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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Soudain l’été dernier » de Tennessee Williams à la Tempête

« Soudain l’été dernier » de Tennessee Williams à la Tempête

Dans la famille Holly, voici Catherine (Marie Delmarès) la fille, George (Clément Bresson) le frère et Grace (Martine Laisné) leur mère ; dans la famille Venable, voilà Violette (Agathe Alexis), la mère ainsi que Sébastian, son fils, le grand absent de cette histoire.

En miroir à ces cinq personnages, seul le personnel médical, infirmier et religieux est en prise directe avec le récit de Catherine, la « folle à interner ».

En support au syndrome de déraison, un grand écran biaise la surface de jeu, de façon à ce que chacun de la scène à la salle puisse y projeter l’état de son entendement.

Comme toujours, chez Tennessee Williams, le grand sud des Etats-Unis est censé imprégné de sa chaleur torride, de ses plantes carnivores et de sa faune anthropophage, la conscience d’un mal être généralisé.

René Loyon installe cette torpeur, en dirigeant ses acteurs dans le repli sur soi stratégique, garant d’implosions, sans cesse sur le point de fustiger la parole hors normes

Pour lieu du crime, voici Cabeza de Lobo, là où donc, Sébastian a perdu la vie alors que Catherine l’accompagnait au cours d’un voyage d’agrément.

Ce fut bien la première fois que ce fils faisait faux bond à sa mère, en lui préférant une rabatteuse de jeunes gens, plus attirante et donc plus performante.

Entre Violette et Catherine va s’engager une lutte de la vérité où la mort de Sébastian ne sera pas tant l’enjeu que le signifiant d’une rivalité mémorielle à peine latente entre la passion amoureuse et l’amour œdipien.

Et c’est donc le statut de l’homosexualité au cœur d’une société éminemment puritaine qui devrait faire les frais d’un travestissement de la pensée terrorisée, du discours normatif et en définitive de la raison.

Mais voilà qu’à l’écoute du conflit mental se dresse la technologie révolutionnaire du psychiatre, le docteur Sugar (Igor Mendjisky), prête à libérer la parole grâce au sérum de vérité.

Ainsi, au Théâtre de la Tempête, dans une nouvelle traduction de Jean-Michel Déprats et Marie-Claire Pasquier, naviguant entre vision cauchemardesque, hallucinations poétiques et hyperréalisme, le spectateur pourra choisir sa voie du salut

photo © Lot

SOUDAIN L’ETE DERNIER - ** Theothea.com - de Tennessee Williams - mise en scène : René Loyon - avec Agathe Alexis, Blandine Baudrillart, Clément Bresson, Laurence Campet, Marie Delmarès, Martine Laisné et Igor Mendjisky - Théâtre de la Tempête -


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