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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Traversée myope de Paris

Traversée myope de Paris

La Table ronde réédite intelligemment des coups de cœur et cartes blanches de ses auteurs maisons, ou plutôt une carte noire, ici celle de Jérôme Leroy. Je ne l'ai pas fait exprès, je m'en suis aperçu après avoir acheté le livre, comme quoi les affinités au moins littéraires subliment les brouilles et les mésententes. Celui-ci a choisi un ouvrage d'ADG de son vrai nom Alain Fournier. Il est sulfureux de par ses prises de position très à droite mais est un auteur délicat et subtil méritant d'être re-découvert, proche de Marcel Aymé, Jacques Perret, et Antoine Blondin pour l'errance éthylique des personnages.

ADG aimait la bonne chère, sa Sologne, son homonyme et la Littérature au dessus de tout le reste y compris la politique. Il était ce qu'on appelle un anarchiste de droite selon le terme usité souvent à tort et à travers, revendiqué par des imposteurs notoires comme Alain de Benoit, et qui pour lui cependant Alain Fournier est parfait. Son anarchisme de droite est surtout un non conformisme pour ennuyer les bourgeois pédagogues, tous ceux qui se piqueraient de poser aux arbitres des élégances morales et, ou culturelles. Il n'hésitait pas dans des chroniques sociétales à être très incisif, de trop sans doute aux yeux de ses détracteurs et contradicteurs.

Elles étaient tellement incisives aux yeux de son éditeur que leur recueil est truffé de quelques pages blanches afin de signifier les coupures éditoriales prudentes afin de s'éviter quelques procès.

On se doute bien que cela le rend immédiatement sympathique à mes yeux...

Cette courte histoire ne se pique pas de politique de toutes manières !

Domi, le personnage principal du court roman, erre dans le Paris nocturne des années 80 avec son chien Laskar, un berger belge, après avoir quitté une soirée mondaine où il s'ennuyait quoi que bien entouré. Il est myope comme une taupe et a cassé ses lunettes, Laskar est son guide. Il rencontre des personnages improbables dont un veilleur de nuit matois, et finit par choisir l'aventure à la vie tranquille de jeune cadre dynamique. Ayant cassé ses lunettes et subissant une gueule de bois carabinée il part au hasard des rues de la Capitale.

Il ne se passe pas grand-chose de notable. Et pourtant le livre se dévore rapidement comme un petit déjeuner de lendemain de fête. L'auteur a un style bien à lui, fantaisiste et farfelu. Il réécrit les mots franglais de manière plus poétique qu'habituellement ainsi que le faisait déjà Marcel Aymé et joue sur les allitérations avec son héros qui aime bien s'amuser avec les mots lui aussi. Je laisserai le lecteur découvrir le tout. Je suis certain qu'il se serait bien marré à réécrire "ouifi" ou foudingue", entre autres...

Sur ce, je te quitte ami lecteur, mon berger belge m'attend avec impatience...

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury - Grandgil

 

illustration empruntée sur "mauvaise nouvelle" site ami

 

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6 réactions à cet article    


  • Elliot Elliot 25 mars 20:24

    Le seul Alain-Fournier que je connaisse, c’est l’auteur talentueux du Grand Meaulnes.

    Il ne me semble pas évident que c’est lui que vous évoquez même si ce n’est pas non plus à exclure puisque les années 80 peuvent aussi être celles du 19e siècle.

    Quoique la photographie censée le représenter, enfin je suppose, soit de facture assez moderne, ce qui ajoute à ma perplexité.

    On passera aussi sur la terminologie très contemporaine de jeune cadre dynamique dans le récit que vous résumez, peut-être une licence poétique de votre part ! 

     
    A vrai dire, je ne sais pas non plus si l’Alain-Fournier que je connais était de droite ou de gauche, ou un joyeux anarchiste ( qui a tout de même répondu présent à l’appel de la patrie) ni même si le problème se posait en ces termes à l’époque pour lui qui n’a pas eu la chance d’échapper à la grande faucheuse de la première guerre mondiale.

    Quoiqu’il en soit, vous donnez envie de découvrir ce possible homonyme, ce qui était au reste votre objectif. 


    • Louve Louve 25 mars 21:01

      @Elliot

      Vous confondez avec Henri Fournier ! 

    • Louve Louve 25 mars 21:03

      @Elliot


      Méa Culpa, Henri est le prénom d’Alain-Fournier smiley 

    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 26 mars 11:45

      @Elliot
      ADG a choisi ce pseudo justement car il adore Henri Alain-Fournier dit Alain-Fournier et ne voulait pas entacher ce nom.
      Il a, écrit des romans faisant référence à l’oeuvre originale comme « la grande môme »


    • UnLorrain 26 mars 11:54

      Pour info la tombe de Fournier se trouve a quelques lieues de chez moi,une petite sepulture ressemblant a une pyramide,en verre,ses ossements et ceux de compagnons y reposent.

      Un auteur,moins connu semble t il,lui n aura pas de sepulture,disparu dans le meme secteur meusien,Pergaud sera recompenser du prix Goncourt pour La guerre des boutons,magnifique roman est le mot qui me vient,plus encore pour cet autre,emouvant, Le roman de miraut ( je viens de regarder par google comment ecrire miraut...cause que pdf sont ephemeres peut etre..) Ecoutez la lecture de ses abondantes lettres a sa femme quand il est au front ( il s interdit de dire a sa femme les assauts offensives et autres ou la faucheuse est tres presente,cela il l ecrit a des amis ) Laissez aller l emotion quand il ecrit a sa femme,qu elle donne caresse au matou, qu il raconte comment il fait fuir un couple de pigeon ramier,par la faute de son pantalon a la couleur voyante. Voir ses nouvelles aussi,il y raconte si bien la vie,les hommes.

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