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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Se représenter le paradis

Se représenter le paradis

S’il est une représentation délicate ce serait celle du paradis. Elle fait appel à l’imaginaire de chacun et ne repose sur aucune base concrète. Les représentations paradisiaques évoluent au fil des découvertes biologiques et géographiques. A partir du XVIIIe siècle, la notion de paradis imaginaire tend à s’amoindrir à une époque qui devient cartésienne et où l’on supporte mal la référence abstraite. Mais représenter picturalement le paradis, cela revient à l’annuler, tout simplement parce qu’en concrétisant le rêve on tue son essence même qui est d’être particulier à chacun de nous. Pour perdurer, le paradis aurait dû rester pure abstraction.

D’abord remarquons que toutes les religions possèdent un paradis, ou équivalent. Dans le cas du christianisme, il est de deux natures, terrestre et céleste. Le paradis terrestre est celui que nous avons perdu, celui d’Adam et Eve. Le paradis céleste est celui auquel les chrétiens aspirent, ancré dans l’imaginaire de chacun et destiné à contrebalancer les souffrances terrestres. Dans les représentations comme dans les textes, les deux se confondent souvent en désignant ce qui pourrait être l’image du ravissement et du plaisir.

«  La religion décourage les représentations trop exactes du paradis : ce lieu de délices absolues où n’existent plus ni la faim ni la soif ni le temps, où les corps ressusciteront dotés d’une éternelle jeunesse au milieu d’une cour resplendissante emplie d’anges et de saints, ne pouvait donner lieu à une figuration trop précise » P. Bruckner, L’Euphorie perpétuelle (Grasset, 2000). Ajoutons à cela que représenter le paradis revient à représenter le bonheur, et quoi de plus relatif que cette notion-là ? Les mots sont plus aptes à enclencher l’imaginaire que la plupart des images qui se replient sur elles-mêmes en nous imposant une rêverie toute faite et donc rarement satisfaisante. Surtout quand il s’agit des désirs de chacun dont on peut supposer qu’ils ne sont pas identiques.

Dans l’iconographie, les représentations du paradis ont évolué à mesure des découvertes biologiques. Si jusqu’au XVIIe siècle la faune et la flore sont celles d’un pays occidental tempéré, les siècles suivants le représentent le plus souvent comme un pays exotique tropical humide. Les constantes restent l’eau, les plantes et les arbres, les animaux, bref la nature très arborée et accueillante, où l’homme peut vivre sans souffrance, avec à boire et à manger à portée de main. Les représentations de paradis citadins sont extrêment rares, pour ne pas dire inexistantes.

Récemment interrogés sur leurs croyances, une majorité de chrétiens avouaient ne plus croire à ce jardin des merveilles. Chez les juifs, le chiffre atteint 95 %. L’existence serait-elle devenue plus douce, ne nécessitant plus une projection hypothétique dans un monde imaginaire de félicités ? L’homme serait-il devenu plus pragmatique en séparant le réel de la fiction ? Il est toutefois intéressant de constater que la passion des citoyens pour l’horticulture explose quand la croyance au paradis décline.

Cette lente évolution date du siècle des Lumières, quand Voltaire écrivait : « Le paradis terreste est où je suis » Le mondain (1736). A la suite du tremblement de terre dévastateur de Lisbonne, il relativise ses mots, mais il lance l’idée majeure, contemporaine, que le monde peut devenir un somptueux jardin et qu’il n’est pas seulement une terre de désolation destinée à recueillir nos souffrances en attendant mieux («  L’Eden c’est toujours plus tard »). Au XVIIIe siècle pointe donc le concept, qui persistera, que le bonheur peut advenir maintenant. Cela touche aujourd’hui à la vie elle-même. Alors qu’au Moyen Age, l’individu était un mort en sursis, grâce à la science contemporaine l’homme moderne est promis à devenir immortel. Le décès lui-même n’est plus une fatalité mais une panne qu’on saura bientôt réparer. Il est patent que le paradis céleste ne pouvait perdurer face au culte du bonheur immédiat. Le paradis passe en moins de deux siècles de l’état d’onirique à celui de tangible. Les publicitaires en ont assez joué en inventant le mythe des îles tropicales aux danseuses habillées de colliers de fleurs, les plages aux eaux bleu turquoise, toujours baignées d’un climat qui ne connaît ni le froid ni même la pluie. Ce nouveau paradis-là est essentiellement visuel et laisse peu de place à l’imaginaire. Et comme tout bonheur sur mesure, il reste délicat parce qu’il s’épuise de lui-même dès qu’il se donne libre cours. « La terre promise est déjà une terre éternellement compromise » écrivait Jankélévitch. Pire encore, il risque fort de dégénérer : « La déconcertante facilité avec laquelle la poursuite d’un idéal peut déboucher sur son contraire  » I. Berlin. A force de trop jouer sur la même corde, la félicité peut se transformer en calvaire sitôt que l’imaginaire cesse de fonctionner.
Une représentation du paradis, les chrétiens l’avaient senti, relève du plus haut risque, celui de l’épuisement rapide ou tout simplement celui d’annihiler le rêve en puissance lové en chacun de nous. Représenter le bonheur est sans doute plus complexe qu’une image, si riche soit-elle.
Illustrations : Haut, Brueghel-Le paradis terrestre (vers 1600) Bas, Chagall- Adam et Eve chassés du paradis (1961)

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Se représenter le paradis

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73 réactions à cet article    


  • Marsupilami Marsupilami 8 juin 2007 12:49

    Texte intéressant et bien documenté, belle méditation qui change agréablement de la politicaillerie hargneuse qui sévit sur Agoravox.

    Comme chantait Barbara, « J’aime mieux vivre en enfer que de mourir en paradis ».

    Mais grâce à Polnareff quand même, On ira tous au paradis !


    • Marie Pierre 8 juin 2007 13:42

      D’accord avec toi Marsu, ou comme le chantait (disait) Bernard Dimey :

      " L’enfer peut ressembler au Paradis des autres

      Jusqu’au jardin désert qu’on n’avait pas cherché" ou encore

      " Un paradis joyeux où l’on prendrait sa cuite

      Sans avoir à payer l’archange qui vous sert."

      L’auteur exprime son paradis en mots, les images, c’est à chacun de dessiner son paradis...


    • maxim maxim 8 juin 2007 14:05

      le sejour de la félicité sera le partage des hommes vertueux.. il sera planté d’arbres et de vignes. des filles célestes au sein arrondi et palpitant en feront l’ornement ....

      Mahomet ,Koran,LXXVIII....

      un livre de vers sous la rameé ,

      un pichet de vin,une miche de pain...et toi

      à mes côtés chantant dans la solitude .....

      et la solitude est à présent le paradis ...

