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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Tom Clancy, brillant metteur en scène des conceptions militaires (...)

Tom Clancy, brillant metteur en scène des conceptions militaires américaines et de leurs évolutions ?

Bon, soyons honnêtes : il y a un temps pour les lectures « sérieuses », qui exigent concentration et prise de notes, et un autre pour les distractions littéraires de toutes sortes qui détendent et n’exigent guère plus de neurones, somme toute, qu’une bonne série télé policière américaine. Pour me reposer l’encéphale, je lis et, plus encore, je relis avec grand plaisir des œuvres de fiction qui m’ont marqué et que je revisite toujours avec bonheur. Mes goûts sont éclectiques dans ces cas et vont (je ne les énumère pas tous sinon cela va tourner à la pénible litanie et nous éloigner du sujet) de la SF (Asimov) au fantastique (Masterton, Koontz) en passant par un bon polar (Val Mc Dermid, les vieux Cornwell), quelques classiques et... Tom Clancy !

J’ai relu récemment l’un de ses premiers romans, Tempête rouge, qui reste, à mon sens, son œuvre la plus aboutie. Puis, une fois l’épais volume refermé, une évidence m’est apparue : ce vieux Tom a, durant toute sa carrière de romancier, été un fidèle et appliqué metteur en scène de la doctrine militaire américaine, de ses armes et de ses évolutions à travers le temps, depuis la Guerre Froide jusqu’à nos jours. On en perçoit ainsi, par le biais de la fiction, toutes les lignes de force, les grands principes qui la sous-tende, mais aussi certaines insuffisances qui, particulièrement vers la fin, montrent un éloignement croissant, une rupture dommageable, entre une vision volontariste de la guerre qui tend à plier cette dernière à ses propres conceptions, et la réalité de la guerre, activité à la nature pérenne, mais capricieuse dont les acteurs se plaisent, justement, à contourner la conception dominante en s’adaptant pour mieux la contrecarrer.

Mais voyons cela plus en détail en prenant quatre œuvres de Clancy, de la plus ancienne à la plus récente, choisies parce qu’elles mettent en scène un affrontement militaire d’envergure impliquant les forces armées états-uniennes, et examinons quelles sont les modalités d’emploi qu’elles décrivent et leurs évolutions à travers le temps. Petite précision pour ceux qui ne seraient pas familiers des romans de l’auteur et souhaiteraient les découvrir : j’ai essayé, dans la mesure du possible, de ne pas dévoiler les éléments de suspense compris dans les différentes intrigues et qui n’avaient pas un rapport direct avec le sujet abordé. Il faut néanmoins préciser un détail, pas vraiment surprenant, mais dont la révélation décevra peut-être : ce sont les Américains qui gagnent toujours à la fin. L’intérêt, ici, est plutôt de savoir comment ils s’y prennent.

1. Tempête rouge :

- L’œuvre :

Publié aux Etats-Unis en 1986, le deuxième roman de Tom est une description foisonnante d’un affrontement conventionnel de grande ampleur entre les forces du Pacte de Varsovie et celles de l’Alliance Atlantique. S’inspirant d’un jeu de guerre de l’époque, l’ouvrage aborde tous les aspects d’une possible confrontation entre les deux superpuissances : guerre terrestre en Allemagne, bataille pour le contrôle de l’Atlantique, opérations navales, aériennes et l’inévitable escalade nucléaire lorsque les armes « classiques » ne parviennent à débrouiller le conflit, tout y est décrit avec un grand luxe de détails et offre un descriptif saisissant des tactiques des uns et des autres telles qu’elles étaient réellement formulées dans la réalité des états-majors de l’époque.

- Ce qu’elle nous enseigne sur les conceptions américaines :

Tempête rouge nous replonge avec délice dans les doctrines stratégiques et tactiques de l’Otan des années 80 : Air Land Battle, Follow-On Forces Attack, Forward Edge of the Battle Area, tous ces concepts visant, entre autres, à la dislocation du second échelon soviétique avant son engagement sont mis en scène avec talent. Concrètement, aux masses blindées de l’Armée Rouge s’opposent un harcèlement aérien incessant mené à la fois par des avions furtifs employant des armes « intelligentes » et les raids sauvages des A10 qui éventrent les colonnes de chars à coups de canon de 30 mm et de bombes à sous-munitions. Sa maîtrise technique permet à l’Otan de dominer le ciel de nuit. L’infanterie, puissamment équipée en lance-missiles antichars, prélève également son tribut grâce à des tactiques de « hit and run » sur des divisions soviétiques beaucoup plus nombreuses, mais condamnées à l’offensive frontale à outrance.

