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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Toy Story 3 ou l’apothéose du film d’animation

Toy Story 3 ou l’apothéose du film d’animation

Mercredi 14 juillet 2010 est sorti Toy Story 3, le dernier volet d’une trilogie qui a débuté en 1995 et qui a amorcé l’avènement du film d’animation. Produit par Pixar, le nouveau film de Lee Unkrich est, à l’image des précédentes oeuvres du géant américain, une réussite indéniable.

C’est toujours la même chanson. A chaque nouveau Pixar, l’éternelle question refait encore et toujours son apparition : le nouveau Pixar sera-t-il aussi bon que le précédent ? Car, depuis 1995 et le premier Toy Story, la société californienne ne cesse d’épater, film après film, les yeux émerveillés des éternels enfants du monde entier. Se sont ainsi succédés, au fil des années, des films qui s’apparentent à de véritables chefs d’œuvres : Monstres et cie, Ratatouille, Wall-e ou encore Là-haut, pour ne citer qu’eux, sont ainsi devenus des œuvres aussi classiques que Le roi lion ou La petite sirène, notamment grâce à une narration toujours exemplaire. La transition au numérique et au film d’animation 3D était ainsi assurée avec un brio indéniable et une certaine insolence.

Le studio revient donc en cet été 2010 avec la suite de sa série phare : le fameux Toy Story 3. Près de huit ans après le second volet, l’attente était énorme et cette suite, à la fois risquée mais tellement évidente, fait, une fois de plus, honneur aux précédentes productions Disney. Un chef d’œuvre.

Un florilège de pixels cinématographiques.

La recette du succès de la firme américaine est finalement assez simple. En premier lieu, tous ses films disposent de personnages plus attachants et plus charismatiques les uns que les autres. C’est donc avec une joie intense que nous retrouvons, avec ce Toy Story 3, les éternels jouets vivants que sont Woody, Buzz, monsieur Patate et leurs compagnons.

Vient ensuite un scénario simple mais terriblement efficace. Andy, l’enfant disposant de ces jouets, a maintenant grandi et doit faire face à l’imminent départ pour l’Université. L’heure est donc grave pour Woody et ses acolytes : pour éviter le cimetière des jouets, à savoir la poubelle, ces derniers doivent rapidement trouver une solution.

Derrière ce scénario assez simple et plutôt classique, la narration de ce Toy Story 3 est d’une exemplarité à toutes épreuves. Alternant avec brio et efficacité les scènes émouvantes, d’action et humoristiques, le film propose un équilibre tout simplement parfait et ne pourra jamais ennuyer le spectateur. On rigolera aisément face au caractère androgyne de Ken, nouveau venu dans la troupe. On s’émouvra facilement face à l’humanisme et à l’incroyable solidarité de ces jouets vivants et respirant la bonne humeur. Et on s’extasiera devant les nombreuses scènes d’action, toujours bien rythmées et parfaitement chronométrées. Quelle excellence !
 

Finalement, Toy Story 3 est cinématographiquement parfait, notamment grâce à une technique époustouflante. Car le bond technologique depuis le premier volet est extraordinaire. Les visages sont fins et vivants, les animations sont époustouflantes et le nombre d’objets affichés à l’écran est considérable. Que dire aussi de ces incroyables jeux de lumières, notamment durant la dernière partie du film, qui étonnent par leur authenticité et leur réalisme. Cette extrême personnification de ces jouets est donc d’une réussite parfaite, et articule ainsi toute la colonne vertébrale de ce Toy Story 3 qui s’apparente à un véritable concentré d’humour et d’émotion. Les musiques sont, bien entendu, pas en reste. Tout comme les plans, qui semblent être tirés d’une véritable caméra, tant leur exactitude impose le plus grand des respects. Bref, Toy Story 3 dispose tout simplement d’un univers vivant.
 
Le culte du chef

Mais ce qui caractérise aussi toutes les œuvres de Pixar est leur succulente double lecture. On se souvient aisément du message fort et poignant de Wall-e, qui alertait sur la dérive industrielle. Tout comme l’interrogation existentialiste de Là-haut, fort émouvant, qui questionnait sur la vie et la mort. Des thèmes souvent durs, forts et complexes proposés dans des films avant tout destinés aux enfants ? Là est le véritable tour de force de Pixar et de ses scénaristes : savoir amener de véritables questionnements philosophiques à travers un tourbillon de pixel ravageurs et édulcorés. Bien entendu, Toy Story 3 ne déroge pas à la règle. L’essence même du scénario est en effet existentialiste : les protagonistes font la connaissance et l’appréhension de l’oubli et de la mort, symbolisée par la poubelle et les déchets. Leur combat, tout au long du film, est d’une intensité émotionnelle comme rarement vue dans un film d’animation. Leur solidarité, aux antipodes de l’individualisme américain, est digne de l’éclat de couleurs que leur plastique renvoie.
 


Mais l’éclat de génie de ce Toy Story 3 est l’incroyable maturité de sa problématique sur la question des régimes totalitaires. Car, aussi étonnant que cela puisse paraître, Toy Story 3 propose une vision alarmiste de l’abus gouvernemental en particulier et de l’autorité en général. A travers le personnage de Lotso, cet ourson en peluche rose parfumé à la fraise, le régime stalinien de la garderie, où vont atterrir Woody et ses amis, est parfaitement décrié. Torture, interrogatoire, culte du chef, tous les ingrédients du parfait régime totalitaire sont abordés avec une justesse exemplaire pour un film d’animation.

Parfaitement réalisé, disposant d’un rythme extraordinaire et réussissant le pari d’être à la fois adulte et enfantin, Toy Story 3 est un florilège de réussites. Les maitres Pixar ont une nouvelle fois encore frappé et montrent, par la même occasion, qu’ils savent sans cesse se renouveler et enchainer des projets d’envergure. Qui s’en plaindra ? Peut-être un certain ogre vert, qui commence sérieusement à accuser le coup.
 
Retrouvez cet article dans son contexte original sur le blog de l’auteur.

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17 réactions à cet article    


  • liochem Grattepoil 16 juillet 2010 11:18

    Pour ma part, je trouve la deuxieme lecture toujours trop presente et inutile. C’est bien de vouloir elargir son public pour faire plus d’entrees, mais il faut aussi savoir le faire subtilement.
    Je regrette les Walt Disney de mon enfance.

    Twitter : @liochem


    • Bruno R. Bruno R. 16 juillet 2010 11:28

      Chacun aura son avis sur la question. Mais je trouve que ce « double fond » est particulièrement bien amené dans la majorité des Pixar, et plus particulièrement dans ce Toy Story 3. Après, cela reste du film d’animation, donc il ne faut pas s’attendre à du Audiard ou du Loach.
      Les Walt Disney de nos enfances garderont toujours une magie sincère et imperturbable, je vous l’accorde.

      Je vous ai rajouté sur Twitter.


    • liochem Grattepoil 16 juillet 2010 11:35

      Merci :)
      J’avoue ne pas l’avoir encore vu, mais je trouve les Pixar un peu lourd dans leur cote moralisateur. On y parle souvent de solitude, famille, responsabilité, écologie, etc...

      Question : on peut s’abonner pour recevoir une notification quand on répond a nos com ?


      • Videa 16 juillet 2010 14:01

        Bonjour,

        C’est étrange, mais après avoir vu vos commentaires, une chose m’a sautée aux yeux... Vous affirmez que « je trouve la deuxieme lecture toujours trop presente et inutile » et pourtant, vous dites ensuite que « J’avoue ne pas l’avoir encore vu ». Lorsqu’on fait une critique, n’est-on pas censé avoir pris connaissance du sujet en question ? Faire une remarque aussi désobligeante et hautaine, est-ce vraiment une bonne attitude ?

        Je suppose que ceci n’est qu’une simple erreur.


      • liochem Grattepoil 16 juillet 2010 15:08

        Je n’ai pas vu celui ci, mais je suis un habitue des films d’animation de Pixar ou Dreamworks, et je note que ceux de Pixar possede une double lecture un peu poussive par rapport aux vieux Walt Disney de mon enfance.
        Il n’y a rien de désobligeant ou hautain la dedans, c’est juste un avis.


      • Yvance77 16 juillet 2010 12:45

        Salut,

        Pareil pour moi pas vu et aucun des opus. Aucun intérêt.

        Walt Disney pour moi c’est le côté féérique d’une « Belle au bois dormant » ou d’une « Blanche Neige » paumée avec 7 lutins etc .... il y avait de la magie. Qui s’est la aussi perdue faut bien l’avouer.

        Sur ce type de dessins animés ou le seul côté animé peut être intéressant (pour dessin on repassera) il y a une profonde et stérile déshumanisation que je déteste.

        Faire parler des bagnoles, des poupées, des grues est totalement crétin

        Un point de vue comme un autre

        A peluche


        • Bruno R. Bruno R. 16 juillet 2010 13:51

          Chacun aura, là aussi, son point de vue.

          Le coté « déshumanisant » de ces nouveaux procédés est finalement très léger : l’animation, les traits, les émotions et les décors restent créés par la main de l’homme. L’assistanat informatique est seulement, à mon sens, présent sur le coté « pate graphique » de l’œuvre, qui ne serait jamais possible (ou très difficilement) sans ordinateurs. Le seul film qui a réussi ce pari, est, à ma connaissance, Les noces funèbres de Tim Burton (lire ma critique ici), qui utilise un système similaire à du stop motion.

