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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Un amour impossible » Christine Angot en quête de résilience à (...)

« Un amour impossible » Christine Angot en quête de résilience à L’Odéon

En adaptant elle-même son propre roman, celui convoquant la mère et la fille au sein des profondeurs abyssales habitant leur réciprocité, en perspective d’être joué sur la scène théâtrale, Christine Angot ajoute une corde « porteuse » à son arc lui permettant de cibler la relation binôme fondatrice et universelle.

 

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UN AMOUR IMPOSSIBLE
© Elisabeth Carecchio

 

Réécrivant le parcours d’une vie, celui de Rachel sa génitrice, selon plusieurs rencontres chronologiques sous tête-à-tête avec la narratrice, celle-ci se dédoublera tout à la fois en L’écrivaine distanciée ainsi que La jeune « Christine » s’incarnant jusqu’à l’adolescence sous le nom matriarcale de « Schwartz » et, par la suite, sous celui patriarcal de « Angot » puisque Pierre, l’ex-amant adoré, aura alors consenti à reconnaître civilement l’enfant âgée de 14 ans.

Associées, dès l’origine, au projet initial souhaité par la metteuse en scène Célie Pauthe après que celle-ci eut donc contacté l’auteure, les comédiennes Bulle Ogier & Maria de Medeiros donnèrent leur accord d’autant plus enthousiasmées qu’elles allaient devoir jouer avec les âges progressant en concomitance avec ceux de Rachel & Christine.

Unité de temps, imaginé comme une longue journée où celles-ci se remémoraient en tableaux scénographiques les moments clefs successifs d’impossibles amours duels conjugués à trois.

Unité de lieu, celui de l’espace scénique qui s’adapterait à la conceptualisation symbolique et néanmoins géo-localisée de ces relations tripartites où la présence charnelle de Pierre, l’ex-amant et père incestueux y sera d’autant plus exclue que son décès marquera le point initial de l’adaptation théâtrale où la mise en mots lui servira ainsi d’hologramme virtuel.

 

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UN AMOUR IMPOSSIBLE
© Elisabeth Carecchio

 

Davantage que la vengeance, la rébellion ou autre ressentiment, sous-tendant certains de ses précédents livres rendant compte de la transgression paternelle, la démarche « romancière » voulue ici par Christine Angot est celle d’une analyse idéologique et politique du crime familial dont la responsabilité morale, par- delà l’agresseur, incomberait collectivement au laxisme sociétal des règles ségrégatives implicitement en cours.

Au-delà des conséquences victimaires indélébiles, il importait présentement à Christine de tenter de comprendre, par le biais de leurs perceptions féminines en cheminement divergeant, les éventuels entendement, discernement et motivations maternels en testant à chaque étape la prise de conscience de Rachel, a posteriori ou non, des enjeux relationnels ayant été impliqués.

Si, respectivement à 84 et 58 ans, la rancoeur pourrait, ainsi, faire place à l’apaisement, c’est tout simplement parce que l’amour sera demeuré présent, certes dissimulé mais sans fard, et pourvu qu’à deux, mère & fille, elles sachent désormais lui accorder une place prépondérante.

Il faut dire qu’à ce jeu éminemment théâtral auquel se livrent, corps et âmes à tous les âges de la vie, Maria & Bulle, le charme est indicible, la performance est émotionnelle, le talent est à fleur de peau.

 

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UN AMOUR IMPOSSIBLE
© Elisabeth Carecchio

 

La metteuse en scène dirige avec tact les affrontements et réconciliations opportuns selon des enchaînements de plateaux à vue où respiration, quiétude & sérénité scéniques s’expriment en un calme ballet technique dédramatisant.

Bulle Ogier nous apparaît en adéquation confondante à travers le prisme nostalgique sorti de son univers cinématographique ; Maria de Medeiros envoûte par son sourire adulescent et ses manières de jeune fille non rangée en pleine empathie affective avec sa partenaire.

A travers elles deux, surgissent notamment, et comme par magie, les années soixante symbolisées par des pas de danse anthologiques en solo puis à deux sous le rythme rock et sensuel de Nancy Sinatra scandant le fameux « These boots are made for walkin’ »

Bravo à Christine & Célie d’avoir rendu « possible » ce revival show Bulle & Maria… ludique, emblématique et ainsi métaphorique de quête en résilience !

 

photos 1, 2 & 3 © Elisabeth Carecchio

photo 4 © Theothea.com

 

UN AMOUR IMPOSSIBLE - ***. Theothea.com - de Christine Angot - mise en scène Célie Pauthe - avec Bulle Ogier & Maria de Medeiros - Théâtre Odéon / Ateliers Berthier

 

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UN AMOUR IMPOSSIBLE
© Theothea.com

 


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6 réactions à cet article    



  •  
     
    convoquant la mère et la fille au sein des profondeurs abyssales habitant leur réciprocité, en perspective d’être joué sur la scène théâtrale
     
    alors j’ai stoppé la branlette ...
     
     
    « Le carré blanc sur fond blanc de Malévitch où les carrés noirs de Soulages sont les profondeurs abyssales de l’enculage des con tribuables par des mondains prébendiers de la caste... La déconstruction des normes doit dire au troupeau, pas de valeur, pas de la technique, ni de beau, bon où moral, vous êtes la merde en boite de Manzoni... seul le fric que reçoit le prébendier pontifiant du Saigneur Capitaliste spéculateur compte en banque ...
    On vous encule nous la classe snob des nomades du haut, nous qui nous masturbons à la débilité méprisante sur votre travail... avec un plug anbal géant vert en se foutant de votre gueule en plus »
    La Caste et ses prébendiers
     


    •  
       
       
      « Vincent Cassel, Cotillard, Elmaleh, Canet, Tautou sont payés 10 fois plus pour un film booba qu pour un film américain, et le film booba fait 10 fois d’entrées ..
      Pourquoi ?
      Putasses du Capital zélateurs de la pensée dominante multiethnqiqueuse »

       
      Producteur anonyme d’Asterix


      • Pseudonyme Pseudonyme 2 mars 19:45

        Christine Angot et l’hispanique bêtifiante Maria de Meideros ..... Je défaille de bonheur !  smiley


        • Theothea.com Theothea.com 3 mars 05:33
          « Conférence à New York » de Christine Angot
          Lecture par Christine Angot

          Samedi 4 Mars / 16h00 / Berthier 17e

          « Quand je serai grande maman, j’irai en Amérique, et je t’emmènerai, tu viendras avec moi ? » Aujourd’hui, je suis à New York. Je prononce cette conférence, je suis devant vous, et elle n’est pas là.

          https://twitter.com/TheotheaParis/status/836385532758396930

          http://www.theatre-odeon.eu/fr/2016-2017/evenements/conference-a-new-york-de-christine-angottp ://www.theatre-odeon.eu



            • Balrama Balrama 3 mars 12:47

               Quand une hystérique idiote dont le sujet des livres n’ est qu’ elle-même et son cul, est reconnue comme un écrivain et portée aux nues par les médias et de pseudo intellectuels dont l’ activité principale est de tuer l’ intelligence et d’ endormir le peuple on peut parler de décadence . Angot fait partie de ces paumés nombrilistes, qui passent leur temps à s’ auto-analyser et la nullité littéraire de Christine Angot est un problème en lui-même. Le problème, c’est sa présence dans l’ordre de la littérature française. Que fait-elle là ? Personne pour lui dire qu’ elle est nulle , qu’ elle ne sait pas écrire, et que manifestement son esprit n’ a pas l’ air de s’ élever plus haut que son trou de balle ?
              Il faudrait dire qu’elle ne représente rien d’autre que la vacuité contemporaine d’un monde qui a érigé la contemplation et la fabrique du néant en logique existentielle. Elle est à la littérature ce qu’Anish Kapoor est à l’art, c’est-à-dire le néant qui croit être parce qu’il se serait pris comme principe de lui-même. Cela reste du néant . Angot est à la littérature,ce que BHL est à la philosophie , une escroquerie et une insulte a l’ intelligence Le système monstrueux qui se positionne dans nos vie, capitalise sur le sordide, le sale, le laid ; il nous veut à son image.
              Le seul problème, c’est que comme des trous noirs qui dévoreraient la matière et la lumière, ces êtres négatifs indéterminés ont fait de la destruction de ce qui nous reste d’humanité (la littérature, l’art, l’histoire, le sens !) le moteur de leur vie absconse et à proprement parler insignifiante. Voilà le sens de cette monstruosité. Non pas vraiment la leur car en eux-mêmes ils ne sont rien. Mais celle de ce monde abject qui nous inflige ça à travers eux.
               Et la seule explication de l’ existence médiatique de cette dégénérée et de tant d’ autres dont les noms ne sont pas toujours révélateurs , (mais en cherchant bien ) A mon avis, tient en 2 mots : réseau et communauté .
              Ce n’est donc pas de la littérature, avez-vous déjà essayé de lire Anna Gavalda, Marc Lévy, Nothomb et d’autres encore ? Pour ma part même en faisant des efforts je n’ai jamais pu. En ce qui concerne la critique littéraire, j’ai une technique assez simple pour m’épargner les navets pondus par ces crétins : Il suffit que le Nouvelobs, les Inrocks ou Le Monde dise du bien d’un livre, que l’ auteur soit reçu dans des émissions littéraires ou encensé dans ONPC pour que je sache que c’est une bouse intersidérale .

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