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Sur le vif : le point de vue d’une femme sur le conflit au Proche-Orient

Sur le vif : le point de vue d’une femme sur le conflit au Proche-Orient (1)

Je le dis d’emblée, comme d’une façon urgente, Sur le vif est un livre admirable. C’est un grand texte, une traduction brillante, un objet parfait.

Le texte
Sur le vif est un texte dense et exigeant, difficile à démarrer. Michal Govrin aura mis dix ans pour l’écrire. Le roman prend place pendant des évènements que nous avons tous connus et que pourtant nous connaissons très mal, le début des années quatre vingt-dix et la Guerre du golfe. Dans sa construction le texte alterne trois niveaux d’écriture : les snapshots ou instantanés, des discontinuités au cours desquelles le flux trivial du quotidien surgit comme des clichés, des morceaux coupés au montage d’un film de voyage amateur ; le dialogue mentale d’Ilana avec son père, son souvenir et le besoin vital de lui parler, de lui raconter, de poursuivre la discussion, la réflexion, le travail par delà la mort et, enfin, le récit lui-même. Le texte comme architecture.

Quand est-ce que le texte accroche ? Aux premières réminiscences de Histoire d’une vie, le roman de Aharon Appelfefd et que Michal Govrin remercie à la fin du roman, ou aux premiers ébats, très orientaux, d’Ilana avec Saïd ? Je ne sais. Le fait est que le procédé littéraire, exigeant au commencement, produit un effet inattendu qui se déploie et envoûte.

New Jersey, New-York, Paris, Jérusalem, Paris, les lieux s’enchaînent. L’errance toujours. Architecte de renommée internationale, les projets d’Ilana l’appellent sur tous les continents. Alain, son mari, orphelin rescapé d’un camp et historien court le monde à la recherche des noms de son passé. Le couple bat de l’aile, sérieusement. Alain sent la compétition avec Saïd, le metteur en scène palestinien qui collabore avec Ilana sur un projet de performance. Le couple part à la dérive.

Errance géographique, errance affective, Ilana s’abandonne totalement, inconditionnellement à ses amants, nombreux. Mais toujours reviennent comme un leitmotiv la figure du père et le projet d’architecture, indissociables, le non monument, l’anti monument, le monument qui n’est pas monumental, le monument pour la paix : de frêles cabanes posées sur la colline du Mauvais conseil. Les frêles cabanes, les souccas, comme la promesse d’une solution métaphysique au conflit Israélo-Palestinien : la Jachère, le lâché prise. Leitmotiv le monument pour la paix, la performance, la troupe de Saïd, Saïd, le père.

Les personnages du roman sont stéréotypés - jamais caricaturaux - et c’est un des grands mérites de l’écrivain que de faire vivre autant de personnages. Tout comme le mathématicien choisi ses hypothèses en vue de la démonstration, Michal Govrin, en architecte de son œuvre, choisi et décrit soigneusement, rigoureusement ses personnages. Alain, intelligent, bourgeois, inquiet, taciturne est la figure du juif. Saïd, dans la promiscuité de la vie d’artiste, félin, séducteur, égoïste, inconstant, rigide est la figure de l’arabe. Claude, divorcé, dévoué, fidèle confident, discret, opportuniste est la figure du français. Sa figure est complétée par celle des deux collègues d’Ilana du bureau parisien, Colette et Fernand, attentionnés, prévenants, paisibles - lâches ? Aharon Tsouriel, le père d’Ilana créateur d’Israël, romantique, plein d’illusions, désillusionné, reconnaissant naïveté et erreurs, est le pionnier, le créateur. Signalons également, David et Yonathan, les deux enfants d’Ilana, deux personnages, deux personnalités à part entière et prouesse littéraire de Michal Govrin tant ils sont vivants. Leur mère les suit comme une caméra, attentive au moindre mouvement, à la moindre variation. Ilana, enfin, architecte, mère et amante, amante et mère, insatiable, libre, sur le fil. Ilana ne se décrit pas mais se découvre au fil des confidences, des sentiments qu’elle explore et dont elle n’est pas dupe. Le corps a ses raisons que la raison ignore. Et d’où vient que les innombrables personnages qui traversent le récit sont si justes, si bouleversants ? De la pratique du théâtre ? De la fréquentation des acteurs ? De la troupe ? De la mise en scène ? Le texte comme performance.