      Omar Kayyam ,Rubaiyat .....

      finalement ,le paradis ,n’est ce pas qu’un moment de bonheur simple ,que l’on peut trouver au cours d’une journée ,une musique qui flatte l’oreille ,quelque chose de beau qui flatte l’oeil ,n’importe quoi qui apporte un peu de bonheur ne serait ce qu’un instant ?????

      je m’en contente déjà et je ne suis pas si pressé de découvrir le paradis que l’on nous promet ,et puis qui vraiment d’entre nous l’aurait mérité ?????

      pas moi en tout cas !!!!!


      • haddock 8 juin 2007 14:53

        Le paradis est un genre de droguerie où l’ on peut se procurer des gobelets et des brosses .Adam , chef de rayon des pinceaux vit un jour arriver Eve ( craquante genèse ) qui cherchait justement un blaireau , lui trouvait un physique avantageux. Elle lui demanda de grimper la côte ensemble , bonne pomme Adam ne sut lui refuser. Ensuite vinrent les pépins.


        • Paradisial Paradisial 8 juin 2007 18:26

          Paradis est tiré du terme persan Pardès.

          Le même mot persan on le retrouve dans une forme arabisée, sous le vocable : firdaws.

          En arabe, pour désigner le Paradis on emploit le terme : Jannah.

          Etymologiquement parlant, on en entendrait que la beauté et la description d’un tel endroit échapperait à toute perception et/ou immagination, vu le caractère très très limités de nos références (trop) terrestres et de nos sens.

          Que peindre dès lors ?!! smiley


          • L'enfoiré L’enfoiré 8 juin 2007 18:53

            Bonjour,

            Bel article, bien décrit, bien documenté. Je comprends le problème, mais j’aurais aimé voir la compréhension du paradis par la vision islamique. Ici, c’est très occidental, il faut bien l’avouer.

            Le paradis est souvent là où on ne le cherche pas. C’est ma conviction. Une promenade en forêt, un oiseau qui ne s’appelle pas « oiseau de paradis » et qui s’arrête de voler et qui s’approche, une fleur qui éclos, le rire d’un enfant et tant de petites choses simples que l’on ne voit plus.

            J’aime la photographie et je l’ai rencontré de nombreuses fois.

            Paradisal tu dis « la beauté et la description d’un tel endroit échapperait à toute perception et/ou imagination »

            Et bien non, chez moi c’est du tangible avec un peu d’imagination, je le conçois. smiley


          • Paradisial Paradisial 8 juin 2007 19:25

            L’enfoiré,

            « la beauté et la description d’un tel endroit échapperait à toute perception et/ou imagination »

            J’entendais par ce que le vrai paradis devrait être largement meilleur et plus beau que toute chose jusqu’ici existante (dans l’univers) (tout autour de nous) (et dans nos référentiels, d’ailleurs limités).

            Tout y sera perfection et beauté absolues, au-delà de tous les critères de perfection et de beauté qui nous sont propres.

            Les peintres, poètes et essayistes ne tentent que d’imager le paradis à partir de ce qu’il y a autour d’eux de terrestre. Imager ainsi le paradis serait faire comme les grecs représentant Dieu tel un bel homme. Ce serait aussi prétendre que Dieu serait inapte à créer quelque chose d’infiniment meilleur.

            Notre planète n’est même pas un grain de sable dans cet infinitésimal univers. Notre cerveau ne dépasse pas un kilogramme et quelques de matière grise ; ce serait trop pompeux de notre part d’oser croire que nous serions à même de nous nous représenter la beauté suprême telle que le Créateur de ce même univers la voudrait être (dans l’au-delà).

            Jannah entend justement quelque chose d’imperceptible à la conscience et aux cinq sens.

            Le terme Génie y est apparenté, via la racine trilitère, le verbe janna : cacher.


          • Paradisial Paradisial 8 juin 2007 19:34

            L’enfoiré,

            Quant à votre question : que serait la compréhension du paradis par la vision islamique ?

            Je n’y répondrais pas pour le moment.

            Avant de vous livrer (plus tard) un développement qui m’est propre (et qui est assez singulier), je vous poserais une question, que je vous appelle à réfléchir, même si vous êtes athée (dans la perspective où Dieu existerait) :

              Dieu, par toute sa majesté et puissance, aurait bien pu épargner à l’humanité tous les maux dont elle a toujours semblé souffrir, en plaçant - dès le début de la création - l’espèce humaine dans une sorte de paradis éternel, où régnerait une atmosphère de félicité éternelle, pure et parfaite. Mais la volonté et la sagesse divines décidèrent des choses autrement. Pourquoi ?

            Ce sera le point de départ de ma futur réponse.

            Réfléchissez à la question en attendant. Problablement, je fournirais ma réponse demain soir (au plus tard) Incha-Allah.

            A travers ledit développement on pourra aussi déduire si la présence du mal dans ce monde réfuterait oui ou non l’existance de Dieu.

            Salutations les meilleures.


          • Paradisial Paradisial 8 juin 2007 19:38

            Erratum :

            Fallait lire :« que serait la compréhension du paradis dans la vision islamique ? »

            Question Alternative (ou plutôt une autre variante) :

            Si Dieu existe, pourquoi ne sommes-nous pas dans un (ou le) paradis ?


          • L'enfoiré L’enfoiré 8 juin 2007 19:45

            Cher Paradisial,

            Désolé, je ne vole pas si haut. Mon ambition est plus terrestre, des envies plus modestes, plus simples. Je me contente de très peu, en fait. Je suis très terre à terre, comme tu vois. La religion rend très exigeant apparemment.

            « Mais la volonté et la sagesse divines décidèrent des choses autrement. Pourquoi ? »

            >>> Là, j’attends ta réponse incontestable.

            « ...déduire si la présence du mal dans ce monde réfuterait oui ou non l’existence de Dieu. »

            >>> L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on. Le paradis, aussi. Mais, tu vas aussi me donner réponse à cela.

            Rien que pour nous mettre à l’aise, j’ai eu de grandes discussions très constructives avec mon « opposition » stratégique. De cela, est sorti après plusieurs mois mes articles « Le ciel pour horizon ». L’islam n’y était pas. Tu peux les chercher sur mon site en triptyque.

            Salutations sincères smiley


          • L'enfoiré L’enfoiré 8 juin 2007 19:46

            mais nous y sommes au paradis dans ma conception.


          • Paradisial Paradisial 8 juin 2007 20:40

            L’enfoiré,

            J’ai cherché ton essai : « Le ciel pour horizon » sur ton site, mais vainement. Il y est un système d’archives, mais point une rubrique de recherche.

            J’apprécierais bien avoir l’url directe y menant.

            D’avance merci.

            Moi non plus je ne me déplace pas avec des deltaplanes. Ma foi en Dieu est une foi réfléchie et rationnelle.

            On est déjà dans le paradis quand on y a posé déjà un pas (càd quand on oeuvre pour).

            Mon intervention futur dans ce fil sera pour demain soir.

            A tantôt Messir.


          • Philippakos Philippakos 9 juin 2007 05:29

            Oui, très chrétien en effet mais, sans être spécialiste, je crois que l’Islam est une religion majoritairement iconoclaste et le sujet traité est la représentation picturale du Paradis. Mais peut-être existe-t-il des représentations du Paradis Islamique, c’est à vous de me le dire.


          • L'enfoiré L’enfoiré 9 juin 2007 08:21

            @Philippakos,

            Le côté « iconoclaste » est ce qui se voit le plus par ce qui est présenté par les médias. Et on ne comprend pas vraiment de ce côté. Je crois que l’islamisme ne peut pas montrer ce qu’est leur « paradis ». Je me trompe peut-être. C’est la raison de ma demande et Paradisial doit avoir des idées. Voilà vraiment la raison d’être d’AV : confronter les idées, les idéologies dans le respect de chacun et dans la sérénité. smiley


          • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 18:48

            L’enfoiré & Philippakos,

            L’iconoclasme (du gr. εικών eikon « icône » et κλαστειν klastein « casser ») est stricto sensu la destruction de représentations, qu’elle soit due à des considérations religieuses ou profanes. L’iconoclasme religieux rejette l’adoration vouée aux représentations du divin, dans les icônes en particulier [wikipedia].

            Philippakos a bien raison de qualifier l’Islam comme majoritairement iconoclaste.

            Il n’y a pas de représentations picturales du paradis chez les musulmans ; ma connaissance relative du chiisme ne me permetrait pas de dire s’il y existe quelques peintures allusives du paradis ; c’est très peu probable, ce serait prétendre que Dieu serait inapte à créer quelque chose d’infiniment meilleur (et faire comme leurs prédécesseurs grecoromains) (comme disais-je plus haut), même s’ils se permettent (non pas tous) de peindre des représentations du Prophète (voilé ou maculé de lumière) et/ou de certains membres de sa famille.

            Nous ne pourrons pas davantage conclure que les ryades (jardins luxurieux, exubérants de végétations et abondants en eaux) seraient des représentations terrestres du paradis (comme le disent certains orientalistes), ce n’est qu’un raffinnement gustatif et architectural à travers lequel les riches musulmans (d’antan) se miroitaient le bonheur céleste via la recherche d’un bonheur terrestre.



            • L'enfoiré L’enfoiré 8 juin 2007 21:11

              Paradisial,

              Je suis vraiment impudent. J’oublie de te remercier pour ton temps de lecture. Ce n’est pas des choses qui s’écrivent sur un ticket de bus, et au cours d’un week-end et, donc enfin, pas qui se lisent en 5 minutes.

              Bonne lecture et je serais heureux de te revoir ici. smiley


              • JL JL 9 juin 2007 07:47

                Vous publiez pour être lu j’imagine : désolé, si tôt le matin je n’ai pas envie de rêver.

                Pour moi, plus les puissants font de la terre un enfer, plus les marchands de paradis font recette, c’est bien connu. Malraux ne s’était pas trompé qui avait bien perçu le sens de l’évolution de la société.

                Le mot d’ordre à notre époque du fric c’est « demain il y aura des richesses pour tous mais pour cela vous devez abandonner vos ’croyances humanistes’ ».

                Une société à deux vitesses est une société stable : le paradis sur terre pour quelques uns, l’espoir pour tous les autres. L’esclavage n’aurait pas été possible sans l’illusion du paradis.


                • L'enfoiré L’enfoiré 9 juin 2007 08:13

                  @Jl,

                  Voilà la différence entre le réaliste et l’idéaliste. A toi de choisir ton camp. Ta dernière phrase est parfaitement exacte. smiley


                • pixel pixel 9 juin 2007 12:07

                  Le paradis n’existe qu’avec son inverse : l’enfer. Ce couple ,récompense /punition,c’est la sanction d’un jugement. Pour juger il faut des lois et un juge.Les lois ont été communiquées aux hommes par les messies ou les prophètes.Quant au Juge c’est Dieu. L’individu doit respecter la loi car il ne peut échaper à l’omniscience divine. La religion à donc été le moyen le plus économique de faire respecter les lois au plus grand nombre. Pas besoin de police, il était impossible d’échaper au regard de Dieu et à la comptabilité exhaustive de ses péchés en fin de parcours. Le paradis à été un élément du système de contrôle social ; le pouvoir sous traitait le maintient de l’ordre aux consciences individuelles.


                  • L'enfoiré L’enfoiré 9 juin 2007 13:13

                    @Pixel,

                    Bonne compréhension du sujet. Comme l’homme a perdu l’instinct de conservation a souvent disparu, il fallait des lois pour la survie de l’espèce. Chez les naimaux pas de dieu, pas de loi, seul un instinct. smiley


                  • pixel pixel 9 juin 2007 13:26

                    L’enfoiré

                    Et chez les animaux pas d’échanges matériels ni possessions, donc pas besoin de loi pour les réguler car les lois humaines ainsi que les conflits sont fondamentalement liés à la propriété.


                  • L'enfoiré L’enfoiré 9 juin 2007 13:45

                    @Pixel,

                    En fait la propriété existe chez les animaux. Le territoire est défini par une appropriation de l’espace vital à un moment « x » qui correspond à l’instinct de perpétuer l’espèce et, ainsi, la création d’une famille. Si elle est bafouée par un congénère, la réaction s’exprime simplement par une attaque brève, brutale et en général, une reconnaissance immédiate par l’intrus qu’il faut aller se ballader ailleurs. Donc, attention, humaniser tout et n’importe comment, n’est pas la solution non plus. smiley


                  • pixel pixel 9 juin 2007 14:27

                    Vous avez raison j’ai fait une projection un peu hative.


                  • pixel pixel 9 juin 2007 13:35

                    Quoique chez les animaux il y a le territoir source de conflit. A méditer.


                    • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 17:30

                      L’enfoiré,

                      Ton essai « Le ciel pour horizon » je ne l’ai pas encore lu, comme tu l’insinuais : ce n’est pas dans un week-end que l’on le lirait (d’autant que pas mal de sollicitations m’attendent).

                      J’en avais parcouru rapidement les titres, et constaté que tu y tentais de dresser l’ontologie de la religion. Une ontologie que j’ai trouvée fort occidentale, marquée pas mal par une logique athée. Elle n’est pas déplaisante. En tant que déiste je saurais très bien l’apprécier. Je la lirais à tête reposée dès que j’en aurais le temps. Promis.

