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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Serge Merlin enchante Minetti

Serge Merlin enchante Minetti

Si Bernhard Minetti se félicite du masque que James Ensor lui aurait confectionné à l’occasion de son interprétation du Roi Lear, Serge Merlin, lui, se façonne, grandeur nature, un faciès d’Antonin Artaud qui, en cette nuit de réveillon, va transcender, à merveille, les cohortes du bal masqué sillonnant le hall du vieil hôtel d’Ostende, désuet à souhait.
 
A cet instant de la nuit du 31 décembre, Minetti, Bernhard et Merlin ne font plus qu’un personnage en proie au soliloque pathétique sur les planches du Théâtre de l’Athénée.
 
Comme Godot, ils attendent la venue d’un messie, en l’occurrence celle d’un directeur de théâtre qui devrait signer le contrat d’une reprise du Roi Lear, après une mise à l’écart du célèbre comédien, durant la trentaine d’années d’exil forcé.
 
En effet, abhorrant le cadre confortable du théâtre classique, Minetti, devenu lui-même directeur d’un théâtre provincial, avait empêché la programmation du répertoire traditionnel ; ce qui lui occasionna une flopée de procès qu’il perdit systématiquement et le mirent au ban de la société.
 
Aussi, dans cet hôtel flamand, à l’instar d’un musée Grevin imaginaire, des interlocuteurs quasi pétrifiés, vont se succéder à l’écoute des griefs et autres ratiocinations du vieil artiste qui, paradoxalement, feront surgir de cette aversion des classiques, un culte exclusif à l’égard de Shakespeare convergeant vers l’apothéose du Roi Lear.
 
Sublime rabâchage du monologue qui, une heure et demie durant, contraint son interprète au dépassement de soi, c’est-à-dire, tout simplement, à l’excellence.
 
Après Michel Bouquet et, très récemment, Michel Piccoli, c’est donc au tour d’une pointure, très entraînée au verbe Berhardien, de composer avec ces flux récurrents pour en distiller la force tellurique, emportant, à son passage, toutes les réserves du ressentiment.
 
Tel un Rodrigue dont le temps n’aurait pas réussi à calmer la détermination et la fougue, c’est en Don Quichotte, livrant son ultime combat, que Serge Merlin squatte le palace décati pour en faire un tour d’honneur de prestige, en éloge absolu à Thomas Bernhard.

photo © DR-TDV-S.Ferreira

MINETTI - *** Theothea.com - de Thomas Bernhard - mise en scène : Gerold Schumann - avec avec Serge Merlin, François Clavier, Jessica Perrin, Liliane Rovère, Jérôme Maubert, Eve Guerrier, Olivier Mansard, Fabien Marais & Irina Solano - Théâtre de l’Athénée

 


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1 réactions à cet article    


  • Kakapo Calimero 22 octobre 2009 03:46

    Dur, dur, de parler culture en 2009.

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