A l’instar de ses collègues humoristes, Christophe Alévêque a pris son bâton de pèlerin pour battre campagne présidentielle à travers l’hexagone.
Chacun ayant son angle d’attaque, celui de Super Rebelle est de virtualiser son rôle de candidat, dit libre.
Le voici au Théâtre du Rond-Point pour assurer, avant et entre les deux tours, une parodie de candidature populiste à l’extrême, censée être totalement foireuse pour mieux mettre en valeur la critique de celles dûment validées par cinq cent signatures institutionnelles.
Avec force ballons lancés, petits drapeaux agités et mêmes lâchers de billets de banque en duplicata à l’effigie respective, recto verso, du président en place évalué à 500 euros et du candidat rebelle pour 1 euro de supplément, le meeting à l’américaine, manière Jacques Tati peut débuter en fanfare.
Par la suite, si la salle semble quelque peu interloquée et moyennement convaincue par le profil de la candidature vantée par Super Rebelle, celui-ci trouve sa véritable vitesse de croisière en accélération progressive dans la stigmatisation tous azimuts de ses concurrents dont aucune promesse, à ses yeux, ne pourrait trouver grâce.
Si le spectacle a l’objectif prioritaire de divertir, en caricaturant avec une mauvaise foi entretenue à dessein, toutes les intentions altruistes des prétendants au trône, il n’en demeure pas moins et c’est, de toutes évidences, ce que vient rechercher son public, qu’entre les lignes de sa logorrhée, l’artiste donne matière à réflexion par la preuve du contraire.
Ainsi, en mettant en exergue, avec l’excès qui est sa marque de fabrique, tout ce qu’il ne faudrait pas faire à la tête de l’Etat, se dessine en creux le portrait du candidat souhaitable par l’opinion qui, par ailleurs, lui est gré de rire sans ambages de tous les travers inhérents à la tentation d’une quête présidentielle de pacotille.
Dans la perspective traditionnelle des chansonniers, Christophe Alévêque grossit le trait, avec une empathie jubilatoire à l’égard de ses cobayes, pour mieux faire passer le message subliminal dont, de toutes évidences, il est porteur : Tout ceci est donc pour rire mais c’est bien pour cela que c’est très sérieux !
photo © Giovanni Cittadini Cesi
SUPER REBELLE... ET CANDIDAT LIBRE ! - ***. Theothea.com - de Christophe Alévêque - mise en scène : Philippe Sohier - avec Christophe Alévêque & guitare : Francky Mermillod, batterie : Stéphane Sangline, claviers : Julien Bonnard, accordéon/cor : Maxime Perrin - Théâtre du Rond-Point

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