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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Un new big band pour la théorie de l’Univers Zéro

Un new big band pour la théorie de l’Univers Zéro

Les fêtes approchent et c’est toujours agréable de contribuer à ce qui devrait être un moment de partage. L’occasion de présenter le dixième album ( ?) paru en 2014, de nos amis belges d’Univers Zéro. Une formation qui a fêté ses quarante ans de présence sur la scène musicale et qui officie dans le genre zeuhl. Vous ne connaissez pas le zeuhl ? Je ne sais pas si c’est admis dans le dictionnaire sinon ça peut être intéressant pour le scrabble. En réalité, le zeuhl est un genre à part dans le rock progressif. Une spécialité française initiés par Magma, fantastique groupe ayant œuvré dans le zeuhl déchaîné. Après, on trouve le zeuhl plus jazzy et fusion comme chez Zao et puis le zeuhl de chambre dont on peut dire qu’il a été inventé par Daniel Denis, percussionniste, compositeur et tête pensante d’Univers Zéro dont le premier album est sorti en 1977 avec une excellente réception parmi les mélomanes férus d’expériences musicales inédites.

Un album d’Univers Zéro s’écoute comme un quatuor de Bartok ou de Debussy. C’est de l’art rock dans son expression la plus aboutie, avec harmonie, compositions et subtilités inattendues. Entre classicisme et rock musique, autrement dit, plus du classique joué rock que du rock joué symphoniquement comme dans la galaxie Crimson. Nous sommes dans ce qu’on désigne comme du rock de chambre, en raison des instruments utilisés qui sont classiques mais secondés par les percussions et la guitare basse. Ce dixième album intitulé Phosphorescent Dreams a été édité sur le label japonais Arcàngelo avec une nouvelle line-up plus conventionnelle qui incorpore la guitare électrique et qui devrait nous éloigner des premières œuvres mais ne nous fions pas aux apparences ni ne sacrifions aux préjugés. Voici ce qu’en dit Daniel Denis dans la notice de presse :

« J’ai voulu que ce treizième album oriente notre formation vers de nouveaux horizons différents des structures musicales passées. Je pense qu’il est décisif pour un groupe de se remettre en question de temps en temps. Notre vieille formation était devenue stagnante, avec comme conséquence une perte de motivation. Il n’y avait pas d’alternative. J’ai décidé de dissoudre le groupe. Ce ne fut pas chose facile mais grâce à la rencontre avec le guitariste Nicolas Dechêne guitare et Antoine Guenette qui sévit aux keys, une nouvelle énergie s’est manifestée avec plein de fraîcheur. J’ai souhaité voir Univers Zéro s’écarter d’une tendance noisy pour une orientation plus rock, notamment avec l’intervention de la guitare. Les compositions sont partagées avec Kurt Budé et les miennes si bien que chaque pièce musicale possède une signature originale. Je pense que cet album révèle une maturité certaine et marque une étape décisive après 40 ans d’existence du groupe UZ ».

Et maintenant, le verdict de votre serviteur mélomane. Je dois avouer que je n’ai pas suivi Univers Zéro depuis 1990 et je veux bien croire que le groupe s’est enlisé comme le laisse entendre Daniel Denis. Ce dernier album semble alors représenter un retour aux sources avec une sorte de synthèse entre le classicisme du premier album et les tendances plus rock qu’on peut trouver dans Uzed, le meilleur disque de ce groupe à mon sens et dont les compositions ont toutes été signées Daniel Denis qui est vraiment la tête pensante, l’âme d’Univers Zéro qu’il a su transmettre à cet line-up inédite, aucun des musiciens ne figurant dans la formation initiale des années 70 et 80. On retrouve d’ailleurs l’énergie de Uzed dans les trois des quatre compositions signées Denis dans Phosphorescent Dream, la dernière étant plus énigmatique. Les trois compositions signées Budé sont plus intimistes, évoquant parfois cette sombre clarté qu’on ressent en écoutant la leçon de piano composée par Michael Nyman. Sorte de complainte radieuse et désespérée qui colle tant à l’époque crépusculaire que l’on vit. Ce disque est vraiment une réussite parfaite et une œuvre résolument ancrée dans ce 21ième siècle hésitant. Avec les étranges sonorités des cuivres lancinants et mélancoliques de Budé.

Sans hésiter, cet album est un des incontournables de l’année 2014. Un aboutissement avec des formes musicales épurées, sombres et lumineuses, et terriblement apaisantes avec une exécution très soignée et cette sombre clarté qui évoque l’éternité qui scintille aux portes de nos tympans. Comme dans une œuvre de Jehan Alain. Un quintet pour les temps futurs. Une musique sombre et radieuse, comme peut l’être notre époque. De quoi être guéri de la musique de masse qui pourrit nos tympans.


Moyenne des avis sur cet article :  4/5   (4 votes)




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7 réactions à cet article    


  • L'enfoiré L’enfoiré 23 décembre 2014 10:10

    Le zeulh de nos amis belges d’Univers Zéro.

    Même belge, je ne connaissais pas.
    Merci pour cette reconnaissance. 
    Je vais rechercher les liens musicaux.
    Joyeux Noël.


    • Le p’tit Charles 23 décembre 2014 10:58

      Ah l’harmonie des sons...avec des notes qui veulent dire quelque chose...Pas du bruit pour rien..de la musique qui titille nos oreilles..Pas d’agressivité pour nos tympans..juste une agréable sensation de bien être..de recueillement..de plaisir..et patatrac la mélasse infâme de ce groupe nous crève l’esprit..attise nos peurs avec ce bruit qui agresse nos sens tout entier...
      Bonnes Fêtes quand même cher monsieur..l’essentiel étant d’avoir encore le choix.. !



        • Gnostic GNOSTIC 23 décembre 2014 14:14

          Ouahhhhhhh

           

          UNIVERS ZERO ou MUSIQUE ZERO ? 

          Ça déchire un max

           

          C bien simple après avoir écouté ça, dans un état second j’ai pris mon secoubite et je suis parti foncer sur le marché de Noel de mon bled.

           

          Au moment de gueuler Allez au Bar, ma mob a glissée sur une banane et je me suis payé le réverbère.

           

          Même pas un mot de mon action héroïque dans les merdias

           

          Saleté de musique

           smiley


          • soi même 24 décembre 2014 06:52

            Pour une fois on quitte ses obsessions sa soulage de vous lires et découvrir autre chose, quelque chose de plus humain que vos théories échevelés !


            • Abou Antoun Abou Antoun 24 décembre 2014 08:32

              Après le « Big Bang » le « Bid Bang ». Bah, les théories c’est comme les promesses électorales, ça n’engage que ceux qui les croient.

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