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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Soko Yamaga, le guerrier philosophe

Soko Yamaga, le guerrier philosophe

Le bushido qui signifie littéralement « la voie du guerrier » est un code de chevalerie qui trouve son origine dans le « kyuba no michi » ("la voie du cheval et de l’arc").

Les samouraïs transmettent leur code moral à travers de courts textes manuscrits appelés « kakun », qui décrit les règles à respecter au sein du clan. Ces « kakun » sont de valeurs inégales et restent peu diffusés, la plupart sont des textes classiques en chinois copiés par des moines.

La prise de pouvoir de la famille Tokugawa va mettre un terme à des décennies de guerre civile (1) et permettra l’instauration d’un régime, « le shogunat des Tokugawa » (1603 -1867) qui se maintiendra plus de 200 ans.

L’unification et le processus de centralisation qui suit la prise de pouvoir des Tokugawa passe par la promotion d’une identité commune : ainsi naitra le bushido dans sa forme définitive et codifiée, sous l’influence intellectuelle de Soko Yamaga.

Maitriser les arts de la paix et de la guerre

Selon le principe selon lequel toute chose contient son contraire, parler de la guerre, c’est aussi parler de la paix.

La nouveauté sous le shogunat des Tokugawa et la longue période de paix qui l’accompagne est que les guerriers d’autrefois, bien que conservant en théorie leur tempérament militaire, exercent dès lors de charges essentiellement administrative et donc civiles. Les hommes de guerre doivent donc se muer en administrateurs et en lettrés.

Le régime réalise l’importance de l’éducation et de la transmission du savoir par l’écrit : la plume et le boulier remplacent le sabre et la lance. Il encourage le développement d’une industrie de l’édition et finance la création d’écoles dans les plus grandes villes du pays, le taux d’alphabétisation est alors l’un des plus élevé au monde, chaque fief se doit d’offrir aux Samouraïs une éducation militaire, littéraire et religieuse.

Les meilleurs élèves sont parfois reçus dans les écoles de la capitale, Edo (site l’actuel Tokyo).Soko Yamaga est l’un d’ entre eux. A l’âge de 9 ans, il est admis à l’école Yishima Seido et étudie les classiques chinois ainsi que l’enseignement des principes bouddhistes zen et confucéens.

Razan Hayashi considéré comme l’un des plus influents maitres à penser de son temps dirige l’établissement, il sera le premier à publier en Japonais une analyse critique du fameux traité chinois de « l’art de la guerre  » attribué à Sun Tzu.

Bien que moine zen n’ayant aucune formation martiale, Razan Hayashi inculque à ses disciples l’importance d’atteindre la double maitrise des arts de la paix et de la guerre. Très vite parmi les élèves du maitre, Soko Yamaga se montre particulièrement brillant et se distingue aussi bien dans le maniement du sabre que dans l’analyse stratégique. Son entrainement physique est rigoureux et sa pratique des arts martiaux lui donne l’avantage de vivre pleinement cette harmonie du corps et de l’esprit qui caractérise la tradition samouraï.

Théoricien du Bushido, au programme : philosophie, histoire et art

Après ses études, Soko Yamaga ouvre à 21 ans sa propre école. Avec le soutien financier du Shogun Iemitsu qui encourage la publication de traités stratégiques en Japonais, et sous l’influence de son maitre Razan Hayashi, il publie le « sanshi Genji » qui analyse les écrits de Sun Tzu. Yamaga y défend la création d’un réseau de renseignements militaires et l’ utilisation systématique du terrain comme avantage tactique indispensable. L’ouvrage connait un grand succès dans le cercle du shogun, la formation au combat de Yamaga lui donnant un pragmatisme militaire qui fait défaut à l’école plus philosophique que son maitre Hayashi.

Le jeune érudit devient l’archétype du guerrier sage et est sollicité comme tuteur et professeur par de nombreuses familles de Samouraïs.

Comprenant que l’étude des sciences militaires et la pratique des arts martiaux sont essentielles au maintient de la tradition guerrière durant cette période de paix prolongée, ses livres organisent et codifient les principes du bushido selon un modèle très structuré inspiré des manuels de stratégie chinois : « Bukyo Shogaku » (« enseignement pour les guerriers ») et « Shido » (« la voie du samouraï ») rassemblent toute la tradition martiale et morale des guerriers Japonais.

Ces deux textes circulent et pour la première fois, les samouraïs de tous les rangs adoptent et appliquent les mêmes principes.

Pour Yamaga, la réalisation de soi est essentielle pour rester fidèle à l’éthique du guerrier, ce dernier doit avant tout comprendre son rôle et ses devoirs. Il démontre à ses disciples que le temps libre dont disposent les guerriers en temps de paix est non seulement une chance mais une nécessité pour atteindre cette supériorité spirituelle qui fait du samouraï la classe dominante du pays. En effet, le paysan, l’artisan et le commerçant n’ont pas le luxe de pouvoir consacrer leur temps à leur développement spirituel, c’est donc aux Samouraïs qu’il incombe de les guider sur la voie du devoir et de la sagesse.

Rappelant les préceptes de Confucius, Yamaga encourage l’étude de l’histoire, la philosophie et de l’art. Cette quête de savoir est peut être le plus grand héritage du bushido, les samouraïs durant cette ère de paix n’ayant jamais l’occasion de prouver leur valeur sur un champ de bataille, ils constituent une sorte d’aristocratie militaire.

Le sacrifice

Le bushido prône le respect des sept vertus que sont la droiture, la bienveillance, le respect, l’honnêteté, l’honneur et la loyauté.

Pour Yamaga, la loyauté avant tout est l’essence même du bushido et un guerrier se doit de mépriser la mort et pouvait se couvrir de gloire en mourant pour son seigneur. Le respect de soi et le devoir envers le suzerain sont en effet complémentaires : le samouraï se doit de mener une vie frugale et doit à son maitre l’ultime sacrifice de sa vie.

C’est cette idée du sacrifice qui enveloppe le samouraï de cette aura mystique abondamment exploité par la littérature et le théâtre.

Rupture avec le régime

Les suicides par fidélité dit « junshi » (2) se développent depuis que la paix retrouvé ne permet plus aux samouraïs de prouver leur bravoure sur le champ de bataille. La question du sacrifice devient un problème bien réel auquel le pouvoir doit faire face.

A la mort du shogun Iemitsu Tokugawa, treize de ses plus proches conseillers se suicident et décapitent ainsi sans le vouloir le gouvernement. Ietsuna le successeur interdit définitivement la pratique du « junshi », et promulgue une loi qui punit de mort les héritiers d’un seigneur défunt dont les vassaux se suicideraient.

Sous l’influence de ses conseillers, le nouveau shogun s’inquiète de l’enseignement de Yamaga qui s’écarte des valeurs néoconfucianistes admises par le régime comme doctrine officielle.En effet, depuis la révolte des paysans chrétiens de Shimbara matée dans le sang en 1638, le pouvoir s’oppose à toute forme de religion que le néoconfucianisme officiel, les chrétiens sont pourchassés tandis que les navires européens qui s’aventurent le long des cotes sont systématiquement repoussés, le pays se ferme à toute influence étrangère.

Soko Yamaga, lui, ne rejette pas les influences étrangères : que ce soit la stratégie chinoise ou les mousquets venus du Portugal, l’assimilation des techniques nouvelles est pour lui l’une des clés de la supériorité militaire. Prendre le meilleur des connaissances étrangères sans pour autant renier sa propre tradition, telle est la voie de la sagesse selon lui.

Plus grave : Yamaga publie un essaie philosophique, « Seikyo Yaruko » (« l’essentiel des enseignements sacrés ») dans lequel il accuse les doctrines néoconfucianistes de trahir la pensée originelle de Confucius. Il défend notamment l’idée selon laquelle le guerrier doit sa vie à l’empereur, seul vrai symbole du pouvoir divin selon la religion shinto plutôt qu’au shogun lui-même serviteur de la maison impériale (3).

Sa rupture avec le régime est consommé, il sera arrêté et incarcéré.

Les quarante-sept Rônins d’Ako

A sa libération de prison, Yamaga ne peut retourner sur les terres shogunales, il est alors exilé loin d’Edo sur le domaine d’Ako appartenant à la famille Asano, seigneurs de la région. Le maitre restera en exil pendant plus de sept ans durant lesquels il enseignera aux samouraïs du clan les préceptes du bushido. En 1675, enfin le shogun lui accorde le pardon et Soko Yamaga regagne la capitale, Edo, ou il partage son temps entre l’écriture et le maniement du sabre avant de s’éteindre en 1685 à l’âge de 65 ans.

Cependant, son enseignement aura un impact profond chez ses anciens hôtes d’exil, les samouraïs d’Ako, qui seront après sa mort à l’ origine de l’un des plus célèbres épisodes de l’histoire du Japon.

Alors qu’il assistait à une cérémonie au château du shogun à Edo, le seigneur du fief d’Ako, Asano Nagaori lève son sabre contre Kira Yoshinaka, un haut fonctionnaire au service du shogun qui l’a traité irrespectueusement. En vertu de l’interdiction de brandir son sabre dans le château de son suzerain (4), Asano est condamné au Seppuku. Kira pourtant à l’origine du différent n’est pas inquiété.

Asano s’exécutera après avoir écrit son poème d’adieu :

« Plus que les fleurs de cerisier,
Invitant un vent à les souffler,
Je me demande ce qu'il faut faire,
Avec le reste du printemps ».

Furieux, les samouraïs d’Ako, en plus de leur impuissance face à la condamnation de leur seigneur, voient leur fief dissous, condamnation qui fait d’eux des Rônins.

Le terme Rônin (prononcer Roninne) désigne les samouraïs qui ont perdu leur maitre à la suite de la dissolution d’un fief, d’une expulsion pour mauvaise conduite ou pour d’autres raisons et qui sont donc exclut des réseaux de fidélité vassaliques.

Livrés à eux-mêmes, « balloté par les vagues » (c’est le sens littéral du mot), les Rônins forment un groupe bien conscient de sa déchéance sociale. Pour ces exclus , le code du samouraï devient vide de sens : certains s’ organisent en bande et rackettent les habitants des bourgades , d’ autres sortent de la pauvreté en intégrant la pègre et en devenant des tueurs à gages , et les plus talentueux au maniement du sabre deviennent des « dojoyaburi » (littéralement « destructeur de dojo »)( 5).La plupart des Rônins cependant, malgré le rigoureux système de caste confucéen imposé par le pouvoir central finissent par accepter leur déchéance et finissent, pour sortir de la pauvreté, par intégrer le groupe de roturier en travaillant comme paysans, marchands ou artisans.

Il n’en est rien des samouraïs déchus d’Ako qui, éparpillés aux quatre coins du Japon, ruminent leur vengeance contre Kira.

Deux ans après le décès de leur maitre, 47 Rônins originaire d’Ako attaquent Kira et lui coupent la tête avant de la déposer sur la tombe de leur ancien maitre. Après avoir accomplit leur forfait, les Rônins survivants sont arrêtés mais le shogun leur laisse l'honneur de pratiquer le seppuku.

L’incident fait sensation, le courage, la détermination et le sacrifice des 47 Rônins les hissent au rang de héros, de nombreuses pièces de théâtre présentant les Rônins comme des samouraïs idéaux voient le jour, ils entrent dans la légende par d’innombrables romans populaires faisant l’éloge de la vengeance.

Désormais, la figure du Rônin va hanter l’imagination des dramaturges des siècles ultérieurs puis des cinéastes et auteur de mangas. Aujourd’hui encore, c’est une histoire très appréciée, des films et des séries télévisées entretiennent le mythe des 47 Rônin passés à postérité.

Le mythe s'exporte lorsque Kenji Mizoguchi réalise en 1941-42 la vengeance des 47 rōnin (Genroku chushingura). C'est au départ une commande de l'armée qui voyait dans cette histoire un outil de propagande pour galvaniser le sens de la fidélité et du devoir dans le peuple. 

https://www.youtube.com/watch?v=TUYkMg2YJpc

Citons entre autres Tatsuo Osone, Kunio Watanabe en 1954, Hiroshi Inagaki (Chūshingura). C'est par la version de 1962, Chūshingura : Hana no maki yuki no maki, dans l'adaptation de Seika Mayama, que le grand public occidental découvrira le mythe. 

https://www.youtube.com/watch?v=OXY-GfAtJ8o

On peut encore citer la version de Kon Ichikawa en 1994 (Shiju-schichinin no shikaku)

https://www.youtube.com/watch?v=8ytUvMSmXJ8

Héritage

Après le suicide de ces Rônins, le shogun interdit la publication des textes de Soko Yamaga, désormais considérés comme subversifs. Ses écoles seront fermées. Son héritage n’est pourtant pas perdu et ses plus proches collaborateurs poursuivent l’enseignement du maitre dans la clandestinité.

Quelques années plus tard, en 1716, un texte publié par Jocho Yamamoto, sous le titre de « Hagakure » (« A l’ombre des feuilles ») définit clairement la notion de bushido comme la manière de mourir au service de sons seigneur : « la voie du Samouraï se trouve dans la mort  ».L’ hagakure qui reprend les préceptes de Soko Yamaga obtient un vif succès et devient un classique littéraire qui influencera des générations de Japonais.

Malgré la restriction et le contrôle instauré par le régime, les principes du bushido sont enseignés dans toutes les écoles de Samouraïs du pays.

La guerre dite de restauration, « boshin senso » (1868 -1869), qui oppose les troupes du shogun à celle de l’empereur offre aux samouraïs une dernière chance de prouver leur valeur combative et leur loyauté. Alors que les forces shogunales ont perdu tout espoir de victoire, dix neuf élèves d’une école de Samouraï entrent dans la légende lorsqu’ ils refusent de se rendre. Ces jeunes qui ont entre 14 et 17 ans se suicident en s’ouvrant le ventre et deviennent ainsi les derniers Samouraïs à pratiquer le suicide rituel. Le jeune commandant de la troupe a contre son cœur un poème que sa mère lui a donné la veille : «  ne pas reculer, même sous une pluie meurtrière de flèches, telle est la voie du guerrier ».

Aujourd’hui encore, les tombes de ces hommes considérés comme des héros sont visitées par des cohortes de jeunes élèves à qui l’on explique les valeurs intemporelles du bushido.

Avec la restauration impériale de 1868, l’ère de Meiji commence et se caractérise par la restauration du pouvoir impérial, l’ouverture du pays au monde et la modernisation, les Samouraïs sont « invités », en échange de bons du trésor, à cesser de porter le sabre, privilège désormais réservé aux officiers de l’armée impériale. C’est la fin de la classe militaire Japonaise traditionnelle.

Ceux-ci vont intégrer les écoles militaires et devenir officier dans l’armée, soit après un séjour à l’étranger, enrichir l’économie de leurs acquis ou intégrer la haute administration, tout cela en continuant de se référer au bushido.

C’est sous l’ère de meiji que monte le sentiment nationaliste qui va s’exacerber dans les années 1930, conduire à ‘l invasion de la chine et à l’entrée dans la seconde guerre mondiale. Le Japon moderne en lançant sa politique d’expansion à l’étranger a besoin d’un modèle à donner à ses soldats et le puisera dans le bushido. Le Bushido influencera la mentalité Japonaise jusqu’ en 1945 et servit de base aux mouvements nationalistes d’avant guerre.

Le corps spécial appelé Kamikazes (« vent divin ») est imprégné du bushido jusqu’ à la moelle : les pilotes boivent verre de saké, portent un foulard blanc autour du coup et un bandeau blanc sous le casque, le hachumachi des samouraïs et décollent pour donner leur vie en sacrifice à l' empereur.

 

Après la défaite Japonaise, certains mouvements tentèrent de le remettre au gout du jour sans toute fois y parvenir. Génie poétique et égaré politique dans un monde qui ne correspond plus à ses aspirations, Yukio Mishima se suicide le 25 novembre 1970 dans l’heure même de son échec à soulever un régiment. Artiste chevronné qui a déjà vécu dans le détail en roman le seppuku, le suicide rituel n’exige plus de lui que de passer de l’acte mimé à l’acte effectif. Il a en effet fait de son suicide une œuvre artistique. Sa mère conclut qu’il aurait fallu apporter des roses rouges à sa mémoire car il avait toujours désiré cette fin là.

 

(1) Du milieu du XV ème siècle à la moitié du XVI ème siècle, le Japon entre dans une période permanente de chaos dites « Sengoku  », littéralement "ère des provinces en guerre". Le pays sans pouvoir central est abandonné aux mains des seigneurs de guerre qui se livrent bataille pour la domination du « pays du Soleil levant ».

(2) Il y’ a plusieurs types de suicide :

-Le « seppuku », pour l’honneur. Ce terme est plus noble que « hara-kiri » qui évoque simplement l’éventration et non le coté sacrificiel et rituel.

-Le « Junshi » par fidélité.

-Le « Gyokusai », pour ne pas se rendre à l’ennemi

-Le « funshi » pour s’indigner. Le samouraï sous le régime Tokugawa n’avait pas le droit au duel privé : il ne lui restait que les armes portées contre lui-même en cas de conflit avec l’autorité, l’ultime duel avec soi même.

(3) A l’origine, le titre de "Shogun" ("général"), abréviation de « Seiitaishogun » (« généralissime chargé de combattre les barbares ») est attribué par l’empereur à l’un de ses hommes de guerre pour une unique campagne militaire.

Au fur et à mesure des guerres, des hommes se font attribuer le titre à vie et exercent un pouvoir autocratique. Le régime Tokugawa parviendra à écarter toute intervention de la court impériale et ira jusqu’ à définir les droits de l’empereur : le shogunat gouverne le pays dans les domaines militaires, politiques, financiers et juridiques et il revient à l’empereur de réformer le calendrier, de décider des noms d’ère et d’exercer son autorité sur la religion d’Etat. Autrement dit, le shogun dirige et l’empereur prie : l’empereur est responsable de l’ordre du monde mais le shogun a besoin de l’autorité de l'empereur pour le légitimer.

Ieyasu Tokugawa, après avoir conquis le pouvoir militairement, s’est fait nommer par l’empereur mais ce dernier reste entièrement sous le contrôle de la famille Tokugawa : un représentant du shogun en exercice surveille les faits et geste de la cour impériale qui ne peut ne prendre aucune décision sans l’aval du gouvernement shogunal.

(4) Brandir son sabre dans le château de son suzerain était un crime très grave qui illustre le fait que les seigneurs et particulièrement les shoguns, se méfiaient de leurs vassaux et craignaient des tentatives d’assassinat

(5) Homme qui se rend dans les dojos pour affronter les représentants à ses risques et péril dans le but des les vaincre, les humilier pour se faire un nom et fonder sa propre école. Le plus célèbre Rônin, Miyamoto Musashi, considéré parfois comme le plus grand escrimeur de tous les temps, fait partie de cette catégorie.

Sources :

-Historia numéro 764, " Samouraïs, vie et mœurs des légendaires guerriers du Japon"

pablomaia54

radoslaw sztangierski

Far East Films


Moyenne des avis sur cet article :  4.14/5   (14 votes)




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37 réactions à cet article    


  • devphil30 devphil30 14 novembre 2014 09:06

    Article intéressant et détaillé 


    Merci 

    Philippe 

    • juluch juluch 14 novembre 2014 12:26

      Un régal cet article.


      Je suppose que tu as lu « La pierre et le sabre » ainsi que « la parfaite lumière » de Eiji Yoshikawa....

      Un must !

      Merci pour ce partage Machiavel  smiley

      • maQiavel machiavel1983 14 novembre 2014 12:54

        Je suppose que tu as lu « La pierre et le sabre »

        ------> yep. smiley


      • Éric Guéguen Éric Guéguen 14 novembre 2014 15:24

        Je n’ai pas encore lu, mais bravo pour la patience et la rigueur qu’un tel travail demande.



        • lsga lsga 14 novembre 2014 16:05

          Oui enfin... dans la réalité historique, les Samourais ne respectaient pas plus le Bushido que les CRS ne respectent la réglementation....

           
          Mais c’est beau de rêver à un passé censé être meilleur.... sauf que cela n’a jamais existé. 

          • maQiavel machiavel1983 14 novembre 2014 17:10

            J’attendais ce commentaire et le fait que ce soit toi qui l’écrives lui donne une certaine saveur. smiley

            D’ abord « les samouraïs ne respectaient pas le bushido », si on les prend en tant qu’individus, cette phrase ne veut rien dire : certain oui et d’autres non, pareil pour les CRS.

            Mais si on les prends en tant que classe sociale dans le Japon féodal (une analyse de classe tu va apprécier smiley ) tout dépend de l’époque :

            1. pendant la période des guerres civiles ou des chefs de guerre se disputaient le contrôle de l’appareil d’Etat depuis leur fiefs, les trahisons (y compris en plein combat) sont une pratique courante : si le sort d’une bataille devient défavorable au suzerain, il était courant de voir les vassaux trahir pour conserver leur propriété foncière et la rente féodale qui l’accompagnait.

            On touche donc ici à l’une des limites à l’idéologie guerrière : loyauté et fidélité sont des valeurs sures tant que leur exaltation ne menace pas la propriété foncière du samouraï, sinon, la trahison le retournement d’alliance sont monnaies courantes, ce qui explique la complexité des guerres féodales Japonaise.

            2. Après la guerre civile, lorsque la famille Tokugawa prend le contrôle de l’appareil d’Etat, sa priorité était de la garder, et cela passait par deux choses :

            -Affaiblir les autres grandes familles

            -Promouvoir une doctrine commune qui légitimerait leur place dominante au sein de l’appareil d’Etat. Quoi de mieux que la diffusion du Bushido pour faire comprendre aux sujets qu’ils doivent leur vie à leur maitre ?

            Le fait est que cela a fonctionné : le régime a pu restructurer mentalement la classe des samouraïs qui, parce qu’elle était armée, était celle qui était susceptible de la renverser, et ce malgré les problèmes liés à la diffusion du bushido que j’ai mentionné dans l’article.

            En conclusion :

            ------> Oui, pendant les guerres civiles, la classe des samouraïs ne respectait pas le bushido, il ne faut donc pas idéaliser cette période.

            ------>Non car pendant la période de paix qui a suivie, le bushido a été accepté par les Samouraïs avec ferveur.

            De la même manière que les CRS (en tant que catégorie) ne respectent pas la réglementation car le rôle est de sécuriser l’appareil de production, et s’il faut en passer par enfreindre les règles, cela ne poserait aucun problème, autant le bushido servait au régime féodal Japonais de superstructure sur laquelle l’infrastructure de production féodale pouvait se reposer.


          • lsga lsga 14 novembre 2014 18:37

            Bon, et donc tu es devenu Marxien ?


          • maQiavel machiavel1983 14 novembre 2014 19:06

            Mais non , je ne suis ni Marxien , ni Marxiste. smiley

            Cela ne m’ empêche pas d’utiliser le matérialisme dialectique comme outil de décryptage du réel ( en le combinant avec d’ autres outils).

          • lsga lsga 14 novembre 2014 19:08

            oui très bien, fait. Moi aussi je suis beaucoup moins marxien que je ne le dis.

             
            La question est : tu es matérialiste, soit, cela ne m’étonne pas le moins du monde. Mais est-ce qu’en plus tu es devenu progressiste ? 

          • erQar 14 novembre 2014 16:19

            Comme d’hab... je vais pas me répéter... smiley
            -
            Cependant, si l’ère meiji est une période changeant le paradigme de l’époque...pourquoi vouloir lui donner une valeur importante alors que le japon est ruiné et sous domination américaine après 1945. Je comprends pas l’importance de l’ère meiji qui n’est pas du tout héritière du japon d’aujourd’hui...par contre héritière de la tradition du bushido.... ha oui...complètement.
            -
            De plus, il faut aussi faire reamrquer que les japonnais, si ils s’ouvrent vers l’extérieur, eux ne s’ouvre pas au monde extérieur. Et c’est aussi un point qu’il faut mettre en avant pour comprendre le japon.


            • maQiavel machiavel1983 14 novembre 2014 17:15

              -si l’ère meiji est une période changeant le paradigme de l’époque...pourquoi vouloir lui donner une valeur importante alors que le japon est ruiné et sous domination américaine après 1945

              ------> Parce que c’  est la période d’ouverture au monde du Japon, qui va récupérer les technologies occidentales et le modèle politique occidental ( Allemand surtout ), l’adapter à la culture locale pour se moderniser. C’est le moment de l’histoire ou le Japon se modernise, même s’ il est vaincu en 1945 , cela reste important, car il va continuer sur cette voie après la défaite ( je dirai même qu’ il ira plus loin ) mais sans l’impérialisme militaire.


            • erQar 14 novembre 2014 17:42

              maQ,
              -
              Un impérialisme sans l’aspect militaire ?  smiley
              -
              http://www.scriptoblog.com/index.php/notes-de-lecture/philosophie/1100-le-prince-nicolas-machiavel
              -
              voir le chapitre : Des questions militaires
              -
              C’est aussi la même chose pour l’allemagne, tu remarquera que ces deux économies ce sont propulsés malgré la domination ? La question est de savoir pourquoi, car c’est deux là étaient à terre et je doute que c’est les américains qui les ont aidé....j’ai ma réponse...et toi aussi....


            • maQiavel machiavel1983 14 novembre 2014 18:03

              -Un impérialisme sans l’aspect militaire ? 

              ------> Mais bien sur que ca existe erQar, mais qu’est ce que tu crois ? smiley

              Il existe des impérialisme strictement économique ( bien des pays africains ou de l’Asie du sud est en font actuellement l’expérience avec la Chine ) ou strictement politique ( c’est le cas d’ Israël en France , qui peut s’ appuyer sur des réseaux au sein de l’appareil d’ Etat sans pour autant avoir une seule base militaire en France).

              Machiavel n’a rien écrit pour contredire cela, la puissance diplomatique est fondamentale dans la projection de puissance chez lui , le texte de scriptoblog est une synthèse , il y’ a des éléments laissés de coté.

              -C’est aussi la même chose pour l’allemagne, tu remarquera que ces deux économies ce sont propulsés malgré la domination ? La question est de savoir pourquoi, car c’est deux là étaient à terre et je doute que c’est les américains qui les ont aidé...

              ------> Mais si, les américains les ont laissé faire après 45, une fois ces Etats vassalisés. Leur dynamisme économique était une très bonne chose pour les USA cela a stimulé l’économie américaine et d’autant qu’ ils servaient en plus de contrepoids à la France , le turbulent vassal avec une alliance gaullo- communiste très puissante qui donnait des sueurs froides à la classe dirigeante américaine, en ce qui concerne l’Allemagne et à la Chine en ce qui concerne le Japon.


            • erQar 14 novembre 2014 18:29

              la chine et israël sont des puissances militaires atomiques....
              -
              Et puis vu le poids de la chine (2ème puissance mondiale) c’est normal...israël est aussi un poids lourd économique et le lobby AIPAC en est la preuve...Désolé donc, ces 2 exemples ne tiennent pas la route.


            • maQiavel machiavel1983 14 novembre 2014 18:34

              -Et puis vu le poids de la chine (2ème puissance mondiale) c’est normal... .israël est aussi un poids lourd économique et le lobby AIPAC en est la preuve...

              ------> Oui mais erQar, l’impérialisme est en général le fait de grandes puissances. smiley

              C’est précisément pour cela que ces exemples tiennent la route. Je peux te trouver des tas d’autres exemples comme la France, l’Angleterre qui ont ou qui dominent des Etats sans aucune présence militaire sur leur territoire.



            • erQar 14 novembre 2014 19:12

              Pour moi israël est chez les néo con, donc tu peux les intégrer dans le haut commandement américain...donc une puissance militaire...il y a donc un impérialisme militaire israelien via les américains
              -
              Pour la chine, ils n’ont pas besoin de base en afrique pour développer leur commerce, mais celui qui ne le respecte pas risque de se prendre la fureur du dragon chinois.
              -
              Par exemple, un pays sans puissance militaire et sans allié -quand je dis allié, je pense partenaire) puissant n’est qu’un pays soumis à la volonté des dominants
              -


            • maQiavel machiavel1983 14 novembre 2014 19:56

              ErQar, je ne dis pas que la puissance militaire est inutile, je dis qu’un impérialisme qui ne soit pas militaire, cela existe, ça fait même partie des classiques.

              -Pour la chine, ils n’ont pas besoin de base en afrique pour développer leur commerce, mais celui qui ne le respecte pas risque de se prendre la fureur du dragon chinois.

              ------> Et bien voilà, tu vas dans mon sens.

              Le haut commandement américain...donc une puissance militaire...il y a donc un impérialisme militaire israélien via les américains 

              ------> Alors un autre exemple, les américains n’ont pas de bases militaires en France ( De Gaule les a foutu dehors ) pourtant on ne peut nier l’ impérialisme américain sur la France qui date du plan Marshal.

              Je peux te donner des tas d’exemples 


            • erQar 14 novembre 2014 20:25

              Un exemple, d’un pays qui n’a pas de puissance militaire mais une économie puissante
              -
              Peut être que le Qatar irait dans ton sens ?


            • maQiavel machiavel1983 14 novembre 2014 20:55

              -Un exemple, d’un pays qui n’a pas de puissance militaire mais une économie puissante

              ------> Il y’a des myriades d’exemples erQar , que ce soit dans l’histoire récente ou dans l’histoire longue , il y’en a tellement. 


            • Hervé Hum Hervé Hum 14 novembre 2014 22:47

              Je m’invite dans cette discussion pour abonder dans le sens de erQar sur le fait qu’il n’existe aucun impérialisme sans la puissance militaire.

              On peut certes trouver l’exception à la règle, mais certainement pas en faire la règle.

              machiavel dit qu’il peut donner des exemples, mais n’en donne pas pour autant !

              Sachant que l’impérialisme consiste à imposer sa volonté et non à négocier celle ci. La puissance économique de la Chine n’est donc pas un impérialisme car je n’ai pas connaissance qu’elle puisse imposer son économie autrement que par la négociation. Il n’y a guère que les dirigeants des USA qui imposent encore leur système économique par la force, via le dollar, mais on peut voir que celui ci vacille et est en train de s’effondrer.

              De fait, la chute de l’impérialisme US signe la fin de l’ère des impérialismes des nations. Maintenant, reste un dernier impérialisme qui restait bien caché derrière celui des nations et les manipules, c’est évidemment celui des oligarchies financières et propriétaires des moyens de productions.

              De fait, seule la fin des impérialismes des nations peut l’abattre, car dès lors, cet impérialisme ne peut plus rester caché et jouer des divisions entres les citoyens des nations pour maintenir son empire sur ceux ci..


            • Hervé Hum Hervé Hum 15 novembre 2014 12:28

              Je viens de réaliser que le seul impérialisme qui ne s’appuie pas directement sur la puissance militaire est l’empire financier, MAIS, celui ci ne peut toutefois exister sans s’appuyer sur la puissance militaire des nations, en soudoyant par l’intérêt les dirigeants politiques. Chose qu’elle ne pouvait faire réellement au temps des monarchies, avant bien entendu l’essor de l’économie mondiale à partir du XVIème siècle.

