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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Sex and vertigo

Sex and vertigo

Je suis très sensible au vertige. Même sur un escabeau. Près d’une fenêtre, quand je regarde tout en bas, j’ai comme des aiguilles dans le sang. Ne parlons pas de la tour de Pise qui, non seulement penche, mais n’est protégée à son sommet que par deux vagues cercles de fer. Arrivée là-haut, je me jette à quatre pattes. Je ne peux plus faire un pas. J’aurais pu être engagée par Hitchcock dans « Vertigo ». Sueurs froides sans maquillage.

Certes Pascal console cette faiblesse en écrivant : « Le plus grand philosophe du monde, sur une planche plus large qu'il ne le faut, s'il y a au-dessous un précipice, quoique sa raison le convainque de sa sûreté, son imagination prévaudra. Plusieurs n'en sauraient soutenir la pensée sans pâlir et suer. »

Merci…Mais bon…Pourquoi ?

Dans une vie antérieure, a-t-on glissé du haut d’une falaise ? S’est-on suicidé du haut d’une tour ?

Je peux, du moins, dire d’où cela vient, dans ma vie actuelle, qui est née à Montpellier.

Un jour, j’avais sept ans, quand, dans les jardins du Peyrou, quelqu’un m’a raconté l’histoire d’un prisonnier à qui l’on promettait la liberté à condition qu’il coure, sur un cheval au galop, les yeux bandés, au sommet de l’étroit aqueduc des Arceaux.

Je ne sais pas si mon vertige est né de cette image ou de la découverte de l’existence du mal. Je ne connais pas la fin de l’histoire. Si peu de souvenirs nous restent de nos petites années. Et là, je revois tout. J’entends la voix. Je détaille la voie étroite par laquelle on avait condamné quelqu’un à passer. Moi ?

Le lendemain à l’école, un jour où toute la classe marchait allégrement sur une poutre à un mètre du sol, il m’avait été impossible de le faire. J’ai mis six mois à tenir sur un vélo, je suis incapable de patin à roulettes, la première fois que j’ai pris un téléphérique pour skier, je suis redescendue à pied.

 

Tout ceci me revient à la suite d’une histoire récente.

Il y a un an environ, étant avec ma fille chez une jeune styliste de Montpellier, j’avais été invitée à défiler pour elle lors de sa prochaine collection. Elle aime faire porter ses créations par des femmes de toutes les formes et de tous les âges. L’affaire avait disparu au fil du temps jusqu’à ce que l’invitation soit précisée, samedi 9 juillet, dans cette ville de Montpellier où je suis née, où j’ai vécu quinze ans, que j’ai quittée dans un immense désespoir, rejoignant Marseille que je n’ai jamais aimée. Montpellier, la ville mythique de mon enfance…

 J’ai rêvé pendant des années que je revenais à Montpellier. Pendant des années, j’ai passé mes nuits à arpenter les rues du quartier St Roch. Je crois que si un jour j’arrive au paradis, si la ville céleste ne ressemble pas à Montpellier, je serai déçue.

-Et où se passe ce défilé ? demandai-je à ma fille.

-Place st Roch.

-Quoi ?

 Incroyable ! L’église Saint Roch est au cœur de mon enfance catholique, mais plus encore au cœur de mon enfance de fille unique, donc solitaire. J’ai découvert mon indépendance dans ces rues, errant à gauche et à droite. J’avais envie de me perdre. J’avais envie d’avoir peur d’être perdue. Pendant des années je n’ai connu de la vie que ce cœur de ville. On ne voyageait pas. Mes parents n’avaient pas de voiture. J’allais à Palavas en vélo ou en petit train. J’ai tant aimé cette ville à laquelle on m’arrachée quand j’avais quinze ans. Mon premier chagrin d’amour.

Comme les villes étaient différentes ! Comme elles étaient à échelle humaine. Comme une gamine de dix ans pouvait les parcourir, aller à pied tous les jours au lycée ou se promener au Peyrou. Je me souviens qu’à douze ans, volant trois sous à ma grand- mère, je me précipitais au « Lynx », cinéma permanent, où je restais toute la journée à voir le même film : « Hélène de Troie » avec Jacques Sernas et Rossana Podesta. C’étaient les débuts du cinémascope. « La Tunique » avec Victor Mature ! Mon père, journaliste, avait des invitations pour tous les cinémas de la ville et ces bouts de carton de couleur différente pour le « Pathé », le « Rex » ou le « Capitole » me faisaient rêver comme jamais aucune sortie ne pourra me faire rêver maintenant.

Tous les dimanches j’allais à la messe à l’église St Roch, endimanchée, et quand je me trouvais au milieu de la foule qui se pressait pour entrer, j’éprouvais tout à coup un écœurement lié à l’abus de parfum, le même écœurement qui me prend parfois, dans des ascenseurs bondés …Les corps des autres contre le mien, impossible d’y échapper, avec toujours la même nausée, née ces matins-là, le dimanche. C’était à l’entrée de l’église qu’étaient notées les cotes morales des films. « Pour tous », « Pour adultes » et deux mentions qui me faisaient frissonner : « A déconseiller » et le terrible « A proscrire ». Qu’est-ce que ça pouvait être un film « A proscrire » ???

Ce matin, 9 juillet, le temps est splendide. Pourtant, ma joie ne peut en aucun cas être comparée à celle que j’éprouvais, tellement plus vive, lorsque j’avais quinze ans et que je revenais vers Montpellier, la ville des rêves absolus, flottant au-dessus des villes et des rêves. Ma Miyazaki city.

