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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Théâtre : Le Miroir - Arthur Miller

Théâtre : Le Miroir - Arthur Miller

Si la somatisation devait effectivement constituer l’image dynamique en reflet dans Le Miroir, c’est davantage en négatif que s’y appréhenderait l’élaboration didactique du processus freudien, car dans cette optique les explications du thérapeute de service s’apparenteraient aisément à une version de La psychanalyse pour les nuls ; ce qui bien entendu ne relève pas nécessairement d’une démarche infructueuse !

Ainsi, c’est au travers d’un laborieux cheminement qu’Arthur Miller va débusquer le bloquage psychosomatique, par delà la métaphore appliquée à la subite paralysie des membres inférieurs d’une jeune femme à qui la vie semblait sourire, jusqu’à cette date de 1938 où allaient parvenir à New York les rumeurs de nuit de cristal sur le point de ravager l’Europe.

La direction d’acteurs de Michel Fagadau semblerait s’enliser dans une léthargie en osmose avec le handicap physique inexpliqué par la médecine physiologique, si deux comédiens, comme mus par le sursaut du désespoir, n’allaient jeter toute leur souffrance respective dans un combat de couple découvrant, avec effroi, la réalité du désamour au sein de sa judéité.

C’est la force de Thierry Fremont de maintenir la fébrilité dans sa relation à l’autre, alors qu’en contrepoint Anne Brochet se doit de taire sa fougue dans l’inhibition.

En orbite sur d’autres valeurs de référence, Anne Loiret, la femme du psychiatre Bruno Madinier, surfe avec son mari sur les vagues d’un nuage de placidité que seule une perception mondaine de la thérapie peut rendre crédible.

Au demeurant, la ligne directrice d’Arthur Miller séduit par sa volonté à démontrer les ressources infinies de l’autodestruction et la contagion paradoxale qu’elle peut susciter chez un partenaire d’infortune.

Rien ne semblerait arrêter la progression du mal, même quand celui-ci fait mine de pactiser avec les pulsions libidinales.

C’est évidemment le rôle de la psychanalyse de mettre à jour les tenants et les aboutissants du traumatisme tenu à distance par le sujet, mais ce combat à armes inégales ne devrait pas être édulcoré par une mise en scène à coups de pinceau feutré.

LE MIROIR ** de Arthur Miller - Mise en scène : Michel Fagadau - avec Anne Brochet, Thierry Fremont, Anne Loiret, Bruno Madinier - Comédie des Champs Elysées -


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