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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Splendeur et déchéance : Fréhel, 60 ans déjà !

Splendeur et déchéance : Fréhel, 60 ans déjà !

Elle était bien jolie, la môme Pervenche, sous son grand chapeau à fleurs et à plumes au cœur de la Belle Époque. Tout souriait alors à cette gamine de 17 ans à la voix si envoûtante. Comment imaginer qu’elle s’éteindrait, quelques décennies plus tard, dans une chambre d’hôtel sordide, au terme d’une vie à la fois romanesque et chaotique ?

1948, métro Anvers : une femme, manifestement ivre, est affalée au pied d’un arbre. Survient un panier à salade d’où surgissent des hommes en uniforme. « Foutez-moi la paix, je suis Fréhel, la chanteuse », s’exclame la pocharde. Malgré ses protestations, les policiers incrédules sont sur le point d’embarquer la vedette déchue lorsqu’une passante la reconnait et l’invite à chanter pour convaincre les perdreaux*. Fréhel, soudain dessoulée, se redresse et entonne La java bleue. Aussitôt se forme un attroupement. Aucun doute possible : il s’agit bien de la grande Fréhel. Le fourgon repart à vide tandis que l’émotion gagne les badauds au spectacle de cette femme en perdition mais dont la voix a gardé toute sa puissance évocatrice**.

Bouleversés, nous l’avons également été et nous le serons tous encore en regardant cette scène du film de Julien Duvivier Pépé le Moko, l’une des plus émouvantes du cinéma français : on y découvre Tania, une prostituée vieillissante et bouffie, échouée au cœur de la casbah d’Alger ; d’une voix chargée de nostalgie, elle évoque au son d’un phonographe le temps où elle était jeune et belle, le temps où elle chantait sur les planches des music-halls devant des publics conquis. Sous les oripeaux de Tania, l’amie de Pépé, Fréhel joue en réalité... Fréhel, avec au mur sa propre photo dans la gloire naissante de ses 17 ans.

Jeune et belle, Marguerite Boulc’h l’était assurément. Née à Paris le vendredi 13 juillet 1891, cette fille d’un couple de Bretons de Primel-Trégastel (Finistère) est promise à un avenir sans éclat dans le Paris populaire des quartiers nord où sont venus s’établir ses parents, lui comme cheminot – son métier lui coûtera un bras, happé par une locomotive –, elle comme concierge, et accessoirement prostituée, boulevard Bessières (18e arrondissement). Á l’âge de 5 ans, Marguerite chante déjà dans les rues, accompagnée par l’orgue de barbarie d’un aveugle. Á 7 ans, elle est victime d’une tentative de viol dans un terrain vague, mais elle n’en veut pas à son agresseur, car elle sait déjà que « les hommes sont comme ça ! » L’individu n’en est pas moins puni : quelques mois plus tard, il meurt au même endroit, victime d’une balle perdue.

De Pervenche à Fréhel

Le destin de Marguerite bascule en 1906, à l’âge de 15 ans, alors qu’elle gagne tant bien que mal sa vie en vendant des cosmétiques au porte à porte et en chantant dans les bistrots de Levallois. Vecteur de ce coup de pouce du destin : la célèbre Caroline Otero – elle-même issue d’un misérable village de Galice – à qui Marguerite ose venir proposer un jour une crème faciale dans sa loge. Chanteuse et courtisane*** connue du Tout-Paris, celle que l’on nomme alors La belle Otero décèle chez l’adolescente les qualités d’une possible vedette du music-hall et lui met le pied à l’étrier sous le nom de... Pervenche.

Pervenche débute à l’Univers, avenue de Wagram, à l’aube d’une prometteuse carrière de chanteuse alternant répertoire comique et réaliste. Mais les temps restent durs et la jeune fille chante également ici et là, parfois contre un simple cassse-croûte. Comme ce jour où elle se produit à la Taverne de l’Olympia sous les yeux de Robert Hollard, un jeune bourgeois entiché de music-hall qui fréquente lui-même la scène sous le pseudonyme de Roberty. Séduite, Pervenche se laisse engrosser puis épouser par ce Roberty. Un mari volage qui la trompe avec une autre chanteuse, Damia, avant de la quitter dès 1910 après que le couple ait perdu un enfant en bas-âge.

