• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Souffle » : les quatre saisons de Kim Ki-Duk

« Souffle » : les quatre saisons de Kim Ki-Duk

« Souffle » a été présenté en compétition officielle du Festival de Cannes 2007...

773f5d14fe67733ebf7df76d69f5db4b.jpg

Yeon, une jeune femme qui vient juste de découvrir l’infidélité de son mari, rend régulièrement visite à un condamné à mort qui effectue fréquemment des tentatives de suicide en prison. Elle ne le connaît pas. Elle se fait passer pour sa petite amie. Ils tombent amoureux l’un de l’autre... et leurs rencontres deviennent de plus en plus passionnées sous le regard du directeur de la prison, qui épie plus qu’il ne surveille, derrière son écran de surveillance, sorte de double de Kim Ki-Duk qui décide quand la rencontre, et donc le film auquel il assiste, doit s’interrompre, en appuyant sur un bouton vengeur.

La jalousie. Le pardon. L’espoir. La passion. Et autant de souffles qui libèrent. Ou qui emprisonnent.

Après avoir présenté « L’Arc » dans la section Un Certain Regard, en 2005, c’est en compétition officielle que revient cette année le prolifique Kim Ki-Duk. Après la langueur mélancolique et poétique de Locataires et de Printemps, été, automne, hiver et printemps, nous attendions légitimement beaucoup de souffle de ce film éponyme. S’il ne nous envoûte pas autant que les films précités, il nous déroute néanmoins et nous emmène avec lui dans cette passion absolue, dans cet univers plus âpre aussi dont la fantaisie n’est pas absente. Respiration nécessaire, aux frontières du burlesque.

ba3c4cb6a5ce936bf4d6080dfda638b8.jpgLe souffle, c’est ce qu’ils cherchent désespérément l’un et l’autre. Ils étouffent, agonisent, se noient chacun à leur manière. Le souffle, c’est ce qui leur manque pour extérioriser leurs douleurs indicibles et suffocantes. Enfermés dans une souffrance si différente et similaire. Enfermés dans la même incommunicabilité. Le souffle, c’est la respiration qu’ils vont réapprendre ensemble. Même si elle est vaine et éphémère. Forcément éphémère, après tout. Elle a décidé de tomber amoureuse, sans raison, ou si : survivre, retrouver un souffle de vie. Tomber amoureuse de lui, sans raison, ou si : ils se ressemblent finalement. Il a tué, peut-être sans raison. Il accepte son amour déraisonnable, irraisonné, forcément aussi, sans raison aussi, ou si : elle lui insuffle un peu de vie et d’évasion. Même illusoires. De la vie et de l’évasion quand même. Les invraisemblances, les ellipses et les zones d’ombre de ce film qui n’en est pas avare nous importent peu. Kim Ki-Duk a le don de nous donner envie de croire à l’improbable. Magie du cinéma, encore, même derrière les barreaux d’une prison.

Kim Ki-Duk nous entraîne dans son univers, dans ses quatre saisons (oui, encore...), avec ses personnages à fleur de peau. Un film douloureux non dénué de légèreté qui nous fait passer de la suffocation au rire salvateur avec maladresse, parfois.

Chang Chen qui interprète le condamné à mort rend ce personnage quasiment muet particulièrement expressif et nous fait suivre sa tragique trajectoire avec intérêt. Jusqu’à son dernier souffle.

S’il explore ses thèmes habituels : la violence (de celle qui brise les anges, de celui qui brise les vies), la sexualité, les saisons, Kim Ki-Duk réussit encore malgré tout à nous surprendre... Vivement le suivant !

Sortie en France : le 21 novembre 2007

Voir ma critique de « Locataires » de Kim Ki-Duk

Cet article a également été publié sur "In the mood for Cannes"


Moyenne des avis sur cet article :  4/5   (4 votes)




Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès