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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Un chemin semé d’embûches

Un chemin semé d’embûches

Il ne suffit pas d'avoir du talent pour pouvoir sortir un livre.

Le talent n'est pas un sésame pour être édité...

Il vaut mieux avoir un nom connu ou quelques influences notoires...

Certains et certaines, n'ont pas de sauf conduit mais de l'obstination comme cet auteur qui a envoyé son document à huit éditeurs.

Deux seulement ont renvoyé un récépissé, comme quoi la politesse n'est pas toujours de ce monde...

J'espère que ce « phare de la lumière » sera bientôt sur certaines gondoles, ce serait dommage que des lecteurs potentiels soient privés de ce livre où se conjuguent parfaitement poésie et récit épique .

Agoravox est une grande famille, on y écrit, on y débat, on s'y écharpe, certes mais parfois, assez souvent d'ailleurs on s'y respecte.

Alain Sapanhine qui y écrit sous un pseudonyme m'a fait parvenir son manuscrit... Comme quoi ce média peut permettre, ce que je souhaite, de faire connaître des obscurs, c'est à dire des écrivains méritants qui sont comme des pots de terre contre les pots de fer de la grande édition.

J'en appelle, ici, aux éditeurs, lecteurs d'Agoravox pour qu'ils saisissent leur chance de pouvoir faire sortir un livre qui, j'en suis certain, ne laissera pas indifférent le lectorat.

Quant à moi, j'invite l'auteur à participer au Quatrième salon littéraire de Vaux le Pénil qui se tiendra le dimanche 13 octobre 2013.

 

Le phare de Lumière

roman écrit par Alain Sapanhine

263 pages en caractère 11

 

Rebelle pour toujours

 

Ce livre est « dactylographié », il m'est parvenu par voix postale pour que j'y jette un œil. Je l'ai ouvert, l’œil et même les deux et au lieu de parcourir ce qu'on appelle encore un manuscrit, je me suis plongé dans sa lecture.

Je n'ai pas été déçu du voyage, il faut d'ailleurs s'accrocher car même les descriptions relativement nombreuses sont faites à un rythme endiablé : les phrases s'enchaînent, l'action se déroule parfois sans que le lecteur n'ait le temps de souffler.

J'aurais préféré comme titre : « rebelle comme toujours » car ce vieux pêcheur est à la fois un connaisseur de la mer comme on en fait peu et à la fois un rebelle obstiné.

L'auteur dans sa préface nous présente tous les acteurs principaux, le vieil Ernesto, sans âge, les « prolotaires » et « prolataires », du moins quelques uns – ils sont onze millions- les pêcheurs et tous les policiers et bureaucrates qui se nourrissent sur le dos de la bête de somme...Cette présentation, intéressante et distrayante constitue la cerise sur le gâteau car jamais, sans avoir besoin de revenir en arrière le lecteur n'est perdu, il suit la voie bien dégagée et goûte l'humour parfois aigre de l'auteur.

Ce serait une remake du vieil homme et la mer de cet autre Ernest, Hemingway de son état, peut être mais de toutes façons ce grand auteur aurait aimé ce livre.

Nous sommes sur l’île d'Absurdistan, propriété exclusive de ce méchant Roi Maxime qui y règne en maître pour y faire le bonheur de l'homme, c'est du moins ce qu'il dit même si l'homme y vit comme dans une prison.

Ernesto, notre vieux pêcheur d'espadon a plus qu'un tour dans son sac et même quand il se retrouve au travail forcé suite à un délit qu'il n'a pas commis, il sait se faire accepter de tous et apprécié pour ses talents de pêcheur...La mer est loin mais qu'importe, la rivière donne du poisson à qui sait l'attraper...

Libéré pour bonne conduite, retrouvant sa licence de pêcheur que les autorités lui avaient arrachée, il retourne chez lui pour rendre gorge aux corrompus et ceci avec des méthodes plus ou moins légaux...

Le combat est dur et inégal.

La peur, la veulerie et la solidarité entre les prolotaires sont intimement liés et pour que ceux d'en bas décident d'aller secouer ceux d'en haut, il faut du temps et beaucoup de persuasion.

