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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Un livre qui parle du livre

Un livre qui parle du livre

Des éditions résistent au goût du jour , "sans dévier de la ligne qui a toujours été la leur,... bientôt, elles n'auront plus leur place parmi les éditeurs, presque tous regroupés en firmes commerciales à succursales multiples, ni leurs livres parmi ces liasses de textes torchonnés qui n'en ont plus que le nom et l'apparence, pseudo-livres devenus des produits de consommation périssables soumis à la mode passagère, vendus à coups de réclame intensive et brève, tristes objets d'un commerce du papier imprimé qui a oublié que les lettres furent la matrice de la pensée quand elle avait encore de l'esprit"

Voici un passage du livre d'Elibert Blaeme qui nous parle du livre, de sa défense dans le cadre d'un polar passionnant.

 

« Lettres mortes »

roman d'Elibert Blaeme

éditions librécrit

2011

185 pages

25 €

 

Un polar dans le milieu de l'édition

 

L'auteur qui a pris ce pseudonyme s'en prend au milieu de l'édition et de l'écriture où marchandisation et « machination » font bon ménage.

Le héros qui se raconte est un auteur en mal de notoriété qui est invité par son éditeur

à profiter d'une soirée mondaine pour se faire remarquer des journalistes.

Tout va pour le mieux, il rencontre un « confère » honni à qui il a prêté sa plume...L'altercation tourne au pugilat.

Un coup de poing ne fait ni bien mal ni ne propulse l'auteur au faite de la popularité ! Allez savoir.

Le lendemain l'adversaire est trouvé mort dans sa baignoire, électrocuté comme cet ancien chanteur des années 70 !

Lilian, notre héros semble être le coupable idéal ! Il doit à la fois essayer de comprendre et à la fois répondre aux demandes de son éditeur.

Voici là un polar- mais ce n'est pas qu'un polar- qui commence bien et qui nous plonge dans le milieu où l'édition est de plus en plus contrôlé par des capitalistes qui ne sont intéressés que par le résultat comptable.

Les politiques eux aussi manigancent et réussissent à placer leurs amis et à se faire éditer et diffuser grâce à une campagne de presse qui les propulse en tête de gondole.

Quelle réussite pour des personnalités qui n'ont pour certains écrit au mieux que quelques lignes de leur livre !

Dans cet univers impitoyable, survivent des éditeurs passionnés et honnêtes qui comme celui de Lilian, tout pris à la gorge qu'il est, continuent contre vents et marées à défendre et suivre des principes déontologiques :

« ..Je ne suis pas un éditeur à compte d'auteur, c'est à dire qui publie aux frais des écrivains et qui en fait son profit. »

L'immersion dans ce milieu fait d'affairistes d'un côté et de vrais éditeurs résistant tant bien que mal au système de l'autre est instructive et le suspense donne un petit plus.

L'auteur de ce livre comme celui dont il conte l'histoire sont résolument contre l'empire du fric qui fonctionne avec une promotion publicitaire propulsant des livres sans éclat, vendus comme n'importe quel produit commercial.

Voici là un livre qui ne faut pas hésiter à lire... Vous ne serez pas déçus !


 

Jean-François Chalot


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8 réactions à cet article    


  • tikhomir 23 octobre 2012 10:20

    25 € ! La couverture est en marbre ?


    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 23 octobre 2012 11:07

      La rançon des livres promis à un faible tirage, c’est le prix de vente !

       Quand on publie en POD (print on demand, impression à la demande) en quasi autoédition, on fixe soi-même son prix de vente à partir du prix de revient, pas trop élevé mais cependant supérieur à un tirage offset conséquent.
      C’est vrai que 25€ pour 185 p., c’est cher ! Je vends mes livres bien moins cher (environ 6 cents la page, ce qui ferait 11 € pour ce livre, en couverture glacée souple). Mais cela me coûte 159 € pour le dépôt à la BN, l’attribution d’un n° d’ISBN, la possibilité de vente en librairie ou en ligne et le maintien au catalogue pendant 5 ans) et malgré les pubs amicale et les manifestations locales, les ventes sont loin de s’envoler ! Seule la « vraie » pub (le matraquage) fait vendre. La qualité et le prix du bouquin sont relativement secondaires !