Entretemps, Pervenche a, fait rare pour les chanteuses de sa génération, gravé en 1909 chez Odéon un 78 tours où l’on entend deux titres : C’est une gosse et Fenfant d’amour. Ce sera la seule contribution de cette gloire montante à la discographie sous le nom de ses débuts. Devenue Fréhel en hommage au célèbre cap breton symbolique de ses origines – une inspiration de Roberty –, la jeune chanteuse connaît un succès grandissant. Un succès quelque peu terni, après le décès de son enfant, par le recours à l’alcool et la cocaïne. Divorcée de son mari, elle est un temps la maîtresse de Maurice Chevalier avant que celui-ci ne l’abandonne, en partie pour des raisons carriéristes, pour une autre femme, la gouailleuse Mistinguett que Fréhel surprend dans les bras de son amant. C’en est trop pour elle : aux stupéfiants et aux spiritueux, Fréhel, pour oublier sa vie sentimentale désastreuse, ajoute la fuite en répondant favorablement à la Grande Duchesse Anastasia de Mecklembourg qui l’invite à la suivre pour se produire à Saint-Pétersbourg.

Suit une longue période d’errance qui, en dix années d’une chute irrésistible amorcée dès 1911 (Fréhel n’a que 20 ans), la conduit de Saint-Pétersbourg à Constantinople, en passant par Vienne, Bucarest et Odessa. C’est dans la capitale autrichienne qu’elle apprend en 1914 l’assassinat à Sarajevo de l’Archiduc François Ferdinand de Habsbourg et dans la capitale roumaine qu’elle passe la Grande guerre, en se produisant dans les beuglants et en multipliant les liaisons sans lendemain. Fréhel n’a pourtant pas encore touché le fond. C’est chose faite en Turquie où la chanteuse sombre dans la prostitution. Alcoolisée, droguée, habituée des établissements louches et des bordels de Constantinople, elle est prise en charge en 1922 par l’ambassade de France qui la rapatrie dans un état lamentable. Méconnaissable, Fréhel est accueillie à Paris par son ex-mari et Montéhus dont la jeune Pervenche chantait le répertoire il y a bien longtemps, dans une autre vie.

De la scène à l’écran

L’histoire de Fréhel ne s’arrête pourtant pas là car, tel le Phénix qui renaît de ses cendres, elle réapparaît en novembre 1923 sur la scène de l’Olympia pour un improbable retour. Le directeur de la salle, Paul Franck, la présente un soir au public comme « l’inoubliable oubliée ». Fréhel, dans sa loge, est morte de trac, paniquée de devoir affronter le public alors qu’elle n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été naguère, dans la Belle Époque insouciante d’avant 1914. Et de fait, c’est « une matrone aux allures de maquerelle », selon le musicologue Marc Robine, qui entre en scène, la gorge nouée. Et le miracle se produit : en un clin d’œil le trac s’est envolé et la voix est revenue, comme avant. La « matrone » chante de sa voix puissante et chaude, et le public subjugué lui fait un triomphe.

Dès lors, Fréhel retrouve une place qu’elle n’aurait jamais dû quitter, rôdant ses nouvelles chansons sur les scènes des music-halls de Paris et de province avant de graver, de 1927 à 1939, plusieurs disques devenus des grands classiques de la chanson française. Son physique empâté de femme sans âge ni forme, loin d’être un handicap, colle parfaitement à son répertoire de chanteuse réaliste. Paradoxalement, ce physique ouvre même à Fréhel les portes du cinéma, grâce à Anatole Litvak qui, en 1931, fait appel à elle pour le tournage du film Cœur de Lilas (elle y chante La môme caoutchouc avec Jean Gabin). Suivront, jusqu’en 1949, 18 autres films dans lesquels Fréhel tiendra des petits rôles, à l’image du Roman d’un tricheur de Sacha Guitry.

Si le cinéma continue de faire appel à Fréhel après la deuxième guerre mondiale, son temps est en revanche passé pour la chanson. Le public demande autre chose, et désormais ce sont Lucienne Delyle (Mon amant de Saint-Jean) ou la môme Piaf (L’accordéoniste, Les trois cloches) qui tiennent le devant de la scène. Malgré quelques contributions cinématographiques, Fréhel vit plutôt mal cette désaffection. Elle se remet à boire et ne chante plus que dans des modestes salles au public clairsemé. Solitaire et confrontée aux démons de son passé, elle meurt le 3 février 1951 – il y a tout juste 60 ans – dans un sordide hôtel de passe de la rue Pigalle.