Commence dès lors à apparaître l’idée, qui devint comme on le sait prédominante, que la technologie, utilisée dans un cadre tactique bien codifié, peut permettre de défaire un adversaire même en supériorité numérique : puisqu’on ne peut égaler les Soviétiques en quantité, la qualité des armements doit jouer un rôle démultiplicateur. Cette tendance s’amplifiera encore dans les esprits des stratèges américains et, assez logiquement, dans les romans suivants.

2. Dette d’honneur (1994) :

- L’œuvre :

Il faut attendre 1994 pour que Tom Clancy renoue avec la description de combats d’envergure. Dette d’honneur raconte l’invasion japonaise, et l’annexion, de l’archipel des Mariannes sur fond de guerre économique : poussé à la ruine par une nouvelle loi du commerce particulièrement sévère, un cartel d’industriels nippons, véritables détenteurs du pouvoir politique et emmenés par un nostalgique de la puissance insulaire passée, neutralise par traîtrise la marine américaine du pacifique avant d’investir les îles. Parallèlement, le Japon se dote d’armes nucléaires, espérant ainsi échapper aux représailles américaines. A noter que ce roman connut un regain de popularité après le 11-Septembre puisqu’il décrit la destruction du Capitole par un kamikaze qui vient s’écraser contre le bâtiment aux commandes de son 747.

- Ce qu’elle nous enseigne sur les conceptions américaines :

Bien qu’une grande partie de l’ouvrage porte sur la guerre économique et cybernétique, la reconquête de l’archipel, et la neutralisation des armes atomiques ennemies, passe par une opération militaire aéronavale qui, là encore, fait la part belle à la technologie et particulièrement aux appareils furtifs puisque chasseurs, bombardiers et même hélicoptères stealth (le Comanche qui, dans la réalité, ne dépassera jamais le stade des essais, est ici considéré comme opérationnel) permettent in fine de déjouer les manœuvres de l’adversaire. L’engagement des troupes terrestres, détail significatif, est réduit à son plus strict minimum : une minuscule équipe des forces spéciales et quelques agents de la CIA font tout le boulot. A bien des égards, Dette d’honneur est une apologie de la technologie furtive, des systèmes de détection électronique, du guidage (la frappe décapitante contre les décideurs ennemis est largement valorisée) et des armes stand off. La traque des silos ennemis est menée à bien grâce aux satellites de reconnaissance, mais, détail qui a son importance puisque Clancy y revient constamment dans l’ensemble de ses œuvres consacrées à l’espionnage, le renseignement d’origine humaine (humint) est largement mis en avant comme décisif et sa faiblesse, tout comme celle de la marine américaine, dans l’ouvrage largement démantelée, stigmatisée.

Un renseignement stratégique et tactique, d’origine technique ou humaine, de qualité qui permet de voir à travers le brouillard de la guerre et une incontestable supériorité des matériels permettent, là plus encore que dans Tempête rouge, de l’emporter sur un adversaire apparemment inexpugnable. Ceux qui veulent faire passer les budgets militaires au second plan, sous prétexte d’une paix éphémère et illusoire, la guerre pouvant toujours surgir de là où on l’attend la moins, sont dénoncés comme inconscients et l’armée américaine doit conserver une large avance technologique, garante de sa sécurité future.

3. Sur ordre (1996) :

- L’œuvre :

Suite immédiate du précédent, le roman débute immédiatement après la destruction du Capitole qui a entraîné la disparition de presque tous les représentants élus, des membres de la Cour suprême, du président et de son administration. Tout est à reconstruire et c’est en voyant justement cette faiblesse (supposée) que le leader iranien choisit de neutraliser son ennemi puis de s’emparer de toute la région du Moyen-Orient et de ses ressources énergétiques. Pour paralyser l’Amérique, il lance une attaque biologique et des attentats visant la famille du président avant d’annexer l’Irak, de fusionner les deux nations en une République islamique unie puis de jeter ses armées contre l’Arabie saoudite. Peine perdue : malgré le chaos provoqué par l’attaque biologique, les Américains parviennent à projeter deux régiments sur le théâtre et affrontent les forces islamistes dans le désert.

- Ce qu’elle nous enseigne sur les conceptions américaines :

Nous sommes ici en plein dans la Transformation et l’accent est mis sur la localisation (le système IVIS est déterminant dans les victoires terrestres), le raccourcissement de la chaîne OODA (observation, orientation, décision, action), la suprématie aérienne basée sur la maîtrise des techniques de détection précoce, l’importance de l’entraînement, mais aussi le renseignement électronique, la détection par drones et l’exploitation des données recueillies pour la direction des feux. La manœuvre est foudroyante, quasi ininterrompue jusqu’à la destruction totale des forces ennemies. La clé de la victoire réside dans la violence d’une action menée de manière déterminée jusqu’à son terme dont l’effet psychologique est encore accru par la traque et l’élimination systématique des centres de commandement ennemis.

Point d’orgue à cette campagne, qui n’est pas sans rappeler « Iraqi Freedom », l’élimination médiatisée du leader ennemi.

4. Le Tigre et le Dragon (2000) :

- L’œuvre :

Dernier épisode de la trilogie de la « sphère d’influence septentrionale » qui voit la Chine, le Japon et l’Inde s’allier pour conquérir de nouveaux espaces et contester la domination géostratégique du monde aux Etats-Unis et à leurs alliés, Le Tigre et le Dragon décrit l’invasion de la Sibérie par l’Armée populaire de libération de Chine communiste et sa défense par la Russie et les Etats-Unis devenus les meilleurs amis du monde (la Russie est entrée dans l’Otan, forcément...). Sur le plan strictement militaire, le roman fait beaucoup penser à Tempête rouge, tant dans son déroulement que dans son dénouement et il décrit principalement l’avance puis l’arrêt et la destruction d’une puissante force terrestre chinoise en territoire russe par une action conjointe russo-américaine.

- Ce qu’elle nous enseigne sur les conceptions américaines :

La Transformation a atteint ici son apogée : le brouillard de la guerre a disparu et les armées américaines maîtrisent parfaitement le champ de bataille en lui imposant le rythme qu’elles ont choisi. Non seulement les mouvements de l’adversaire sont connus en temps réel par l’emploi des drones Dark Star qui survolent en permanence le champ de bataille, mais les intentions politiques elles-mêmes sont espionnées avec succès par le piégeage de l’ordinateur d’une secrétaire d’un des membres du bureau politique chinois.

La manœuvre elle-même est classique : après avoir laissé les armées adverses s’enfoncer profondément en territoire ennemi, la tête tombe dans une embuscade en forme de coup d’arrêt tandis que la chaîne logistique est coupée par des bombardements de précision sur les points de passage obligés (ponts) et une offensive terrestre qui lamine l’arrière de l’ennemi. Les forces intermédiaires font pendant ce temps l’objet de frappes aériennes (hélicoptères Apache et chasseurs bombardiers équipés de bombes à sous-munitions à guidage terminal J-SOW) et d’artillerie à longue portée qui les empêche de rejoindre l’avant-garde. Bien sûr, l’aviation chinoise s’est fait massacrer dès le début par son homologue américaine utilisant à plein le couple chasse-radar aéroporté. La Navy complète l’action en réduisant à néant les forces navales adverses.

Toutes ces actions se déroulent quasi simultanément et, grâce aux drones, sous les yeux de tous les décideurs politiques et militaires. L’ennemi n’a plus d’intentions, plus de volonté propre, plus de mystères ni de ruses : il ne demeure de lui qu’une accumulation de cibles à détruire dans un ordre bien déterminé et dans un espace de temps le plus rapide possible pour maximiser l’effet de choc et la confusion. Du moment que les armes américaines commencent à parler, elles ne se taisent qu’une fois la totalité de l’adversaire détruit. A la lecture, le tout semble assez jouissif, mais aussi irréel qu’un jeu vidéo.

