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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Souvenirs d’enfance couleur sépia

Souvenirs d’enfance couleur sépia

Au début l’implosion, la chair humaine s’imprègne et fusionne. Les souvenirs s’accrochent aux récits du cercle de famille...le passé beaucoup plus tard, infidèle mais tenace développe ses strasses de lumière et d’ombre dans une fantaisie dont il protège les secrets.
 
Dans les bras de sa mère , il connaissait le bien être et la sécurité. Il percevait sa force et goûtait sa maternité.
Elle avait de beaux seins fermes, et il s’abandonnait volontiers à ces moments délicieux, où, blotti contre elle, il absorbait goulûment sa nourriture chaude, douce et sucrée. Il semblait qu’il restait accroché à sa poitrine, comme un koala à son eucalyptus. D’après ses dires amusés, il ne restait plus de lait pour son frère quatre ans plus tard.
Son frère était chétif, délicat et malade à la naissance, Lui, le gros gourmand égoïste signait un de ses premiers méfaits.
Dans les bras de sa mère, il recevait les premières angoisses, les premières peurs. Elle était courageuse, mais au fond, troublée et soucieuse du devenir de sa famille.
La guerre, encore la guerre, tous ces conflits qui jettent les hommes dans la misère et la souffrance. Son père, dont elle parlait avec tendresse et respect, comme les braves gens d’autrefois savaient le faire, son père, mort depuis peu avait enduré les violences de 1914-1918.
Sa longue absence, dans son enfance, l’avait marquée. Elle avait retrouvé un père cassé, fragilisé, sans travail et sans espoir. L’alcool avait terminé l’ouvrage. Elle cultiva un dégoût pour les débits de boissons, les poivrots et les alambics.)
 
Au fond en le regardant, elle pensait qu’il faut absolument protéger les hommes de leurs égarements." Il faut les dresser " disait-elle. Elle avait comme ça des expressions à l’emporte pièce, qui vous réduisent à néant, ou qui vous donnent envie de voguer sur les océans ou de disparaître dans l’espace.
 
Comme il n’appréciait pas l’idée du dressage, il choisit la fuite de la maison natale, le droit à la différence et la liberté...l’oubli momentané... 
 
En le regardant, elle refaisait le monde, comme il le fait lui-même quand l’émotion lui traverse la tête, avant de l’engloutir dans l’incohérence.
 
Peut-être prenait-elle aussi des accents de Marianne, elle s’appelait Marie. Peut-être se passionnait-elle, dans son cœur de conquérante, brandissant son épée vengeresse à l’endroit des ennemis de sa couvée et de toute sa famille réunie. ( Elle aurait pu naître dans le Péloponnèse, à l’époque de Périclès.)
 
L’Art Grec, les formes abondantes d’Aphrodite, la souveraine et la maternelle Hera, la libératrice et la protectrice Artémis, la resplendissante Hélène, incarnation de l’Anima, l’infernale et la magicienne Hecate, et la reine des enfers, Koré. ( Tu divagues mon fils tout cela ne me concerne pas ...songeait elle à tort. )
 
Et pourtant, dans le premier partage d’amour avec elle, il engloutit tous les Archétypes lunaires, chronologiquement, mais aussi dans le désordre astrologique et dans le désordre des sens.
 
Il le fit d’autant mieux, qu’il cultiva une âme de femme écorchée et tendre, dans un corps d’homme endurci.
 
Plus tard, ça se confirmait, il ressemblait à son grand-père maternel, la bouteille en moins, mais avec des manifestations d’emportement, incompréhensibles pour son environnement, une espèce d’antagonisme entre deux personnages au fond de lui.
 
Il n’avait pas connu Verdun, mais il vivait une Bérézina intérieure, avec des moments de saturation, qu’il exprimait par des refus et des révoltes, qui semblaient surprendre l’entourage familial et plus tard celui de l’école.
 
La mère semblait contrôler la situation, elle donnait des directives à sa grande fille qui pouponnait alors secrètement avec cet amour possessif, exclusif et douloureux de l’adolescence.
 
La petite sœur le promenait dans son landau avec une certaine fierté de petite femelle en herbe. Il sut plus tard qu’elle n’appréciait pas trop, possessive, les manifestations admiratives des passantes de proximité.
 
