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Un jour les cités

Avant hier, ces tours et ces barres représentaient un présent radieux ou moins sombre pour des centaines de milliers de familles qui pouvaient enfin disposer d'un appartement moderne...

Des urbanistes et des sociologues ont écrit des centaines et même des milliers de pages pour souligner les erreurs du passé et notamment cette idée de concentrer des gands immeubles à la périphérie des villes....

Oui mais voilà, en ces temps là il y avait le plein emploi ou presque, les solidarités structurées par les partis ouvriers et notamment le PCFet un début de mixité sociale.

Aujourd'hui c'est le chômage massif et la ghettoïsation avec des jeunes sans repères et sans avenir.

Des auteurs comme Wilfried N'Sondé essayent de sortir des clichés et de décrire la réalité sociale et humaine....Ils nous apportent quelques clés de compréhension....

« Fleur de Béton »

Roman de Wilfried N’Sondé

Editions Acte Sud

212 pages

Mai 2012

18 €

Une voix étroite

L’auteur décrit avec réalisme la vie humaine et sociale de ces jeunes et vieux qui vivent ou survivent dans les cités de nos villes. Il ne s’agit ni de se désoler, ni non plus de masquer la réalité…

Rosa, jeune adolescente est amoureuse. Elle rêve de devenir la promise de celui que tous les jeunes envient ….il est beau et danse merveilleusement sur des rythmes venus d’ailleurs.

Après le rêve, c’est la réalité, moins idéale.

La cité des 6000 n’est plus ce quartier qui a fasciné autrefois les parents de Rose venus d’Italie. Lui avait un travail, il était reconnu et préparait pour sa femme et ses quatre enfants une existence pleine de perspectives…Ah quand ils revenaient au pays, ils étaient choyés, enviés, reconnus !

Aujourd’hui tout est terminé, Salvadore est chômeur, il n’est plus le pilier de la famille et n’apporte plus de soutien à sa femme.

Son fils aîné a été retrouvé mort derrière le parking, victime de dealers …

Rien ne va plus ici, dans cette famille où Rosa essaye d’éviter les coups donnés par son père et où la mère, autrefois adorée par son mari n’arrive même plus à empêcher le bras du mari de frapper un peu plus fort…

Un incident violent va accélérer le rythme de l’histoire et marquer les destinées de plusieurs jeunes et de Rosa :

Un retraité excédé par le bruit tire malencontreusement sur un groupe de jeunes, ce sont des cris, la panique qui entraîne le chaos :

« L’amertume envahit les cœurs, la colère monte dans les halls d’immeubles et les avenues du quartier. La rage gronde, inquiétante, elle se cherche un rythme et trouve la folie destructrice, comme une envie d’exister et de tout changer. »

L’auteur arrive à nous captiver avec une narration vive et de nombreux rebondissements…C’est une fiction, certes mais aussi un coin de voile soulevé sur l’existence de ces familles laissées à l’abandon et de ces jeunes qui n’on plus d’espoir.

La Fleur de béton peut-elle éclore dans cet environnement…La voie est étroite et peu réussissent à s’en sortir sans dégâts….
 

Jean-François Chalot




par CHALOT (son site) jeudi 31 mai 2012 - 32 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Surya (---.---.---.58) 31 mai 2012 10:22
    Surya

    Qu’est-ce que ça peut être cher, un livre !! Pourtant « 18 », ça n’a l’air de rien, ça semble petit, comme chiffre... Excusez moi mais je ne peux pas m’empêcher de multiplier 18 par 6.55957, et je trouve...118 francs (et des poussières) ! Qui aurait accepté de payer 118 francs pour UN livre, un seul, il y a quelques années ? Le livre parle du chômage et de la jeunesse dans les cités béton. Je ne suis pas sûre que de nombreuses familles au chômage ou jeunes sans emplois vivant dans ces cités-béton pourront se l’acheter pour le lire. On y parle pourtant d’eux, et visiblement avec grand talent.

  • Par CHALOT (---.---.---.6) 31 mai 2012 10:35
    CHALOT

    Pour le prix du livre : cela renvoie à la politique d’édition
    quand on est petit ou peu connu les éditeurs ne tirent pas beaucoup d’exemplaires et le coût est important

    Sur le « saccage » il n’y a pas que les cités. J’avais fait part dans un texte de l’expérience que j’ai eue à Meaux quand j’habitais dans la barre Cornouaille ( descendue aujourd’hui)
    Il y avait deux gardiens, ce qui permettait une continuité
    Ils avaient une fonction de médiation-relation .Il n’y avait aucune dégradation
    Aujourd’hui il n’y a plus ce type de personnel ou presque

  • Par CHALOT (---.---.---.6) 31 mai 2012 14:08
    CHALOT

    Yohan !
    qui excuse tout !? Pas moi
    Il est vrai que les politques qui détournent des millions indirectement ou directement, les spéculateurs qui provoquent les fermetures d’usines ne sont pas des délinquants reconnus et poursuivis, eux !
    Non je n’excuse pas tout

  • Par CHALOT (---.---.---.6) 31 mai 2012 23:53
    CHALOT

    Dès que l’on écrit sur les cités, nous avons droit à la même furie de personnes qui d’ailleurs ne connaissent pas la question et disent n’importe quoi en oubliant que dans ces quartiers c’esrt le chômage, l’absence de service public et de magasins de proximité, des gamins qui s’ennuient et n’ont comme perspective ; être comme papa c’est à dire chômeur ou se débrouiller comme tel grand frère.
    Alors Bulgroz arrive et lache des chiffres comme ça sans indiquer la destination de ces fonds et surtout en ignorant totalement la gabegie qui est faite...
    Il ignore que des Municipalités ont pris la question à bras le corps en installant des services de proximité, en se dotant d’un véritable service jeunesse, en arrêtant l’assistanat, en soutenant l’action du centre social et l’action des habitants.
    Les résultats sont là, meilleurs nettement que sur les communes où la Municipalité a sous traité avec les religieux et a pris des grands frères comme animateur.
    Un intervenant a dit qu’il faudrait tout raser...Eh bien non car :
    - il n’y a pas assez de logements disponibles
    - des habitants tiennent à leur appartement...Savez vous que beaucoup pleurent quand la tour implose...
    Reconstruire oui avec un plan et une implication des habitants....
    - des

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