Enfant, je vivais dans le quartier St Roch qui était une vieille chose un peu délabrée. Je suis née 8 rue des sœurs noires dans des appartements du troisième étage qui se louent à présent à des étudiants. De toutes petites pièces qui n’existent plus, telles qu’elles étaient, que dans ma mémoire. Je n’ose aller sonner chez les locataires actuels leur disant le cœur agité : « Laissez-moi entrer. Laissez-moi entrer dans ma vie qui est morte. Je suis née ici ! Y a-t-il encore le soir ces cris stridents d’hirondelles qui faisaient ma tristesse de fille unique ? » Oui, en ce temps-là, les copines ça ne s’invitait pas facilement.

Ma meilleure amie, Michèle, était la fille d’un député. Elle habitait dans un hôtel particulier de la grand rue et pour moi c’était Versailles. On s’entendait si bien toutes les deux. Un jour, je l’ai vue monter, jusqu’à mon troisième étage. J’ai été si heureuse, un moment, car elle ne venait jamais. Elle portait une valise avec quelques affaires que j’avais oubliées chez elle. Et comme elle pleurait et que je ne comprenais pas pourquoi, elle me dit : « Ma mère a une histoire avec ton père. Mon père l’a su et on ne peut plus se voir. » Le Ciel m’est tombé sur la tête. Je ne comprenais rien à ce qu’elle disait. Et on a pleuré toutes les deux. Plus jamais je ne l’ai revue.

 « Michèle, ma belle…sont deux mots qui vont très bien ensemble… » Adieu ce qui va bien ensemble…

Comme beaucoup de centres anciens, Montpellier s’est inventé un cœur de ville chiquissime et ravissant. Là, où j’allais chez Madame Croqueloi, l’épicière, il y a à présent une galerie d’art et les anciens établissements Ballatum où l’on achetait ces linos qui m’éblouissaient sont devenus des pubs donnant sur des terrasses. Je ne connais pas de ville plus belle en son centre, plus agréable à parcourir, plus riche en boutiques créatives que Montpellier.

Et ce fameux quartier St Roch, cette église, elle, sans aucun charme, mais rattrapée cependant par une volée de marches à l’italienne ! Elle fait face à un immeuble moderne à la façade dans intérêt, mais un trompe-l’œil l’a transformée d’une manière étonnante. Tout ce quartier est piétonnier et résonne de bruits de voix et de talons.

C’est cette place que je retrouve, tout excitée, quand j’arrive. Défiler pour une créatrice ne me pose aucun problème particulier. J’en suis ravie, même. Je suis curieuse de voir la robe qu’elle a choisie jusqu’au moment où…

Telle est la vie…Quand elle ne mélange pas le bien et le moins bien, elle est vexée. En tant que créatrice originale, elle aime bien pimenter nos vies.

Le défilé se passe sur un podium. Il culmine à environ un mètre cinquante du sol.

-Alors, vous allez jusqu’au bout du T, là, une pose, puis, vous revenez en arrière, une pose, puis vous prenez la partie centrale, une pose au milieu et vous arrivez à l’escalier, puis vous descendez et vous remontez les marches de l’église et vous attendez en haut…

C’est Elisa, la créatrice, qui donne ses instructions. Je ne vais pas y arriver. Je me sens profondément ridicule. On est une douzaine de nanas et comme il en manque une, c’est Fabrice, l’ami de ma fille, qui prend sa place. Il défile, le chien, dans une aisance parfaite se tortillant à la pointe extrême du podium, faisant le fou au milieu de toutes ces filles. Il frôle le vide. Il s’en fout. Tout le monde rit et l’acclame. C’est à moi.

On se dit toujours dans ces cas-là : « Courage. Il y a pire en ce monde. Ne sois pas ridicule. » Me voilà donc sur cette estrade bordée de deux espaces horriblement vides et profonds. J’avance jusqu’au bout de ce putain de podium rose et là c’est le fameux demi-tour pour revenir vers le centre. Quand je tourne la tête tout est noir, je réussis à ne pas mourir, je ne sais comment, j’enfile la grande longueur, j’ai les jambes qui tremblent, je m’accroche à l’arrivée à l’escalier. Une pure horreur.

Mais je veux être courageuse. Pendant que les autres discutent, je remonte sur le podium et je recommence. Je me prends en main. Je me secoue. Je me la joue Lee Marvin dans « Les douze salopards ». « Go ! Tu vas y arriver ! Merde ! » C’est pire. Je prends alors une décision : je n’irai pas jusqu’au bout de ce T. C’est impossible. Je m’arrêterai avant. Et je mets au point un petit délire. Je me la joue Inès de la Fressange qui ondulait sur les podiums dans une aisance aristocratique en un temps où, pour être mannequin, il n’était pas nécessaire d’avoir un air de fille qui a perdu toute sa famille le matin. Je tiendrai mes chaussures à la main. Cela fera comtesse aux pieds nus un peu pompette .Voilà, je rentre d’une soirée arrosée ce qui explique que j’ondule, j’ai donc la tête qui tourne et je fais signe aux filles qui sont au sommet des marches et qui me demandent d’avancer vers elles : « Non, non ! Trop bu ce soir dans ma belle robe de soirée ! »

J’explique ça à Elisa qui me dit en riant : « OK. A Partir du moment où c’est assumé, ça me va. » Ca, pour être assumé…

Elisa ne discute pas car elle est comme tous les créateurs confrontés à ces préparatifs de spectacle où il y a toujours une musique qui ne démarre pas, trois mannequins absents, des accessoires qui ont disparu, une tente qui doit arriver plus tard, donc mon histoire n’est que la goutte d’eau dans le sombre océan des angoisses d’avant-spectacle.