La grand mère maternelle veillait aussi sur lui, il lui rappelait son mari disparu, dans la douceur du regard et de la voix et la mollesse du geste… ainsi se plaisait-il à l’école de la séduction et de l’évocation.
 
Plus tard, à la naissance d’un nouvel enfant, qu’il rêvait nommer Jeannette, pour conserver le pouvoir illusoire sur tout ce petit monde féminin, surtout parce qu’il redoutait la concurrence. Il connut un tremblement de terre intérieur, c’était un garçon Le tournois footballistique s’accéléra. Sa mère, plus tonique et mieux entraînée, botta énergiquement en touche et il se retrouva à l’école maternelle, dans un milieu qui lui parut profondément hostile.
 
L’entrée dans le monde des autres se fit dans le chaos le plus total. Son esprit se fermait, il connaissait la honte de l’énurétique, régressant à l’état du tout petit pour retrouver ses privilèges perdus.
 
Il se sentait égaré, stupide et sale, se trouvait gauche et maladroit, curieusement vêtu. Il avait de l’urticaire sur tout le corps. Certains pensaient qu’il s’agissait de la gale, ce mot sonnait furieusement comme un présage dans sa tête meurtrie. Il revoyait dans sa mémoires les chats de gouttière maltraités, tout poil dehors, hérissés, poursuivis apeurés...les galeux.
 
Il était "mal mouché" disait-on, vivait au fond de la classe, prés du poêle à bois, là où s’épanouissent les cancres. Dans son isolement à l’odeur de craie et de cartable, il crevait comme un lépreux recueillant cependant des poux nomades dans sa chevelure abondante.
 
Il était gaucher et connaissait des troubles du langage. C’était un enfant craintif, anxieux, impressionnable et explosif, dévoré par la jalousie.
 
Le plus difficile encore, ce fut le regard méprisant des bons élèves, bien propres, dans leurs beaux habits de riches. Il avaient la tête de Marie-Paule, avec de beaux sourires énigmatiques, un peu jaunes, et l’air entendu qui reçoit la consigne et la respecte. Ils avaient la gentillesse polie de Jean-Philippe, avec la tête présente et attentive. Ils étaient comme des enluminures précieuses du grand livre de Moïse. Ils avaient l’esprit clair, la juste réponse et l’application du scribe. Ils étaient importants et sentencieux...les bons élèves.
 
Autrefois, il se souvient d’un ou deux copains échappés d’une étable, ou d’une botte de foin. Il se sentait très privilégié en leur compagnie. C’était un peu leur chef. Ils exhalaient communément une forte odeur de nature, quand ils s’entendaient bien. L’odeur du fumier dominait très nettement, dans les chamailleries. Que sont ils devenus ? Sans doute écologistes ? Mais Je n’en suis pas très sûr… Ils étaient comme des indiens du nouveau monde, sur le sentier de la guerre. Les autres étaient les conquérants, les visages pâles, bien supérieurs en nombre.
 
Et Fantine, la frondeuse, rescapée de l’enfance, la petite femelle du groupe, celle qui voulait jouer à la pythonisse avec lui et lisait dans son cœur comme dans une boule de cristal. Chez elle, la scolarité n’en fut pas affectée, au contraire. Plus tard, elle déposa son chaudron magique dans un repère de "scribouillards", une étude de notaire. Ce fut un défi suprême en matière de prosélytisme. La fée au pays du code civil.
 
Sacré copine, talonnée par l’écriture. Quel bordel dans ses cahiers et ses livres. Une vraie sœur. En attendant, elle voulait toujours corriger les fautes d’orthographes, comme Viviane, une autre institutrice de la fête, qui ponctuait avec grâce, à la manière de la semeuse de Monsieur Larousse...maintenant professeur de lettre.
 Un délicieux moment, orphique, inaltérable, répond encore à sa mémoire comme un feu d’artifice de chair.
 C’était dans la cour de l’école maternelle, les petits alignés, sages et appliqués sous l’autorité ouatée de leur première maitresse.
 Pour ce jour d’éducation physique mémorable, elle arborait une tenue vestimentaire inadéquate qui rappelait la réception officielle de la matinée. A la discipline somatique obligatoire, elle se présentait dans un tailleur cintré sombre que prolongeaient des jambes de soie noire finement musclées. Après un moment de laborieuses et vaines articulations collectives, une flexion appuyée découvrit la chair souple et laiteuse de ses cuisses dans le contraste saisissant de la soie d’ébène. 
Ce fut sans doute confusément le premier cours d’éducation sexuelle et sentimentale. 