                      Quant à mon initiale promesse de réponse, j’espère quelle puisse être assez digeste et compréhensible : cela fait un bagne que je tentais de finaliser l’écriture de l’essai, le recomposer et mieux le structurer, mais j’ai dû bacler le travail pour te fournir une matière à juger.

                      Avant de le balancer pour autant (dans la file principale), permets moi de te donner une image de la conception que le musulman a et de son devoir dans la vie, et de la nature de l’apostolat. Ladite image ne pourrait à elle se tout résumer, ni tout expliquer, mais elle aiderait à mieux comprendre que dans l’Islam il n’y est pas d’ontologie des religions, mais une série de régressions et de restaurations de La Religion.

                      Les deux contributions (essais) qui seront collés dans la file secondaire (ci-dessous) ont été extraits de conversations passées s’étant déroulées en réaction à d’autres articles et commentaires.

                      Ami belge, je m’excuserai d’avance si tu les aurais déjà entrevues.

                      L’essai relatif à notre ploblématique soulevée viendra dans la file parente.

                      Bien à toi. smiley


                      • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 17:32

                        Première extraction :

                        Le prophète aurait-il plagié ceux lui étant antérieurs ?!!

                        Ce sont quoi ces sornettes ?!

                        Si votre réponse serait affirmative, cela devrait entendre que Jésus (lui même israélite) (que le salut de Dieu soit sur lui) ait plagié les juifs israélites qui le précédèrent, et que chaque prophète israélite ait plagié celui qui le précédait, et de rechef, jusqu’à Moïse (que le salut de Dieu soit sur lui), et jusqu’à Isaac, puis Jacob, puis Abraham ....

                        Les dix commandements existaient déjà du temps de Hamourabi, de longtemps antérieur à Moïse.

                        Moïse aurait-il plagié Hamourabi ?!!

                        Hamourabi qui aurait-il plagié, lui à son tour ?!!!

                        Finalement l’apostolat et la prophétie ne seraient que des affaires de plagiat !!!

                        Hé bein.... Votre logique se retourne contre vous.

                        Pour être différent de tous ces prophètes, et éviter d’être accusé de plagiat, Mohammed (que le salut de Dieu soit sur lui) devait-il innover ?!! Raconter que nous tous sommes des dieux, et que Dieu serait le fils incarné des hommes, ou l’Homme incarné en dieu ?!!!!

                        Est-ce cela que vous vouliez ?! Une régression de plus ?! Une mythologie grecque de plus ?!!!

                        Bah nonnnnnn. Mohammed (que le salut de Dieu soit sur lui) est venu restaurer le Monothéisme (tel tous les messagers qui l’on précédé, quand les révélations de leurs prédécesseurs s’éfritaient ou se retrouvaient trop altérées).

                        Dans la tradition islamique, l’islam n’est pas une nouvelle religion, mais la religion originelle.

                        Dieu est UN. Son message également, celui que tous les prophètes ont colporté.

                        L’histoire de l’apostolat est semblable à l’image d’un grand fleuve dont l’eau coule depuis une seule source : les prophètes sont tels des hommes qui se tiennent debout tout au long dudit fleuve, certains sont en amont, d’autres en aval.

                        Il n’y eut pas des religions, mais juste une : celle de tous les prophètes.

                        Dans la tradition musulmane, il est rapporté que Dieu révéla à l’humanité 124.000 prophètes (dans différents temps et dans divers espaces, chez des sociétés assez disparates), dont 315 messagers (portant une révélation codifiée).

                        Bhuddah, Mani, Zoroastra, Confucius, Brahma .... tous ces hommes qui ont instruit une certaine sagesse à l’humanité, pourraient appartenir à cette lignée de prophètes. Ce n’est que par paganisme et différentes outrances et innovations que les messages furent altérés par les générations qui leur furent postérieures (certaines allant jusqu’à diviniser les prophètes eux-mêmes).

                        Signé : Paradisial


                      • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 17:41

                        Deuxième extraction (tirée d’un échange ayant eu lieu avec Muadib, qui s’interrogeait sur la façon à travers laquelle un musulman illétré pourrait bonnement vivre sa religion, sans avoir accès à une quelconque érudition. J’avais sciemment parlé de ma défunte grande-mère pour faire allusion aux dites franges de personnes).

                        Muadib,

                        Que j’aie intégré l’une des meilleurs écoles supérieures de France ne fait pas de moi un musulman meilleur que ma très chère grande-mère maternelle (que Dieu ait son âme), elle qui était totalement illetrée ; loin m’en faut pour atteindre son degré de piété, elle qui étincellait toute de lumières, et qui sentait un énivrant parfum naturel alors qu’elle ne se parfumait pas.

                        Pour être un pieux musulman il ne faudrait pas forcément passer par les meilleures écoles pour apprendre correctement l’Islam.

                        Ma très chère grande-mère n’avait nullement besoin d’une érudition telle que celle que je tente de cultiver dans les trois religion pour être une bonne musulmane, doublée d’une très noble dame.

                        Il lui suffisait d’avoir la certitude qu’un Créateur de cet Univers existe, et d’admettre son Unicité Absolue, qu’il n’eut point enfanté, ni eut été enfanté, de reconnaître ses prophètes ainsi que l’unicité de leurs messages, de concevoir l’idée que Mohammed (que le Salut de Dieu soit sur lui) - en appartenant à la lignée prophétique - ne soit venu que pour restaurer ledit message tout en le rendant universel, d’accomplir une prière sorbre rejoignant l’orthodoxie des prophètes (dans laquelle l’homme essaie d’entrer en résonnance avec son Créateur), d’être solidaire des nécessiteux en étant charitable, d’observer le jeûne (une autre façon de sentir la mysère des pauvres, et d’en être solidaire, tout en effectuant un régime sanitaire, et manifestant un acte de dévotion et de charité du coeur et de l’esprit que seule la foi peut amener l’Homme à accomplir), d’être aimable et bienfaisante avec tout le monde (proche et lointain), d’éduquer ses enfants et d’entretenir son ménage (en commun avec son époux) de façon responsable et harmonieuse, de ne laisser jamais une mauvaise pensée ou pulsion dicter quelconque de ses actions (malgré la dualité de notre âme), d’être le plus altruiste et le moins égoïste (sans opportunisme, ni distinctions entre interacteurs), et d’être la douceur vraiment parfaite.

                        Devant le comportement modèle de ma grande-mère mon érudition ne pèse rien (j’en ai vraiment la larme à l’oeil). smiley

                        On n’a pas besoin de discourir sur le sexe des anges en Islam ou de théologie musulmane pour être bon musulman (ladite polémique relative aux anges est d’ailleurs tranchée ; on n’a pas à faire d’anthropomorphismes ; que feraient les anges de sexes !).

                        Sachez Muadib que c’est l’Islam en personne qui souffre de la mauvaise représentatitivité que lui confèrent certains de ces mauvais et faux ambassadeurs.

                        Si l’Islam a de nombreux faux ambassadeurs dans les rangs de certaines sociétés, il n’en est pas pour autant responsable. Cette responsabilité est de nature politique, et est strictement liée aux forts taux d’analphabétisme et au retard culturel et éducationnel qui sévissent dans nombre de pays musulmans, qui sont les arcanes structurelles des régimes non démocrates, dont les dirigeants tirent tous leurs pouvoirs et bénéfices matériels.

                        Pour combattre l’intégrisme, il faut privilégier la démocratie, combattre l’analphabétisme en promouvant l’enseignement, l’éducation et la culture.

                        La redécouverte de l’Islam par un style académique (quand on a besoin d’approndir ses connaissances, en allant vers des méandres inépuisables) viendra (ou s’imposera) d’elle même, et se fera de la façon la plus saine et rationnelle possible.

                        Personnellement, mon initiation académique à l’Islam s’était faite en école (des soeurs, par des profs d’arabe certes) (cela se fait aussi dans les écoles publiques) du primaire jusq’au baccalauréat (sans quelconque bourrage de crânes).

                        Je ne suis pas le seul.

                        L’Islam du 21ième siècle est en cours de naissance, sans s’écarter du noyau de l’orthodoxie (dans le sens et l’incarnation nobles du terme), en étant très moderne, très intellectuel, et très rationnel.

                        Pas besoin de réviser quoi que ce soit ; il y a juste le besoin de bien décrypter les sources et ressources, et de savoir les lire avec académie et minutie (sans le moindre littéralisme : refuge des ignorants et autres impuissants).

                        La différence entre le dévot musulman et le dévot chrétien ne réside pas dans la sincérité et dans le degré de la piété (qui peuveut d’ailleurs leur être communes), mais dans la nature même des dogmes distinguant les deux religions :

                        - le musulman est farouchement attaché à l’unicité, et rejète foncièrement toute idée énnonçant une consubstantiation de Dieu (comme la trinité en l’occurence, dans le cas du Christianisme) ;

                        - il n’y a pas de pêché originel : chaque être humain n’est responsable que de ses propres actes ;

                        - le Salut est dépendant des uniques actions de l’être humain, selon qu’elles soient bonnes ou bien mauvaises, pour lesquels chacun sera tenu responsable ;

                        - les prophètes n’étaient là que pour rappeller le droit chemin, aucune sacralité ne leur est due au-delà de leur nature de messagers ;

                        - Jésus (que le Salut de Dieu soit sur lui) figure parmi les plus émérites messagers de Dieu ; illustre et miraculeuse soit sa naissance (par parthénogenèse), il reste un messager adamique pareil que tous les prophètes.

                        Paradisial


                      • pixel pixel 9 juin 2007 18:09

                        Vous n’êtes pas déiste puisque musulman.


                      • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 18:16

                        Pixel,

                        Déiste c’est déjà un premier pas, consistant à reconnaître l’existance de Dieu.

                        Appartenir à une religion (dans une seconde étape), entend que l’on est plus que Déiste, étant parvenu à se retrouver dans un système théophysique que l’on reconnaît émanant de Dieu.

                        La seconde phase inclut la première. smiley


                      • pixel pixel 9 juin 2007 18:50

                        Je pense que les religions sont des productions humaine à la recherche du pouvoir sur des humains.La meilleure preuve en est la religion musulmane qui à remplacé le marxisme dans le rôle de struture fédérante pour la lutte contre l’occident.Penser un Dieu sans religion c’est éviter le prosélytisme qui vise à augmenter des groupes en vue d’assurer des rapports de forces bien terrestres.C’est le chemin inverse à celui que vous préconisez qu’il faut prendre : Les religions ont pris Dieu en otage et il faut le libérer de celles-ci.


                      • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 20:17

                        Pixel,

                        Je ne partage pas votre avis, de plus, je ne suis pas sûr que vous ayez bien compris l’approche de l’homme musulman de la religion.

                        L’islam ne vise nullement à fédérer quelques hommes contre l’Occident ni contre un quelconque Orient.

                        La religion a pour finalité de mettre l’homme en bonne résonance avec son créateur, mais aussi en bonne résonance avec les autres hommes (car la première résonnance ne saurait être acceptée sans la seconde, et la seconde ne saurait être bien appréciée sans la première).

                        Un hadith qoudsy, où Dieu s’exprime à la première forme du singulier dit :

                          J’ai créé les anges dotés que d’Esprit,

                          j’ai créé les animeaux dotés que de passions,

                          puis j’ai créé l’Homme doté et d’Esprit et de passions,

                          puis je lui ai imparti de se rapprocher plus des anges que des animeaux.

                        Par quoi sommes nous si semblables aux animeaux, si ce n’est par nos instincts et besoins : nous mangeons, buvons, faisons du sexe (pour le plaisir et pour la reproduction), avons besoin de repos et de distraction, donc de sommeil et de loisirs. Nous nous entretenons par le sport, pareils que la fauve qui courre dans les plaines, nous sommes dans une lutte des classes et faisons tout pour atteindre les sommités de la société (études), pareils que le félidé qui acère ses griffes sur un tronc d’arbre et qui courre derrière sa mère pour apprendre les techniques de la chasse....

                        Par quoi serions nous si différents des animeaux, si ce n’est par notre Esprit !

                        Mais qu’en faisons-nous souvent ?

                        On l’investit pour la pluart que pour assouvir nos besoins primaires et nos instincts animaliers.

                        Quelle gloire mériterions-nous si notre Esprit ne nous élève que pour finaliment nous abaisser vers la satisfaction de tout ce qui est primaire en nous ?!!

                        Même cette culture que nous nous vantons trop de détenir - devant nos paire - et que l’on peine beaucoup à récolter et à entretenir, l’animal non plus n’en est pas exempte, il en a une qui lui est propre, toutefois, contrairement à nous, elle est souvent innée chez lui.

                        L’usage le meilleur (de l’Esprit) que l’on pourrait rendre à l’animal qui est en nous, serait celui d’investir notre Esrit pour tenter de trouver des réponses aux questions existentielles qui nous taraudent dans notre for intérieur.

                        Les prophètes n’ont fait que tenter de nous aider à trouver des réponses auxdites questions existentielles, via un système théophysique que l’on nomme religion.


                      • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 18:00

                        L’enfoiré,

                        Voilà enfin l’essai (il est mal écrit, je m’en excuse, il devrait être encore fignolé) :

                        La Vie vue par un Musulman

                        La vie semble aux gens qui en adoptent une analyse simpliste assez complexe et tumultueuse, avec ses soucis quotidiens, et ses imperfections arbitraires, qui ne cessent de gâcher et de ternir le bonheur et les perspectives matérielles convoités par tout un chacun. Les plus extrémistes parmi eux vont jusqu’à affirmer que la présence du mal témoigne de l’absence de Dieu. Ont-ils tort ou ont-ils raison ?

                        Dieu, par toute sa majesté et puissance, aurait bien pu épargner à l’humanité tous les maux dont elle a toujours semblé souffrir, en plaçant - dès le début de la création - l’espèce humaine dans une sorte de paradis éternel, où régnerait une atmosphère de félicité perpétuelle, pure et parfaite. Mais la volonté et la sagesse divines décidèrent des choses autrement. Pourquoi ?

                        Nous pouvons bien nous nous hasarder à répondre ensemble à une telle question, à travers un raisonnement que l’on voudra le plus logique possible, quoique l’on puisse estimer que nous ne saurions sonder la volonté divine, dans toute sa splendeur et dans toute sa sagesse.

                        Mais comme nous avons la faculté de réfléchir, nous pouvons avoir cette audace.

                        La réponse qui s’imposerait d’elle-même, serait celle d’imaginer que l’Homme - placé ainsi, dès ses premiers jours, et éternellement, dans un tel paradis - ne saura jamais appréhender et estimer à leurs justes valeurs un tel Eden dans lequel il réside, la vie paradisiaque qu’il y mène, la félicité incommensurable qu’il y connaît, et toutes les faveurs par lesquelles Dieu l’a comblé. Quelle morale aurait-il pu tirer d’une telle existence, et quel sens aurait-il pu trouver à une telle vie ?!! Et surtout, aurait-il été à même de développer une quelconque conscience de tous ces éléments et de toutes ces questions ?!

                        La sagesse divine aurait été celle de permettre à l’Homme de développer une telle conscience, en lui faisant connaître la dualité, et celle de responsabiliser l’Homme quant au choix de la demeure éternelle où il sera installé, en lui faisant subir le grand test de la dualité. C’est ainsi que Dieu créa la vie d’ici-bas dans la dualité, et y fit placé l’Homme, créé lui aussi dans la dualité.

                        Essayons ensemble de mieux comprendre cela.

                        La dualité est le caractère qui donne à toute chose (que l’on puisse imaginer) une essence, un sens et une valeur à travers sa confrontation avec son opposé, son contre-exemple.

                        • par essence sont entendues teneur et nature qui peuvent rendre tangible ou intangible un élément quelconque ;
                        • par sens est entendue la manière selon laquelle on peut accorder une définition à un tel élément, pour en décrire la nature, et ce de la façon la plus tangible possible ;
                        • et par valeur est entendue l’appréciation que l’on peut affecter aux qualités dudit élément, pour y reconnaître des parts d’utilité ou de nocivité.

                        Toute chose qui nous entoure, et toute sensation que nous éprouvons, nous n’aurions jamais été à même d’en cerner l’essence, le sens et la valeur, et en conséquence, d’en développer une quelconque conscience, sans l’existence d’un contre-exemple auquel elles sont confrontées.

                        Petite Démonstration :

                        Un homme qui aurait été placé durant longtemps, en cobaye, dès sa naissance, et pour toute une vie, dans un espace fermé soumis à un éclairage tamisé (dans lequel il ne saura distinguer ni la source lumineuse, ni y retrouvera une projection de sa propre ombre, qui risqueront de susciter sa curiosité à travers des questions de causalité), n’arrivera pas à développer une conscience de ce qu’est la lumière. Il pourra achever toute sa vie dans une totale ignorance de l’essence, du sens et de la valeur de la lumière, tant qu’il n’aura pas connu son opposé : l’obscurité. Il n’en développera conscience, qu’une fois quand celui qui mène l’expérience arrêterait ledit éclairage tamisé. Ladite conscience risquera alors de se manifester de façon foudroyante chez ledit cobaye, peut être par un grand effroi.

                        Reprenons. Dieu créa toute chose dans la vie ici-bas dans la dualité, et y plaça l’Homme, de telle sorte que ce dernier puisse développer sa conscience.

                        A l’image de l’exemple de la lumière face à l’obscurité, tous les éléments qui conditionnent notre existence ou la constituent tirent leurs essences, sens et valeurs à travers la dualité, à travers un percutant jeu de combinaisons, comme pour la richesse face à la pauvreté, la jouissance face à la souffrance, l’amour face à la haine, la santé face à l’infirmité, la satiété face à la faim, la chaleur face au froid, le solide face au liquide, le sucré face au salé, l’amer face à l’absence des deux ...

                        Développons un peu notre imagination : si tous les Hommes étaient riches, la richesse et la pauvreté n’auront ni essence, ni sens, ni valeur ; et si tous les Hommes auraient été tous pauvres, la pauvreté et la richesse n’en auront pas davantage ; idem, si tous les Hommes étaient beaux, la beauté et la laideur n’auraient eu ni essence, ni sens ni valeur ; vice versa ; et ainsi de suite...

                        Par ailleurs, Dieu ne s’est pas suffit uniquement de nous permettre de cultiver la conscience de toute chose à travers la dualité. La perfection divine fut de parachever la conscience de l’Homme, en couplant celle-ci avec la responsabilité.

                        En accordant à l’Homme un cerveau et une intelligence, Dieu y plaça également la dualité, en lui inculquant deux propensions : la propension vers le bien, et la propension vers le mal ; c’est en optant vers l’une ou vers l’autre que le libre arbitre de l’Homme se manifeste ; et c’est bien là qu’est la grande épreuve de tout individu : la dualité.

                        Arrêtons nous un moment, et ouvrons une parenthèse (ne pas se laisser distraire par ce, le paragraphe précédant et celui suivant sont plus importants) :

                        • un être complexe ne pourrait survivre une seule minute dans ce monde sans cerveau ; il sera accouché mort-né ;
                        • un être doté d’un cerveau mais dépourvu d’intelligence, un fou en l’occurrence, ne peut cultiver une parfaite conscience et de son existence et du monde dans lequel il vit. Il sera incapable d’appréhender la dualité. Il ne saurait distinguer - à titre d’exemple - la différence entre le bien et le mal. En conséquence, il ne peut être rendu responsable de ses actes ;
                        • de même, un être conscient ne pourrait être tenu pour responsable si le libre arbitre et la possibilité de choisir lui seraient retranchés ;
                        • par contre, dès que l’on a un cerveau, l’intelligence, la conscience, le libre arbitre, et la possibilité de procéder à un choix on devient responsable de toute action que l’on entreprend.
                        Fermons la parenthèse.

                        Le grand test de l’humain est de décider comment va-t-il investir la dualité qui est en lui face à la dualité de la vie. C’est-à-dire, va-t-il investir sa propension vers le bien, ou plutôt investira-t-il sa propension vers le mal face à la dualité de la vie (dans la composante positive et négative) ?

                        Comment illustrer ce genre d’épreuves ?

                        Par exemple, le riche est en épreuve face à la dualité (sa propre richesse face à la pauvreté des autres) : va-t-il investir sa propension vers le mal en étant égocentrique, jouissant tout seul de sa richesse, ou plutôt investira-t-il sa propension vers le bien, en donnant une partie de sa richesse, voire en créant du travail pour les moins nantis ?

                        Le pauvre lui aussi est en épreuve face à la dualité (sa propre pauvreté face à la richesse des autres) : va-t-il investir sa propension vers le mal, en jalousant et en s’adonnant au vol, ou plutôt investira-t-il sa propension vers le bien, en cherchant un gagne-pain honnête, et quand il n’est pas à même de trouver un travail en se résignant à solliciter de l’aide ?!

                        La dualité est indispensable à l’Homme à plusieurs titres :

                        1. elle lui permet de connaître l’essence, le sens et la valeur de toute chose ;
                        2. devenant - grâce à elle - plus conscient du monde qui l’entoure, l’Homme acquiert (face à Dieu) le statut d’être responsable : il lui incombe désormais le devoir de démontrer qu’il est capable de bien investir son intelligence, sa conscience et son libre arbitre face à la dualité de la vie ;
                        3. l’Homme est alors rendu responsable de son présent comme de son futur : comme seront ses choix ici-bas face à la dualité - celle de la vie, et celle qui est sienne (la propension vers le bien et la propension vers le mal qui existent en lui) - sera son futur dans l’au-delà ; il sera rétribué après sa mort à l’image de ce qu’il a effectué durant sa propre vie ;
                        4. et c’est là que se manifeste la justice divine : l’Homme pourrait être injuste à son propre égard ou à l’égard des autres humains ; une telle injustice finira toujours par le rejoindre quand il aura à rendre acte de l’emploi qu’il a fait et de son intelligence et de sa conscience et de son libre arbitre ;

                        Ouvrons une parenthèse, faisons une digression :

                          La dualité existant dans ce bas monde touche tout, et s’arrête à un seul élément, que l’on ne pourra intégrer dans quelconque couple ; il s’agit de Dieu (certes lorsqu’on est déiste, et monothéiste). Dans l’au-delà nous retrouverons encore la même dualité, mais dans une toute autre forme.

                          Dans la vie ici-bas les composantes de la dualité : tout y est mélangé, le positif et le négatif coexistent ensemble. Dans l’au-delà la dualité continuera d’existée, mais dans une forme scindée :

                        • tout ce qui est positif dans la vie ici-bas sera unifié, rassemblé et décuplé de façon infiniment plus belle et plus puissante et sera placé dans le paradis ;
                        • de même, tout ce qui y est négatif sera unifié, rassemblé et décuplé de façon infiniment plus forte et plus négative et sera placé dans l’enfer ;
                        Fermons la parenthèse.
                        1. si l’Homme se retrouvera alors au Paradis, il saura dès lors pourquoi il y est, et combien il l’eut mérité (tout en estimant par extrapolation ce qu’il a évité comme destination alternative), saura y appréhender pleinement l’essence, le sens et la valeur de toute chose considérablement délectable qui s’y trouve, et en sera - de plus - largement plus reconnaissant à son Créateur ;
                        2. par contre, s’il lui arriverait de se retrouver en Enfer, il saura pourquoi il y est, combien il l’a mérité, ce qu’il a raté comme opportunités et destination alternative, saura appréhender pleinement l’essence, le sens et la valeur de toutes les vanités derrière lesquelles il a couru, et de la sacralité hautement supérieure de tout ce qu’il a négligé (à causes de ses mauvaises propensions), et n’aura qu’à s’en blâmer personnellement d’avoir approcher la vie passée avec autant de légèreté et d’irresponsabilité, et raté l’essentiel et la félicité éternelle.
                          et ce après avoir pris tout son temps dans la vie ici-bas pour tenter de trouver des réponses aux différentes questions existentielles qui taraudent l’esprit de tout Homme qui sache réfléchir, et après avoir bonnement pris son temps pour préparer son chemin selon ce que lui eurent dicté son intelligence, sa conscience et son libre arbitre.

                        La vie est une épreuve. La dualité en est l’aventure. La bonne conscience en est la clef. La bonne action y est le billet vers le Salut. Le Paradis en est la consécration.

                        Coran 99:7-8. Quiconque fait un bien fût-ce du poids d’un atome, il le retrouvera, et quiconque fait un mal fût-ce du poids d’un atome, le retrouvera.

                        Finalement, on est déjà dans le paradis quand on y a posé déjà un pas (càd quand on oeuvre pour). smiley

                        Salutations les Meilleures.


                        • Marsupilami Marsupilami 9 juin 2007 18:10

                          @ Paradisial

                          Tu nous fatigues avec ta propagande islamiste déjantée qui n’intéresse personne sinon toi. Essaie donc de placer ta prose verbeuse chez Oumma.com. A propos du dualisme corânique, lis donc ce texte hilarant, ça nourrira tes délires de métis dézingué d’école de commerce high-tech et de madrasa moyenâgeuse.


                        • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 18:22

                          L’essai in sus s’intitulerait plutôt : Comment comprendre le sens de la vie via la dualité ?

                          Je reconnais qu’il est difficile à cerner dans son enchaînement et dans sa logique. Une relecture (ou plusieurs) s’imposerai(en)t.

                          Une prestation orale aurait été plus translucide et plus simple à rendre ; j’en avais fait l’expérience à deux reprises sur la radio Ici et Maintenant, et plusieurs fois devant quelques auditoires (comme durant les veillées funéraires). Cela était toujours très bien reçu (dans ces diverses occasions) malgré l’hétérogénéité de l’audience.


                        • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 18:25

                          Marsupilami, Docteur Inanité,

                          Je n’ai cure de tes invectives, outrances et inanités.

                          Ton drolastique m’interdit de t’intolérer. smiley


                        • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 19:41

                          Marsupilami,

                          Il m’arrive très très très rarement de lire oumma.com ; ce n’est pas que j’en aurais honte, ou aimerais m’en dédouaner, mais il y est des explorations largement meilleures à faire, comme lire Al Ghazâli et Harun Yahya, et bien d’autres auteurs moins célébres.

                          Quant au texte hilarant vers lequel tu renvois, il est plutôt pénible et que pure charabia, émanant de quelqu’un qui usurpe le titre de philosophe (moderne), et qui s’adonne allégrement à plein de contorsions. Il tente de faire la séparation entre les concepts de raison et de ’aql alors qu’ils sont le même mot exprimé dans deux langues différentes (quoique le concept de ’aql dépasse largement celui de raison, dans sa définition).

