans les phrase pour voir l’enchainement des situations comme dans un tableau de picaso.

              Pour les ecrivains contemporain qui ont un style litteraire au dessus de la mellée, il reste toujours pierre lyouis qui nous a offert les deux faces de ses oeuvres.


              • JoëlP JoëlP 9 décembre 2008 14:05

                A propos de Sade, personnage de légende...
                A Charenton, il montait des pièces de théatre avec les internés psy et l’accord de l’administration.
                Au XX ième siècle, l’allemand Peter Weiss (qui n’est pas tout blanc) en a fait un pièce que Peter Brook a filmé.

                http://www.youtube.com/watch?v=nuujyW7oENA&feature=related

                Il faudrait sans doute aussi mentionner Bataille, un maître dans ce registre.


                • SANDRO FERRETTI SANDRO 9 décembre 2008 14:14

                  Ah, Bataille, évidement oui...
                  Le sexe mortuaire et mortel, entre les cornes de la tauromachie...
                  Mais je manquais de place , désolé, comme pour certains auteurs cités par d’autres intervenants.


                • Yohan Yohan 9 décembre 2008 17:06

                  Dans ce genre de littérature, je rajouterai bien ce vieux livre ébouriffant d’une chinoise dont j’ai perdu le nom, mais le titre du livre oui "tapis de prière en chair" Un truc qu’on se refilait au bahut. Impossible de retrouver trace de ce livre. mémorable !Si quelqu’un sait où trouver cette rareté, merci de laisser un message sur ce fil.



                • maxim maxim 9 décembre 2008 14:11

                  salut Sandro...

                  à cette littérature ,ajoutons l’ Histoire d’O ,ainsi que les mémoires de Fanny Hill !

                  un ouvrage que j’avais lu en Afn : les Sexiférés ,à l’époque ,le bouquin le plus cru !

                  les mémoires de Xaviéra Hollander ,très à la mode dans les années 70 ...

                  dans un autre genre ,dans les année 70 -80 il y avait également les bds de Guido Crépax ....devenues des collectors !


                  • catastrophy catastrophy 9 décembre 2008 16:32

                     Et oui ! Eros n’est plus la vie ! C’est vrai que les triples pénétrations ont l’arbre à camelote en tête de gondole. N’oublions pas que nous vivons dans une société pédophile. Sade, c’est comme la musique répétitive, cela n’intéresse que quelques pinioufs perdus dans les alcôves de l’espace temps.


                    • pseudo pseudo 9 décembre 2008 16:48

                      Et tant d’autres encore...

                      Villon, La Fontaine (eh oui), Rimbaud...

                      Ce cher Verlaine aussi qui a chanté ses amours fémines :

                      Quand tu m’enserres de tes cuisses
                      La tête ou les cuisses, gorgeant
                      Ma gueule de bathes délices
                      De ton jeune foutre astringent,

                      Où mordant d’un con à la taille
                      Juste de tel passe-partout
                      Mon vit point, très gros, mais canaille
                      Depuis les couilles jusqu’au bout.

                      Dans la pinete et la minette
                      Tu tords ton cul d’une façon
                      Qui n’est pas d’une femme honnête ;
                      Et nom de Dieu, t’as bien raison !

                      Tu me fais des langues fourrées,
                      Quand nous baisons, d’une longueur,
                      Et d’une ardeur démesurées
                      Qui me vont, merde ! au droit du coeur,

                      Et ton con exprime ma pine
                      Comme un ours téterait un pis,
                      Ours bien léché, toison rupine,
                      Que la mienne a pour fier tapis

                      Ours bien léché, gourmande et saoûle
                      Ma langue ici peut l’attester
                      Qui fit à ton clitoris boule de gomme
                      A ne plus le compter

                      Bien léché, oui, mais âpre en diable,
                      Ton con joli, taquin, coquin,
                      Qui rit rouge sur fond de sable ;
                      Telles les lèvres d’Arlequin."


                      Et parfois aussi masculines.


                      • sisyphe sisyphe 9 décembre 2008 17:06

                        Puisqu’on parle de Verlaine et Rimbaud ; un poème qu’on attribue à tous deux :

                        Le sonnet du trou du cul

                        Obscur et froncé comme un oeillet violet
                        Il respire, humblement tapi parmi la mousse
                        Humide encor d’amour qui suit la pente douce
                        Des fesses blanches jusqu’au bord de son ourlet.

                        Des filaments pareils à des larmes de lait
                        Ont pleuré, sous l’autan cruel qui les repousse,
                        À travers de petits caillots de marne rousse,
                        Pour s’en aller où la pente les appelait.

                        Ma bouche s’accoupla souvent à sa ventouse ;
                        Mon âme, du coït matériel jalouse,
                        En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

                        C’est l’olive pâmée, et la flûte caline ;
                        C’est le tube où descend la céleste praline :
                        Chanaan féminin dans les moiteurs éclos !

                        Puis, de Paul Verlaine seul :

                        Les pensionnaires


                        L’une avait quinze ans, l’autre en avait seize ;
                        Toutes deux dormaient dans la même chambre
                        C’était par un soir très lourd de septembre
                        Frêles, des yeux bleus, des rougeurs de fraise.

                        Chacune a quitté, pour se mettre à l’aise,
                        La fine chemise au frais parfum d’ambre,
                        La plus jeune étend les bras, et se cambre,
                        Et sa soeur, les mains sur ses seins, la baise,

                        Puis tombe à genoux, puis devient farouche
                        Et tumultueuse et folle, et sa bouche
                        Plonge sous l’or blond, dans les ombres grises ;

                        Et l’enfant, pendant ce temps-là, recense
                        Sur ses doigts mignons des valses promises.
                        Et, rose, sourit avec innocence.

                        Sinon, dans la littérature érotique, on peut citer aussi "L’histoire de l’oeil" de Bataille, "Les onze mille verges" de Guillaume Apollinaire ....



                         


                        • armand armand 9 décembre 2008 18:31

                          Pour les amateurs de saphisme, il y a du croustillant chez Violette Leduc...
                          Sinon, certains se rappeleront peut-être un surréaliste (un des derniers) Charles Duits, qui écrivit dans les années 70 une fresque fantastico-érotique, Ptahotep, et une suite, Nefer. Postulat de base, un Empire romain qui n’est jamais tombé ; son héros, un jeune noble égyptien, expulsé de son pays par un coup d’Etat, qui connaitra au cours de ses pérégrinations force hiérodules, hétaïres, jeunes filles, prêtresses, avec un luxe de détails dans une langue étrange et raffinée, fleurant bon les Jardins de Daphné sous Elagabal : "échanger le lys et la rose", "être comme deux tigres dans la forêt", "être dans la force de Min", ainsi de suite.
                          Cet auteur atypique laissa à sa mort un manuscrit impressionnant qu’aucun éditeur ne voulut publier en raison de sa taille.



                          • SANDRO FERRETTI SANDRO 9 décembre 2008 18:22

                            Ah oui, celle-là elle est belle, comme aussi la superbe "le mémoire et la mer".


                            http://pagesperso-orange.fr/scl/lamemoireetlamer.htm


                          • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 9 décembre 2008 19:01

                             Je ne connaissais pas non plus Matzneff et il est vrai que pour ma part et ce qui concerne la littérature érotique contemporaine, la lecture du premier opus de Catherine Millet m’a amplement suffit... Mais s’extasier devant la plume de Yan Moix, comment est-ce possible ? smiley


                            • armand armand 9 décembre 2008 19:24

                              Cosmic :

                              Tu ne perds rien pour Matzneff - une longue litanie de coïts qu’il égrène comme autant d’exploits narcissiques, souvent avec de très jeunes. C’est surtout une auto-célébration assez exaspérante je trouve (voir son blog...). Je le range dans la même catégorie que les J.-Edern Hallier et consorts.
                              Pour la petite histoire, il aurait été à sa place parmi les plus virulents de ceux que nous avons affrontés, depuis notre "camp retranché" smiley hier. 
                              Il arbore les vieux reflèxes orthodoxes jusqu’à la caricature.
                              Circonstance atténuante (je tiens cela d’une amie commune, femme de lettres azérie) il y aurait un passé familial plutôt affligeant qui explique pas mal de choses. Je reste prudent... si tu veux en savoir plus... smiley