  …C’était le temps, où l’explosion de la vie submergeait les plaies de l’âme, en apparence, et transformait le cœur en termitière. C’était le temps alchimique des fermentations de la conscience en éveil. C’était autrefois, il y a tellement longtemps… c’était hier, c’est aujourd’hui...Au cœur de l’enfance couleur sépia.
 

 


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34 réactions à cet article    


  • jako jako 26 novembre 2010 10:31

    Un très beau cadeau pour le week end, merci Jack pour ce texte qui évoque tant et tant de souvenirs pour moi.


    • jack mandon jack mandon 26 novembre 2010 10:51

      Jako,

      Très heureux, ainsi nous sommes deux garnements, peut être même des indiens du nouveau monde en quête d’espace et fourmillant de souvenirs.

      C’est bon de le reconnaitre malgré l’impudeur relative que ça véhicule.

      Merci de votre partage.


      • Ariane Walter Ariane Walter 26 novembre 2010 12:03

        Très beau texte, je l’aime beaucoup.

        Je pense qu’un des grandes tristesses de nos vies, comme vous le montrez, est de passer de cet état paradisiaque où tous les visages sont tournées vers nous et nous adorent, quand nous sommes des nouveaux-nés, à cette période où nous avons cessé de susciter une telle passion.
        C’est là que l’enfant se tourne vers sa mère qui lit au bord de la plage en lui disant, plusieurs fois, car elle n’écoute pas : "Regarde-moi, maman ! regarde-moi !

        Et je pense que tous nos actes ne poursuivent que ce but. Qu’on nous regarde et qu’on nous aime.

        Quant à la tristesse de l’enfant chéri jeté à l’école au milieu des loups...j’ai vécu aussi...


        • jack mandon jack mandon 26 novembre 2010 12:55

          Chère Ariane,

          La souffrance permet la sublimation.

          Les études de lettre représentent l’espace d’écoute

          ou les sonorités les plus subtiles évoquèrent la beauté.

          Cependant l’espace émotionnel subsiste avide de reconnaissance.

          L’éternel voyage entre le coeur et l’esprit...et l’attente.


        • Ariane Walter Ariane Walter 26 novembre 2010 12:06

          Désolée, ma ponctuation est minable !
          « Quand nous avons suscité une telle passion, c’est là que nous nous tournons vers notre mère.... »
          Pour éclaircir !

          Bon wekk-end !


          • jack mandon jack mandon 26 novembre 2010 12:35

            Chère Ariane,

            QUAND ON AIME, ON NE PONCTUE PLUS


            • jack mandon jack mandon 26 novembre 2010 12:42

              Ariane,

              Aurions nous avec Fergus la nostalgie du cercle des poètes disparus ?


              • Ariane Walter Ariane Walter 26 novembre 2010 14:55

                quand le film est sorti, cela avait touché mes élèves et en classe, on lisait des poèmes, assis par terre avec des bougies !
                Pas très réglementaire...Mais bon...


              • jack mandon jack mandon 26 novembre 2010 15:44

                Ariane Walter,

                J’ai connu un enseignant d’un naturel plus contestataire

                qui avait demandé à ses élèves de monter sur les tables

                en souvenir d’un épisode du film,

                là, je pense qu’il n’avait pas saisi l’essence du message

                de l’ enseignant d’avant garde.

                Vous étiez plus inspirée, la flamme de la bougie évolue

                dans l’imaginaire des secrets, dans les volutes de l’évocation.

                la poésie stimule la poésie.


              • rocla (haddock) rocla (haddock) 26 novembre 2010 13:12

                Mais où achète-t-il ses crayons plumes et autres stylographes ce Jack pour tourner des phrases aussi rondes que la ligne bleue des roses ? 


                Dans une enclume vous seriez la cerise sur le marteau ....

                 smiley  smiley smiley  that ’s right .

                • Suldhrun Suldhrun 26 novembre 2010 13:57

                  La cerise ,
                  en effroi , le marteau ne saura la toucher ... d abrupte façon
                   

                  L enclume , certes , la protéger ... il va de soi

                  Merci Jack de savoir l exprimer .

                  Et au capitaine de le noter .


