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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Un heureux évènement : Vu du côté du père, ça donne quoi ?

Un heureux évènement : Vu du côté du père, ça donne quoi ?

 Bon, je crois que c’est la période qui veut ça. En ces temps de St-Valentin on ne peut plus échapper aux comédies romantiques. Comme bien souvent, il est déjà plus de 22 heures, et généralement les enfants sont enfin couchés. Alors, c’est toujours à ce moment que l’on se retrouve sur le canapé, et … « On regarde un film ? ». Conséquemment, après avoir parcouru les dernières nouveautés sur Canal Play ou bien ITunes – On regrette à ce moment précis la triste fin de Megaupload – et débattu longuement quant au choix final du film que vous retiendrez, vous cédez laconiquement à la pression de votre femme : « C’est bon, choisis ce que tu veux ! ». Et ce soir, ce sera Un Heureux Evènement…

« A ma grande surprise, un des meilleurs films français des 10 dernières années »

Hé oui, je dois l’avouer : J’ai adoré. Tout y était, ou presque, dans ce film. Je dis presque, car il manque une chose essentielle que les scénaristes ont dû oublier : Une accroche. J’entends par là un cadrage de l’histoire, savoir où l’on va et à quelle question ce film doit répondre.

Je suis un peu sévère, mais il est vrai que le déroulé coïncide un peu à un « reportage signé France Télévision » ou encore à un « journal intime ».

Fin des critiques, passons aux compliments : Outre le fait que, pour une fois, on croit au jeu des acteurs français, les éléments à la fois tragiques et comiques de l’intrigue sont incroyablement proches de la réalité. Et ce, malgré quelques caricatures qui, je pense, sont avant tout là pour interpeler le spectateur et renforcer les contours dramatiques de l’histoire.

On va tout de suite mettre de côté la sensualité dégagé par le film, ainsi que le charme éthéré de Louise Bourgoin, pour se plonger dans le récit de ce couple contemporain, affrontant les chamboulements provoqués par « un heureux évènement », tentant par tous les moyens de se relever de la grande claque que nous procure la naissance d’un premier enfant.
 
« Tout simplement pragmatique »

Le scénario du film est inspiré du roman éponyme d’Eliette Abecassis, que je n’ai absolument pas lu. Je m’abstiendrai donc de tout commentaire en citant l’auteur, mais il serait bon d’approfondir la vision donnée par l’écrivaine afin de parfaire ce qui suit.

L’histoire vécue par le couple, allant de l’idylle passionnée jusqu’au point de non-retour, est tout simplement pragmatique. Rien n’a été déformé, embelli, ni déparé.

Je ne connais pas un couple qui n’ait pas vécu des moments de doutes, d’effroi, de tristesse, parfois même de désespoir lors de la période allant de la grossesse à l’année suivant la naissance de leur enfant.

Les instants insolites, de tendresse et les clins d’œil durant le film, nous rappellent aussi que la valeur de ces choses méritait bien d’endurer la difficulté liée à ces épreuves.

Je ne vais pas tout vous raconter, cela gâcherait l’effet de surprise, mais pour les personnes qui n’ont pas d’enfant et qui en veulent un, je vous conseille :

- D’arrêter d’acheter des tonnes de bouquins sur le sujet à la FNAC, ils ne vous serviront jamais.

- De télécharger plutôt ce film, 3.99 euros en VOD, le regarder attentivement et prendre des notes.

« Et du côté du père, ça donne quoi ? »

Le film étant recentré sur les pensées du personnage féminin, Barbara (Louise Bourgoin), le récit aurait été encore plus intéressant s'il avait été confronté avec la vision masculine proposée du père (Pio Marmaï).

Alors pour les futurs papas, je me dévoue en vous rendant ce service ! Voici 5 conseils que je rajouterai afin que votre merveilleuse trinité puisse survivre plus de 2 ans :

- 1 / Lors de l’annonce de l’heureux évènement, montrez-vous avenant. Vous aurez toute l’occasion d’exprimer vos doutes, à votre compagne, plus tard. Cela ne m’a pas concerné directement pour mon premier enfant, mais il parait évident que si vous ne voulez pas passer les 9 prochains mois (voir le restant de votre vie) à justifier votre grise mine lors de l’annonce (ô combien angoissante) effectuée par votre partenaire, il va falloir vous montrer diplomate. Prenez sur vous, souriez, vous verrez, tout se passera bien. Si la fibre paternelle ne s’éveille toujours pas en vous, vous pourrez le signaler lors d’une confidence vers le 3ème ou 4ème mois, bouquin spécialisé à l’appui – que vous vous empressez alors d’acheter à la FNAC ou ailleurs.