Conclusion : de la Guerre Froide à la Transformation

Certes, on pourra reprocher à cet exposé un parti-pris et une non-exhaustivité dans la présentation des thèmes abordés par Clancy dans ses livres et, notamment, dans ceux qui n’ont pas été décrits ici. Il n’empêche que la progression, l’évolution de la conception stratégique américaine et de l’emploi de ses armes est particulièrement intéressante vue sous la plume de la star mondiale du techno-thriller. Nous sommes ainsi passés d’une vision encore pleine d’incertitude de la guerre où l’astuce de l’ennemi pouvait renverser à tout moment le cours de la manœuvre à une expression volontariste et techniciste d’un affrontement tout entier dominé par la volonté américaine d’où le hasard, la friction et le brouillard ont été évacués.

Liberté de l’artiste, certes, mais traduction concrète, aussi, des fantasmes stratégiques américains où la confrontation, si elle peut surgir à tout moment et de partout, reste quand même gérable par l’effet des armes et l’application de doctrines bien comprises et établies longtemps à l’avance. Dans les romans de Clancy, l’adversaire est en fait battu parce qu’il refuse l’asymétrie des voies et des moyens en choisissant de se battre sur le terrain où les Américains excellent. Ignorant le contournement et la guerre « hors limites », où limitant son action dans ce sens à des effets superficiels, il s’offre en sacrifice à une destruction programmée dès l’instant où il choisit de s’attaquer à l’hyper-puissance américaine.

Il est d’ailleurs significatif que les « méchants » soient devenus de plus en plus obtus et prédictibles avec le temps alors même que, dans Tempête rouge, le général soviétique Alexeyev était un adversaire dangereux jusqu’au bout, habile, courageux, capable de se remettre en cause et de s’adapter aux tactiques ennemies en dépassant la doctrine préétablie. A part lors de l’attaque initiale, toujours surprenante, les suivants se contenteront d’attendre benoîtement la correction qu’ils méritent en payant, généralement de leur vie, la folie qui fut la leur d’oser s’attaquer à l’Amérique de Tom Clancy.

Mais qu’on ne se méprenne pas sur mes intentions : les livres de Tom sont agréables, bien tournés et permettent de passer de bons moments de détente. Goûtez-y donc si ce n’est déjà fait, si possible en commençant par Tempête rouge...


Moyenne des avis sur cet article :  4.38/5   (26 votes)




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14 réactions à cet article    


  • aldebaran aldebaran 4 avril 2008 12:07

    @ l’auteur

    Certes oui, c’est agréable à lire.

    Et je me suis régalé à la lecture de quelques-uns de ces livres.

    Il faut juste garder présent à l’esprit que c’est juste comparable aux histoire de cow-boys et d’indiens de notre enfance (pour ceux qui ont ces références-là, tout au moins) :

    Les bons et les méchants sont connus d’avance ; vainqueurs et vaincus, tout pareil.

    Voilà, il faut simplement le lire comme l’illustration des fantasmes américains. Ils sont toujours les vainqueurs parce qu’ils sont les meilleurs et qu’ils mettent toujours plus de moyens dans les guerres, avec plein de morceaux de technologie dedans. La réalité est bien différente, mais oubliez-là : c’est juste une histoire, quoi...

    A noter aussi - non sans ironie - qu’effectivement les USA gagnent parce que l’adversaire, quel imbécile, non mais franchement ! s’est laissé entraîner sur le terrain où les américains sont les plus forts. C’est pas un natif de l’Ohio qui irait commettre une bourde pareille dans les montagnes afghanes, hein...

    Si l’on se remet en mémoire la façon dont les USA ont brillamment remporté une longue suite de glorieuses victoires au Vietnam, en Somalie, en Irak et maintenant en Afghanistan, on comprend bien que c’est juste une histoire de cow-boys et d’indiens.

    Fort bien écrite et captivante à lire, cependant ; ne boudons pas notre plaisir


    • Forest Ent Forest Ent 4 avril 2008 12:58

      Georges W Bush a déclaré que c’était son auteur préféré.

      Ca m’a distrait aussi à une époque. Dans tous ces bouquins, les guerres sont justes et technologiques. Des jeux vidéo, quoi... Mais le rapprochement avec l’Irak et avec la réalité est horriblement cruel pour ce qui n’est au fond qu’un baratin propagandiste.

      Non, ça n’informe pas beaucoup. Ca illustre les doctrines générales d’Etat-Major dans des perspectives de défense nationale, en valorisant les investissements du Pentagone. Ca n’a pas grand chose à voir avec l’Afghanistan et l’Irak. C’est plus une décoration commerciale de l’industrie de l’armement.