«  Tout Absurdistan sait qu'une fonction d'administrateur ne consiste pas à gérer, mais à se servir de son poste pour assurer l'ingérable et partir en catimini avec la différence, le compartisme de terrain repose sur ce postulat. »

Ah si on essayait au moins de changer d'administrateurs ? Rien n'est moins facile mais le vieil Ernesto a de la ressource...N'est-il pas en plus le seul pêcheur capable d'attraper le fameux Aruga, le poisson mythique !

J'ai vraiment aimé ce livre, l'histoire, bien entendu, d'autant plus que c'est une fiction et même un conte avec des séquences épiques comme ces combats de mer contre les poissons....

Cette œuvre mériterait d'être édité, ce serait dommage de priver des lecteurs du plaisir de goûter et même de déguster ce petit régal...

Évidemment, cela m'étonnerait qu'il sorte en plein jour dans cette île qui fut un phare de la révolution socialiste, au nez et à la barbe de « l'oncle Sam » ? ...Serait ce un brûlot anti communiste ? Non ! D'autant plus que la bureaucratie n'est pas l'envers du socialisme mais son antithèse.

 

Jean-François Chalot

 


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12 réactions à cet article    


  • asterix asterix 14 février 2013 20:09

    Envoyé à huit éditeurs et il n’y en a que deux qui en accusent réception !
    Cela résume un peu toute la politique des maisons d’édition. Elles ne donnent pas leurs chances aux nouveaux auteurs. Pire encore, elles leur manifestent leur totale indifférence. Je connais également le gars. Seuls Fayard et une succursale de Gallimard lui ont répondu, c’est dingue !
    Il aurait dû signer « Johnny Halliday », non ?


    • Dwaabala Dwaabala 14 février 2013 20:54

      C’est un peu comme les candidatures spontanées : vous pouvez vous adresser à 50 éditeurs, grands et petits, et obtenir une réponse encourageante, quelques refus polis, voire « notre comité de lecture examinera votre ouvrage » et le silence pour les autres.
      Et même cette réflexion : « Si vous n’êtes pas satisfaits, vous pouvez toujours éditer à compte d’auteur ou monter votre maison d’édition ». Expérience vécue.
      Pour votre protégée : un site « Editions Le Manuscrit », qui édite gratuitement. C’est très bien, un peu comme Agoravox, mais pour le livre. On obtient sans frais un objet présentable auquel on peut derechef faire tenter sa chance auprès des éditeurs.


      • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 15 février 2013 10:51

        Je ne pense pas que les «  Editions Le Manuscrit » soient la bonne solution. Cet « éditeur » se contente de fournir un n° d’ISBN et d’imprimer le fichier fourni sans possibilité de contrôle de la mise en pages et avec une possibilité de corrections très réduite.

        Il fait signer un contrat d’éditeur qui lie l’auteur à la maison pour 3 ouvrages et il ne verse les droits d’auteur qu’à partir de 150 € (il faut en vendre des livres pour atteindre ce niveau ! Et pourtant la promo de cet « éditeur » est nulle. Il faut se débrouiller par ses propres moyens pour se faire connaitre !)

        Il vaut mieux se faire imprimer chez le lillois « thebookedition.com », par exemple, qui offre plusieurs formats, imprime gratuitement le texte et la couverture tels qu’ils lui ont été envoyés, qui ne fait pas payer les rééditions corrigées et qui propose aux auteurs des achats groupés avec tarif dégressif dès 5 ouvrages achetés. Le livre est alors mis en vente sur le site de ce prestataire de services.

        Si l’on veut disposer d’un n° d’ISBN pour la vente en librairie ou sur les autres sites marchands, il existe d’autres solutions relativement plus onéreuses.
        Par exemple l’allemand Books on Demand (www.bod.fr) qui fournit des prestations semblables à celles de TBE mais avec ISBN et dépôt légal à la BN (avec un choix plus grand de format et de papier) contre 39 € plus 2€ par mois pour conservation de la matrice pendant 5 ans ( soit 120 € de supplément). Avec une inscription chez les distributeurs le livre peut ainsi être commandé en librairie ou sur un grand nombre de sites marchands en ligne.