La symbolique est transparente. Alain est Israël et le peuple juif, Saïd est la Palestine et le peuple arabe. Deux hommes en concurrence et que apparemment tout oppose s’affrontent sans se connaître pour Ilana. Ilana comme enjeu, le seul véritable - pour l’homme -, symbole de la femme, de Jérusalem et de la terre, féconde et fécondée. Mais, nous dit l’écrivain, Ilana, la femme, Jérusalem, la terre n’appartient à personne ; elle n’appartient qu’à elle-même : c’est la métaphore de la jachère, du lâché prise symbole de liberté, de tolérance, de partage, de paix. Une fois tous les sept ans, une année entière, les clôtures sont ouvertes, la terre est laissée à elle-même et chacun en recueille les fruits. Cette idée nous a enseigné l’écrivain est présente dans tous les grands textes religieux mais n’a jamais existé dans la pratique. Enfin, le père d’Ilana, créateur d’Israël, est bien entendu la figure du Père, du Dieu créateur. Comme l’a rappelé Michal Govrin au cours de notre rencontre, dans la cosmogonie hébraïque, c’est Dieu l’artisan de la confusion dans l’ordre du monde... Peut-être y a-t-il là encore un symbole. Et peut-être Alain a-t-il raison, n’est-ce pas pure folie que de rassembler le peuple juif sur un seul territoire ? Le texte comme symbole.

Ilana agit comme un révélateur, le pivot autour duquel s’articule la réflexion. Saïd et Alain, palestiniens et israéliens, arabes et juifs sont renvoyés dos à dos dans leur égoïsme et dans leur intolérance. On voit bien - Michal Govrin nous donne à voir - comment Alain et Saïd, sans se connaître, s’enlisent chacun à leur manière dans la haine et dans le refus obstiné de comprendre l’autre, de dialoguer, de dépasser le conflit. Et s’il leur vient quelque velléité dans ce sens, la communauté vindicative s’abat sur eux. Témoin privilégié et désemparé des incompréhensions de part et d’autre, Ilana souffre terriblement et nous sommes spectateurs de ses souffrances. Contrairement à ceux qui ont pris le parti de la haine, la liberté de son amour dépasse les conflits, les résous, les dissous. Elle nous donne une belle leçon d’amour et de tolérance. D’ailleurs, si le texte nous dérange, voire s’il nous met en rage, nous devrions nous inquiéter de savoir d’où vient ce sentiment, du comportement d’Ilana ou de notre plus ou moins grande tolérance, liberté d’esprit ?

En Israël, Sur le vif a été mal accueilli par les partis politiques de droite comme de gauche. Par la lucidité et la liberté de ses propos l’écrivain s’est fait des ennemis de tous bords. Mais au fond quoi de plus logique ? Ne tente-elle pas de dépasser le conflit dans lequel nombre trouvent leur légitimité ? J’y vois la marque essentielle d’un grand roman qui dépasse les faux semblants et jette une lumière crue sur la réalité. Un de ces romans qui se fraie un chemin jusqu’à approcher la vérité et qui dérange.

Trop d’intérêts sont en jeu et dès le début du roman nous savons que Ilana est morte dans un accident de voiture sur une autoroute d’Allemagne, que son œuvre ne verra pas le jour et que, peut-être, elle emporte avec elle le trait d’union entre juifs et arabes - et que peut-être aussi Alain aurait accepté.

Admirable aussi ce procédé qui à tous les niveaux de l’écriture consiste en premier lieu à résumer un fait totalement, à en donner l’épilogue immédiatement pour ensuite revenir en détail sur le fait et le commenter, l’explorer. L’écrivain désamorce le suspens et le lecteur est tout entier à la pensée de l’instant, et non dans une fuite en avant. C’est l’anti roman de genre, une œuvre de pur travail, de pure réflexion : un chef d’œuvre.

La traduction
Je ne lis pas l’hébreu. Et pourtant, lorsque quelqu’un a dit que la traduction Valérie Zenatti était très bonne, j’ai spontanément renchéri en disant qu’elle était excellente. Qu’est-ce qui m’autorise de dire cela ? Ce français irréprochable, cette vérité et cette justesse dans les phrases et dans le ton. Je ne sais. C’est peut-être juste que j’ai trouvé le texte excellent en français.

Mais écoutez plutôt l’interview de Michal Govrin par Valérie Zenatti. C’est sans doute l’écrivain qui en parle le mieux. A un moment, Michal Govrin interrompt spontanément le fil de son discours pour rendre hommage au travail de son éditeur et de sa traductrice.

L’objet
Sur le vif est un gros morceau de feutre posé sur les genoux. C’est un rapport physique avec le livre. Le texte est dense et l’objet est lourd, aussi le contact visuel et tactile avec le livre participe du plaisir de la lecture. Les pages sont impeccables, la typographie irréprochable, il n’y a pas de coquilles. La couverture aux couleurs claires, pastel, un peu désuètes est apaisante et invite à la lecture. Elle est doublée de chaque côté du livre d’une page interstice marron qui protège le texte.

