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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Shakespeare, Slam & Soul pour « Timon d’ Athènes »

Shakespeare, Slam & Soul pour « Timon d’ Athènes »

A la tête d’un sextuor urbain, Denis Lavant investit la Maison de la poésie durant trois semaines, afin de slamer l’histoire de Timon, revenu de toutes ses illusions sur l’amitié et son corollaire de fortune, la solidarité.

Shakespeare et Athènes s’y conjuguent au meilleur des accents d’un blues en baskets, emportant la misanthropie sur des rivages où rap, slam et free-jazz fusionnent pour scander les maux de l’humanité sur les plus vertigineux de ses mots.

Pendant qu’au miroir d’un jeu de chaises musicales se réfléchirait celui du massacre des liens tissés par une générosité forcément désintéressée, le détournement des regards abandonne le repli sur soi programmé par une haine désabusée, aux langueurs rugueuses du mépris.

Ainsi, au rythme du dédain, les fringues et autre friperie branchée aux cuirs les plus bling-bling, s’envolent-ils sur scène, en tournoyant dans l’air vicié du déni, pour atterrir aux pieds de leurs idolâtres, alors que batterie, guitares et machines à sons accompagnent le mouvement hip-hop des onomatopées surfant sur des joutes verbales en cavale.

D’une superbe indifférence à toutes épreuves, Denis Lavant, en chef de bande légitime, pousse, de ses vociférations gutturales, ses ex-compagnons, sur le chemin sans retour de la confrontation rhétorique jusqu’au-boutiste.

Money or not money, telle est la question qui, définitivement caduque, aura su déceler toutes les impostures du comportement social.

Aussi, réfugié dans sa grotte loin des compassions trahies, Timon est prêt à contempler le spectacle d’une civilisation en déroute, sombrant tel ce radeau ayant fait fi « des copains d’abord ».

Précis et ondoyants, comme des aventuriers lunaires, Casey, D’de Kabal, Marie Payen, Mike Ladd et DoctorL se relaient aux micros, dans la détermination du félin, pour faire entendre la musique shakespearienne condensée aux claques de la gravitation.

La mise en scène de Razerka Ben Sadia-Lavant s’empare de l’adaptation libre de Sophie Couronne pour en ciseler le feeling à l’aune d’une révélation hors normes.

photo DR. 

TIMON D’ ATHENES - *** Theothea.com - de William Shakespeare - mise en scène : Tazerka Ben Sadia-Lavant - avec Casey, Denis Lavant, D’de Kabal, Marie Payen, Mike Ladd & Doctor L. - Maison de la poésie -

 

 


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2 réactions à cet article    


  • Τυφῶν בעל Perkele Hermann Rorschach 10 décembre 2009 16:38

    Y’en a marre de tout ces abrutis qui mettent des classiques à des sauce pseudos moderne consternantes d’inintérêt et de nullité. Ils sont donc tellement médiocres qu’ils ne peuvent pas écrire leur propres histoires ?

    Typhon

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