        Tous ces prestataires ont recours à l’impression numérique à la demande, permettant l’impression d’un seul exemplaire en cas de besoin.

        Il existe aussi d’autres solutions plus compliquées ou plus onéreuses. A éviter : LHarmattan qui demande l’achat préalable d’un nombre important d’exemplaires...




      • Dwaabala Dwaabala 15 février 2013 13:05

        Dans un compte d’auteur, il n’y a pas de distribution assurée, aux « Editions le Manuscrit » non plus. Est-ce un scandale ?
        Les corrections sérieuses sont tout-à-fait possible, je les ai pratiquées.
        La première version de l’ouvrage présentée à l’auteur est soignée : pour la poésie par exemple, il n’est pas fait n’importe quoi.
        Est-ce « une arnaque » de cette maison que de prévoir que dans le cas où l’ouvrage serait édité et vendu par un Editeur patenté, elle prélèverait 1% sur les droits d’auteur ? 
        Je conseille vivement à ceux qui sont concernés d’y aller voir de plus près.


      • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 15 février 2013 13:45

        Même si la technique du Manuscrit s’est améliorée (peut-on illustrer ses livres ?), a-t-on modifié le contrat d’édition (Exclusivité pour 3 livres ; paiement des droits à partir de 150 € —au fait, vous avez atteint ce seuil ?) ?


      • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 14 février 2013 23:15

        Ce texte est différent de ce qu’on trouve habituellement sur Agoravox, mais il s’agit d’une autre sorte d’échanges : échange de plaisirs littéraires, artistiques, musicaux, culturels. C’est aussi une autre sorte de militantisme : soutenir un nouveau talent encore inconnu ou inconnu. Tu as raison, Jean-François.
        Je me souviens d’un conférencier qui avait choisi de préparer son auditoire à subir la crise. Il nous avait passé des schémas, des tableaux, des courbes sur les différents pays du monde. Tous présentaient des classifications de pays selon leur PIB, dans un passé plus ou moins proche et les conséquences qu’il pensait pouvoir en tirer pour l’avenir. Je voyais mes voisins s’affaisser de plus en plus dans leur fauteuil : la résignation régnait sur la salle. Puis arriva le moment des questions.
        Je lui ai alors demandé pourquoi il se basait pour son classement sur le PIB : "et le bonheur de vivre dans un pays, les beautés de ses paysages et des chants des oiseaux ? Et la liberté, le goût de la solidarité ? Et ses poètes, ses écrivains, ses peintres et ses artistes ? On ne voit plus l’Humain là-dedans... Et l’amour, Monsieur, que faites-vous de l’amour ?


        • asterix asterix 15 février 2013 12:16

          Merci à vous tous, l’auteur c’est moi. En fait, j’ai demandé l’avis de Chalot et il m’a proposé d’écrire ce billet sur lequel je ne suis pas intervenu.
          Dire qu’il ne me fait pas plaisir serait mentir...
          N’en revient pas moins que je ne veux pas passer par l’auto-édition électronique. Si une maison d’éditions trouve mon travail bon, c’est à elle de le faire. Passer par différents sites spécialisés, c’est soit de l’arnaque, soit du nombrillisme. De toute manière, je serai dépassé par les connaissances électroniques que cela représente, à chacun son travail.
          Qui plus est, je me brûle à tous les coups...
          De là ma réflexion qui est le premier commentaire ci-dessus. Alors que j’avais sélectionné plusieurs maisons moyennes réputées sérieuses - et surtout susceptibles d’analyser mon travail puisqu’elles ne reçoivent que très peu de manuscrits par jour - en leur expliquant qu’habitant loin, je leur serai redevable de m’en accuser réception ( + ou - 35 euros par envoi, tout compris ), elles n’ont été que deux, les deux plus importantes qui plus est, à m’avoir répondu par mail qu’elles l’avaient effectivement reçu, travail qui ne prenait que cinq minutes au plus.
          Bref, je n’en sais toujours pas plus sur la valeur du contenu, sinon qu’il a l’air de plaire à ceux qui l’ont lu. Merci à Chalot et l’enfoiré de m’en avoir, chacun à leur manière, fait part.