 

Les répétitions étant terminées, il s’agit de se rendre au magasin d’Elisa, rue St Anne, à côté d’une autre très belle église, d’une autre très belle place, dans le ravissement de ces rues anciennes que je connais par cœur.

On passe rue des gagne-petit. Ça me fait rire ce nom. Elle est bien de notre époque, la rue des gagne-petit ! Les retraités, les smicards mais bientôt tous les autres, des gagne-petit ! J’ai un souvenir attaché à cette rue. Les fenêtres de l’appartement où je suis née y donnent. Un jour, j’avais six ans, ma mère me voyant avec mon doudou, m’avait dit : « Non, mais tu n’es pas ridicule à ton âge, laisse-moi cette saleté ! Va me jeter ça ! Je ne veux plus le voir ! »

Et moi, pour prouver que j’étais une grande, j’avais pris le doudou et je l’avais balancé par la fenêtre, acte horrible qui me fait douter de ma sensibilité. Lequel doudou était tombé rue des gagne-petit. Mais l’héroïsme n’avait duré qu’un temps et au moment de dormir j’avais tant et tant pleuré, hurlé et gémi que mon père, compatissant, était allé dans la rue obscure chercher mon doudou.

Adieu la rue de mon doudou …

 On passe aussi près de la rue du conservatoire. Là aussi j’ai un autre drame d’amour. J’avais été admise au conservatoire d’art dramatique grâce au piston d’une voisine et j’y prenais des cours, à douze ans, dans un ravissement dont aucun mot ne peut rendre la source. Et ce d’autant plus qu’il y avait là un garçon de 14 ans, un grand , de l’espèce des garçons, espèce rare et dangereuse qu’aucune école de fille n’abritait jamais. Or ne voilà-t-il pas qu’à la fin de l’année, la classe organisant une surboum, je me retrouve invitée pour un slow par mon chéri secret. Et là, tout à coup, quelqu’un coupe la lumière et dans cette obscurité brodée de je ne sais quel « only you », je sens encore, contre ma joue et contre mes lèvres, le duvet de la joue de ce puceau serrant sa pucelle, quand soudain la lumière foudroie , un homme bondit dans la pièce, mon père, il se précipite sur moi , me met une claque magistrale et m’embarque indignée en criant à la cantonade : « Tu ne retourneras plus jamais dans ce lieu de perdition ! »

 

-Voilà ta robe.

J’avais espéré, tout au long du chemin, une robe cool et sympa qui se porterait sans problèmes et me laisserait me concentrer sur ce vide affreux qui borde toutes nos vies, petits espaces roses et dangereux, mais non.

C’est une super jupe en jean robe rouge sombre, des myriades de volants nerveux, qui se porte avec un bustier de fille de joie serré dans le dos par un lacet….Bon. Je l’essaie. Disons que le problème majeur est que le lacet devrait serrer un poil plus pour que je sois à l’aise. Là, pour que me seins aient cette forme bombée qui fait prostituée de western, il fait que je gonfle mes poumons , ce qui donne un résultat ravissant à condition de ne plus respirer ou de prendre sans cesse, comme une femme qui accouche, des respirations fréquentes et nerveuses.

Je vais donc dans une robe rouge, où je suis à moitié à poil, défiler sur un podium rose qui flotte sur un monde noir face à l’église de mon enfance où j’ai découvert, pour la première fois, un sexe d’homme. C’était dans le petit jardin de l’église st Roch. En face de moi un clochard qui mangeait un sandwich qu’il essayait de compléter, sans trop y réussir, avec une grosse saucisse. Je n’avais à l’époque aucune connaissance de ces énormes choses et en était restée au sexe masculin de trois millimètres d’un petit cousin né depuis deux jours et il m’a fallu je ne sais combien d’années pour comprendre ce qui s’était passé ce jour-là, dans cette manœuvre, assez longue ma foi, où un pain dans la main et une saucisse dans l’autre ce pauvre gagne-petit n’avait pas réussi visiblement à tout manger.

 

-On se met là ?

C’est un ces petits restos qui abondent dans le centre de Montpellier. Le nôtre est recommandé par le routard et propose des frites maisons à volonté. Comme je suis allergique au gluten et au lactose, chaque commande dans un restaurant est complexe. « Il n’y a ni beurre ni farine ? »

-Non. De la crème.

-Ah ! Non pas de crème. Pas de lactose. Et pas de gluten.

-Heu… Attendez…Je vais me renseigner.

Et le garçon revient, toujours très aimable, investi d’une mission sacrée : sauver une cliente d’un empoisonnement imminent, revenant avec des recettes miracles sensées ne contenir aucun des poisons qui rongent les os des créatures sensibles.

En levant les yeux, je découvre une ancienne façade avec un balcon ouvragé à l’ancienne, décoré de bambous froufroutants, le tout dressé, comme un plat artistique, sur un fond de ciel brûlant. C’est beau la vie… Cela me rappelle « L’amour fou » de Breton, cette passion des surréalistes pour les villes, cherchant à chaque angle de rue des mystères et des merveilles.

 

Quelques instants après je suis chez le coiffeur à deux pas de là. C’est une boutique qui ne donne pas comme beaucoup d’autres sur une rue où passent des voitures. Elle donne sur une place couverte à l’italienne de plantes, de lauriers, de petites tables de bistro. Une rue calme où l’on se promène.

