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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Un voyage en Mongolie

Un voyage en Mongolie

Si, dans ce quinquennat de vaches maigres, vous n’avez pas les moyens de vous payer des vacances au soleil, quelque part entre la Côte d’Azur et les Baléares... Si vous n’avez même pas suffisamment économisé pour visiter le pays des Gagaouzes, louer une chambre au Nakitchevan ou dîner au restaurant quelque part au Birobidjan... Alors ce guide touristique est fait pour vous. Descendez dans le café en bas de chez vous, ouvrez le « Guide de Mongolie » de Svetislav Basara, étendez les jambes sous la table et laissez vous porter par ce carnet de voyage délirant.

Svetislav Basara, Guide de Mongolie, Les Allusifs, 2007

La lettre d’un ami qui vient de se donner la mort invite un écrivain serbe à se rendre en Mongolie pour y écrire un grand reportage. Rien de pathétique dans cette histoire, le suicidé se console à l’avance d’être utile à son ami en l’envoyant à l’autre bout du monde sans raison valable. Cet événement tombe à pic pour l’écrivain qui s’ennuie dans son "pays merdique" à force de se prendre pour une mouche, de se saouler en compagnie d’un prêtre fantomatique et de rêver à la femme idéale dont le sexe ne ressemblerait pas aux dessins des manuels d’anatomie soviétiques.

Pendant son séjour au bar de l’hôtel "Gengis-Khan" à Oulan-Bator, il croise Charlotte Rampling, éternellement vissée dans un fauteuil en cuir noir à boire cappuccino sur cappuccino. Il refait aussi le monde, en s’enivrant au passage, avec un évêque hollandais perdu dans un rêve, un journaliste américain travaillant pour un journal qui n’existe plus, un officier russe devenu moine bouddhiste, un mort-vivant français obscène et un psychanalyste italien d’un ancien roman de l’auteur et qui s’est imposé dans celui-ci.

Pourquoi rejoindre les hordes de touristes partis à la conquête du monde, inspirés par les clichés de leurs appareils numériques ? La lecture de ce roman délirant, à la terrasse d’un café des beaux jours, est bien plus agréable que les bousculades.


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2 réactions à cet article    


  • armand armand 26 avril 2008 21:55

    Y croise-t-on le fantôme du Baron Von Ungern-Sternberg... ou de Corto-Maltese ?


    • cdward cdward 26 avril 2008 22:24

      Hélas, non. Si le baron von Ungern-Sternberg vous intéresse, je vous conseille la lecture du livre de Vladimir Pozner, "Le mors aux dents". Quant à Corto, vous connaissez déjà Hugo Pratt. Le héros de la bande dessinée de David B., "Par les chemins noirs", a des airs de Corto... Je vous la conseille.

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