Fréhel est inhumée quelques jours plus tard au cimetière parisien de Pantin (23e division) en présence d’une foule considérable constituée de vedettes et de très nombreux anonymes venus rendre un dernier hommage à cette grande dame tourmentée de la chanson française. Fréhel y côtoie son ex-rivale Damia dans une relation définitivement apaisée.

 

* Terme d’argot, tombé en désuétude, qui désignait autrefois les policiers en tenue

** Cette anecdote à été racontée naguère par le journal Ici Paris

*** Les courtisanes (ou demi-mondaines), mi prostituées de luxe mi femmes entretenues, tenaient alors le haut du pavé, au grand dam des bien-pensants et des épouses légitimes de la grande bourgeoisie. Outre La Belle Otero, elles avaient pour nom Cléo de Mérode, Émilienne d’Alençon ou Liane de Pougy.

 

Liens musicaux :

Tel qu’il est

C’est un mâle

Où sont mes amants

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Splendeur et déchéance : Fréhel, 60 ans déjà !

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32 réactions à cet article    


  • rocla (haddock) rocla (haddock) 2 février 2011 11:30

    Très joli article Fergus . 


    La vie comme elle a pu être à cette époque pas bien lointaine avec la misère accrochée au ventre malgré un talent réel de grande dame de la chanson .

    Sortir du dix-huitième siècle et entrer dans le dix-neuvième   Tel qu’ il fut ....

    Elle a manqué de connaitre un René comme Dion et son bouton aurait fleuri comme il aurait dû . 

    Vous avez nul besoin Fergus de l’ aide de Doisneau pour raconter une vie noir et blanc . 

    Merci pour  cette remember-session .

    • Fergus Fergus 2 février 2011 11:37

      Bonjour et merci à vous, Capitaine.

      Quand le sujet est bon, l’auteur n’a guère de mérite.

      Du mérite, il en fallu à Fréhel pour s’extirper de sa condition dans un premier temps, puis pour revenir sur le devant de la scène après être tombée si bas.

      Une Fréhel qui n’est pas oubliée, certains vouant, à l’image d’Edith Piaf naguère, un grand respect à cette femme au parcours si difficile. C’est le cas de Renaud qui a repris, dans l’un de ses CD, quelques titres de Fréhel.

      Cordiales salutations.


    • JL JL 2 février 2011 11:53

      Magnifique hommage à une grande dame du peuple, merci Fergus pour ce moment de nostalgie d’une époque définitivement révolue et qui parait si loin.

      Merci aussi pour ces liens et ces chansons qui ont bercé mon enfance et que j’ai réécouté non sans émotion.


      • Fergus Fergus 2 février 2011 13:46

        Bonjour, JL.

        Merci à vous. J’ai éprouvé un grand plaisir à évoquer Fréhel, cette femme à la fois si solide et si fragile, chargée d’une émotion sincère et communicative comme sa prestation dans Pépé le Moko.

        Emotion, c’est bien le mot qui convient.

        J’ai d’autre projets en vue sur ces grands noms de la chanson française, souvent méconnus des jeunes générations. Je le ferai avec d’autant plus de plaisir qu’il existe dans le vieux répertoire des perles souvent oubliées.

        Cordiales salutations.


      • kitamissa kitamissa 2 février 2011 12:07

        chouette l’article ...


        Fréhel.....« où sont ils mon Moulin, ma place Blanche ........mon bistrot du coin ... mon cornet d’frites à deux ronds ! . » c’est dans Pépé le Moko ! ( j’ai la cassette,un trésor ! )

        y’avait Berthe Silva également dans le même genre « mon vieux Pataud t’as pas deux sous de malice,quand tu veux mordre tu montres les dents ! » 

        et la derniére du genre ,pour moi et pour beaucoup la dernière plus grande chanteuse Française Edith Piaf !

        c’est du tout bon ,merci pour ce billet !


        • Fergus Fergus 2 février 2011 13:53

          Un grand merci pour Fréhel, Kitamissa.

          Berthe Sylva, je l’ai programmée pour la fin mai, ce sera le 70e anniversaire de sa mort, et elle aussi vaut bien un hommage, aussi modeste soit-il.

