Trois personnages décervelés dont l’attitude comportementale devrait faire fuir n’importe quel citoyen honnête dans la vraie vie, réussissent sur le plateau de l’Athénée à fasciner l’attention générale voire à la tétaniser depuis le fin fond du poulailler jusqu’aux premiers rangs d’avant-scène.
Que l’un d’entre eux puisse s’enchaîner à la notoriété d’Eric Cantona, n’empêche aucunement les deux autres à se faire psychotiquement remarquer sous les pseudos identitaires de Valérie Crouzet et Giovanni Calo.
Dan Jemett qui a réuni ces trois-là, pour une heure durant, hystériser la pensée de ceux qui ne se méfieraient pas des simagrées d’Alfred Jarry, y met suffisamment de vaisselle à casser, à chaque représentation, pour qu’il soit vraisemblable que les répétitions aient pu permettre de s’entraîner au geste sûre et précis… sans éclats au-delà de la rampe.
Reprenons le casting ; il y a un conteur, très maître de lui, dont la charge fondamentale est d’ouvrir et de refermer alternativement le rideau rouge d’un petit théâtre familial où sévissent Père et mère Ubu.
A trois, ils ont le don de se relayer pour sidérer la relation du maître à l’esclave… pour le dire autrement, celle du pouvoir de l’aliénation face à l’aliénation du pouvoir !
Mais rien n’y fait, le conteur aura beau prendre un maximum de précautions, il ne parviendra point à faire d’omelettes sans casser une pléthore d’œufs et tutti quanti…. Cependant, durant ce temps, la mère Ubu pourra s’époumoner de tout son saoul, rien ne ramènera le père Ubu au pays du bon sens partagé avec tous.
Différent parmi les êtres différents, quels que puissent être les gages de sa bonne volonté, le roi restera toujours celui qui ne peut s’imaginer d’autre destin que de ne pouvoir se débarrasser de son charisme inéluctable, reconnu par tous, y compris par lui-même !….
Terrible destinée qu’Eric Cantonna assume jusqu’à la lie artistique des applaudissements…. ramenant à terme, tout son monde autour de lui… sur le plancher des vaches…. en l’occurrence, fort bien gardées.
photo © Pascal Victor
UBU ENCHAINE - ***. Theothea.com - de Alfred Jarry - mise en scène : Dan Jemett - avec Giovanni Calò, Eric Cantona & Valérie Crouzet - Théâtre de l'Athénée

| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
L’Agora reçoit Alain Minc !
Journée mondiale de la liberté de la presse : quel bilan en Europe ?
L’étoile du nord : un théâtre dédié aux auteurs contemporains
Le contrôle des médias, une question d’actualité brûlante
Odyssées : un projet et une distribution internationales Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Mentions légales Charte de modération