              Si l’impérialisme financier doit sa puissance à l’avènement de la mondialisation de l’économie, elle devra sa chute à l’avènement de la mondialisation de la citoyenneté.Ceci explique les récents évènements liés au regain d’agressivité des dirigeants US et la réactivation de la peur de la Russie, dans le but inavouable de perpétuer la division entre les citoyens des différentes nations, tout en prétendant l’inverse via la poursuite de la globalisation économique.

              Bref, l’impérialisme financier puise sa force dans l’union de l’économie mondiale, mais se doit de maintenir la division des peuples, c’est à dire de leurs travailleurs, afin de poursuivre cette domination.

              C’est la cadrature du cercle de l’impérialisme financier.


            • maQiavel machiavel1983 15 novembre 2014 13:03

               

              @Herve Hum

              Nous avons en réalité deux problèmes de sémantique :

              1. Nous ne définissons pas l’impérialisme de la même façon et en tirons des conséquences bien différentes.

              Par impérialisme, j’entends la projection de puissance d’un Etat hors de ses frontières. Qu’est ce que la Puissance (ou la force) en géopolitique ?C’ est le moyen par lequel un Etat agit sur les autres Etats, soit pour lui imposer ses valeurs, la soumettre à son influence, soit à l’inverse pour refuser les valeurs d’autrui, et résister à ses commandements !

              Cette puissance (ou force) est de trois types : politique, économique et culturelle.

              Cette puissance à deux moyens d’expressions, deux véhicules : la puissance militaire et la puissance diplomatique.

              La violence militaire fait partie de la Puissance politique mais la force politique ne peut être réduite à la violence militaire. Ainsi, on ne peut pas confondre l’impérialisme avec la puissance militaire.

              2. Sur la question abordée elle-même. De quoi parlons-nous ?

              a. De savoir si un Etat sans puissance militaire peut être impérialiste ?

              b. De savoir si l’impérialisme est nécessairement militaire ?

              Les questions a et b malgré les apparences ne sont pas les mêmes. Pour la question b j’ai répondu au point 1, ainsi une puissance militaire peut être impérialiste sans même se projeter militairement, et là je peux par exemple donner l’exemple de la Chine en Afrique : http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/l-emergence-de-la-chinafrique-37588

              C’est loin d’être le seul exemple actuel, de l’histoire récente ou longue, il y’ en a des tas d’autres.

              Concernant le point a, on peut effectivement prendre l’exemple du Qatar ou même de l’Allemagne que l’on ne peut considérer comme une puissance militaire mais dont l’influence sur les autres Etats Européens est considérable.

              Quand on comprend l’impérialisme comme la capacité d’un Etat à contraindre un autre Etat, les perspectives s’ouvrent et les exemples jalonnent l’actualité et l’histoire.


            • Hervé Hum Hervé Hum 15 novembre 2014 14:38

              bonjour machiavel

              vous écrivez

              Quand on comprend l’impérialisme comme la capacité d’un Etat à contraindre un autre Etat, les perspectives s’ouvrent et les exemples jalonnent l’actualité et l’histoire.

              Je ne dis pas autre chose. seulement, il n’existe qu’une seule manière de contraindre les dirigeants d’un Etat, la force. L’argent est l’arme de séduction, non de la contrainte. En diplomatie, on utilise d’abord la première et la seconde si la première ne fonctionne pas. L’histoire ne raconte que cela.

              La Chine en Afrique ne peut pas être considéré comme un impérialisme car elle ne s’impose pas par la contrainte, mais par la séduction des élites africaines. A l’inverse de l’occident qui à toujours utilisé la contrainte plutôt que la séduction et donc agissait de manière impériale. Comprenez que vous pouvez refuser d’être séduit, mais pas la contrainte et l’histoire de l’Afrique ne dis que cela, tous les chefs d’Etats qui ont refusé d’êtres séduit ont été contraints ou bien éliminés de toutes les manières possibles.

              Il est un adage disant que la guerre est la continuité de la politique ou diplomatie par d’autres moyens. La seule qui peut à la fin dire qui est l’impérialiste et qui est le soumis. Quand les dirigeants des USA ont supprimés la parité or/dollar, ils l’ont fait parce qu’il disposaient de la puissance militaire, non parce qu’ils avaient la puissance diplomatique, économique ou culturelle. Quand ils ont attaqué l’Irak, ils l’ont fait parce qu’ils disposaient de la puissance militaire, non de la diplomatie qui avait échoué. Cette dernière est comme une coquille vide sans la force militaire en appuie. Il arrive certes parfois qu’un diplomate exceptionnel arrive à duper ses interlocuteurs par la ruse, ou par un coup de bluff, mais c’est l’exception, non la règle.

              Reste que la politique, l’économie et la culture sont les conséquences, les manifestations de l’impérialisme, non la cause, cette dernière dépendant toujours de la puissance militaire.

              Prenez le Japon, jusque dans les années 80, son économie était à hauteur de celle des USA et la menaçait, pour autant, qu’en reste il aujourd’hui ? A l’inverse de la Chine, le Japon ne disposait pas de puissance militaire puisque celle ci est sous le joug de la puissance US. Et aujourd’hui, les dirigeants chinois s’allient aux dirigeants russe pour contrer la puissance des dirigeants occidentaux. Sans cela, la puissance militaire des USA aurait tout loisir pour briser la montée de l’économie chinoise et les chinois n’en doutent pas !

              Ici, comme toujours, c’est bien la puissance militaire qui sous tend et conditionne tout le reste et certainement pas l’inverse.

              En conclusion, si effectivement l’impérialisme peut être celui de s’imposer aux autres ou bien de pouvoir refuser toute ingérence extérieure, il s’appuie exclusivement sur la puissance militaire. L’effondrement de l’URSS n’est pas tant dû à celle de son économie que celle de sa puissance militaire face à celle des USA. Le renouveau de la Russie là aussi, tient plus de son renouveau militaire et de ses alliances avec la Chine notamment, que du renouveau de son économie. Autrement dit, même si les deux évoluent de manière concomitante, l’impérialisme russe ne dépend pas de son économie mais bien de sa capacité militaire. Si la Russie ne jouait que sur sa puissance économique elle n’aurait pas pu s’opposer à l’occident en Ukraine ou ailleurs en Syrie, elle se serait contenté de faire des protestations véhémentes basés sur la morale et c’est tout.