C’est l’instant du shampooing. Et là, merveille des merveilles, ce coiffeur n’appartient pas à l’espèce des sauvages qui veulent, au nom d’une propreté maudite, vous arracher le cuir chevelu et le laminer avec leurs ongles. Non. Il caresse la tête avec la paume de ses doigts, il frotte doucement sous une eau à peine tiède. J’ai l’impression que je vais défaillir tellement c’est bon. Je ferme les yeux . Il me dit : « Ca va ? » J’ai à peine la force de répondre. Je murmure : « Oui. Très bien. »

 Je pense aux hommes impuissants qui sont désespérés pace qu’ils ne bandent plus. Mais savez-vous que vous pouvez être les amants les plus recherchés, les plus admirables si vous savez caresser un crâne de femme, et glissant doucement, d’une main retournée effleurant à peine de ses ongles, la plus légère, la plus acide possible, attoucher le blanc des bras et des cuisses ? Faites-vous faire des T-shirts. « Je ne bande pas, je caresse ». Et vous serez surbookés. « Lave-moi les pieds et les cheveux, chéri. Sois mon Christ shampooineur. Mon masseur thaïlandais qui coince son genou entre mes cuisses pour avoir plus de prise sur mon dos, innocemment. Sois l’innocence d’avant le sexe. Quand le plaisir ignore de quelle épopée il est le messager. Ne t’égare nulle part. N’explore aucun volcan. Caresse-moi comme un chat se lèche en prenant son temps car il n’a rien de mieux à faire. »

 Je cherche un eunuque qui a du doigté. Un homme savant dans l’art des caresses féminines. N’enseignez plus les maths aux garçons dans les écoles. On s’en fout. Ca ne débouche sur rien. Apprenez-leur à caresser les femmes et réciproquement et le monde sera plus calme et plus doux. Non pas Bonobo land mais l’ombre d’un temple des mystères d’Eleusis. Offre-moi le seul nom que j’aime porter : Frisson.

Comme chez tous les coiffeurs il y a un fond sonore musical. Dieu merci j’échappe à la house. J’écoute à peine les différentes chansonnettes jusqu’au moment où l’extase de la caresse s’unit aux paroles d’une chanson d’Elodie Frégé, oubliée depuis longtemps : « la ceinture ».

Non pas sur la bouche
Même si c'est louche
Puisque ma langue
A le goût de ta vertu
De ton honneur perdu
Non pas sur les lèvres
Même si j'en rêve
Même si je tremble
Et bien que mon coeur soit nu
Mon âme est revêtue
De pudeur et d'impudence
Sans te faire offense
Mieux ne vaut pas tenter sa chance
Rien ne dure
Au-dessus de la ceinture

 

Lorsque je sors, j’ai encore le temps de faire un tour dans l’église de mon enfance. Quel lieu. Quel pouvoir . Tous les dimanches dans une robe qui me grattait, (je ne me souviens que de celle-là, ) je tentais d’apercevoir un enfant de choeur dont j’étais amoureuse. J’avais sept ans. Il devait en avoir douze. Quand il passait pour faire la quête, je lui donnais toutes mes économies. Il faut dire qu’il habitait la grand rue . Que son père était médecin. Et que moi, dans mes pièce sous les toits, je n’étais qu’une petite prolétaire consciente de son infériorité. Tentais-je de lui montrer mes richesses en me privant de crocodiles en sucre pour tout lui offrir ? Ce garçon, je l’ai perdu de vue, ne l’ayant rencontré à la messe que quelques fois. Je l’ai retrouvé des années après.

 C’était à Palavas. J’étais avec le garçon que je devais épouser à la fin de l’année. J’avais vingt ans. Et soudain, descendant chercher je ne sais quoi, devant les boites aux lettres, j’étais tombée sur lui. Lui. L’enfant de chœur Philippe S… Nous avons parlé. Je lui ai dit « Vous vous souvenez de moi ? » (Je me ruinais pour vous à l’église !) Et il m’a dit : « Oui. Bien sûr. » Et il m’a quitté en me disant : « On se reverra peut-être ? Vous restez jusqu’à quand ? » Plus jamais nous ne nous sommes revus. Plus jamais. Il est peut-être mort.

Quand j’entre dans l’église St Roch l’orgue se met à jouer. C’est parce que je parais, c’est sûr…Et par-dessus le marché un air que j’adore. C’est un psaume qui est celui que l’on entend dans « Witness » quand tous les mormons construisent une grange. Je m’assieds à la place d’autrefois et je pleure . C’est trop là. Trop d’émotions.

Dans un coin il y a ce confessionnal …

Il faut dire que vers dix ans, à la suite d’explorations scientifiques et diverses j’avais découvert que certaines parties de mon corps étaient susceptibles de produire des effets au demeurant remarquables. Ca alors ! Et personne ne m’en avait parlé ! Je m’étais donc aussitôt précipitée pour voir ma mère et ma grand-mère, une sainte femme, et leur faire part de ma découverte. Et de leur expliquer, gestes à l’appui, comment en appuyant ici et là on pouvait obtenir une musique céleste. Je ne comprenais pas leurs airs atterrés. N’était-je pas gentille de leur révéler une si bonne chose ? Il faut dire que je ne risquais pas de lier ces faits à une quelconque sexualité n’ayant strictement aucune idée de la reproduction des espèces. Je vivais sur mon île où seules abordaient les hirondelles. Une heure après ma grand-mère fut mandatée pour me dire de ne plus jamais faire cette chose là qui était un gros péché qui ne plaît pas au Bon Dieu et qui s’appelait « avoir des désirs impurs volontaires ». Dont je devais m’accuser en confession. Mon enfance a été fracassée là-dessus. J’ai vecu ce qu’a vécu Eve qui, ayant trouvé une pomme au goût délicieux, et ayant voulu l’offrir à Adam , son amour, a été jetée dans les limbes de l’enfer par un Dieu jaloux. Oui, Dieu voulait baiser Eve. Et c’est nous qui sommes baisés. C’est la seule explication logique.