      • François Duran 4 avril 2008 13:12

         

        Juste un petit ajout suite aux remarques des commentateurs, que je remercie au passage :

        Tous les ouvrages présentés dans cet article (avec une minuscule pointe d’ironie, j’espère qu’on l’aura compris) ont été écrit avant le 11 septembre et ses conséquences, l’Irak et l’Afghanistan entres autres. Depuis, Tom Clancy est d’ailleurs nettement moins distrayant, du moins à mon humble avis. Peut-être une illustration du principe qui veut que la réalité désarçonne et annihile finalement la fiction, littéraire ou doctrinale…


      • Gilles Gilles 4 avril 2008 14:40

        Forest

        "Georges W Bush a déclaré que c’était son auteur préféré."

        Ah bon je croyais que Bush avait dit que c’était Jesus Christ sont auteur préféré....à zut, non, Jesus était son PHILOSOPHE préféré ; nuance !

        J’aimais bien Clancy a un moment donné mais aprés 3-4 ça m’a gonflé.. ;toujours pareil, les méchants ne gagnent jamais et les gentils sont si bons, trop bons, riches, altruistes, généreux et honnêtes comme si c’était un monde parfait


      • CAMBRONNE CAMBRONNE 4 avril 2008 15:03

        Bonjour à l’auteur

         

        Merci de ce rappel fort interessant .

        Personnellement je n’ai lu que les livres de Tom Clancy parus pendant la guerre froide . Ils s’appuyaient sur des réalités techniques et stratégiques avec lesquelles j’étais en prise directe . La suite m’a semblé peut être à tort relever plus de la science fiction que d’autre chose .

        Pour revenir à la guerre froide , je peux témoigner que ses livres étaient vraiment en prise avec le réel et très bien documentés .

        J’en profite pour redire ce que je viens de dire sur un autre fil que la france d’alors sortie de l’organisation militaire de l’OTAN n’avait qu’un role de supplétif . Mission de l’Armée française en allemagne : Trois divisions blindées soit 50 000 hommes : Tenir la trouée de FULDA à l’Est de l’allemagne de l’Ouest après avoir relevé la bundeswehr qui était censée tenir 48 Heures.

        La sratégie était simple : Tenir le plus longtemps possible pour permettre aux renforts américains d’arriver .

        Toujours les américains ! Sans eux nous aurions été libérés par nos camarades popovs depuis longtemps et nos "amis "bolchéviques de ce site auraient été les premiers à partir au goulag ..

        Nos cartouches de fusils 7,5 incompatibles avec les munitions de l’Otan . Plus grave encore : la même chose pour nos obus de char et d’artillerie . a peu près la même chose popur le carburant . Et tout ça fait de façon délibérée par le Grand faitout : Charles De Gaulle . Il a fait la même chose pour la télé couleur .

         

        Bien à vous .


        • Krokodilo Krokodilo 4 avril 2008 16:54

          Moi aussi, j’ai beaucoup aimé ses romans, que j’ai presque tous lus, bien que je milite pour que l’UE ne devienne pas anglophone. Mais je ne crois pas que sa vision soit aussi manichéenne que certains le disent. Il n’aurait pas eu un tel succès s’il s’était simplement contenté de reproduire la vision du monde des faucons qui dirigent les USA depuis quelques années.

          Par exemple, si la technologie qu’il intègre si bien dans ses romans est fascinante comme un jeu vidéo, il montre souvent l’importance du renseignement humain, que la CIA a probablement trop négligé (ils ont dû recruter en masse des interprètes après le 11/9), il montre la difficulté d’analyser les données brutes, surtout quand on dispose des millions d’écoutes du réseau Echelon.

          De plus, il n’y a pas toujours si clairement les gentils gagnants et les méchants vaincus, mais plutôt des fanatiques dans les deux camps.

          Et la force ne résoud pas tous les conflits : dans "Danger imédiat", la mission secrète d’élimination de narco-trafiquants en Colombie fait des dégâts, mais ne change finalement rien au problème de la drogue aux USA.

          Il est également sans illusion sur les faiblesses humaines, les compromissions de la politique, et si son personnage jack Ryan se retrouve président des USA, c’est uniquement en raison du décès de pratiquement tout les membres du gouvernement et du congrès. Ce qui permet au romancier d’avoir un dirigeant idéaliste, honnête, courageux, etc.