C’est le printemps. Le livre posé sur les genoux pèse et les mains transpirent. La couverture boit la sudation. Le livre est résistant et à force de manipulations la couverture se peluche légèrement entre les doigts comme un buvard : les pages restent impeccables. Le livre accompagne, aide, encourage tout au long de la lecture de ce texte dense.

A la fin de l’édition française de Sabine Wespieser, se trouvent des photos montages de Michal Govrin. Ils donnent une idée de ce qu’est la colline du Mauvais conseil, de ses paysages et du monument pour la paix qu’a imaginé Ilana Tsouriel. L’édition américaine intègre dans le texte, avec les snapshots, des photos, des clichés pris par la fille de l’écrivain au cours de leurs repérages. En suivant le lien vous pourrez voir un extrait de l’édition américaine.

Un chef d’œuvre, une œuvre d’art
J ’ai parlé de chef d’œuvre à propos de ce livre. Bien entendu. Comme dans tout chef d’œuvre, comme dans tout, oui, il y a des défauts. En fait, en y réfléchissant, j’ai douté qu’il y ai tant de défauts : une certaine lourdeur, langueur était nécessaire pour la beauté de l’ensemble. Ce texte a été tant travaillé, ciselé, qu’il peut sans aucun doute être qualifier de chef d’œuvre. Je pousserai même jusqu’à dire que ce texte n’est pas simplement une construction quasi parfaite - aussi parfaite qu’une création humaine peut l’être -, c’est une œuvre d’art. Une œuvre d’art qui par sa singularité transcende les mots qui la portent, dépasse le créateur et que l’on en fini pas d’interroger, de déplier. Aussi étrange que cela puisse paraître, Michal Govrin a réussi à insuffler quelque chose de l’ordre de l’architecture, de la performance et du photo journalisme à ce texte, cette œuvre d’art.

Sur le vif est un texte dense et brillant qui demande des efforts intellectuels au lecteur et aussi - et peut-être surtout - de tolérance mais celui-ci est récompensé bien au delà de sa peine. Ce roman est construit de matériel, de scènes superbes qui sont à découvrir urgemment (2).


Interview :
Pour voir l’interview au Salon du livre de Michal Govrin par Valérie Zenatti, suivez le lien Interview de Michal Govrin.


Extrait :
« Et les femmes ? Non, ne je vais pas faire semblant, papa. Elles distillent le poison de la revanche dans la peur, rendues folles par les gémissements de douleur et de terreur. Elles font prêter serment aux hommes, aux fils, les envoient mourir au nom de la mère, de la femme, de la terre. Et à leur retour, elles attendront sur les bas-côté de la route, droguées par la douleur, un chant de combat héroïque sur les lèvres. Dissimulant la honte, la culpabilité.

Aurai-je l’occasion de dire cela à Saïd ? Lui raconter David et Yonathan, collés à moi ? La nausée, la peur ? Lui demander comment Kaïna et les enfants ont traversé cela ? S’est-il seulement déjà posé la question, une fois au delà des slogans ?
Et comment je me suis tue dans la salle plongée dans le noir, au milieu des cris meurtriers de haine pendant la représentation du Clown. Compréhensive, libérale... Comment je n’ai pas osé parler là-bas des cabanes, de la jachère... Je n’ai pas osé, papa.
(C’est peut-être pourquoi nous nous sommes retrouvés corps contre corps  ? Dans l’illusion que nous pleurerons un jour ensemble notre histoire sanglante commune ?)


L’odeur sucrée dans la chambre des enfants.
Je suis assise là, dans le noir, au pied du lit de David.
Se calmer.
 »


Notes :
(1) Cet article est tiré d’un billet que j’ai écris sur le Blog Attrape-Coeurs.
(2) Pour lire Agoravox avec assiduité, je sais que certains auteurs sont très pointus, notamment sur la situation au Proche-Orient. Ici, l’article fait référence à une oeuvre littéraire et le traitement du conflit Israelo-Palistinien en filigrane de l’œuvre est bien entendu littéraire. Par exemple, je montre dans l’article comment l’écrivain utilise des symboles, des archétypes pour s’adresser au lecteur. L’écrivain, à travers son oeuvre, propose une solution métaphysique au conflit, la Jachère. Cette approche, si l’on oublie que s’agit d’une approche littéraire, peut laisser le spécialiste, le géopoliticien sceptique. Evidemment, l’écrivain n’est pas dupe de la situation géopolitique au Proche-Orient. Ainsi que l’atteste le texte, elle est consciente du rôle primordial des Etats-Unis et de l’existence d’autres enjeux que la femme, Jérusalem ou la terre - qui elle-même peut-être considérée comme le symbole des richesses pétrolières. Simplement ce n’est pas le propos direct du texte et surtout ce n’est pas la manière de l’auteur qui elle est avant tout littéraire. D’autres enjeux sont suggérés au lecteur dans un texte qui avant tout parle à l’intelligence - et fait grincer des dents. Ce qui m’impressionne au final c’est que le rôle primordiale et l’influence des Etats-Unis en vue de la défense de leurs intérêts dans la région sont presque plus clairement dits de cette manière littéraire que de façon factuelle. Et c’est bien le propre de l’art que de nous parler.