- 2 / Quoi qu’il arrive, votre femme est plus que jamais votre princesse : Plus facile à dire qu’à faire, mais… soyez aux petits soins de votre chérie. Mettez World Of Warcraft, ou je ne sais quoi, de côté pour un moment. Remettez vos virées nocturnes à l’Irish Pub pour plus tard. Reportez vos projets les moins urgents et concentrez-vous sur elle. La maman a énormément besoin de petites attentions, de spontanéités et surtout, qu’on l’écoute. Et quand je parle de l’écouter, c’est avec une oreille attentive, pas en naviguant concomitamment sur Facebook ! Sinon, vous allez souffrir, et bien plus que vous ne souffriez en vous privant des futilités qui remplissaient autrefois votre vie.

- 3 / Le délicat moment de l’accouchement : Alors là, attention. Savoir quoi faire lors de l’accouchement est aussi compliqué que de tenir debout sur une corde tendue : en effet, il vous faudra trouver l’équilibre parfait entre être trop présent et pas assez. Mon conseil et de faire tout ce que votre compagne vous dira et de parler le moins possible. Si votre partenaire est contre la péridurale, ne soyez pas étonné qu’elle change d’avis au début des contractions, bien au contraire c’est plutôt bon signe pour vous. Enfin, Abandonnez toutes lubies de vouloir jouer les Spielberg avec votre caméscope, ou prévenir toute la belle-famille pour former un comité de soutien : D’une part, l’accouchement est vraiment un acte médical avec toutes les horreurs ce que cela comprend. D’autre part, sur l’échelle de la douleur, un accouchement c’est 10/10. Vos infections urinaires sont une cure thermale à côté de la fatigue et de la souffrance endurées par votre conjointe. Alors protégez-là, et faites en sorte qu’elle se repose.

- 4 / Après l’accouchement, le pire commence et ne se termine jamais : Ce qui est bien, avec le premier enfant, est que l’on tombe véritablement de Charybde en Scylla. Si vous avez trouvé que la grossesse était une période difficile à traverser pour votre couple, alors vous gouterez avec joie à la période suivante allant environ jusqu’au premier anniversaire de votre bout de choux. Oui, tout ce laps de temps est une découverte de ce que l’on peut appeler cyniquement la vie à trois : Trois fois moins de câlins, trois fois moins d’argent, Trois fois moins de temps pour soi. Et c’est là qu’il va falloir être solide parce que, cerise sur le gâteau, votre femme subit brusquement une chute d’hormones conduisant à un coup de blues qui rejaillira sur vous. Grosso modo, on comptait sur votre investissement à 100%, c’est désormais 200% qu’il va falloir vous donner. Good luck !

- 5 / Surtout retenez une chose primordiale : Tout le monde se fout de vos états d’âme. C’est triste à entendre maintenant, mais ça vous rassurera plus tard quand vous repenserez à mon article. Car croyez-moi, si votre entourage prêtera une attention particulière à votre bébé, il sera un peu moins complaisant avec votre conjointe. Alors, autant dire qu’il n’aura même pas un micro-soupçon d’intérêt pour vous. Et comme la naissance est un heureux évènement - ne l’oublions pas - vous passerez pour caliméro si vous ratez l’occasion précieuse qui vous est offerte de vous taire. Pourtant, dieu sait que l’homme souffre aussi moralement durant cette longue période. Toute cette pression qui pèse sur vous, pour subvenir désormais aux besoins d’une famille, aux exigences de votre foyer, additionnée à l’indifférence totale de vos proches et l’abandon progressif de vos amis célibataires qui ne trouvent plus d’intérêt à vous fréquenter, vous transportera dans le monde merveilleux de « Papa ».

En tout cas, et c’est là-dessus que je vais conclure, tous ces conseils, même si vous les suivez à la lettre, ne suffiront pas à éviter le choc qu’occasionnera l’évènement et les conséquences qui en découleront. Mais si, tant bien que mal, vous parvenez à surmonter la situation, vous serez alors ô combien récompensé par un bonheur inégalable en ce monde : Celui de donner la vie. Et je peux vous dire que c’est à l’occasion d’une naissance que l’on apprend que notre propre existence est dénuée de tout sens. C’est alors que vous ne vous considérez plus comme un individu à part entière, mais comme une entité spirituelle encore plus grande, connectée à l’ensemble du monde. Car, en donnant la vie, vous avez sacrifié une partie de vous-même pour épouser une certaine forme d’éternité…
 
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3 réactions à cet article    


  • Nanaboso 15 février 2012 17:50

    bon bah merci....
    j’ai un peu plus de clarté sur ce que je vais traverser prochainement...
    ça donne pas franchement envie...
    mais bon j’ai « guide du jeune papa » de mikael micucci, ya pas mal de trucs, mais cela n’enleve pas l’appréhension....
    bref ce film je le verrai dans 3 ans pas avant ! pas envie d’etre demoralisé :)


    • Stéphane Decize 15 février 2012 18:33

      J’avais lu aussi guide du jeune papa. Qui est bien. C’est un minimum.

      Mon article est avant tout là pour casser le mythe de la naissance parfaite. Mais rassurez-vous, ça reste la plus belle chose qui peut arriver dans une vie.

      Profitez-en pleinement.

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Raphael


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