                            • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 9 décembre 2008 19:57

                               smiley Ah, les potins littéraires !
                              Je dois m’absenter une heure, garde le camp au chaud smiley


                            • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 9 décembre 2008 21:23

                               Eh bien, Armand, tu as bien fait de me signaler ce blog qui nuance fortement ma première impression, finalement ! Certes, l’homme semble avoir de lui-même une très haute opinion, ce qui rend d’ailleurs la plupart des écrivains infréquentables, pénibles zélateurs de leur propre destin. Certes, son goût pour les très jeunes filles est selon moi indéfendable. Mais. Son écriture est belle et il s’en dégage une belle sincérité, troublante. Par ailleurs, il semble étrange, cet homme, apparemment catholique orthodoxe, ce qui ne paraît pas être une posture ; et si son texte sur les victimes du 11/9 est d’une banalité affligeante dans ce qu’il exprime, je dois t’avouer être "séduite" par l’élégance de sa plume, pour ce que j’en ai lu. Pourtant, sa manière de présenter ses écrits avec ce satisfecit remarquable ne me le rend pas sympathique, ni ne me donne envie de le découvrir. Je m’attendais en fait à un équivalent masculin de Christine Angot, c’est-à-dire au pire dans le genre qui consiste à faire état de ses conquêtes smiley
                              C’est un précieux, apparemment, peut-être un dandy. Peut-être l’une de ces figures du micro-monde des lettres, où le moindre détail biographique est travaillé de sorte que la postérité espérée s’en émerveille et s’en abreuve.
                              Bref, c’est peut-être juste un infatué (tu parles de caricature) finalement ? smiley
                              Je ne souhaite pas en savoir plus, il a déjà publié son journal smiley


                            • SANDRO FERRETTI SANDRO 9 décembre 2008 22:04

                              @Cosmic
                              Votre impression sur Matzneff est la bonne, sauf dans les "Carnets", assez déplorables stylistiquement.
                              Pour Moix, je sais que "les gouts et les couleurs"...., mais l’avez vous seulement lu, vous qui confessiez ne pas connaitre Matzneff ?
                              Si oui, trouvez moi un écrivain français de ses 20 dernières années qui lui arrive à la cheville...( j’ai dit français, pas Cormac Mc Carthy)
                              En revanche, sa personne et ses interview ont tendance à m’agacer, mais on parle ici de littérature et pas de café du commerce.
                              Or, il faut reconnaitre qu’il est fort, le bougre.

                              C’est tout. C’est le genre de type avec qui on ne déjeunerait pas forcémént avec plaisir, mais dont on achètera le dernier livre les yeux fermés, parce qu’on a déjà lu les 5 précédents et qu’on ne prend pas beaucoup de risques. C’est tout.


                            • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 9 décembre 2008 22:29

                              Non, Sandro, comme je vous le disais plus haut je ne connaissais pas cet écrivain, dont, suite à la remarque d’Armand, j’ai lu une partie du blog qui lui est consacré, dans lequel il présente ses œuvres et sur lequel on peut lire des chroniques et des extraits.
                              Comparer Matzneff à Cormac McCarthy c’est effectivement lui reconnaître la grandeur d’un immense écrivain, je ne peux vous suivre sur ce terrain, ne l’ayant pas lu. Mais puisque vous parlez de goûts et couleurs, je ne vais pas naturellement vers les hédonistes (rassurez-vous, je ne ferai pas l’affront à la plume que je perçois de la moindre comparaison avec celle de M. Onfray), quand bien même leur métaphysique leur ferait entrevoir Dieu entre les bras successifs de leurs courtes amours et trouver un bonheur par nature éphémère et fragile dans la valse des rencontres, si belles et émouvantes soient-elles.
                              Il dit de très belles choses, d’ailleurs, sur Journal intime de Nathalie Reims.