                • Ariane Walter Ariane Walter 26 novembre 2010 14:53

                  Woauuhhhh !
                  mais Captain, sous vos dehors mille sabords vous avez une plume d’une finesse surréaliste !


                • jack mandon jack mandon 26 novembre 2010 15:13

                  Capitaine, seriez vous amnésique ?

                  Vous êtes mon principal fournisseur de crayons de couleur arc en ciel !

                  mais je ne vous en veux pas, le grand large secoue les méninges.

                  La mémoire est alors défaillante.

                  Entre la ligne bleue des roses,

                  et celle mémorable des Vosges viennent se lover les parfums d’antan

                  chers à votre coeur...l’enfance jamais ne nous lâche.

                  Pour la cerise, je me sens mal, mais accepte volontiers

                  la plaisanterie d’un prédateur des mers,

                  le loup de mer puisqu’il faut le nommer.

                   

                   


                • jack mandon jack mandon 26 novembre 2010 15:52

                  Suldhrun,

                  L’alchimiste de service par vocation dans la métamorphose centré,

                  transforme l’enclume et le marteau d’acier en un spectre opaque

                  qui n’entame en rien l’intégrité de la cerise.

                  Merci de votre intervention transcendantale. .à chacun ses talents.


                • rocla (haddock) rocla (haddock) 26 novembre 2010 19:31

                  Mais oui Ariane , 


                  Avec ma petite plume j’ époussette les poudres d’ escampettes qui s’ enfuient en poussant des cris déchirant l’ obscurité ténébreuse . Elles reviennent lendemain demander une autre caresse .

                  Merci de le joli compliment Ariane .

                  Bien à vous .

                • Ariane Walter Ariane Walter 26 novembre 2010 19:43

                  Encore Captain !
                  J’adore ces poudres d’escampette époussetées !!!


                • jack mandon jack mandon 28 novembre 2010 17:28

                  Tout à fait le capitaine est...foudroyant et d’une grande pudeur,

                  voire même, délicat sous l’apparence abrupte de son icône.

                  La tendresse qui ne dit pas son nom.

                  Merci à tous.

                  A par ça, qu’est qu’on cire bien les pompes. A mon avis, ce sera très difficile de nous départager au moment de la sélection...allez encore une couche pour le voyage ! je vous en prie que nenni.


                • Furax Furax 26 novembre 2010 13:43

                  Magnifique !
                  Merci Jack !


                  • jack mandon jack mandon 26 novembre 2010 15:21

                    Furax,

                    Jacques Prévert, Comment faire le portrait d’un oiseau,
                    ou comment apprivoiser le souvenir...

                    "Peindre d’abord une cage
                    avec une porte ouverte
                    peindre ensuite
                    quelque chose de joli
                    quelque chose de simple
                    quelque chose de beau
                    quelque chose d’utile
                    pour l’oiseau"

                    Merci de votre passage.


                  • Furax Furax 26 novembre 2010 15:45

                    J’ai un peu honte de mon commentaire en un mot, mais que dire après une telle page. Bien sûr, celà nous renvoie à nos propres images, aux goûts aux odeurs du premier âge.
                    A ces ampoules qui donnaient une lumière jaune et chaude, protectrice, Aux cornets de café dans lesquels on mettait le goûter, parfumant la tranche de pain, au claquement des « buchettes » avec lesquelles nous apprenions à compter.
                    Et ça nous change un peu des préoccupations du moment : le grand âge, la dépendance...On peut se préparer à vieillir mais allez vous préparer à la grande déchéance. Léonard Cohen a dit quelque chose comme :
                    « En veilllissant, nous perdons de plus en plus de neurones. Le côté positif, c’est qu’on s’en rend de moins en moins compte »
                    En ce moment, on se charge de nous raffraichir la mémoirre.
                    Mais ce sont des choses qui ne vous concernent pas encore !
                    Bonne journée et à bientôt.


                  • jack mandon jack mandon 26 novembre 2010 16:20

                    Rassurez vous Furax, le cerveau est un muscle, il suffit de le travailler.