                          En fait son auteur a l’allure d’un soufi, qui essaie d’insinuer par ses multiples contorsions et déformations que la compréhension du Coran ne devrait pas se faire par un appel de la raison (contredisant même le Coran qui stipule le contraire) mais par un appel du coeur, pour justifier vers la définitive : une initiation ésétorique à l’Islam et à l’amour de Dieu, trop chère aux soufis de ces temps ; alors que les grands soufis d’antan étaient loin d’être des gens dénués de raison, mais des savants pluridisciplinaires : tels les philosophes Al Ghazâli (vraiment inégalable), Al Kindi, et j’en oublierais toute une série.


                        • L'enfoiré L’enfoiré 9 juin 2007 19:48

                          Paradisial,

                          Je m’attendais à tous ce que tu me dis. J’ai eu un collègue qui parlait comme toi de la religion. Nous avons eu des dialogues de sourds parce que il y a des principes de base qui étaient édictés en dogme de départ. Il suffisait d’arrêter le monologue par des questions simples « Quelles sont les preuves physiques, tangibles de ce que tu viens de dire ? Le château de cartes reprenait sur une autre voix pour ne pas tombe. Tu as bien appris ta leçon, bravo et je ne conteste aucunement. Ce qui est écrit ne vient pas d’en haut mais d’ici bas. Tout cela avec le raisonnement ne tient pas longtemps. Sorry, chacun sa propre interprétation et tu vas avoir difficile de me convaincre. D’autres ont essayé. Le Coran est comme la Bible une école de conduite en fixant des ornières pour ne pas glisser vers des endroits qui ne sont pas dans la ligne du »parti". Mais comme tu as pris le temps de me répondre, je vais reprendre au vol certaines.

                          - Puisque Dieu a créé toutes choses ici bas, pourquoi aurait-il attendu si longtemps et passer en revue toute l’évolution avant de donner l’intelligence ? Evolution qui est d’ailleurs bien loin d’être achevée. Nous ne sommes qu’à la moitié de l’existence de la terre.

                          - Pourquoi aurait-il créé un paradis ailleurs ? Il a toutes les « pièces » du puzzle sur place et sur terre. Tout existe, microbes, virus, plantes, animaux et un stade de l’homme. Que lui airait-il manqué d’après toi ? Qu’est-ce que tu espère vraiment d’un autre monde ou comme tu l’appelles « paradis » ?

                          - La richesse te semble importante. Ok. Vision de l’esprit. L’homme des forêts (qui est aussi « homme ») n’en avait rien à cirer de l’argent. Il était riche par ce qu’il trouvait sur place. Ce n’était absolument pas des « imbéciles heureux » comme on les présentaient. Ils avaient ajusté leurs connaissances à la foret. L’idée de richesse est arrivée après, par la comparaison avec les peuples qui sont arrivés d’ailleurs en dompteurs avec la bonne parole. L’envie était née. Les ennuis aussi.

                          - Dualité ? Pourquoi y aurait-il un bien et un mal ? Notions totalement artificielles. Vue d’un esprit en mal de reconnaissance vis à vis d’une autre personne. Un naufragé, seul sur une île, le bien et le mal ne serait absolument pas nécessaire.

                          - Etre complexe l’homme ? Et si je te disais que ce n’est rien par rapport à ce qui sera dans 3 milliards d’années. (Laissons le dernier milliard pour les ennuis avec le soleil). Le cerveau ? Qui te prouve que sur une autre planète ou galaxie, le cerveau ne serait pas complètement autre chose qu’un amas de neurones interconnectés ?

                          Voilà, je crois que tu as aussi du pain sur la planche. Mon triptyque t’en apprendra bien d’autres.

                          Avec toute ma sympathie. smiley


                        • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 20:46

                          L’enfoiré,

                          On va pas rentrer dans des surenchères l’ami.

                          L’essai en question il est bien spéculatif, certes je n’aurais rien de tangible à apporter pour étayer ses idées.

                          Je le voulais une sorte de spéculation philosophique (quoique la philosophie vise à partir de spéculations pour aboutir vers de raisonnables conclusions).

                          L’objet de l’essai pourrait se résumer dans le titre : Comment expliquer le sens de la vie via la dualité. Tu trouveras certainenement d’autres personnes, issues d’autres confessions, voire de sectes, qui te donneront d’autres visions, sens et finalité.

                          Mon développement se voulait quelque peut logique (quoique spéculatif) ne faisant intercéder aucun concept à fort connotation religieuse typique à une confession ou à une autre (en dehors de celui de paradis et d’enfer).

                          L’essai ne parle nullement du Coran (j’avais d’ailleurs beaucoup hésité à placer le verset coranique à la fin du texte).

                          L’essai ne résume pas non plus des cours que j’aurais appris. C’est juste la résultante d’une réflexion personnelle au sujet de la dualité de ce monde et au sujet de la question : pourquoi ne sommes nous pas dans le paradis ?

                          Tu disais :« La richesse te semble importante ». Faux, au contraire. D’ailleurs je n’avais rien écrit dont puisse filtrer une idée pareille.

                          A ce sujet permet moi de partager avec toi deux citations qui me sont très très chères :

                          • On ne doit appeller richesse les choses que l’on peut perdre [Léonard de Vinci]. smiley
                          • Le savoir est la parure du riche, tandis que la richesse est la parure du pauvre [Imam Ali]. smiley

                          La dualité n’est pas si virtuelle que tu le prétends. Elle est patente, et est présente tout autour de nous. Sans elle nous n’aurons aucune conscience ; vraiment aucune, ni de nous-mêmes, ni du monde.

                          Je t’invite à méditer très très profondément la « Métaphore de la Lumière » présente dans l’essai.

                          Tu disais : « Puisque Dieu a créé toutes choses ici bas, pourquoi aurait-il attendu si longtemps et passer en revue toute l’évolution avant de donner l’intelligence ? Evolution qui est d’ailleurs bien loin d’être achevée. Nous ne sommes qu’à la moitié de l’existence de la terre ».

                          Je te dirais mon cher que tu as une approche très très linéaire du temps, que nous musulmans n’avons pas.

                          Quand on est déiste on pourrait adhérer à une relativité du temps tout à fait différente de celle propre à Einstein.

                          Je ne saurais assez ergoter pour t’en donner une idée. Je t’inviterais plutôt à réfléchir cette approche (déiste) assez particulière du temps, fournie dans une tentative de réponse à une question posée anciennement par Dan : le Coran créé ou incréé ?!!

                          Sympathie mutuellement partagée. smiley

                          Mille mercis. smiley


                        • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 20:57

                          Je m’absente jusqu’à demain soir. J’ai des sollicitations pour ce soir, demain matin je serais en pique-nique.

                          Un grand bonsoir à la Belgique.

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