                            • SANDRO FERRETTI SANDRO 10 décembre 2008 09:52

                              Non, Cosmic, je ne compare nullement Matzneff à Mc Carthy (trop de respect pour le second), je parlais de Yann Moix, qui est une plume stylistiquement inovante, comme on n’en a pas vu depuis une bonne vingtaine d’années.
                              Il lui restera à "ne pas faire du Moix", comme Djian a "fait du Djian" à partir de 37.2 et de "bleu comme l’enfer", ou comme Patrick Besson, également brillant et novateur dans les années 80, et qui, après son court bijou qu’est "la femme riche", n’a plus fait que se répéter ( en moins bien).
                              Donc, je parlais de Moix, que je vous encourage à lire.


                            • armand armand 11 décembre 2008 10:27

                              Que Matzneff écrive bien, soit - si je voulais être méchant, j’ajouterai que cela n’a rien de surprenant compte tenu de son âge, de son milieu social, des écoles qu’il fréquentait. Un peu comme lorsqu’on s’extasie de nos jours devant les aquarelles des jeunes filles de bonne famille au XIXe siècle... Ou de leur capacité à jouer du Chopin sans fausses notes.

                              Mais ce côté petit jeune homme qui dégouline de fatuité adolescente à soixante piges passées, c’est trop. Ceci dit, je n’aimais pas non plus les imprécateurs célinomanes genre Hallier (relayés par Nabe et Soral). Pas plus que Millet ou Angot.

                              Finalement, que me reste-t-il comme inspiration ? Parmi les actuels, Modiano, encore et toujours... et puis c’est le grand bond en arrière jusqu’à l’entre-2-guerres. Heureusement qu’il y a les anglo-saxons... et anglo-indiens...


                            • armand armand 11 décembre 2008 10:31

                              Afterthought...

                              Nathalie Rheims... Hmmh.

                              Elle me fait l’effet d’une personne qui trouve de bons sujets d’inspiration - le livre sur son frère m’a beaucoup ému, surtout que le frère en question avait été de mes amis de lycée, mais le souffle est un peu court. Je n’ai pas d’images (à présent) qui me restent de ses textes.


                            • SANDRO FERRETTI SANDRO 11 décembre 2008 10:39

                              @Armand,
                              Assez d’accord avec l’ensemble de ce post, hormis pour Modiano, contre lequel j’échangerais bien l’ensemble de son eouvre contre un seul barril de Moix, mais bon.. Fort heureusement, l’un des principaux intérets de la littérature, c’est précisément que tout le monde ne veut pas ( ou n’aime pas) la méme chose en méme temps, contrairement à la vie réelle....


                            • Guil 9 décembre 2008 19:20

                              Mais surtout parce que, même dans ses délires les plus fous - incluant la coprolagnie et les assemblages stratifiés les plus improbables de corps partouzards - il n’a jamais mis en scène de petits garçons ou de gamines.

                              Faux ! Les 120 journées de Sodomme regorgent de scènes pédophiles parmis beaucoup d’autres. Un petit exemple :