      • tikhomir 23 octobre 2012 11:32

        Je comprends bien le problème, néanmoins, je ne cautionne pas le principe. 11 €, je prendrais (allez, on pousse jusqu’à 15 ou 16).

        Pourquoi ne pas publier 2 versions ? Une en numérique à pas trop cher (genre un fichier ePub + 1 PDF, les deux sans DRM) puisque les coûts de production et de diffusion/distribution sont largement plus faibles que pour une version papier et permettre une version papier à un prix standard pour ceux qui veulent du papier ?

        A mon avis, tout le monde y gagnerait.


      • fredleborgne fredleborgne 23 octobre 2012 15:06

        Allez sur Atramenta, vous pourriez le vendre 8.90 euros comme je le fais moi-même

        http://www.atramenta.net/books/quelques-nouvelles-du-net/73

        C’est plus facile à écouler auprès de ses amis ou dans la rue, et pour les invendus, je les « placerais bien » à la famille, sinon qu’il n’y en a pas puisque il s’agit d’une édition à la demande...


      • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 23 octobre 2012 11:16
        Pour des renseignements sur la façon de procéder de l’« éditeur » de ce livre on peut aller sur son site :

        librecrit.free.fr/frame.html

        • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 23 octobre 2012 12:05

          Tout ce qui précède ne doit pas empêcher d’acheter le livre si l’on veut bien risquer 25 € !


          • lulupipistrelle 23 octobre 2012 13:33

            Une maison d’édition vraiment dérangeante (il faut dire qu’elle est hélvétique), ce sont les éditions Xenia, de Slobodan Despot, insoumis et provocant, pas vraiment de gauche... 


            • fredleborgne fredleborgne 23 octobre 2012 14:34

              Il est possible de « faire de l’argent » sur les auteurs sans les escroquer, à coup d’auto-édition disproportionnée.
              Mais ce n’est pas facile.
              Je connais un site qui y parvient.
              Chaque auteur peut s’inscrire gratuitement, peut déposer toujours gratuitement une partie de sa production en lecture libre, et recevoir des avis de lecteurs inscrits tout aussi gratuitement.
              Mais, ce n’est pas la pub qui enrichit le webmaster : ; il n’y en a pas...
              Les auteurs ont très souvent un rêve : écrire un livre et se faire éditer.
              La plupart, et ceux de ce site le font, passent par l’auto-édition.
              Plus il y a d’auteurs sur ce site, et plus le webmaster aura des « petits contrats d’édition ».
              Il va faire son (petit) beurre sur
              - un prix modique pour fournir un ISBN et une vitrine en ligne pour le livre papier et l’ebook
              (à partir de 39 euros si on n’est pas dans le réseau dilicom)
              - un bénéfice modique sur chaque exemplaire imprimé vendu, une fois l’imprimeur et l’auteur payé. Le bénéfice est volontairement modique pour que l’achat d’un livre fabriqué à la commande et à l’unité soit compétitif.
              - des tarifs dégressifs si l’auteur veut vendre directement ses livres et a besoin d’un stock (non obligatoire)
              Voilà comment ce « petit webmaster » (le site est superbe), au fil du temps, accumule des auteurs, des lecteurs, et le produits de petits ruisseaux.
              Dans le même temps, les gens sans argent peuvent lire gratuitement en ligne, télécharger des oeuvres du domaine public ou des ebook offerts par les auteurs et encourager les auteurs par leurs commentaires, auteurs, qui, sans avoir la propriété de JK Rowlings ont ainsi plus de succès que si leurs écrits étaient restés à la disposition des cafards au fond de leurs tiroirs.

              www.atramenta.net

              Vu le prix d’un livre de 200 pages 14 par 18 en papier bouffant (7,90 Euros), on se demande ce qu’un Claude Colson est allé se faire imprimer ailleurs à plus de 16 euros les 100 pages...

              Actuellement, un ebook devant permettre de faire connaitre ce site et une vingtaine d’auteurs est en diffusion gratuite sur Amazon

              Vacances de rêve ou d’enfer

              mais vous pouvez aussi le télécharger gratuitement sur le site dans d’autres formats, et avoir un exemplaire papier pour 9 euros

              http://www.atramenta.net/books/vacances-de-reve-ou-denfer/96

              Mais ça, il n’y a qu’un autre site pour en faire autant, avec malheureusement un peu moins de réussite.

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