Quelle honte ils ont inventée ! S’accuser de « désirs impurs volontaires » à dix ans ! Qu’est-ce que ça voulait dire ? « Volontaires » était terrible. Ma vie était désormais déchirée entre ces deux moments : le plaisir du plaisir ou la honte de l’aveu. Jusqu’au jour où un prêtre a été plus curieux que les autres. Les autres ne posaient pas de questions. Mais lui m’a dit : « Qu’est-ce que tu fais ? » Je suis morte dans l’obscurité. Plus jamais je n’y suis retournée.

Quand je suis remontée au troisième étage où j’habitais j’entendais le bruit étouffé des clous de mes semelles. Vertige…

En parlant de prêtre… A seize ans, au moment où j’ai dû quitter la ville de mon enfance, l’aumônier qui me dispensait le catéchisme me dit : « Ne pars pas sans me dire au revoir. » Et comme je l’aimais bien, je n’y ai pas manqué.

Je le revois faisant les cent pas devant la chapelle où il m’attendait.

 Nous sommes entrés dans l’église et nous avons parlé, assis à côté l’un de l’autre. Puis la conversation finie, nous nous sommes levés et comme je lui disais au revoir il m’a serrée longuement contre lui, longuement. Que perdait-il ce jour-là ? J’avais été un peu gênée mais sans rien comprendre car ce temps-là était un temps d’innocence et le seul désespoir était celui de mon départ.

Et lui ? Suis-je restée dans ses souvenirs ? Où est ce moment, encore vivant pour moi, dans la sourdine d’un vitrail ?

 

Les marches de l’église St Roch sont couvertes de spectateurs. Le défilé va commencer.

Je vis dans un monde cotonneux. Je vais faire n’importe quoi. En regardant mes pieds. Parce que si je regarde les gens, je vais tomber par terre. Et si j’allais mourir à deux pas de ma maison natale ? Et si c’était mon destin ? Dans le berceau de mes amours défuntes qui sont venus me chatouiller comme des anges indélicats ?

J’y vais. Je fais ce que je peux. C’est un triomphe. C’est ce qu’on me dit. Je le crois. Je pense que tout le monde veut encourager cette pauvre créature qui, sans doute membre éminent d’une ligue antialcoolique, a surmonté son éthylisme pour venir, en tremblant, jouer les duchesses aux pieds nus. Place st Roch. A deux pas de la rue des sœurs noires.

Comme quoi, déjà, il y avait des immigrés…

 

Sur le chemin du retour, comme je suis seule dans ma voiture, tellement soulagée, conduisant pieds nus, sans ceinture, écoutant un morceau de Mozart dont le nom m’échappe, à deux pas de chez moi, je suis soudain dépassée par un gendarme à moto.

Merde ! Et allez ! Amende ! Points !

Il se penche et me dit : (vite je baisse le son) : « Votre ceinture… »

-Oui, oui je vais la mettre !

Ah ! Je ne la ramène pas !

Il rajoute une phrase que je n’entends pas. Il me double doucement et je m’attends à ce qu’il m’indique le bas-côté. Mais non, il continue. Et je comprends pourquoi. Il y a un contrôle un peu plus bas sur un rond-point ! Ok ! Il va m’attendre là. Mais non, il disparaît en vitesse. Et comme j’ai mis ma ceinture, je passe le contrôle fièrement.

Et je comprends tout à coup ce qu’il m’a dit : « Mettez votre ceinture. Il y a un contrôle plus loin. »

Alors là….

Les saints et les anges sont de petites personnes à côté des gendarmes compatissants ! 

St Roch, en personne m’est-il apparu ?

Le plus beau miracle de mon enfance c’était hier…

 

Sait-il caresser les cheveux ?


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34 réactions à cet article    


  • mayabis 31 décembre 2012 10:52

    merci pour ce beau moment ... quelle poésie des jeunes années !

    je sais que certains agoranautes vont vous fracasser, tant pis pour eux

    et par pitié, que nothomb, gavalda, angot ... vous laissent une petite (grande place ?)

    au travail Madame Ariane, je veux tout savoir (ou presque...)

    respect


    • Ariane Walter Ariane Walter 31 décembre 2012 11:33

      merci maya,

      J’ai mis très longtemps avant d’écrire d’une manière agréable pour moi.
      A présent c’est un des plaisirs de ma vie au demeurant très simple.

      Mille voeux de bonne année !


    • Roland Franz Roland Franz 31 décembre 2012 11:00

      J’ai beaucoup aimé votre texte Ariane. Merci pour de moment d’émotion.


      • Ariane Walter Ariane Walter 31 décembre 2012 11:30

        Merci roland.
        Vous avez le prénom de mon cousin, lui aussi lié à cette période...
        Hasard qui joue aux dés...


      • Ariane Walter Ariane Walter 31 décembre 2012 12:53

        C’est un phénomène étrange et ingérable ce qui est ennuyeux. On aime tellement avoir des airs à cavalcader sans crainte . mais non. dans une autre vie, alpinistes et équilibristes !!


