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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Spectacle vivant : Le Jazz et la Diva

Spectacle vivant : Le Jazz et la Diva

Si la tendre guerre entre homme et femme était bien au coeur de Accords parfaits la saison précédente, dans ce même théâtre de la Gaîté-Monparnasse, Caroline Tresca et Philippe Caroit, son époux, tentaient avec succès de faire oublier derrière la fiction qu’ils étaient également unis à la ville.

Cette fois-ci, en duo avec sa Caroline à lui, issue de la famille Casadesus tant renommée sur le plan artistique, Didier Lockwood joue sur scène avec sa femme à être ce qu’immanquablement leur couple doit être dans la vraie vie.

Le respect disciplinaire se lisant réciproquement dans les yeux du partenaire, les deux musiciens, l’une de formation classique, l’autre de jazz, en profitent néanmoins à qui mieux mieux, certes pour brocarder les trompe-l’oreille et autres facilités que pourrait s’octroyer l’autre camp, mais surtout ils font oeuvre pédagogique de briser les barrières entre les genres musicaux, dont une certaine discrimination socioculturelle ferait perdurer l’hétérogénéité.

L’une chante l’opéra, l’autre "fait le boeuf" à lui seul autour de son violon, alors que Dimitri Naïditch, pianiste ukrainien hors-pair dont les deux protagonistes se disputent le talent, les accompagne, confident ou arbitre, en tenant symboliquement la chandelle, histoire de ne pas brûler par les deux bouts le roman merveilleux d’une passion amoureuse attisée par "Hypnoses" album de mélodies composées une par une par Didier et offertes à Caroline pour chaque anniversaire.

Dire que la Diva est rayonnante et fascinante serait un euphémisme, s’attarder sur la dextérité du violoniste et les dons de la chanteuse ferait cliché hors sujet, en revanche, se sentir complice quand il fait "le bête" alors qu’elle ne cesse de s’amuser à le séduire est un régal de tous les instants, qu’il faut célébrer au plus haut point, tant la jubilation circule de la salle à la scène comme de la poudre magique prête à tous les embrasements. Évoquant les premières rencontres de la "carpe" (néo-silhouette de Catherine Rich qui glisserait muette d’entre les bras de ses prétendants ?) et du "lapin" (doté d’un sourire craquant avec une légère dentition de rongeur similaire à celle du comédien Roger Pierre, voire à celle de Bernard Tapie !) la muse soprano s’esclaffe : « C’était obélix regardant bouche bée Falballa ! ». « Caroline est mon violon, je suis sa voix, elle est ma belle et moi, son clochard », confime le maestro.

Alain Sachs est le démiurge de cet état de grâce amoureux qui swingue avec lyrisme durant cent minutes d’hypnose, aussi rares que le bonheur.

photo : L. Ledoyen

LE JAZZ ET LA DIVA *** de & avec Caroline Casadesus & Didier Lockwood accompagnés de Dimitri Naïditch - mise en scène : Alain Sachs - Théâtre de la Gaîté-Montparnasse -


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