Ce point de vue sur le texte est éminemment subjectif et n’engage que son auteur.

Documents joints à cet article

Sur le vif : le point de vue d'une femme sur le conflit au Proche-Orient Sur le vif : le point de vue d'une femme sur le conflit au Proche-Orient

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4 réactions à cet article    


  • judel.66 17 avril 2008 17:07

    le monde ne vivrait il pas en paix si les Philistins n’avaient pas été envahis et colonisés.........

     


    • Jean 23 avril 2008 15:01

      Judel a résumé en une seule petite phrase tout ce qui peut s’écrire sur agoravox au sujet d’Israel. Les rédacteurs qui, par ailleurs ont le culot de dénoncer l’uniformité de la pensée, ne se rendent meme pas compte qu’il n’y a parmi eux, aucune note discordante. Ils ne voient meme pas qu’ils sont tous formatés à l’identique, contrairement à ce Peuple juif qu’ils accablent en permanence, et en se servant justement de ce qui fait précisément cette richesse inconnue sur agoravox : la diversité des opinions. Tout le monde a le doigt sur la couture du pantalon et en avant contre Israel. Pas une tete ne dépasse. Pas un seul pour se demander si une telle unanimité ne serait pas anormale, suspecte. Ils parlent de désinformation, mais ils tetent tous au même biberon pour nous faire le même rot qui fera l’admiration d’une assistance acquise. C’est pas Agoravox, c’est la Pravda.

       


      • abersabil abersabil 5 mai 2008 20:39

        C’est la diaspora juive qui a fait l’état sioniste d’Israël, particulièrement occidentale, nourrie par des doctrines racistes, et abreuvée par une Thora manipulée, sans dire que l’occident voulait en faire d’une pierre deux coups, se débarrasser des juifs d’une part, et se servir de cette cause préfabriquée en un cheval de Troie en terre d’islam d’autre part ; le véritable problème n’est pas celui des confessions ou des Hommes, mais bien celui de la ‘’Manipulation’’ par des esprits malintentionnés au point de l’endoctrinement, source originelle de l’extrémisme, ce en quoi se caractérise l’état sioniste juif au préjudice de la foi juive, qui est respectée par toutes les religions, particulièrement musulmane qui se considère comme étant son continuum, ‘’votre Dieu est un Dieu unique, et c’est à lui qu’il faut prier’’- un verset coranique destiné à tous les Hommes, sans exception - 

         


        • renaudparis 6 mai 2008 11:58

           

          Je ne suis pas historien, ni spécialiste de la région mais dire que l’Occident voulait « se débarrasser des juifs » me paraît infondé. C’est oublier que d’une part, il existait une volonté forte d’une partie peuple Juif de constituer un Etat souverain comme l’atteste dans le roman le personnage de Aharon Tsouriel, le père d’Ilana, et, que d’autre part, personne à ma connaissance n’a contraint le peuple Juif à s’installer en Israël. En revanche, il me semble que c’est bien l’intérêt d’Israël d’attirer le plus de monde possible afin de renforcer sa souveraineté.

          En revanche, je partage votre point de vue selon lequel, « le véritable problème n’est pas celui des confessions ou des hommes, mais bien celui de la ‘’manipulation’’ par des esprits malintentionnés au point de l’endoctrinement, source originelle de l’extrémisme ». Toute religion, toute croyance est manipulable et malheureusement est parfois effectivement manipulée, instrumentalisée. C’est pourquoi il convient d’être vigilant, de faire preuve de retenue et de discernement. D’où l’importance primordiale de l’éducation pour développer à la fois un esprit de réflexion critique et de tolérance. Cette figure de l’extrémisme apparaît également dans le roman sous la forme du personnage de Mirabelle, personnage qui bien que marginal m’a fasciné et m’interroge.

          Enfin, par rapport à votre citation « ‘’votre Dieu est un Dieu unique, et c’est à lui qu’il faut prier’’ » et à l’assertion qui s’en suit selon laquelle c’est « un verset coranique destiné à tous les hommes, sans exception », je comprends la citation comme un message envoyé par une religion particulière à l’attention de hommes, ceux-ci étant par ailleurs bien entendu libre de l’ignorer et de croire ou non en un ou plusieurs Dieux. La religion à l’instar tout autre croyance est bien entendu une affaire personnelle et relève de la sphère privée.

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