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« Salle d’attente » pour happening d’enfer à la Colline

De Lars Norén à Krystian Lupa, s’établit la continuité de l’exclusion que le second a préféré, de manière symbolique, représenter au sein des jeunes générations.

La fameuse place de Stockholm, refuge de tous les marginaux s’étant transformée, en l’occurrence, en parking souterrain tagué aux couleurs d’une zone intercommunautaire, le metteur en scène polonais y inscrit une tranche de non vie, hors des codes convenus de civilisation.

Trois heures durant qui, au prorata de la déchéance, pourraient en valoir autant en mois ou en années, les destinées s’y entrechoquent au péril du non sens, si toutefois l’humanité persistait à spéculer sur une quelconque notion de progrès de l’espèce.

Selon l’angle adopté par chacun des protagonistes, garçons ou filles se regardent en chiens de faïence, selon des prismes kaléidoscopiques que la drogue, l’alcool ou autres substituts à la conscience, leur dessinent de la déchéance, avec une complaisance assumée dans le vertige de la liberté absolue.

Ni droit, ni morale ne viennent réguler la succession des rencontres quotidiennes avec le défi de survivre à un passé forcément mythomaniaque et qui, paradoxalement, pourrait, à lui seul, assurer la raison de vivre l’instant présent.

Travaillant dans l’improvisation réécrite, en monologue intérieur adapté par chacun des comédiens sélectionnés pour cette expérience théâtrale hors normes, Krystian Lupa donne, pareillement, au spectateur l’opportunité de choisir son camp, celui de l’observateur délibérément distancié ou celui d’être aussi acteur malgré soi.

En effet, si une ligne rouge ceint le volume scénographique séparant délibérément les planches du quatrième mur, l’ensemble des acteurs viendront tour à tour s’asseoir sur cette frontière intangible en bord de scène, invitant ainsi ostensiblement le public à faire, avec eux, le saut dans un monde inconnu mais pas nécessairement contraire à l’authentique quête identitaire.

Au demeurant, selon une hébétude cultivée en force dionysiaque, semble d’élever au-dessus de ce happening d’enfer, une impalpable sérénité de la part de cette quinzaine de jeunes comédiens, s’épargnant, ainsi, autant de galère substitutive.

photos © Elisabeth Carecchio

SALLE D'ATTENTE - ***. Theothea.com - d'après Lars Noren - mise en scène : Krystian Lupa - avec Anthony Boullonnois, Audrey Cavelius, Claire Deutsch, Thibaut Evrard, Pierre-François Garel, Adeline Guillot, David Houri, Aurore Jecker, Charlotte Krenz, Lucas Partensky, Guillaume Ravoire, Lola Riccaboni, Mélodie Richard, Alexandre Ruby & Matthieu Sampeur - Théâtre de la Colline


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2 réactions à cet article    


  • Orélien Péréol Aurélien Péréol 21 janvier 2012 14:41

     »salle d’attente" est="est" un="un" beau="beau" portrait="portrait" fragment="fragment" dont="dont" penser="penser" rien="rien" nous="nous" apprendre="apprendre" de="de" je="je" pas="pas" vu="vu" du="du" quant="quant" choisir="choisir" son="son" car="car" dans="dans" ce="ce" les="les" croquants="croquants" se="se" font="font" toujours="toujours" spectateurs="spectateurs" et="et" non="non" au="au" plein="plein">span>

    J’ai vu, au contraire, un embarquement obligé, à la manière de Pascal : »vous êtes embarqué« que je sur-interprète, par principe, en »nous sommes embarqués« .
    Nous sommes embarqués dans cette  »salle d’attente" avec="avec" ces="ces" jeunes="jeunes" junkies="junkies" qui="qui" refusent="refusent" tout="tout" ou="ou" semblent="semblent" refuser="refuser" en="en" sans="sans" discernement="discernement" ni="ni" tel="tel" point="point" ne="ne" pourrait="pourrait" que="que" les="les" plaindre="plaindre" et="et" envoyer="envoyer" des="des" pros="pros" tenter="tenter" de="de" ramener="ramener" dans="dans" nos="nos" salons="salons" voitures="voitures" au="au" parmi="parmi">span>

    • Theothea.com Theothea.com 21 janvier 2012 16:07

      Cher Aurélien,

      Sans vouloir polémiquer, je maintiendrais quand même que la ligne rouge entourant la scène pourrait être significative d’une démarcation laissée au libre choix de chacun !…

      Mais, néanmoins, pour aller dans votre sens, quasiment aucun spectateur ne semble tenté de quitter la représentation : Ce qui tenterait à prouver que nous sommes, bel et bien, tous embarqués !…..

      Resterait à savoir si la galère, à défaut de citrouille, pourrait, ultérieurement, se transformer en «  bateau de croisière  » ?!?

      Cordialement

      JM / Theothea.com

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