          Quant à Edith Piaf, c’est un monument comme il n’y en a qu’un par siècle, et je ne passe jamais devant le 72 de la rue de Belleville (un quartier où j’aime à me promener) sans avoir une pensée pour elle, et notamment pour son enfance de gosse misérable, puis de gamine des rues...

          Bonne journée.


        • L'enfoiré L’enfoiré 2 février 2011 13:03

          Salut Fergus,
           Que dire de plus qui n’a pas été dit ?
           Appelle-t-on cela de la nostalgie de parler du passé ?
           Un peu jeune lors de la disparition Dame pour ne me rappeler que de certaines chansons.

           De la soi-disant, Belle époque, qui n’était belle que pour ceux qui pouvait se le permettre de le dire.
           J’ai flashé sur la vision de la vidéo « Où sont mes amants ».
           On y voit quelques fois, le Hat & Umbella Safety Matches... Made in Japan.
           Amusant, non ?

           La semaine, je me « paierai » aussi une période, plus proche, de nostalgie, après l’ostalgie de cette fois, pourquoi pas ?  smiley
           


          • Fergus Fergus 2 février 2011 14:06

            Salut, L’enfoiré.

            La nostalgie est un sentiment salé-sucré dans lequel on se complait, malgré le poids des ans qu’elle souligne. Et c’est très bien ainsi.

            Oui, la Belle Epoque n’a réellement été belle que pour ceux qui avait les moyens de s’offrir les ivresses des spectacles, des fêtes, des étourdissements sans lendemain. Mais dans le Paris d’alors, cette Belle Epoque a également été une formidable source d’espoir pour ces fleurs de la rue transformées parfois en Cendrillon grisées par un moment de bonheur, fût-il illusoire. L’époque se prêtait en effet, en certains lieux et le temps de quelques numéros ou danses, à un mixage des origines sociales propre à alimenter tous les rêves. Et quand on n’a rien d’autre à s’offrir, le rêve prend une importance capitale : dix ans, vingt ans plus tard, il est toujours là, et à cette évocation, la vie la plus rude semble soudain plus légère...

            Bonne journée. 


          • Fergus Fergus 2 février 2011 16:28

            Salut, Vlane.

            Faute d’argent, Mozart, le grand, l’immense Mozart, n’a eu droit qu’à un enterrement de 3e classe au cimetière Saint Marc après une cérémonie dans une chapelle attenante à la cathédrale Saint-Etienne. Situé à quelques kilomètres de la capitale autrichienne, ce cimetière désolé, et totalement dépourvu d’arbres à l’époque, était sinistre, et seule une douzaine de parents et d’amis ont accompagné la dépouille du génial compositeur jusqu’à ce lieu. Mais Constanze, l’épouse de Mozart, était alors dans le dénuement, et les amis du couple n’eurent d’autre choix que cette inhumation de pauvre. D’après sa jeune soeur, Sophie Haibel, Constanze était si affectée par la mort de Mozart qu’elle resta des heures couchée à son côté dans l’espoir d’être emportée par la maladie...

            Bonne journée.


          • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 2 février 2011 16:12

            Pépé le Moko. En voilà un de bon film.

            Excellent papier Fergus.


            • Fergus Fergus 2 février 2011 16:31

              Salut, Peachy, et merci.

              Pépé le Moko est sans aucun doute l’un des tous meilleurs films français des années 30, et l’ambiance de la casbah y est parfaitement restituée si l’on en croit ceux qui l’ont connue à cette époque.

              Bonne journée.


            • Stupeur Stupeur 2 février 2011 16:33
              Bonjour, 
              Dites-moi que je ne suis pas la seule à avoir cru que l’article parlait du Cap Fréhel... 

              Quel parcours, sinueux ! 
              Hilarante, la chansons « Tel qu’il est ». Fernandel s’en est inspiré pour « Félicie, aussi ! » ? 
              « C’est un vrai gringalet, aussi laid qu’un basset » 
              « il est bancal du côté cérébral ? »
              Moi, ça suffit pour me faire rire, je suis bonne cliente... * * * smiley * * * 

               Désormais je saurai que Fréhel n’est pas seulement le nom d’un Cap. Tous les jours j’apprends... C’est génial ! Merci ! 
               

              • Fergus Fergus 2 février 2011 17:08


                Bonjour, Stupeur.

                En réalité, originaire de Primel-Trégastel, Fréhel aurait pu tout aussi bien prendre comme pseudo Primel, du nom d’une pointe aussi séduisante que le cap Fréhel mais nettement moins connue, malgré le charme du site et les traces de fortifications protohistoriques. Dommage car cette partie de la côte bretonne (que je connais bien pour avoir habité à 15 km de là durant 10 ans) est superbe, comme toute la commune de Plougasnou à laquelle elle appartient. Anecdote : Fréhel n’est pas la seule personne connue de la commune ; dernières en date : Dominique Lavanant et Brigitte Fontaine que j’ai eu l’occasion de voir ensemble sur une photo de classe. Amusant.

                Pour ce qui du parcours de Fréhel, sinueux est effectivement le moins que l’on puisse dire. Mais il était à l’image de pas mal de chansons de l’époque, calquées sur la vie des pauvres gens qui donnait matière à une inspiration sans fin de la chanson réaliste. Cela a duré jusqu’aux Frères Jacques dont je te recommande si tu ne la connais pas « L’entrecôte  », encore qu’il s’agisse là de réalisme un tantinet comique.

                A propos de chanson, « Tel qu’il est » est tout à fait dans le style des chansons comiques d’autrefois. Mais il y en a de plus hilarantes encore, à l’image de celles que chantait notamment Paul Lack, telles « Le jardin des plantes aquatiques » (sur l’air de « La paimpolaise ») ou « Il a tout du balot ».

                Cordiales salutations.


              • FRIDA FRIDA 2 février 2011 18:26

                @Fergus
                Merci pour ce moment de culture populaire.


                • Fergus Fergus 2 février 2011 18:33

                  Bonjour, Frida, et merci à vous pour cette visite au souvenir de Fréhel.


                • Stupeur Stupeur 2 février 2011 18:42

                  Ah oui, tout à fait, ça aurait aussi pu faire un bon pseudo « Primel ».
                  Non, je ne connaissais pas « L’entrecôte », je suis végétarienne * smiley
                  En effet, la côte -encore de la viande ?- bretonne est superbe. Avec le cri des mouettes et le bruit du ressac, on s’y croirait presque. * * * smiley * * * 
                   

                  • Fergus Fergus 2 février 2011 18:51

                    A propos de végétarisme et de consommation animale, j’ai en projet un article sur un phénomène peu connu : le « spécisme ». De quoi sans doute alimenter la polémique. Mais, comme disait Rudyard Kipling, ceci est une autre histoire...

                    Je te souhaite une excellente soirée.


                  • Stupeur Stupeur 2 février 2011 23:17

                    Oh oui, le sujet est polémique ! Les échanges spécistes/antispécistes risquent d’être saignants ! * * smiley * * 

                     Bonne soirée ! 
                     

                  • Fergus Fergus 2 février 2011 23:34

                    @ Stupeur.

                    « Saignants », c’est bien le mot !

                    Bonne nuit.


                  • Miss Fischer-Brown 2 février 2011 20:27

                    et bien, moi mon minet, j’ai une petite préférence pour Damia   smiley 






                  • Fergus Fergus 2 février 2011 22:55

                    Bonsoir, Calmos, et merci pour ce petit pélerinage sur les traces de Fréhel.

                    Comme vous le soulignez, ces femmes vivaient leurs chansons et savaient faire partager une réelle émotion au public. Rien à voir avec la plupart des chanteuses sans voix (Carla Bruni, Charlotte Gainsbourg...) que l’on récompense pourtant aujourd’hui de trophées, sans se soucier du tourment que l’on inflige à celles, talentueuses, qui ne connaîtront jamais le succès, souvent faute de relation dans un milieu devenu beaucoup plus mercantile qu’artistique.

                    @ Miss Fischer-Brown.

                    Damia aussi a été une grande interprète. Et avec elle Marie Dubas et Yvette Guilbert, sans oublier la miss, Mistinguett, pour qui j’ai une affection particulière.


