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Selon Charlie

Des histoires tortueuses sous le regard d’un enfant...

Ce film de Nicole Garcia sorti en 2006, jamais je n’aurais pensé le voir à Tegucigalpa, Honduras. Ce fut chose faite grâce à l’inauguration du Tour de Cine, un festival diffusant en Amérique latine le septième art français... qui a bien peu de place dans l’imaginaire collectif hondurien, et encore moins dans la presse qui lui préfère les effets spéciaux du dernier Transformers.

A cela, Selon Charlie préfère dépeindre avec une force douce-amère les différentes histoires de sept personnages distincts... ou plutôt une seule et même histoire, tant les points communs avec les personnages se dévoilent, peu à peu, dans une lente prise de conscience. Un fil invisible relie ces personnages, de sorte que nous ne sommes jamais totalement perdus dans ce puzzle impressionniste.

Une jeune femme hondurienne m’a confié qu’elle l’avait également noté : c’est l’infidélité qui relie ces hommes et femmes. Ainsi, Benoît Poolvorde désobéit à son patron et échoue lamentablement ; Vincent Lindon ment à sa femme et se retrouve pris au piège ; Même le petit Charlie, observant ce jeu cynique du haut de sa dizaine d’années, en devient un joueur à part entière bien malgré lui : lui aussi décide de "tromper" son père, en dévoilant l’adultère que celui-ci menait.

Un autre thème important de ce film est l’idée de liberté : les plus libres ne sont finalement pas toujours ceux que l’on croit... Je garderais en tête l’image de Benoît Polvoorde, en bandit de pacotille, ayant réussi à se glisser entre les mailles de la police et courant de tout de soul en hurlant de joie... tandis que le maire (Jean-Pierre Bacri) s’effondre, désespéré, derrière des barres de cage d’escalier ressemblant étrangement à des barreaux de prison... Il se rend compte qu’être un homme de pouvoir (pouvoir consistant surtout à choisir le type de fleurs qui ornera les ronds-points de sa ville) n’apporte pas tout ce que l’on souhaite, et ne constitue pas une fin en soi dans sa vie. Le jeune joueur de tennis, que beaucoup de spectateurs ont pris comme une pièce rapportée, participe également, à mon sens, à ces thèmes de liberté et d’infidélité. Il aurait très bien pu continuer à se sacrifier sur l’autel du sport... Mais il a décidé de refuser, et en cela il a apporté la preuve qu’il était libre, même si cela sous-entendait tromper son entraîneur.

La fin, qui peut sembler contradictoire avec le reste du film, est uniquement à prendre en tant que message d’espoir, après 1 h 30 d’angoisse... Les plans très serrés sur les visages de personnages silencieux, presque autistes, sans litanie inutile, ajoutent à cette ambiance inquiétante.

Un très beau film que je conseille absolument, étant donné qu’il fut une belle surprise pour moi. Je pense qu’il a honorablement lancé ce 7e Tour de Cine hondurien !


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