          Il y a quelques mois, suite à un autre article de Chalot sur le sujet, j’étais intervenu en demandant à AgoraVox s’il ne devait pas envisager l’ajout d’une rubrique « livres par épisodes » qui permettrait, avec l’accord de la majorité des sociétaires, de vous offrir ce type de travail, ce qui renouerait avec la tradition qui fut en vigueur au 19ème siècle. .
          Je réitère la proposition, c’est tout.

           


          • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 15 février 2013 13:42

            La plupart des éditeurs professionnels ne veulent pas prendre trop de risques. Un livre doit au moins s’autofinancer et générer un minimum de profit. Editer un auteur inconnu même talentueux constitue un gros risque. Le faire connaitre demande un gros investissement publicitaire.


            On pourrait ouvrir une rubrique « livres » sur Agoravox, consacrée aux livres ignorés par la pub habituelle. Mais je ne comprends pas bien ce que seraient les « livres par épisodes ». S’agirait-il de revenir au roman feuilleton et de permettre à des auteurs de publier (gratuitement) leurs ouvrages par petits bouts ?

          • alinea Alinea 15 février 2013 13:44

            J’adore cette idée de « livre en épisodes » ! Le seul hic, pour moi, est la lecture verticale sur écran ; rien à voir avec un bon bouquin.
            Avez-vous essayé « le Dilettante » ? Il y a des milliers d’éditeurs ; envoyer son manuscrit par internet est un plus maintenant pour beaucoup qui ne « lisent » plus le papier ?
            Dans ma vie d’écrivante, Le Dilettante est la seule maison qui a toujours accompagné ses réponses convenues, de la note du lecteur !
            Le persévérance est de rigueur ; je vous la souhaite de tout coeur ! Sans compter que contrairement à naguère, envoyer son manuscrit par mail ne coûte rien ! Et c’est déjà pas mal !!


          • Dwaabala Dwaabala 15 février 2013 14:07

            La plupart des éditeurs ont recours à des circuits de distribution.
            Ces distributeurs sont eux-mêmes plus ou moins aptes à assurer la diffusion de l’ouvrage, qui avant de finir entre les mains d’un éventuel lecteur qui l’aura acquis doit être présenté dans des librairies.
            Bon. Votre livre est édité et distribué, entrez dans une librairie : il y a une chance minime pour que non pas vous trouviez votre oeuvre, mais même pour que votre éditeur figure au catalogue du libraire. Les grandes maisons exclues évidemment.
            Le fait d’être distribué est loin de signifier être lu. Il ne s’agit pas de lasagnes sur la gondole de l’hypermarché. 
            Autrement dit, il vaut mieux ne pas parler de droits d’auteurs, qui sont toujours minimes, quand le livre ne fait pas boire le bouillon à son éditeur. A moins d’être la star encore ignorée et qui fera partie dans un proche avenir des quelques dizaines d’auteurs qui vivent de leur plume.
            Les « Editions le Manuscrit », je le répète ne demande aucune participation pécuniaire, contrairement au compte d’auteur qui ne fournit rien de plus ; si vous désirez acquérir une vingtaine d’exemplaires pour les offrir à votre entourage, ils vous sont proposés à un prix spécial auteur, très modique.
            A noter que de très nombreuses thèses, entre autres, trouvent ainsi le moyen d’exister.
            Et qu’il existe des auteurs qui aiment se mouiller la chemise pour promouvoir leur travail dans les salons du livre ou autres manifestations, au lieu d’attendre que ce soit « le distributeur » qui accomplisse des miracles. Le seul miracle est celui d’avoir un lecteur.


            • CHALOT CHALOT 15 février 2013 16:54

              Comme je l’ai dit à l’auteur qu’ AGO m’a fait connaître, on sent en le lisant ( je l’ai lu entièrement et non parcouru) qu’il y a du travail, de la réflexion et vraiment un petit plus qu’on trouve ici dans le manuscrit. Ce serait vraiment dommage que cette oeuvre ne sorte pas en livre papier.
              Je suis prêt quant à moi à aider à sa diffusion.
               


              • FERAUD 16 février 2013 19:48

                J’ai envie de lire ce livre

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