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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Smiley Face : Araki rit

Smiley Face : Araki rit

Après un passage par le drame avec le bouleversant Mysterious Skin, Greg Araki revient à ses premiers amours avec une comédie complètement déjantée, Smiley Face, qui était présentée à la Quinzaine des réalisateurs du dernier Festival de Cannes.

Le pitch de ce Smiley Face est on ne peut plus simple, mais pas moins prometteur : Jane, jeune actrice sans le sou, avale par inadvertance les space-cakes de son colocataire et se retrouve complètement stone. C’est le début d’une heure et demie d’un pur délire pop, porté par la prestation d’une Anna Faris (celle des Scary Movies) au talent comique indéniable : air hagard, yeux exorbités, mimiques dignes d’un cartoon, voix pâteuse. Elle est le moteur du film et parvient à faire tenir sur la longueur un running gag qui perd parfois en rythme et en saveur.

La succession de péripéties toutes plus folles et absurdes les unes que les autres s’avère néanmoins assez jouissive : je pense notamment à l’histoire autour du manuscrit du Manifeste du Parti communiste, qui sera la source d’une course-poursuite avec la police, d’un discours marxiste enflammé et d’un tour dans une grande roue. De plus, Araki met à profit son sens et de l’image et du montage, et déploie une inventivité visuelle remarquable (gimmicks colorés, interludes incongrus, effets spéciaux poilants) qui illustre et commente avec humour le trip de malade dans lequel se trouve son héroïne.

Sur la route de Jane, on croise avec amusement un Adam Brody rescapé de The O.C. en dealer aux dreadlocks ainsi que Dany Masterson (le Hyde du 70s show) en colocataire légèrement geek. Ces personnages sont néanmoins sous-utilisés, ce qui est décevant vu leur potentiel comique. Certains gags sont un peu trop faciles, d’autres tombent à plat (la visite chez le dentiste), mais en règle générale l’humour régressivo-déliro-nonsensique marche à fond, pour autant que l’on se laisse prendre au jeu. Le final laisse un petit goût d’inachevé, comme si la course effrénée de Jane ne parvenait à aucune conclusion possible.

Reste qu’on entend peu souvent, même dans le domaine de la pothead comedy, des dialogues aussi ouvertement absurdes et jubilatoires de connerie assumée (le monologue à propos de Garfield et des lasagnes est à ce titre exemplaire). On a rarement l’occasion de voir des trucs pareils. Vivement conseillé, donc.


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