          "Faire parler des bagnoles, des poupées, des grues est totalement crétin"
          Mickey, la racine même de Disney, est une sourie qui parle. Tout comme Donald, Le roi lion, La petite sirène ou encore Les aristochats. ;)

          Les films d’animation peuvent déplaire, mais certains possèdent des qualités évidentes.


        • liochem Grattepoil 16 juillet 2010 15:09

          Je suis entierement d’accord avec toi.


        • liochem Grattepoil 16 juillet 2010 13:16

          Par contre, Ratatouille m’a fait retrouver une certaine magie que j’avais pu avoir dans des Basile detective prive par exemple, non ?

          twitter : @liochem


          • goc goc 16 juillet 2010 13:21

            si, par nostalgie, on a tendance a être gentil pour les productions disney, il ne faut pas oublier que c’est surtout un énorme outil de propagande pour le « way of life » américain et pour formater les jeunes cerveaux a la domination du mode de vie et de pensée américaine, ou seul le dollar a de l’importance, et ou la liberté ne peut passer que par les usa (demandez aux irakiens ce qu’ils en pensent)

            et si vous avez encore un doute, allez voir comment sont traité les salariés de gogoland a marne la vallée, et vous verrez que chez disney France, ce sont les lois américaines qui sont en vigueur


            • liochem Grattepoil 16 juillet 2010 13:34

              J’ai du mal avec ce genre d’arguments parce qu’a priori, il n’y a pas un comite pro americain qui vient verifier que la propagande est bien presente dans les scenarios...

              Twitter : @liochem


              • goc goc 16 juillet 2010 16:18

                J’ai du mal avec ce genre d’arguments parce qu’a priori, il n’y a pas un comite pro americain qui vient verifier que la propagande est bien presente dans les scenarios...

                bien sur qu’il existe une espèce de comité pro-américain, il n’est qu’a voir les censures dans les films dès qu’on laisse apparaitre un sein (je n’ose imagine avec toute la paire), alors qu’on bousille à tour de bras et de sang, on laisse des scènes de violence gratuite, mais un sein ?? jamais !!!
                et puis le système fonctionne en amont. Il ne faut pas oublier que dans le cinéma américain ce sont les producteurs qui décident de tout, et non les réalisateurs qui ne sont que des employés.

                et puis regardez des films comme « indépendance day » il n’y a pas de comité pro-américain, et pourtant ce genre de film n’a rien a envier aux pires films soviétiques, par sa niaiserie et son « patriotisme » de pacotille


              • Adeline-Journet Adeline-Journet 16 juillet 2010 16:55

                Alors tu n’as jamais vu un sein dans un film américain ?


              • liochem Grattepoil 16 juillet 2010 17:31

                Et pourtant tu te trompes, les Pixar sont écrits et réalisé en interne. Le studio est 100% créateur du film, ils ne sont pas employés comme tu le prétends.

                Twitter : @liochem


              • King Al Batar King Al Batar 16 juillet 2010 13:46

                J’ai vu un extrait ou Ken donne une interview groovy, j’ai adoré.

                En général j’ai beaucoup de mal avec les dessins animés moderne fait par ordinateur, parce que je suis un peu de l’ancienne école, mais bon avec les gosses on est quand même un peu obligé d’en bouffer.

                Il faut reconnaitre que les Toy Story sont vraiment très sympa. Qui n’a jamais révé enfant de voir ses jouet vivre ? C’est juste un gros délire de gosses bien mortel.

                J’ai aussi adoré Kung Fu Panda, je ne sais pas pourquoi mais il m’a vraiment plu !


                • Adeline-Journet Adeline-Journet 16 juillet 2010 15:49

                  Il faut aussi savoir faire la différence - évidente selon moi- entre les Disney de notre enfance (qui sont, au final ceux de l’enfance de nos parents voire arrière grand parents) et les dessins animés d’aujourd’hui. Il faut les mettre dans deux catégories différentes et ne pas faire d’amalgame. La technique a évolué, encore heureux non ? C’est un Art et si cet art n’évoluait pas vers « quelque chose » de différent, en l’espace d’un siècle, il serait de bon goût de s’en inquiéter. Aux dernières nouvelles, il me semble que la différence entre un tableau de De Vinci et un tableau de Stravinsky soit plutôt évidente et ne conduise personne à partir sur une quelconque polémique..


                  • croacroa 16 juillet 2010 22:22

                    a bon ? A voir l illustration on dirait les sims : ni l un ni l autre n ont la moindre chance de m interesser !!

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