              Quand au Qatar et autres pays riches en monnaie ou matières premières, leur puissance repose sur du sable, car à tout moment leur avoir et les biens acquis à l’étranger peuvent êtres supprimés sans autres formes de procès et ce, car ces pays n’ont aucun moyens de contraindre un pays de ne pas le faire. De fait, ils sont obligés de suivre les instructions des dirigeants des puissances militaires garantissant leurs avoirs à l’étranger. Ainsi, les princes arabes sont ils totalement soumis à la volonté des dirigeants US car toute volonté contraire serait fatale pour eux. Dire que les princes arabes joueraient un double jeu vis à vis des dirigeants US est donc totalement absurde car suicidaire.


            • Queens Of The Storage Queens Of The Storage 15 novembre 2014 22:35

              "Si la Russie ne jouait que sur sa puissance économique elle n’aurait pas pu s’opposer à l’occident en Ukraine ou ailleurs en Syrie, elle se serait contenté de faire des protestations véhémentes basés sur la morale et c’est tout."

              -> ça dépend avec qui on traite et de comment on le traite. Le cas de l’Ukraine montre que la pression militaire russe se fait surtout vis-à-vis des USA via son instrument de soumission Européen qu’est l’OTAN avec beaucoup de manoeuvres autours des pays membres mais au cas par cas, il faut aussi considérer qu’une pression économique existe aujourd’hui vis-à-vis de l’Allemagne et de la France qui eux sont sur le point d’imploser. Sans puissance économique, sur quoi reposerait l’alliance des BRICS ? La Russie a déjà perdu la guerre froide en partie à cause de sa fragilité économique et elle sait que tout ce joue là aujourd’hui.

              Au sujet du Qatar, lui sort quand même son épingle du jeu par rapport aux autres pays du Golfe Persique car ce pays sait pertinemment que son existence reste éphémère et ne dépend pour ainsi dire, que de son stock de gaz. Il essaye, via sa diplomatie et ses gros chèques, de maintenir une présence au delà de ses frontières même s’il joue un double jeu (et ce par simple nécessité) et même si cela est suicidaire. Et elle sait comment contraindre les grosses puissances en devenant un intermédiaire incontournable dans la région en cas de crise.


            • Hervé Hum Hervé Hum 16 novembre 2014 00:57

              @queens

              notez que l’objet de la discussion est l’impérialisme où je ne nie pas l’importance de l’économie, mais dit que celle ci subit et obéit à la puissance militaire.

              La Russie des apparatchiks soviétiques ont perdu la guerre technologique qui draine l’économie.
              C’est ce que les dirigeants russes actuels ont parfaitement compris et c’est bien pourquoi ils font en sortes de rester au coeur de la mondialisation, pour ne pas, ne plus êtres décrochés techniquement.

              C’est avec la domination militaire qu’on peut piller l’économie d’autres pays, jamais l’inverse !


            • maQiavel machiavel1983 16 novembre 2014 12:49

              @herve hum

              -Je ne dis pas autre chose. seulement, il n’existe qu’une seule manière de contraindre les dirigeants d’un Etat, la force.

              ------> C’est là que vous faites erreur, il y’ a beaucoup de moyen pour exercer une pression sur un Etat , ils peuvent être militaire certes mais aussi diplomatique et économique.

              -L’argent est l’arme de séduction, non de la contrainte. 

              ------> Lorsque l’on prête de l’argent à un Etat, on peut le contraindre en retour à adopter certaines  mesures pour se faire rembourser, c’est un grand classique qui explique les ajustements structurels.

              Un embargo économique est une contrainte sérieuse.

              Bref , vous négligez beaucoup d’aspect de la puissance je pense.


            • Hervé Hum Hervé Hum 16 novembre 2014 15:09

              Machiavel, ma dernière phrase de mon commentaire à Queen résume bien ma position qui est des plus banale il me semble.

              « C’est avec la domination militaire qu’on peut piller l’économie d’autres pays, jamais l’inverse ! »

              Cela veut bien dire que sans la puissance militaire en arrière plan, aucun embargo économique n’est possible, ni aucune manière de contraindre un débiteur à vous rembourser et à adopter des mesures dictées par le créancier. L’histoire ne dis que cela, (tel l’emprunt Russe, tel les monarques qui empruntais aux banquiers juifs et remboursaient en chassant les juifs). Le fait est que la puissance militaire donne les moyens économiques et vice versa, mais dès lors qu’une puissance économique veut devenir impérialiste elle se doit de développer sa puissance militaire, dans le cas contraire, sa puissance économique sera pillé par l’économie plus faible, mais qui aura développé sa force militaire. Ainsi, combien d’économies florissantes furent pillés, dévastés voire annexés par des économies bien plus faibles, mais doté d’une force militaire supérieure.

              Ce que vous ne voulez pas voir pour défendre votre position, c’est que s’il n’est pas obligatoire d’user de la force, celle ci doit être reconnu et rester en permanence comme une épée de Damoclès sur les éventuels rebelles. Lorsque la force d’un Etat ou d’une personne est établit, il devient souvent inutile d’en faire usage, la peur et la menace suffisant largement.


            • Xenozoid Xenozoid 16 novembre 2014 15:27

              machiavel n,’est pas ignare du pouvoir, it sait que tout pouvoir a besoin de maitres et d’esclave, it fait juste un synthese de la tromperie,a savoir le pouvoir ne sera jamais en paix,pas plus que le maitre a control, tous sont lier par la peur


            • Queens Of The Storage Queens Of The Storage 16 novembre 2014 20:59

              @Hervé

              Oui, donc pour vous l’expression « L’or achète tout mais l’épée prend tout » reste la règle essentielle à tout impérialisme qui s’impose. Hors ce qu’essaye de vous expliquer MaQ, c’est que la force militaire brut n’est pas une manière légitime afin de faire plier un pays et qu’il existe beaucoup de manière afin de soumettre un pays sans capture territoriale voir invasion militairement. Si vous basez votre thèse sur une période se limitant de la fin de la seconde guerre mondiale à aujourd’hui ou à un seul exemple qu’est l’impérialisme américain ou anciennement de l’URSS, effectivement vous limitez la définition de l’impérialisme et encore.