      • Gérard Luçon Gérard Luçon 31 décembre 2012 12:43

        double vertigo ! Ton regard vers le vide et celui des autres vers toi ....

        Bonne annee 2013 Ariane, et gros bisous ! Chez nos amis communs le serpent d’eau arrive, tu ne devrais pas avoir de problemes aeriens !


        • Ariane Walter Ariane Walter 31 décembre 2012 12:51

          merci gérard !!
          J’ai gardé « vertigo » en souvenir du film de Hitchcock qui est une telle merveille.
          Que le serpent d’eau jaillisse tel le monstre du loch Ness et bouffe tout ce qiui est moisi !!

          je pense à ces Chinois qui, à l’aube de leur histoire et de la nôtre avaient un calendrier d’une complexité incroyable !!


        • alinea Alinea 31 décembre 2012 13:17

          Superbe Ariane.
          Un petit bémol !!! Montpellier, es-tu sûre qu’elle aussi vivante que pendant ton enfance ? Je la trouve apprêtée, décorée, avec de beaux réverbères et une Place de la Comédie qui attend ses femmes en crinoline, mais ses vieux quartiers où j’ai connu ( il n’y a pas si longtemps) des ateliers d’artisans ne sont plus que des rues aux boutiques de luxe ; le chemin pour la mer que tu faisais à vélo n’est plus qu’une autoroute bordée d’horreurs.
          Mais oui, encore de belles maisons habitées de musées, de galeries. Même les quartiers bas près de la gare et sous le Polygone, paradis des étudiants avec ses cinémas et ses bars, restos, québabs.. me semblent aujourd’hui un décor. Ma nostalgie à moi est douloureuse...
          Merci pour cette virée dans ta sensibilité


          • Ariane Walter Ariane Walter 31 décembre 2012 14:02

            Merci , chère Alinea. Je comprends tout à fait ton commentaire.
            Mais...
            Pendant mon enfance , c’était une ville grise. Avec un poids qui émanait de tout. C’est ma légèreté actuelle qui la rend légère. En fait, seul caractère positif, j’avais des amis et ils représentaient ma liberté. Et tout à coup, à 15 ans, les quitter...Ça a été lourd.

            Mais mes rêves ont forgé un rêve.
            Il est vrai que le Polygone et la place de la Comédie ne sont pas des réussites.
            Le polygone ds mon enfance , était un immense champ et je venais piquer des feuilles de mûrier pour nourrir des vers luisants...
            Où sont les vers luisants ????

            mais le plaisir des souvenirs des uns est d’éveiller les souvenirs des autres...
            Meilleurs voeux !


            • volt volt 31 décembre 2012 14:16

              très beau. et quelle chevelure... mais je ne suis pas assez eunuque pour l’exercice. On s’étonne cependant que vous ne fassiez pas le rapport... entre la chute du doudou et le vertige, et encore moins entre la promenade si souvent sur les hauteurs d’ici et ce podium..

              ce contraste entre la toute petite amoureuse et l’autre qui songe à mourir là, c’est saisissant comme un vertige justement. Etre à la hauteur pour une « unique » c’est bien la croix. Nul doute que les orgues jouent pour vous, ça va de père.
              l’écriture est si à l’aise en ce déshabillé, que le podium vous va parfaitement, et tant que vous ne frisez pas le bord, tous les déhanchements sont ouverts, prenez votre temps, 2030 vous attend...
              bonne année Ariane - je connais votre secret : savoir toujours très bien ce que l’on fait sans jamais en avoir cure, et en effet, c’est vertigineux. 

              • Ariane Walter Ariane Walter 31 décembre 2012 14:38

                ahahahah ! Cher Volt, quel joli message et dans le fond et dans la forme..

                Il est vrai qu’évoquer ses souvenirs, c’est sortir , au hasard, ce qu’il y a dans ses tiroirs. Ce sont les autres qui établissent des rapports de forme et de couleur. Nos secrets nous échappent.
                J’étais, enfant, d’une timidité maladive et il est vrai qu’enseigner ou ensuite écrire est à la fois nécessaire et suppliciant. Paraître est toujours vertigineux en effet.
                Mais on y cherche de l’amour.
                On y cherche ce regard qui se pose sur tt enfnat à la naissance, regard de ravissement et qui ensuite disparaît.
                Et que l’on veut retrouver.

                merci et bien à vous.


              • Claude Hubert rony 31 décembre 2012 14:52

                Que voici un moment de partage plaisant et rare, ici. L’émotion, le souvenir, servis par une écriture fraîche et simple. Grand merci pour cette poésie nostalgique et tellement humaine ...

                Vous nous placez désormais dans l’attente d’éventuelles découvertes nouvelles !

                En attendant, meilleurs voeux pour l’année à venir.


                • Ariane Walter Ariane Walter 31 décembre 2012 14:58

                  Cher rony, oui, j’ai conçu ce texte comme un petit cadeau de fin d’année et que vous le receviez avec plaisir est évidemment pour moi, un autre plaisir.
                  je vous donne les coordonnées d’un blog que j’ai commencé où j’ai mis quelques textes. ce n’est pas encore fignolé.
                  ariane-walter.com

                  Meileuurs voeux à vous aussi avec plein de moments simples et frais.


                • oncle archibald 31 décembre 2012 16:04

                  Moi qui marchait et courait presque sans la moindre appréhension sur les toits en tuiles du midi qui ne sont pas bien pentus, en un instant j’ai cessé de le faire depuis que ....