                    Bien sur je n’ai pas été camarade de jeu de Ramses ii, comme Line Renaud,

                    mais j’ai bien connu François Villon à Montfaucon

                    J’eusse aimé le corps féminin
                    Des nonnettes et des nonnains
                    Qui, dans ces jolis temps bénis,
                    Ne disaient pas toujours « nenni »,
                    Qui faisaient le mur du couvent,
                    Qui, Dieu leur pardonne ! souvent,
                    Comptaient les baisers, s’il vous plaît,
                    Avec des grains de chapelet.

                    Vous avez raison, les ancrages de l’enfance sont puissants, nourris au lait béni.
                    kinesthésiques, aux sensations profondes, visuelles en diable, auditive à l’acouphène
                    Empreintes d’une vie en un seul élan. Toute l’histoire d’un seul jet tourbillonnant.

                    C’était le temps ou l’ordinateur d’Aristote digérait sa bouillie virtuelle dans les chimèriques
                    neurones de chercheurs en mal d’invention.
                    C’était le temps de la vie à cru, à l’oeuf, du tout est possible. mais c’est toujours,

                    on ne peut pas changer le monde, mais on peut changer de monde.

                    Je prêche un convaincu.

                    Pour les neurones cela dépend en grande partie de vous.

                    Merci du second passage, le premier était déjà plein mais vous ne l’aviez pas vu.
                    .


                  • Diane Diane 26 novembre 2010 13:47

                    Magnifique récit....
                    Tant d’émotions diverses remontant à la surface....souvenirs si marquants que vous les décrivez, aujourd’hui encore, avec tant de précision....j’imagine ce petit bonhomme choyé par sa grand-mère, sa mère, sa sœur ....et puis, un jour, sans comprendre pourquoi, sa place de petit prince est prise par l’arrivée d’un petit frère et dans un même temps, il se voit abandonné, perdu, dans cet autre monde qu’est l’école maternelle.
                    Merci pour ce partage...


                    • jack mandon jack mandon 26 novembre 2010 15:30

                      Diane,

                      "placer ensuite la toile contre un arbre
                      dans un jardin
                      dans un bois
                      ou dans une forêt
                      se cacher derrière l’arbre
                      sans rien dire
                      sans bouger...
                      Parfois l’oiseau arrive vite
                      mais il peut aussi mettre de longues années
                      avant de se décider
                      Ne pas se décourager
                      attendre
                      attendre s’il le faut pendant des années
                      la vitesse ou la lenteur de l’arrivée de l’oiseau
                      n’ayant aucun rapport
                      avec la réussite du tableau"

                      S’il ne vient plus, retenir la confiance,

                       et, avec des craies de toutes les couleurs
                       sur le tableau noir du malheur
                           dessiner le visage du bonheur.

                      Merci de votre visite avec les neiges de l’automne.


                      • Fergus Fergus 26 novembre 2010 16:46

                        Bonjour, Jack.

                        Inutile de faire un long discours sur votre superbe texte, l’essentiel a déjà été dit par Ariane et Diane. Comme quoi, rien de mieux que la sensibilité féminine pour réagir à un texte comme celui-ci, bourré de nostalgie et des sentiments complexes d’un enfant face aux réalités d’une vie : l’apprentissage de la souffrance et du dépit après l’amour instinctif des débuts. Vaste sujet, mais vous l’avez abordé avec talent.


                        • jack mandon jack mandon 26 novembre 2010 17:00

                          Bonjour Fergus,

                          Comme vous dites, les femmes évoluent aisément dans les mondes émotionnels.

                          Mais enfin, la sensibilité aidant nous marchons sur leurs traces.


                        • Dominitille 27 novembre 2010 14:57

                          Bonjour M. Mandon,
                          Je vais me plier donc à la distribution de compliments pour ce très beau texte.
                          Je l’avais lu hier, un peu vite mais je m’étais promis d’y revenir plus sereinement. Ce qui n’est pas encore le cas, ma réponse sera écourtée pour cause de sortie (Noêl approche et les places de parkings se font rares passées une certaine heure)
                          Les photographies couleur sépia gardent dans leur mémoire le temps qui s’est écoulé. Parfois trop lentement, mais parfois aussi trop vite.
                          Les souvenirs d’enfance sont les plus douloureux car on voudrait bien y retourner et changer deux ou trois choses.
                          Pourquoi mettre un oiseau en cage ? il chantera bien mieux perché sur sa branche et en liberté. Son chant ne sera que plus beau.
                          Villon n’a pas été à Montfaucon me semble t-il ?
                          Dyslexique et gaucher tout comme Léonard ?
                          Le loup de mer, excellent en papillottes.
                          Bonne journée, la Suisse doit être bien blanche aujourd’hui, n’oubliez pas vos chaînes de vélo.


