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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Tous les Algériens sont des mécaniciens » aux Bouffes Parisiens

« Tous les Algériens sont des mécaniciens » aux Bouffes Parisiens

Dans l’air du temps, voici un spectacle emblématique qui, en réponse artistique à tous les débats identitaires factices, renverrait à la bienvenue créolisation des cultures qui, elle-même sans aucun doute, correspondrait à la forme la plus intuitive de la mondialisation.

Initialement en format « one man show », Fellag accueille sur la scène des Bouffes Parisiens, celle qui partage sa vie à la ville, au-delà du légitime faire-valoir réciproque, en inspiratrice universelle de tous les alter ego ne demandant qu’à éclore.

Ainsi, Shéhérazade et Salim vivent leur vie, dans le grand bazar, d’un pays méditerranéen, en quête permanente de la meilleure adaptation possible à toutes les influences socioculturelles contradictoires.

De l’Algérie française à l’indépendance, l’ensemble des modalités d’accès à la modernité se cherche à travers l’acuité d’une observation amusée de leurs contemporains.

Dans un rôle de composition, empli d’empathie, Marianne Epin s’intègre à l’histoire d’un peuple qu’elle fait sienne, en lui apportant son enthousiasme bienveillant.

En partageant naturellement le charisme de leur couple, Fellag semble respirer, avec plus de quiétude, son goût pour le perfectionnisme d’une écriture au scalpel de la tendre ironie.

De part et d’autre de la Méditerranée, l’atavisme semble pouvoir surgir à chaque détour des langues pratiquées dans un concert choral, où vient, désormais, interférer une nouvelle musique, celle d’une Chine qui s’éveille à une émigration discrètement conquérante et essentiellement pragmatique.

Au bled, tout pourrait, désormais, évoluer à la vitesse de la lumière numérique, et pourtant tous les Algériens semblent préférer rester « les mécaniciens » du système « D », local.

La prestation de Fellag et Marianne Epin relève de la jubilation partagée, dans le registre du sourire, avec un public enclin à toute civilisation composite.

photo © Philippe Delacroix 

TOUS LES ALGERIENS SONT DES MECANICIENS - *** Theothea.com - de Fellag - mise en scène : Marianne Epin & Fellag - avec Marianne Epin & Fellag - Théâtre des Bouffes Parisiens

 


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6 réactions à cet article    


  • Jojo 18 février 2010 12:46

    C’est de lui : « Les français sont restés 132 ans en Algérie, ils n’ont même pas appris le mot pour nous dire au-revoir, les chinois sont là depuis six mois, ils parlent couramment l’arabe depuis le quatrième » 


    Rassurez-vous il l’a dit en France, il n’a rien d’un haineux et il a du talent à en revendre. A voir absolument !

    • Jojo 18 février 2010 12:50

      C’est aussi de lui :

      « Pendant les émeutes pour la démocratie en 1988 j’étais à plat-ventre chez moi et juste sous ma fenêtre j’entendais le son si particulier de l’AK47 à n’en pas finir pendant qu’en guise d’infos à la télé, il y avait comme d’habitude les poissons de ce cher commandant Cousteau » 

    • Theothea.com Theothea.com 18 février 2010 14:27

      Effectivement, c’est l’humour affectif de Fellag !....
      Le public n s’y trompe pas !....


    • Brath-z Brath-z 18 février 2010 17:03

      Je l’ai vu il y a quelques semaines, lorsqu’il est passé dans ma ville, ce spectacle est très drôle !

      Par contre, je trouve le premier paragraphe de l’article totalement hors-sujet. Il ne me semble pas que ce spectacle ai une autre prétention que celle de faire rire (et ça marche !).


      • Dahmane 18 février 2010 18:39

        Algérien et mécanicien, je ne pouvais pas rater ce spectacle. Fellag est l’exception ce n’est pas un mécanicien mais un humouriste de talon.


        • joelim joelim 18 février 2010 21:29

          Fellag est un maître en développement humain et en diction... D’autant plus charmé que je l’ai découvert récemment.

          Sur les chiens : « non on ne les déteste pas, on aime les frapper c’est autre chose. »

          « Bouteflika notre président de la République. Enfin, notre président. La République, on l’attend. »

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