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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Sur « La Pierre » Bernard Sobel associe la mémoire

Sur « La Pierre » Bernard Sobel associe la mémoire

Assis le long de l’avant-scène l’autre soir, l’ensemble de l’équipe artistique, emmené par Bernard Sobel micro en main, répondait aux interrogations du public à l’issu de la quatrième représentation, au Théâtre de la Colline.

« La Pierre » est un poème ; en tout cas l’ex-directeur du Théâtre de Gennevilliers perçoit le texte de von Mayenburg comme un outil métaphorique et universelle de la mémoire, bien davantage à une reconstitution historique et identitaire des pérégrinations de l’Allemagne contemporaine.

Autour d’une thématique de la maison familiale où se succèdent, selon les convulsions géopolitiques de 1935 à 1993, les maillons d’une chaîne d’occupantes qui, de bon droit, expulsent, de fait, les précédentes, l’auteur recompose le puzzle par lequel, la conscience, bonne ou mauvaise, vient buter contre les ombres de l’inconscient et les fantômes de la culpabilité.

En effet, il ne suffit pas de sublimer une cause ou de se mentir à soi-même pour que de grand-mère à petite-fille en passant par la mère, l’esprit de famille soit absout des frustrations ou même du malheur engendré chez l’alter ego qui aura été dépossédé du gîte, fût-il situé à l’Est du mur de la honte.

Quatre repères symboliques serviront de cadre à une dramaturgie défiant la chronologie, à l’instar des souvenirs récents ou lointains qui s’associeraient dans une anamnèse :

Une lettre, une balançoire, un piano, et bien entendu la fameuse pierre.

Jonglant avec ces traces mnémoniques, les protagonistes féminines Mieze (Anne Alvaro), Heidrun (Claire Aveline), Hannah (Priscilla Bescond), Stefanie (Anne-Lise Heimburger) et Witha (Edith Scob) vont effectuer une danse du scalp, d’essence psychanalytique, d’où leur unique partenaire masculin, Wolfgang (Gaëtan Vassart), s’exclura lui-même du jeu vital.

Ainsi de confiscation en appropriation, d’acquisition en restitution, de fragmentation en récupération, la transmission de la mémoire va s’effectuer cahin-caha entre les générations qui tentent, chacune à leur tour de s’arranger avec le mensonge explicite autant qu’avec l’aveu implicite.

Sans jugement moral de l’Histoire, Bernard Sobel s’associe à Marius von Mayenburg pour se glisser dans le schéma mental d’une généalogie féminine, en charge de faire sens avec les paradoxes humains de la prise de conscience.

Cependant, au bout d’une heure, l’autre soir, le débat se terminera sans qu’aucune des comédiennes de cette création théâtrale n’ait eu l’opportunité de prendre la parole.

photo © Elisabeth Carrechio

LA PIERRE - ** Theothea.com - de Marius von Mayenburg - mise en scène : Bernard Sobel - avec Anne Alvaro, Claire Aveline, Priscilla Bescond, Anne-Lise Heimburger, Edith Scob & Gaëtan Vassart - Théâtre de la Colline

 


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