• samedi 26 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Sex in the city
34%
D'accord avec l'article ?
 
66%
(9 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Sex in the city

Sex in the City,

C’est le titre d’un chapitre du best seller de Dan Cruisckshank, édité l’an passé : « The secret history of the Georgian London », salué unanimement par la presse britannique comme ouvrage de qualité.

Il s’agit essentiellement de l’analyse de ce qui se passait au XVIIIe siècle chez nos voisins anglais au dessous de leur ceinture.On se retrouve très loin de la boutade post-victorienne : « no sex please, we are British ! », car Londres à l’époque s’avérait être un immense bordel !

A tel point que le chiffre d’affaires global de la prostitution londonienne atteignait les 2/3 de celui du port de Londres, pourtant le premier en Europe, et qu’aussi une Londonienne sur cinq vivait directement ou indirectement de cette prostitution.

On retrouve trace de ces excès dans quelques romans coquins de l’époque : « Moll Flanders » de Defoë, « Fanny Hill » de Cleland mais surtout dans une série 6 toiles de William Hogarth : « The Harlot Progress » qu’on pourrait traduire par « Le Destin d’une Prostituée », Le célèbre peintre caricature, à travers l’ascension et la chute de son sujet, jeune fille belle et naïve de la campagne tombant aux mains d’une distinguée « bawd » (tenancière) d’un bordel de la capitale, Cruicsckhank s’attarde sur l’analyse fine des six toiles, grouillantes de détails incompréhensibles aux néophytes, et toute la société y passe : homme de lois, nobles médecins, ecclésiastiques, débordants de muflerie et d’hypocrisie seul un riche marchand juif échappe à la critique : il est le seul à montrer quelque respect à la pauvre fille... l’auteur veut ainsi attirer l’attention du lecteur sur une particularité : l’importance de la clientèle juive assurait l’essentiel du chiffre d’affaires du meilleur jour : le dimanche ; ces clients, après Sabath, pouvaient laisser libre court à leurs pulsions tout en se montrant, discrets et bon payeurs,contrairement à la majorité des anglois de souche,souvent imbibés d’un mauvais gin.

Les ébats tarifés s’abritaient dans des « bagnios », hammams et autres « bawdy-houses » qui fleurissaient d’Est en Ouest dans les quartiers des plus pauvres aux plus huppés, des tavernes de l’East-End aux « coffee-houses » de St James et ce dans la plus grande indiscrétion contrairement à ce qui se passait dans les autres capitales:on est loin de la légèreté enrubannée et vaporeuse d’un Boucher d’un Fragonard ou d’un Watteau, plus près de l « origine du monde » mais sans la beauté et la sensibilité de l’artiste...

Malgré l’arrêt de mort censé frapper les coupables de « bugglery »( du français « bougrerie ») les homosexuels avait aussi leur lieu d’élection : à l’ombre de la cathédrale St Paul, coté Nord, c’est à dire porte secondaire... un peu de discrétion, my God !

Pour les hétéros de tout poil, Covent Garden représentait le must : les halles d’aujourd’hui n’étaient pas encore bâties, les maisons de tolérance côtoyaient les échoppes spécialisées dans la « redingote » anglaise, tissée en lin et fermée par une cordelette, l’ancêtre de la capote « Good Year » utilisée uniquement à fin prophylactique...la contraception n’était pas encore d’actualité : tant pis pour les pauvres bébés nés de ces étreintes furtives, leur mères les déposeraient au « Foundling Hospital »un dérisoire signe de reconnaissance épinglé à leur layette au cas où plus tard... ils auront, en faît et pour la plupart le même destin que leur mère pour les filles et l’enrôlement militaire forcé pour les garçons...

Bientôt le mouvement romantique et l’ère Victorienne mettront fin à ces excès : les plastiques féminines se voileront de mousse transparente et de l’alibi du théâtre antique, comme le fit lady Hamilton pour ce coquin de Nelson, cela pour la société bien pensante...pour les autres il restera les quartiers sordides de l’East End , pour la plus grande joie d’un certain Jack l’Eventreur... On aura ainsi déplacé le problème en aggravant le sort des filles de joie... l’histoire a ainsi toujours tendance à se répéter...n’est-il pas ?

Documents joints à cet article

Sex in the city Sex in the city
par ARMINIUS jeudi 11 novembre 2010 - 4 réactions
34%
D'accord avec l'article ?
 
66%
(9 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don
Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox