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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Tanguera au théâtre du Châtelet en provenance de Buenos-Aires

Tanguera au théâtre du Châtelet en provenance de Buenos-Aires

Tanguera ou l’addiction au tango est en soi une invite à pénétrer les bas-fonds occultes qui ont fait émerger l’énergie d’une plainte charnelle au rang d’art chorégraphique dont l’Argentine peut s’enorgueillir à juste titre.

Voici donc la première comédie musicale qui revendique ce passage du spectacle traditionnel du tango au récit d’une histoire simplissime où manichéisme et machisme se conjugueraient allègrement en clichés universels sur l’origine de cette danse à la fois résolue et lascive.

Investissant le théâtre du Châtelet pour trois semaines, à l’instar de West Side Story la saison précédente et d’On the Town à la fin de cette année, la pauvre immigrante Gisèle (Gabriela Amalfitani) y débarque sur ses planches en même temps que sur le port lugubre de Buenos-Aires pour y devenir l’enjeu convoité entre Gaudencio, le mac séducteur (Oscar Martinez Pey) et Lorenzo, l’amoureux intrépide (Esteban Domenichini) avec en toile de fond les Sharks et Jets locaux pour en assurer les combats de rue et en fomenter les rivalités de cabaret.

Sans recherche d’esbroufe spectaculaire, c’est la poigne sensuelle des corps s’interpénétrant au cordeau qui vont faire écran à toute diversion rédhibitoire et c’est dans la tension progressive des caractères affûtés à l’extrême que s’affronte la ferme souplesse des muscles pour toute réponse aux âmes en quête de dépassement de soi.

Entreprenant une tournée mondiale après dix-huit mois d’affiche à Buenos-Aires, ce show s’approprie, spécialement pour sa halte à Paris, un orchestre live discrètement installé avec ses treize instrumentistes en fosse d’avant-scène (direction : Lisandro Adrover) pour le plus grand profit des vingt-trois comédiens-danseurs dont une chanteuse (Marianella) et uniquement trois chansons.

Une heure vingt de spectacle vous ramèneront à bon port avec la sensation esthétique d’être descendu au plus profond d’un duel de cordes (Miguel Angel Bertero, Sébastien Couranjou, Michael Gniest, Ludovic Michel, Lyionel Alemand & Domingo Jose Diani) avec un saxo (Fabian Dario Zylberman) et où les forces du bien et du mal auraient été emportées et ballottées par la mélancolie du piano (Mario Carlos Araolaza) en prise avec le langoureux bandonéon (Jean Henry Baptist & Facundo Torres).

Photo © Herbert Schulze

TANGUERA - *** Theothea.com - de Diego Romay & Dolores Espeja - mise en scène : Omar Pacheko - avec Gabriela Amalfitani, Oscar Martinez Pey... - Théâtre du Châtelet -



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