                  Lors d’une réunion de chantier par un petit matin d’hiver je vérifiais l’ouvrage de l’entreprise qui en était à la « sous-toiture » constituée de plaques de bois aggloméré sur lesquelles vont venir se poser les tuiles ... quand tout à coup j’ai glissé sur le bois mouillé de rosée et presque verglacé ... sans la moindre appréhension ... au bas du versant il y avait un acrotère maçonné destiné à cacher la toiture depuis la rue. Bien heureux acrotère mis la par un architecte ami que je ne remercierai jamais assez ... Voyant bien que j’allais m’arrêter contre cet obstacle béni je n’ai même pas eu peur ... jusqu’à ce que je réalise que l’autre versant coté cour, sur lequel je marchais dans les cinq minutes d’avant, n’avait pas d’acrotère et que l’immeuble avait quatre étages ....

                  Et depuis .... je suis quand même obligé de marcher sur les toits ... comme sur des oeufs .. cherchant d’abord ou je pourrai essayer de me rattraper si je glisse .... En un instant la vie bascule ... la mienne ce jour la a basculé du bon coté !! Génial architecte !! Merci l’ami Toni !

                  Quant aux autres vertiges .... Comme le dit Brassens ... « t’en souviens tu mon coeur nous n’en menions pas large » le jour ou enfin je me suis décidé à oser sauter non pas dans le vide oh non, mais dans un abime de plaisirs ...... « Jamais jamais on ne l’oubliera la première fille que l’on a tenu dans ses bras » ... celle qui vous dit « si tu veux tu peux m’embrasser sur la bouche et même pire ... »

                  • Ariane Walter Ariane Walter 1er janvier 2013 11:29

                    Ahhaha ! Coucou tonton ! Quel plaisir de retrouver l’amoureux de Brassens et surtout sur de telles chansons ! mais l’art de Brassens parce qu’il mélange tous les repères chronologiques est à sa naissance même intemporel et parfait.

                    Ou, nos vies tiennent parfois à bien peu. Telle ou telle décision nous sauve ou nous achève...
                    Mais je suppose que le jeu est éternel...
                    Bonne année.


                  • Jason Jason 31 décembre 2012 17:03

                    Bonjour Ariane,

                    Montpellier est une ville étonnante, que je ne connais pas, et c’est bien dommage. Ainsi donc il s’y est passé de ces choses surprenantes dont vous évoquez le souvenir avec beaucoup de finesse et d’audace.

                    Décidément il faudra que j’aille à Montpellier un jour, ne serait-ce que pour y découvrir les mystères que vous décrivez avec la belle insouciance d’une plume qui vagabonde dans le passé.


                    • Ariane Walter Ariane Walter 1er janvier 2013 11:36

                      Bonjour Jason,
                      A mon avis, le charme de Montpellier vient du fait que c’est une ville à dimensions humaines. Son centre piétonnier est parfait. Je la préfère mille fois à Aix.
                      C’est vrai que dans ma vie, cette ville est un mythe. Et revenir sur les lieux de sa naissance, de son enfance est un peu, même si les choses ont changé , faire une visite dans l’éternel et le surnaturel. J’ai chaque fois , en me promenant là, en lisant ces noms de rue « rue de l’ancien courrier » , « rue de la loge » le coeur qui bat vite..
                      Merci et bonne année.


                    • MARMOR 31 décembre 2012 17:10

                      Quel moment merveilleux à vous lire !! l’enfance , souvenir d’enfance, doux et sucrés, même vétus de gris parfois. Les rues de notre enfance sont bien plus belles et mystèrieuses. Quand la soirée est bien avancée, souvent arrivent des personnes âgées pour monter sur mon carrousel, sur le port de Carnon, et s’offrir un moment d’enfance. Ils ont un peu honte de faire la démarche, et leur rires, trop appuyés, dissimulent mal l’extrême plaisir qu’ils ressentent. Les rires se transforment en sourires béats de plaisir et d’émotion. C’est mon vertige à moi....


                      • Ariane Walter Ariane Walter 1er janvier 2013 11:47

                        Quel hasard étonnant Marmor que vous parliez de Carnon, car là aussi j’ai d’étonnants souvenirs.
                        Ma mère travaillait à la préfecture, j’étais inscrite tt l’été à un centre aeré organisé par la police ! On faisiat la sieste sur des lits de camp ou sous un préau. On mangeait d’abominables desserts de riz au chocolat que je trouvais succulents et je me battais pour avoir du rab !! Et les parties de ballon prisonnier !!
                        bref, avec ce nom « Carnon », vous avez soulevé une mine d’or !
                        Merci et bonne année.


                      • bakerstreet bakerstreet 31 décembre 2012 17:57

                        Voici venir les temps ou vibrant sur sa tige
                        Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir
                        Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir
                        Valse mélancolique et douloureux vertige !

                        Oh ! tous les milliards de dollars
                        Le vent de Belgique
                        Envoyait mélancolique
                        Ses flonflons à la française
                        De fancy-fair à la fraise
                        Si tout est moyen
                        Si la vie est un film de rien

                        Souchon, Depardieu,
                        Et les milliards de vers
                        De Charles Baudelaire, intermittent du temps à l’infini
                        Des feuilles mortes et des frissons
                        Qui font kaléidoscope, je ne sais trop pourquoi
                        Vos lignes ont amené ces mots


                        • Ariane Walter Ariane Walter 1er janvier 2013 11:59

                          Bonjour Baker,

                          Ah ! Harmonie du soir !!

                          Apprendre de la poésie par coeur devrait être la base de l’éducation. Car ces mots restent en nous pour toujours. Ils font notre mémoire fleurie.
                          J’adore pour ma part les réminiscences d’El Desdichado.