                          • jack mandon jack mandon 28 novembre 2010 13:33

                            Domi

                            eh oui bien sur il y a les saltimbanques qui occupent la scène,

                            et les critiques embusqués dans les coulisses et dans la salle.

                            Heureusement ces derniers font leur travail respectueusement.

                            Bonnes fêtes, merci.


                          • Dominitille 28 novembre 2010 14:48

                            « embusqués » ?
                            je ne crois pas avoir une gueule d’embusquée. Critique, certe mais pas embusquée.
                            Vous écrivez, magnifiquement, certes et moi je critique bien moins magnifiquement certes aussi ;
                            Sinon les auteurs des livres que j’achète car je les apprécie beaucoup, pourraient me rétorquer également, que je lis leurs livres alors qu’eux les ont écrits.
                            Mon commentaire d’hier est déjà sépia.


                          • jack mandon jack mandon 28 novembre 2010 17:12

                            Domi,

                            En toute courtoisie, je voulais simplement dire que votre identité et votre histoire

                            restent dans la nuit, ce qui est votre choix et votre droit absolu et qu’il existe

                            des naturistes qui s’affichent en toute impudeur. Ils me sont plutôt familiers.

                            Bien sur ça reste entre nous, car, dans mon pays d’adoption j’aurais des ennuis.

                            Donc, c’est bien entendu entre nous, vous ne m’avez jamais vu. Merci.

                            Bonne soirée.


                          • Dominitille 28 novembre 2010 23:40

                            M. Mandon,
                            Je viens de me rendre compte que je me suis un peu trompée sur la définition de « embusqué » qui est encore pire que celle à laquelle je croyais.
                            Votre courtoisie est bien plus que je ne mérite. Il y a bien longtemps aussi que je me suis aperçue que nous autres les « commentateurs » n’ étions que de la roupie de sansonnet comparés aux rédacteurs ;
                            Bonne nuit


                          • jack mandon jack mandon 29 novembre 2010 19:40

                            Domi,

                            Il y a un malentendu..

                            Ce qui est important bien sur c’est ce que vous entendez.

                            Dans un premier temps, en ce qui me concerne, quand je fais un papier,

                            même modeste, je traverse, et ne suis pas le seul, une période euphorique,

                            un peu fébrile.

                            Pour le terme « embusqué », je l’ai entendu prononcé par mon père

                            pour la première fois quand j’étais enfant.

                            Si le mot m’est apparu, c’est que je fais un travail de mémoire

                            sur la vie de mon père. Entre 1916 et 1918, il se trouvait dans la guerre

                            mais dans des conditions relativement privilégiés, télégraphiste.

                            Ces copains était au front avant et affrontaient de plein fouet

                            les assauts de nos amis teutons.

                            Dans le langage de l’époque, sa situation moins exposée

                            faisait dire à ses camarades qu’il était « embusqué, »

                            on dirait maintenant...planqué.

                            Tout ça pour voir dans mon langage, tout au plus une trivialité

                            mais en aucun cas l’effet de quelque prétention mal placée.

                            Je vous souhaite une bonne soirée

                            .


                          • Diane Diane 27 novembre 2010 17:15

                            ......Quand l’oiseau arrive
                            S’il arrive
                            Observer le plus profond silence
                            Attendre que l’oiseau entre dans la cage
                            Et quand il est entré
                            Fermer doucement la porte avec le pinceau
                            Puis
                            Effacer un à un tous les barreaux
                            En ayant soin de ne toucher aucune plume de l’oiseau.....

                            L’oiseau arrive ou revient toujours Jack
                            Il y a les aléas de le vie.
                            Surtout, ne pas retenir sa confiance
                            Et quand le doute, parfois se fait sentir
                            Faire comme le petit cancre de Mr Prévert :
                            Avec des craies de toutes les couleurs
                            Sur le tableau noir du malheur
                             Dessinez le visage du bonheur.....


                            • jack mandon jack mandon 28 novembre 2010 13:38

                              Diane,

                              Avec ces histoires ornithologiques, je me demande maintenant

                              de quel oiseau il s’agit ?

                              Merci pour la migration sommaire.

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