                  • Annie 2 février 2011 20:56

                    Bonsoir Fergus,
                    Moi non plus je ne connaissais pas Fréhel, mais j’allais faire la même réflexion, que toutes ces femmes sortaient de la rue, ce qui ne les a pas empêché de connaître des destins extraordinaires (aujourd’hui je me demande comment elles auraient pu obtenir un visa). La déche, peut-être, mais aussi l’aventure, de Constantinople à St Petersbourg. Merci pour cet article, mais aussi pour les deux photos en noir et blanc, surtout celle de Fréhel jeune.


                    • Fergus Fergus 2 février 2011 23:06

                      Bonsoir, Annie, et merci à vous pour ce commentaire.

                      Les filles comme Fréhel n’avaient, à l’époque, pas de perspectives très riantes lorsqu’elles n’avaient pas de talent particulier : ouvrières, blanchisseuses, servantes ou... prostituées. C’est pourquoi elles se battaient avec une détermination farouche pour sortir de cette condition dès lors qu’elles savaient un tant soit peu chanter ou danser. Mais il fallait quand même une bonne dose de chance pour tirer le bon numéro, et sans doute bien des talents sont-ils restés ignorés. Pour Fréhel ce bon numéro lui a été délivré par la Belle Otéro, une demi-mondaine qui savait ce qu’était la misère, et qui, parvenue au faîte de la notoriété, n’avait pas pour autant abandonné son regard généreux sur les humbles.

                      La photo de Fréhel jeune a été prise l’année de ses 17 ans. Comme je l’indique dans l’article, c’est elle que l’on voit accrochée au mur dans Pépé le Moko.


                    • Annie 2 février 2011 21:20

                      Si, si, il y a ou il y avait encore des chanteuses dans cette lignée. Ecoutez Barbara, elle ne sortait pas de la rue, bien qu’elle ait aussi connu des revers dans sa jeunesse, mais elle chantait avec ses tripes. Elle s’est démarquée ensuite de cette tradition, mais je ne crois pas qu’elle aurait pu être ce qu’elle a été, sans l’influence de ces chanteuses. Une chanson pour vous faire plaisir : la plus bath des java : http://www.youtube.com/watch?v=WbYiAZ1cPoo


                    • Miss Fischer-Brown 2 février 2011 21:36

                      Bien sûr Barbara, je l’adore. Il y a Catherine aussi, belle voix

                    • Miss Fischer-Brown 2 février 2011 21:41

                      Et puis Pia Colombo, Le tzigane

                    • Annie 2 février 2011 21:47

                      Superbe.......


                    • Fergus Fergus 2 février 2011 23:11

                      Barbara, évidemment, que j’avais vu sur scène à Bobino en première partie de Brassens, il y a bien longtemps !

                      Et la superbe Anne Vanderlove, si émouvante également dans sa Ballade en novembre (son hélas médiocre).


                    • franc 3 février 2011 15:09

                      Merci à l’auteur de rendre hommage à une très grande dame de la chanson française et par là de faire connaitre Frehel bouleversante et géniale comme Piaf ,une vraie artiste digne de ce nom qui est aujourd’huis galvaudé par la nouvelle génération nourrie des NRJ award Jennifer et des Black Eyes Peas


                      • Fergus Fergus 3 février 2011 15:52

                        Bonjour, Franc.

                        Merci à vous pour cette visite. Fréhel et Piaf ont effectivement été des grandes dames de la chanson, capables, par leur seule présence sur scène et sans le moindre artifice, de créer une véritable atmosphère. Une prouesse que bien peu d’« artistes » seraient ajourd’hui en mesure d’assurer, d’où le recours des effets scéniques souvent surchargés et parfois carrément grotesques.

                        Mais chacun ses goûts et si certain(e)s aiment cela et les prestations formatées, je n’y vois pas d’inconvénient.


                      • brieli67 6 février 2011 22:30

                        Ah Marianne qui rêve 




                        Le destin de l’Al-boche Louise La Goulue, reine du french cancan, dompteuse de Princes araignés puis de grands fauves est du pareil au même 

                        La Goulue de Lautrec  par un descendant secrétaire de Mademoiselle Léonie / Arletty !!

                        • Fergus Fergus 6 février 2011 22:40

                          Salut, Brieli.

                          Merci pour ces liens.
                          La Goulue, un personnage intéressant également, et pas seulement par la grâce de Toulouse-Lautrec. J’avais complètement oublié qu’elle était d’origine alsacienne.

                          Bonne nuit.

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