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Townes Van Zandt, un talent trop bien caché

John Townes Van Zandt est né le 7 mars 1944 dans une riche famille du Texas. Son père était avocat pour une grosse compagnie pétrolière.

Enfant très intelligent, ses parents voulaient faire de lui un homme de loi ou un politique.

Il passe d’ailleurs quelques années dans une école militaire puis dans un lycée dans le Colorado, mais il se sent trop fragile et sensible pour cette vie. Et puis l’influence d’Elvis Presley, et les disques de Hank Williams, Lightnin’ Hopkins et Bob Dylan lui font vite comprendre que son destin est ailleurs.

A 15 ans, il se met à la guitare, et dès que les déplacements de sa famille le lui permettent, il aime aller se réfugier dans les montagnes rocheuses.

Très tôt, on diagnostique chez le jeune homme une schizophrénie doublée de dépression. Un état qui ne s’améliorera pas avec sa consommation d’alcool et de drogue.

Quelques années plus tard, c’est Mickey Newbury, un auteur-compositeur qui a notamment composé pour Elvis Presley et Johnny Cash, qui décidera d’emmener le jeune homme à Nashville afin de lui présenter le producteur Jack Clement. Convaincu du talent mais aussi de l’originalité de Van Zandt, ce dernier produit l’album "For The Sake Of The Song" qui sort en 1968.

 

L’album suivant , "Our Mother The Mountain" (1969), est une déclaration d’amour aux montagnes rocheuses . On retiendra bien sur "Kathleen", mais aussi la chanson qui donne son titre à l’album, ou encore "Be Here To Love Me".

Cet album obtient un petit succès et certains voudraient faire évoluer la carrière de Townes. Mais lui se moque du mouvement psychédélique, il veut rester fidèle à ce cocktail fait de blues, de folk et de country.

L’année suivante sort un album éponyme. Plus sobre, il y reprend 3 chansons du premier album dont il n’avait pas aimé la production.

En 1971, Van Zandt il revient avec "Delta Momma Blues", un disque enregistré à New York.

Sur cet album figure "Nothin", chanson qui parle du départ de sa femme.

La voici, reprise en 2007 par Robert Plant et Alison Krauss.

Le disque suivant, "High Low And in the Between’ ( 1972), est généralement considéré comme l’un de ses meilleurs. Le morceau "To Live is To Fly" est un hommage rendu à son amie Janis Joplin.

Toujours en 1972 parait "The Late Great Townes Van Zandt".

Ce nouveau disque, malgré ses qualités artistiques indéniables, est un échec commercial de plus.

C’est à cette époque qu’il fait la connaissance d’Emmylou Harris. La jeune chanteuse est sous le charme de ses chansons. D’ailleurs elle reprendra Pancho & Lefty(1977), et "If I Need You" (1981) , deux morceaux qui figurent sur cet album.

 

Après avoir touché le fond, il signe un nouveau contrat, et en 1977 sort le "Live At The Old Quarter".

L’année suivante, Van Zandt retrouve le chemin des studios pour la première fois depuis six ans et enregistre Flyin’ Shoes. Si le disque est loué par les critiques, il n’en va pas de même des fans de l’artiste qui renieront ce disque.

Puis, pendant presque dix ans, Van Zandt n’enregistre presque plus rien. En revanche, il tourne de plus en plus en Europe où sa musique est appréciée.

En 1994, paraît "No Deeper Blue", son dernier album studio. Van Zandt l’enregistre en Irlande avec un groupe de musicien locaux.

Bien qu’il soit sobre depuis près d’un an, Townes se met à vomir du sang. Sa femme Jeanine Van Zandt l’emmène à l’hôpital. Ce qui ne l’empêche pas de partir pour une tourné européenne où il donnera ses derniers concerts. Alors qu’il entre en studio pour enregistrer un nouveau disque dans un état de santé lamentable, il est renvoyé chez lui dans un état lamentable. Il souffre d’une hanche cassée ; sa femme finit par le convaincre de se faire opérer, et à son retour de l’hôpital il commencera à trembler. Il décède quelques jours plus tard, officiellement d’une crise cardiaque.

Son ami Harold Eggers déclarera : " Ce qui a tué Townes, c’est qu’il vivait ses chansons. La plupart des artistes chantent une chanson triste et après voila, c’est terminé. Townes disait : Je ne peux pas chanter le blues, si je n’ai pas le blues, et il a payé le prix."

Les chansons de Townes van Zandt étaient marquées par une profonde noirceur bien sur, mais aussi par une forte dose d’humour pour certaines d’entre elles.

S’il n’a pas eu la carrière qu’il méritait, de nombreux grands artistes tels que Emmylou Harris, Steve Earle, les Cowboy Junkies, Robert Plant ou encore Norah Jones, ont su puiser dans son répertoire pour que le grand public puisse avoir accès à son oeuvre.

The Cowboy Junkies – Lungs

Voici "If I Need You", repris ici par le groupe néerlandais qui a terminé à la seconde place du concours de l’Eurovision en 2014, The Common Linnets.

 


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5 réactions à cet article    


  • seb71 7 juin 2014 12:09

    @ fatizo merci pour ce partage et de m avoir fait découvrir townes van zandt


    • fatizo fatizo 7 juin 2014 23:54

      Je connaissais quelques unes de ses chansons au travers d’Emmylou Harris notamment, mais sans savoir qui il était. Je ne l’ai découvert qu’il y a deux ou trois ans.


    • legrind legrind 7 juin 2014 12:17

      Merci , effectivement, pas le genre d’artiste qu’on risquait de connaitre par notre brillante bande FM. 


      • fatizo fatizo 7 juin 2014 23:55

        Il ne cherchait pas rentrer dans le moule, ils ont du se dire qu’on ne pouvait pas se faire de blé avec un même comme lui.


      • corrio 30 septembre 2014 07:36

        Pour moi, Townes Van Zandt est le plus grand songwriter, toutes époques, tous pays confondus. J’ai eu la chance de le voir sur scène à Paris en 1972. Un grand moment !

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