          Il sait aussi présenter le point de vue géopolitique adverse, voire justifier ses valeurs morales et celles de sa civilisation (ex-URSS, Moyen-orient, pays du golfe dans la Somme de toutes les peurs), et Ryan aura un geste de pacifiste plutôt que de va-t-en-guerre.

          Bref, sous des dehors qui peuvent paraître simplistes et fascinants comme un jeu vidéo, il marie admirablement les différents aspects d’un sujet, la technologie actuelle mais aussi l’échelle humaine de nombreux personnages, c’est du cousu main. Et on ne peut pas dire qu’il cache l’horreur des guerres, malgré la fascination qu’exerce la technologie qu’il décrit : en fait, il nous montre notre propre ambiguïté face à la violence.
           


          • Gzorg 4 avril 2008 18:13

            Moi je ne suis pas sur que toute l’oeuvre de Tom Clancy soit comparable aux histoires de cowboy (pour reprendre le premier post) dont on sait par nature qu’elles sont fausses.

            Il suffit de de se promener sur les habituels sites des Think Tank neo-conservateur (american institute, The american interest etc...) pour s’apercevoir que la litterature de Tom Clancy a trés fortement influencée la vision que certain americains ont de eux même.

            Avec Tom Clancy , les USA sont toujours face a l’ennemie "comme il faut" celui qui rentre , qui cadre parfaitement dans les Wargames du pentagone.

            Les neo-cons emploient d’ailleurs souvent la même phraseologie que les personnages de Clancy quand ils parlent de la guerre, mélange de force et de raccourcis simplistes et brutaux le tout noyé dans une dialectique ultra high tech !

            Le petit problème en fait c’est que les ennemies réels de l’Amerique ont souvent bien peu a voir avec ces ennemies "révés" contre lequel le pentagone imagine se battre.

            Deux trois Irakiens en haillon, 2kg de sucre et 1 d’angrais, une plaque en cuivre tordu au marteau et un téléphone portable, et voila 130.000 GI dont 20.000 hommes des troupes d’elites parqués dans des reserves dont ils n’osent plus sortir.

            Oui Tom Clancy ça sonne toujours bien, de washington au pentagone, c’est pour ca qu’on parle entre neocons comme dans les livres mais qu’au réel , sur le "thatre des opérations" ça ne se termine jamais comme dans les livres !


            • Charles Bwele Charles Bwele 4 avril 2008 22:07

              @ François,

              Les concepteurs de jeux vidéo de guerre "warsims/RTS" sont énormément influencés par Tom Clancy, et parallèlement par les doctrines miltaires en cours. J’ai bien perçu cette évolution dans les "affaires militaires" pas seulement à travers mes lectures et les docTV, mais aussi via ma jeu vidéophilie...

              Je n’ai lu que Tempête Rouge que j’ai trouvé fantastique effectivement. Là, tu me donnes envie de lire les autres.

              Amicalement.

              Charles Bwele


              • François Duran 4 avril 2008 22:39

                 

                Salut Charles,

                Oui, en matière de jeux vidéos, Clancy est à l’origine de la série des Rainbow Six, notamment. Je suis personnellement plutôt fan de wargame type RTS (Blitzkrieg, Act of War…). Là, je suis ton homme !

                Au fait, excellent ton article sur les MANPADS et l’installation des contre-mesures sur les avions de ligne…

                Je vais lire le nouveau de ce pas et n’hésite pas à ouvrir un Tom Clancy à l’occasion (« Rainbow Six » est excellent – antiterrorisme musclé et complot de fanatiques écolos prêt à tout - ou « La somme de toutes les peurs », mal adapté au cinéma malheureusement, avec un grand moment d’escalade nucléaire sur la fin…).

                Amicalement.


              • barba_papa barba_papa 5 avril 2008 08:54

                tres bonne analyse bibiographique d’un des pilliers du roman d’action americain et qui nous change un peu des ’critiques litteraires ’officiels’


                • luteola luteola 5 avril 2008 22:52

                  j’ai eu aussi ma période Tom Clancy. Ses bouquins m’absorbaient largement. Avec le recul j’y vois en effet un petit coté néo-con (le coté idéaliste du néo-con).