                              "Je venais d’atteindre ma septième année, lorsqu’un jour que, suivant ma coutume, j’avais amené à Louis une de mes petites camarades, je trouvai chez lui un autre religieux de ses confrères. Comme cela n’était jamais arrivé, je fus surprise et je voulus me retirer mais Louis m’ayant rassurée, nous entrâmes hardiment, ma petite compagne et moi. "Tiens, Père Geoffroi, dit Louis à son ami, en me poussant vers lui, ne t’ai-je pas dit qu’elle était gentille ? Oui, en vérité, dit Geoffroi en me prenant sur ses genoux et me baisant. Quel âge avez-vous, ma petite ? Sept ans, mon Père. C’est-à-dire cinquante de moins que moi dit le bon Père en me baisant de nouveau. Et pendant ce petit monologue le sirop se préparait, et, suivant l’usage, on nous en fit avaler trois grands verres à chacune. Mais comme je n’avais pas coutume d’en boire quand j’amenais du gibier à Louis, parce qu’il n’en donnait qu’à celle que je lui amenais, que je ne restais communément pas et que je me retirais tout de suite, je fus étonnée de la précaution, cette fois, et, du ton de la plus naïve innocence, je lui dis : "Et pourquoi donc me faites-vous boire, mon Père ? Est-ce que vous voulez que je pisse ? -Oui, mon enfant, dit Geoffroi qui me tenait toujours entre ses cuisses et qui promenait déjà ses mains sur mon devant, oui, on veut que vous pissiez, et c’est avec moi que va se passer l’aventuré, peut-être un peu différente de celle qui vous est arrivée ici. Venez dans ma cellule, laissons le Père Louis avec votre petite amie, et allons nous occuper de notre côté. Nous nous réunirons quand nos besognes seront faites." Nous sortîmes ; Louis me dit tout bas d’être bien complaisante avec son ami et que je n’aurais pas à m’en repentir. La cellule de Geoffroi était peu éloignée de celle de Louis et nous y arrivâmes sans être vus. A peine fûmes-nous entrés, que Geoffroi, s’étant bien barricadé, me dit de défaire mes jupes. J’obéis ; il releva lui-même ma chemise jusqu’au-dessus de mon nombril et, m’ayant assise sur le bord de son lit, il m’écarta les cuisses le plus qu’il lui fut possible, en continuant de m’abaisser, de manière que je présentais le ventre en entier et que mon corps ne portait plus que sur le croupion. Il m’enjoignit de bien me tenir dans cette posture et de commencer à pisser aussitôt qu’il frapperait légèrement une de mes cuisses avec sa main. Alors, me considérant un moment dans l’attitude et travaillant toujours à m’écarter d’une main les babines du con, de l’autre il déboutonna sa culotte et se mit à secouer par des mouvements prompts et violents un petit membre noir et tout rabougri qui ne paraissait pas très disposé à répondre à ce qu’on semblait exiger de lui. Pour l’y déterminer avec plus de succès, notre homme se mit en devoir, en procédant à sa petite habitude de choix, de lui procurer le plus grand degré de chatouillement possible : en conséquence il s’agenouilla entre mes jambes, examina encore un instant l’intérieur du petit orifice que je lui présentais, y porta sa bouche à plusieurs reprises en grumelant entre ses dents certaines paroles luxurieuses que je ne retins pas, parce que je ne les comprenais pas pour lors, et continuant d’agiter son membre qui ne s’en émouvait pas davantage. Enfin ses lèvres se collèrent hermétiquement à celles de mon con, je reçus le signal convenu, et débondant aussitôt dans la bouche du bonhomme le superflu de mes entrailles, je l’inondai des flots d’une urine qu’il avala avec la même rapidité que je la lui lançais dans le gosier. Pour le coup, son membre se déploya et sa tête altière s’élança jusqu’auprès d’une de mes cuisses. Je sentis qu’il l’arrosait fièrement des stériles marques de sa débile vigueur. Tout avait été si bien compassé qu’il avalait les dernières gouttes au moment même où son vit, tout confus de sa victoire, la pleurait en larmes de sang. Geoffroi se releva tout chancelant, et je crus m’apercevoir qu’il n’avait pas pour son idole, quand l’encens venait de s’éteindre, une ferveur de culte aussi religieuse que quand le délire, enflammant son hommage, soutenait encore le prestige. Il me donna douze sols assez brusquement, m’ouvrit sa porte, sans me demander comme les autres de lui amener des filles (apparemment qu’il se fournissait ailleurs) et, me montrant le chemin de la cellule de son ami, il me dit d’y aller, que l’heure de son office le pressant, il ne pouvait pas m’y conduire, et se renferma chez lui sans me donner le temps de lui répondre."

                              Dans les 10000 verges d’Appolinaire il y a au moins 4 ou 5 passages gratinés avec des enfants également.

                              Du coup votre analyse du pourquoi Sade ou Appolinaire sont encensés quand Matzneff ne l’est pas tombe à l’eau... A mon avis il faut plutôt y voir la patine du temps (la pédophilie est plus facile à admettre quand elle est d’un lointain passé), le fait que Sade ou Appolinaire ne racontent que des fantasme là où Matzneff présente ses exploits sexuels comme des souvenirs réels (qu’ils le soient effectivement ou non n’est pas la question), et puis peut-être aussi une bête et simple histoire de talents comparés...


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