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Tony Allen à La Réunion

Retour sur le concert de Tony Allen à Saint-Pierre de La Réunion.

Les amateurs de groove n’ont pas manqué le rendez-vous donné vendredi soir dernier au Bato fou. Tony Allen, c’est le père de l’Afrobeat, comme il aime nommer son style si particulier, mélange de tonalité funky, jazzy et groovy, le tout sous la houlette des percussions du maître. Car ce Nigérian est avant tout percussionniste, et pas des moindres. Ayant longtemps travaillé avec Fela, emblème lui aussi de l’art musical nigérien, Tony Allen poursuivit son chemin dès les années 1980 en résidant successivement au Japon, à Londres ou encore à Paris, nourrissant ainsi sans cesse sa musique des divers ingrédients rencontrés en ces lieux. Durant ces voyages, il s’essaie avec bon nombre de musiciens. Ces rencontres vont du jazz au groove, pour finir même par des sonorités plus électro dénichées en France. C’est sans doute ce melting-pot musical qui offre aujourd’hui à la musique de Tony Allen ce style groovy incontestable, mais teinté de résonances plus cosmiques.

Bon, vous l’avez compris, il fallait être sur place vendredi soir au Bato Fou pour mieux se rendre compte de ce qu’est véritablement la musique de Tony Allen, car retranscrire une onde euphonique qui vous parcourt l’échine et fait naître en vous un déhanchement incontrôlable relève d’une certaine difficulté narrative.

Juché sur son tabouret, derrière sa batterie, comme un cuisinier derrière ses fourneaux, l’homme nous mitonne des riffs implacables. Il aime d’un regard paternaliste regarder son public se déhancher sur les acoustiques nés de cette parfaite osmose entre ses excellents musiciens et lui. Accompagné d’un clavier, d’une trompette, d’une guitare et d’une basse, Tony Allen peut alors donner pleinement à sa musique l’envergure qu’elle mérite. Tous sur scène offrent le meilleur d’eux-mêmes, enchaînant ainsi des parties solos acclamées par un public qui en redemande toujours plus. La voix apportée sur certains morceaux par une chanteuse aux timbres soul marqua plus encore la variété des genres.

L’homme prend le temps, au détour de ses morceaux, d’échanger quelques mots en anglais avec son public. Il nous explique qu’il est avant tout Africain, et que La Réunion est un vrai paradis, pour finir par nous promettre qu’il nous parlera plus la prochaine fois, quand il reviendra nous abreuver de ses rythmes transcendants, et que pour l’heure, place à la musique !

Que le groove soit... et le groove fut, bel et bien, ce soir-là. Un groove festif, enjoué, un groove qui vous redonne le sourire si vous l’aviez perdu, un groove qui fait danser même les plus timides et sauter les plus impassibles. Bref, le groove dans toute sa splendeur, dans ce qu’il a de meilleur, celui d’un virtuose, à l’instar de James Brown ou Macéo Parker. Il ne reste plus qu’à espérer que Tony Allen tienne la promesse faite ce soir-là : revenir dans notre doux paradis, pour nous refaire gambiller le temps d’un concert.


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