                  Pour moi, son meilleur bouquin c’est "La somme de toute les peurs". Le titre est un bijou : mettez dans une pièces plusieurs militaires - forcément un peu paranos- et vous aurez la somme de toutes les peurs. Il décrit le plan d’un groupe d’extremistes cherchant à mener USA et Russie à la guerre. Il voit la destruction d’une partie de Denvers par une bombe A. Le monde est au bord du chaos. Enter Jack Ryan (à l’époque conseiller pour le sécu nationale)... Un très bon roman. Contrairement au film (post 2001, donc la bombe A pétant sur une ville US, faut oublier) nul à chier.

                  Sans oublier A la poursuite d’octobre rouge qui est un bijou également. Dans les 2 cas, Ryan plus malin que les autres et faisant confiance aux Russes (I hope they love their children too, comme dirait l’autre), arrive à éviter l’escalade. Et là pour le coup, très bonne adaptation ciné.

                  merci d’avoir exhumé ce bon vieux Tom, il doit me rester un ou 2 livre de lui à lire, y a plus qu’à.

                   


                  • E-fred E-fred 6 avril 2008 17:06

                    Tout à fait d’accord Luteola

                    I hope they love their children...Pour la référence A la Poursuite Octobre Rouge, c’est l’odysée du Koursk , sans rire.

                    je suis aussi del’avis de Charles, étant aussi "joueur " sur PC. Mais j’ai noté une "évolution" dans la guéguerre avec un ennemi ( COD 2) on choisit son camp (américain ou anglais ou russe contre les allemands) pour passer au viet-nam (battelfield Vietnam) Contre la Chine et une armée Front arabes Unis battelfield 2.

                    Article de Toni Fortin " Guerre à la portée de tous" Industrie colossale au chiffre d’affaires annuel de 20 milliards de dollars, les jeux vidéo se révèlent peu soucieux de diversité politique et culturelle.
                    Epousant les théories des néoconservateurs, ils ont été peu à peu pénétrés par la symbolique puissante du 11-Septembre. Sur la base d’une apparente dépolitisation des conflits et d’un révisionnisme historique, ils confondent lutte contre le terrorisme et criminalisation de solutions politiques alternatives — qu’ils tentent de détruire par la fiction. "Dès lors, il ne faut pas s’étonner que les dernières simulations de guerre soient construites autour d’une certaine realpolitik et s’alignent sur la doctrine de la guerre préventive et antiterroriste de l’administration Bush. "

                    -COD4 Modern Warfare se déroule donc de nos jours, entre le Moyen-Orient, la Russie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et l’Oural et prend la forme peu surprenante d’une lutte contre une organisation terroriste nostalgique de la Guerre Froide. Est-ce qu’on peut envoyer le joueur au milieu d’une explosion nucléaire ? Oui, on peut, même que ça va lui faire drôlement mal aux rétines.


                  • xenophon 6 avril 2008 20:32

                    J’ aime bien cet article, écrit à l’ évidence par un connaisseur. L’ appareil militaire américain semble avoir des difficultés à s’ adapter aux "guerres asymétriques". C’ est probablement un problème de civilisation : la démocratie telle qu’ ils la pensent serait le parangon de la société civilisée . Politiquement , c’ est évidemment une bourde : la Chine a une grande civilisation et son "axe du mal" est probablement fort différent de celui en vigueur chez les Néo-Cons . Economiquement pourtant...l’ American Way of Life fascine partout.et fait peu de cas de la démocratie telle qu’ elle est prônée . Le Vietnam actuel est un bon exemple. Les Vietnamiens veulent surtout émigrer aux Etats-Unis malgré les bombes de naguère ! Clancy décrit toujours un ennemi qui peut être protéîforme . Mais il est convaincu que L’ am. Way. of Life est l’ arme fatale . Jusqu’ ici , ce raisonnement est imparable .


                    • E-fred E-fred 7 avril 2008 00:47

                      American way of life est l’arme fatale, c’est vrai, même pour les bombes de naguère !

                      Marilyn Monroe, en dépit de son immense notoriété, resta malheureuse et insatisfaite le long de sa vie. Les causes de sa mort demeurent l’objet de vives spéculations : surdose de somnifères ou assassinat.

                      Jayne Mansfield est tuée en 1967 dans un accident de voiture par une plaque de tôle détachée du chargement d’un camion qui la précédait. Elle était accompagnée de son amant, un avocat.

                       

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