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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Solness le constructeur » Alain Françon de retour à La Colline

« Solness le constructeur » Alain Françon de retour à La Colline

Si une pièce de Théâtre devait être un jeu de rôles dont le titre éponyme serait celui de son personnage catalyseur, le « Solness » d’Henrik Ibsen pourrait aisément être rebaptisé « Hilde »… sous la mise en scène d’Alain Françon, de retour à la Colline… en invité exceptionnel.

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SOLNESS LE CONSTRUCTEUR
photo © Elisabeth Carecchio

Ainsi, revenant, comme un boomerang, dans la vie du grand constructeur, dix ans après que celui-ci ait fait à la petite princesse cette promesse hasardeuse de lui offrir un château, alors n’ayant eu cesse depuis de penser à son dû, la jeune femme s’est désormais mise en quête d’obtenir son cadeau !

S’attachant davantage à l’utopie de construire un château dans les airs, à l’intention de cette fée sortie de nulle part, Alain Françon, de toutes évidences, est enclin à privilégier cette perspective mégalomaniaque plutôt qu’à ressasser le profond sentiment de culpabilité familiale intégrée par l’architecte.

En effet, puisque de toutes façons, on ne peut bâtir que sur des cendres, qu’importe les dégâts collatéraux de l’incendie domestique ainsi que les jumeaux morts dans la fournaise, c’est le talent de créativité qui doit être exalté et même se surpasser devant le charme, la séduction et l’ensorcellement du lutin, devenue femme (Adeline D’Hermy) !

Qu’importe la neurasthénie chronique et castratrice de son épouse (Dominique Valadié) tentant de ramener à leur logique rationnelle les objectifs professionnels de son mari (Wladimir Yordanoff), celle-ci l’incite à se méfier, en priorité, de sa propension au vertige.

Qu’irait-il donc escalader cette tour immense pour y déposer une couronne, s’il devait effectuer ce défi glorieux au prix de sa vie ?

Pourquoi se méfier d’une supputée concurrence de la jeunesse associée à ses travaux constructifs si c’est pour tomber dans le panneau destructif de celle qui vous préfèrerait suicidaire plutôt que vigilant ?

De cette fable métaphorique sur la toute puissance du rêve indispensable à la nature humaine ou de sa réciproque le cauchemard, Alain Françon ajoute à la fine analyse comportementale d’Ibsen, la subtilité des sentiments et ressentiments à fleur de peau dont ses acteurs exacerbent la plaie grande ouverte… à l’amour autant qu’au vent mauvais !

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SOLNESS LE CONSTRUCTEUR
photo © Elisabeth Carecchio
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SOLNESS LE CONSTRUCTEUR
photo © Elisabeth Carecchio

SOLNESS LE CONSTRUCTEUR - ***. Theothea.com - de Henrik Ibsen - mise en scène Alain Françon - avec Gérard Chaillou, Adrien Gamba-Gontard, Adeline D’Hermy de la Comédie-Française, Agathe L’Huillier, Michel Robin, Dominique Valadié & Wladimir Yordanoff - Théâtre de la Colline

 


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