              L’impérialisme doit être vu de plusieurs manières afin de bien comprendre de quel impérialisme on parle. Par exemple si je parle d’impérialisme financier et que je mets en avant une idée comme celui qui dit par exemple que le capitalisme est l’ennemi de l’impérialisme, c’est déjà à mon avis à moitié faux si on regard au travers de la Chine dans les exemples de MaQ mais reste à moitié vrai si on regard la manière dont les Etats-Unis ou l’Allemagne arrive à s’immiscer et à gérer l’économie des pays vassalisés comme la France via l’UE ou prochainement le Traité Transatlantique tout ça dans un but de contraindre et d’affaiblir économiquement un pays en utilisant tous les moyens politiques, économiques et juridiques. En fait, le capitalisme est l’ennemi de l’impérialisme à partir du moment où elle ne sert pas ses intérêts. Hors là on parle d’abord de justifier l’hégémonie d’un pays sur la moitié du globe voir l’existence même de cette idée hégémonique dans la tête d’un citoyen lambda. Ainsi l’impérialisme c’est bien beau mais encore faut-il le légitimé sans à avoir à le légitimé par la force militaire car quiconque emploi cette force verra toujours une force équivalente lui être opposée, lui résister et si on emploie cette force militaire dans le but de détruire toute résistance, il n’y a plus vraiment d’impérialisme mais du totalitarisme purement et simplement mais là aussi plusieurs outils son mise en place pour permettre un contrôle « indirect » sans forcément mettre en péril la pseudo-souveraineté d’un pays. Ce qu’il y a de différent, pour moi, entre l’impérialisme et le totalitarisme c’est que le premier domine le monde sous la contrainte consentie.

              Mais dans bien des cas on peut aller jusqu’à considérer l’impérialisme comme un régime totalitaire et donc incompatible avec la démocratie sous un certain angle car on sait que la démocratie sert de vecteur à certaines idéologies impérialistes, les uns jugeant que l’idéal démocratique, dont ils se sentent être les dignes représentant, doit être exporté dans des pays jugés totalitaires et ce au moyen d’opération militaires voir de pseudo soulèvement populaire orchestrés. Mais l’histoire nous dit qu’il est rare que cela ait donné lieu à des démocraties dites stables car non légitime.

              Donc de là à dire que l’impérialisme se justifie par une puissance militaire, je dirais non car il faudrait une sacrée puissance pour mettre à genoux la moitié de la planète mais l’impérialisme justifie le fait d’avoir une puissance militaire.

              Sinon ce que j’ai oublié de dire dans mon premier post et que je remercie MaQ pour son article et ses commentaires pertinents.


            • Hervé Hum Hervé Hum 16 novembre 2014 23:37

              @Queens,

              Je ne voulais pas développer, mais juste rester sur un principe de base, celui que la force militaire est le socle de tout impérialisme (et du totalitarisme), sans lequel aucun impérialisme ne peut exister.

              Xenozoid, parle de la peur, mais cela peut aussi être l’intérêt, le conditionnement ou encore l’adhésion, car enfin, pour nombre de gens il est préférable de s’associer à la force dominante impérialiste plutôt que de la combattre.

              Ce qui veut dire que suis d’accord avec votre distinction entre impérialisme et totalitarisme, où effectivement le premier utilise plutôt toutes les méthodes de persuasions tandis que la seconde utilise surtout la force brute. Ainsi les USA ont utilisés la propagande culturelle alors que l’URSS utilisait la méthode totalitaire, du moins sous Staline. Il y aurait beaucoup à en dire, mais peu importe.

              Ce que je souligne, c’est que l’impérialisme US s’est affirmé après la seconde guerre mondiale parce qu’ils en sont ressortit comme la puissance militaire dominante alors que la vieille Europe ne l ’était plus. Ensuite, il est bien évident que les dirigeants US ont bien pris soin de maintenir leur domination sur les dirigeants de la vieille Europe en associant ses élites économiques et politiques et abreuvant les populations de leur culture. Aujourd’hui, les propriétaires de l’économie et de leur moyens de financement ont des intérêts tellement croisés et imbriqués, qu’aucuns d’entre eux n’a intérêt à revenir au nationalisme économique et donc de devoir accepter la règle du jeu de la mondialisation et de la propriété tant industrielle que financière. Toutefois, leur problème est que cette mondialisation économique ne doit pas toucher la conscience citoyenne car alors, celle ci menacerait directement leur hégémonie politique et économique. Bref, la mondialisation de l’économie oui, des citoyens surtout pas ! Orwell le démontre d’une manière éclatante dans son livre 1984 et explique très bien la diabolisation actuelle de la Russie autant que de l’Islam.

              Alors aujourd’hui avec la globalisation de l’économie autant que celle de la communication, il faut surtout se débarrasser de ces vieilles vues des relations humaines basés sur les nationalismes, sur lequel se fonde l’idéologie capitaliste, pour passer à des relations entre citoyens où le clivage doit se faire selon la nature des êtres, cella pour dépasser les système des classes sociales et des corporatismes. Autrement dit, user des moyens techniques disponibles pour mettre en place la démocratie au niveau planétaire. Mais surtout, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas, car les dirigeants US ne veulent pas de la démocratie mais bien au contraire, font tout pour la combattre.

              Quand à dire que le capitalisme soit anti impérialiste ?! Ma thèse est que l’impérialisme est la conséquence de l’idéologie capitaliste et non l’inverse !

              Pour me comprendre, je vous invite à lire le dernier article, ici, que j’ai écris pour le démontrer. Votre critique est la bienvenue !


            • Gavroche Gavroche 14 novembre 2014 18:12

              Merci pour cet article bien rédigé et très bien documenté.


              • confiture 14 novembre 2014 19:20

                oui donc du muscle, du sang et des larmes, nous en sommes là depuis 5000 ans et ensuite ?


                • maQiavel machiavel1983 14 novembre 2014 19:51

                  Grace au complexe agro-alimentaire , la suite c’est de la graisse , du sang et des larmes. smiley


                • Xenozoid Xenozoid 14 novembre 2014 21:18

                  il n’ y a pas meilleur guerrier que celui qui ne sait pas


                  • Rémi de Kersauson 14 novembre 2014 21:53

                    Merci pour votre article qui fait plaisir à lire.

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