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Stereokimono vous invite au café intergalactique des arts pour une orgie sonore

Le rock ne cesse de surprendre mais pour y accéder, vous ne trouverez pas d’articles dans les Inrocks et pas la peine d’aller au festival des vieilles charrues, bien trop consensuel. C’est grâce aux petites maisons de disque que des artistes originaux peuvent accéder à une reconnaissance amplement méritée et c’est notamment le cas de Stereokimono, trio italien qui vient de sortir son troisième CD en 2012 sur le label Aereostella. Composée de Alex Vittorio à la basse et claviers, Antonio Severi à la guitare et claviers et de Cristina Atzori aux percussions, cette formation distille un rock difficile à classer. Sur les sites spécialisés, il figure dans la catégorie space-psyché, genre assez hétéroclite et qui du reste, ne renvoie aucunement aux « garage bands » des sixties qui, même s’ils se réclamaient du psychédélisme, avec des pochettes façonnées comme l’art nouveau de 1900, résonnant plus comme du pop rock que comme la musique plus élaborée jouée à partir de 1970. Stereokimino joue un rock très inventif dont le style peut être comparé à Ozric Tentacle, groupe légendaire né à la fin des eighties, très côté sur la scène alternative et assumant le double héritage de Gong et de Hawkwind.

Le groupe ne manque pas d’ironie en se catégorisant comme « rock psychophonique oblique » un genre qu’ils se sont plus à inventer, à l’instar de leurs proches cousins norvégiens de Seid qui font du cosmic pirate rock. L’objectif étant de provoquer des réactions sensorielles stimulant l’imagination. Et effectivement, on est surpris par les étranges sonorités et l’atmosphère dépaysante de cette musique qui transcende les genres selon les dires du producteur de l’album qui n’est autre que Franz di Coccio, batteur et chanteur du groupe PFM, lequel ajoute que Stereokimono a la capacité de créer des atmosphères sonores avec une exceptionnelle liberté expressive. Et c’est en effet ce qu’on constate en écoutant ces sons qui partent dans tous les sens. A noter l’utilisation de la guitare synthé, désignée comme guitare MIDI à cause de l’interface qui unit les deux instruments. Cet instrument offre une palette sonore élargie, en servant les musiciens qui savent l’utiliser avec subtilité, ce qui est le cas de Severi. On peut même entendre des parties orientalisantes sur fond d’imitation de sitar.

La particularité de cet album est d’offrir une succession d’atmosphères, un peu comme une galerie de peinture où sont exposés des Matisse, Monet et autres Manet. Rien de commun avec les groupes pop british qui semblent servir dix morceaux de la même veine avec un qui sonne plus familier, destiné à devenir le tube prêts à diffuser sur les radios généralistes et servant de promo au CD. A vrai dire, aucune des compositions d’Intergalactic art café n’est destinée aux radios de masse. Pourtant, la chaleur ne manque pas, ni une certaine dose d’humour musical conférant à quelques compositions une tonalité free et jazzy qu’on pourrait trouver chez Stormy six ou Zao ou même Area, ce groupe de jazz rock fusion fameux des seventies, engagé auprès des gauchistes, avec un chanteur absolument étonnant par ses aptitudes vocales. On remarque d’ailleurs sur la longue composition Rebus quelques parties vocales rappelant ce chanteur (grâce à Raffaello Regoli, un des nombreux guests jouant sur l’album). La line-up définitive du groupe a été fixée en 1995 si bien qu’on ressent bien cette complicité entre les musiciens qui d’ailleurs se sont produits au Tribute to Demetrio Statos qui n’est autre que le défunt chanteur d’Area. Belle musique qui déménage, déconcerte, non sans être virevoltante et très dynamique, avec une rythmique évoquant non seulement Gong mais aussi le son de Detroit tel qu’il fut concocté par Bill Laswell dont on peut retenir l’excellente collaboration avec David Allen. 

N’hésitez pas à vous procurer ce CD qui en plus, est livré dans une pochette double cartonnée comme les vieux vinyles avec à l’intérieur des reproductions d’œuvres audacieuses. On dirait du Bosch revisité par un Basquiat. La devise de Stereokimono, c’est une substance, cinq sens, une imagination sans fin. Et le groupe nous invite dans son bar intergalactique multidimensionnel quelque part dans un lieu de l’univers qui n’est pas mentionné sur les cartes pas plus que cité sur les guides Michelin les plus récents. Ce bar est ouvert pour les voyageurs errants dans l’univers. Un point lumineux se dessine à l’horizon et en s’approchant, on entend une musique étrange et folle. Ce bar est au carrefour des différentes dimensions. Alors il est fréquenté par d’étranges personnages. Et ce sont des figures improbables de l’underground cosmique que vous pouvez imaginer en entendant cette musique inclassable. Bon voyage dans l’espace intergalactique et à plus pour d’autres news du prog italien si riche.


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