                          Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé
                          Le prince d’Aquitaine à la tour abolie....

                          Bonne année poétique !


                        • egos 31 décembre 2012 21:25

                          Bonsoir Ariane, 

                          Emouvant, ce récit de l’enfance et de l’étreinte de l’adolescence,
                          dans cette ville, à l’écart des rivages pour y protéger ses trésors secrets
                          le visiteur devrait prendre garde d’y rencontrer l’écho et les envoutements de vos rires et du bruit de vos pas

                          le vertige rend aux traits du visage saisi d’effroi toutes les perfections de la jeunesse,
                          suscite tendresse et ravissement des proches
                          est ce pour cela que vs vs penchez sur vos souvenirs et ns les faites partager ?

                          que le froid de l’hiver vous protège dans son écrin de glace


                          • lulupipistrelle 31 décembre 2012 22:47

                            Sans la moindre arrière-pensée je vous signale que le vertige peut être associé à une maladie des reins... je vous passe les cas sinistres, mais je peux témoigner qu’un de mes cousins qui ne pouvait même pas changer une ampoule, quand on l’a enfin soigner pour une maladie rénale... est devenu capable de monter une échelle jusqu’au 4ème étage. 


                            • Ariane Walter Ariane Walter 1er janvier 2013 12:53

                              Oui, sans doute, mais le vertige se manifeste parfois très tôt. peut-être est-il dû à une mauvaise élimination des toxines qui créé un empoisonnement qui se traduit par cette angoisse...


                            • Ariane Walter Ariane Walter 1er janvier 2013 12:51

                              Que veux-tu ,il faut bien faire quelque chose pour lutter contre cet utralibéralisme mafieux.Et mon « amant virtuel » mouille aussi sa chemise tant qu’il peut...Il faut lui rendre cette justice...
                              Ou bien on s’intéresse à la politique et on ne peut que s’intéresser à lui. Ou bien on pat à la pêche en sifflotant...


                            • Raymond Gromenech 1er janvier 2013 00:35

                              Ariane, très chère Ariane
                              je vous assure que sur l’escabeau aussi ... bon c’est sûr que ça ne vaut pas la machine à laver en mode essorage mais quand même, je vous trouve bien timorée sur ce coup là. Un mauvais souvenir ?


                              • Raymond Gromenech 1er janvier 2013 01:01

                                ah bon ! je ne savais pas que la varappe donnait des secousses ! bon à savoir ça !


                              • Ariane Walter Ariane Walter 1er janvier 2013 12:48

                                Ni Varappe, ni escabeau !!
                                Il est vrai aussi que lorsqu’on a le vertige pour soi on l’a pour les autres. Mêmes terreurs et ventre serré !!!

                                A propos de l’escabeau, je le pratique souvent quand le mec est assis sur l’escabeau et moi à ses pieds, pendant qu’il me coiffe interminablement...
                                ca vous va ?


                              • herbe herbe 1er janvier 2013 11:35

                                Merci Ariane pour cet article qui donne en partage de l’émotion et de la sensibilité !

                                Vous évoquez le sujet si essentiel des relation hommes femmes et ça m’a rappelé cet article paru ici :

                                et cet autre récent d’une blogueuse bien connue :

                                j’aime assez la conclusion que voici en extrait :
                                « D’où vient que certaines personnes réveillent en nous des émotions aussi fortes que des souvenirs d’enfance ? D’où vient qu’en croisant son regard, nous nous sentons soudain soulevé(e)s par une onde brûlante… Nos corps et nos coeurs se soulèvent… Il y a des êtres qui s’imposent comme « l’homme de ma vie » ou « l’âme élue » avec une évidence presque féérique et que nous « reconnaissons », littéralement comme celui que nous attendions depuis… l’enfance ou parfois bien avant. Les mots et les symboles préexistent à nos vies et ce sont eux qui nous animent, à l’origine de fantasmes si puissants qu’ils balaient les motifs raisonnables des sociologues. On pourrait même dire, par boutade, que les voies du désir sont… »

                                Mais hélas les deux article précédents pointent des mythes et des idées reçues qui malheureusement perdurent et gâchent bien des choses et des vies.

                                Bien cordialement...
                                PS : on peut aimer les maths (c’est aussi un langage...) et aussi la sensibilité smiley

                                • Ariane Walter Ariane Walter 1er janvier 2013 12:57

                                  Merci Herbe et bonne année au matheux sensible, donc !!!
                                  Oui, on peut en ériredes tomes et des tomes sur les relations homme-femme.
                                  Je constate que les humains se caressent rarement contrairement aux animaux qui passent plus de temps à se lécher au soleil. .
                                  Un massage après une journée de travail est une merveille.


                                • herbe herbe 1er janvier 2013 14:41

                                  Je comprends !!! smiley


                                  Une (grande) amie m’avait offert ce petit ouvrage qui célèbre le calin :

                                  J’avais pu profiter pour un temps (qui fut limité avec celle ci, c’est la vie...) de la mise en pratique, donc je recommande aussi...

                                • julie julie 2 janvier 2013 12:04

                                  Tres beau récit, je trouve la conclusion particulièrement amusante


                                  • pyjahman pyjahman 8 mai 2013 20:39

                                    Sex and vertigo

                                    « De deux choses lune,
                                    L’autre, c’est le soleil »


                                    • kindofblue53 17 mars 2015 21:30

                                      j’adore la liberté de ton. Merci de nous inviter dans ton intimité. J’en suis troublé…


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