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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Une Billie catalane ? C’est pas possible

Une Billie catalane ? C’est pas possible

C'est la Fête de la Musique. On ne sait plus de quel côté dresser les oreilles. Rock d'un côté, Folk de l'autre, là un accordéon, et même un trio classique.

Mais que diriez-vous d'un peu de Jazz ?

La première fois que j'ai entendu "He's funny that way", j'ai immédiatement tendu l'oreille.

Serait-ce Billie Holiday ? Pourtant c'est un enregistrement récent. Et celle-ci chante comme Billie au début de sa carrière. Bluffant !

Moi qui ne jurais, jusqu'à présent, que par les grandes noires américaines, Billie, Ella, Sarah, Dinah, Nina, je n'en suis toujours pas revenu.

J'avais déjà été séduit par la délicieuse Cyrille Aimée, une française qui se réapproprie le Jazz manouche et qui mériterait, elle aussi, un article (ça viendra peut-être).

Mais celle-ci est toute jeune (on peut encore le dire : 21 ans), non seulement elle chante, mais elle joue aussi, et fort bien, de la trompette (et même du saxo), et est…catalane (oui, vous avez bien lu : de Barcelone). Elle s'appelle Andréa Motis et commence à éclabousser le Jazz européen.

 

A Barcelone, existe une école de jazz et un jazz band de "Sant Andreu" qui sont dirigés par un excellent multi instrumentiste (contrebasse et saxophone) et professeur nommé Joan Chamorro. C'est lui qui a remarqué la toute jeune Andréa et l'a intégrée à son école puis à son orchestre où elle s'est formée.

Depuis, l'orchestre s'est produit avec elle dans de nombreux festivals européens qui lui ont permis d'être remarquée notamment par le célèbre trompettiste, arrangeur, chef d'orchestre, producteur, etc, Quincy Jones.

Après quelques enregistrements sous leurs deux noms (Chamorro et Motis) ou celui de l'orchestre, vient de sortir un CD, sous le prestigieux label Impulse, où figure "He's funny that way", intitulé "Emotional Dance", mais toujours avec ses compères barcelonais habituels accompagnés toutefois de quelques invités américains.

Leur répertoire habituel est celui d'un Jazz très classique, mais elle s'attaque aussi, avec bonheur, à d'autres styles (bossa nova ou hard bop d'Horace Silver), et commence même à composer elle-même.

Voix bien en place, vibrato à peine perceptible, aucun effet superflu, rien à redire ! Sans doute parce qu'elle aussi, comme son célèbre collègue Satchmo, joue de la trompette (et de quelle façon !).

Peut-être s'essaiera-t-elle, espérons le, à un Jazz plus moderne. Mais qu'elle ne se brûle surtout pas les ailes !

 

Ceux qui ont 45 minutes à y consacrer peuvent visionner et écouter ce concert du Sant Andreu Jazz Band dirigé par Joan Chamorro. Il date de plusieurs années, Andréa Motis y est encore toute jeune et n'a pas encore sa maturité actuelle, mais son aisance, son naturel, bref ! son talent éclatent déjà.

Bien sûr, c'est du Jazz de Grand Papa, mais Andréa et les musiciens (et les danseurs), toujours excellents (y compris quelques jeunes de l'école), jouent avec un tel plaisir qu'on se laisse facilement gagner par ce bonheur qu'ils distillent.


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5 réactions à cet article    


  • norbert gabriel norbert gabriel 21 juin 17:37

    Salut

    Excellent article, jazz de grandpapa ou pas, c’est très bon... Je découvre avec plaisir.. Dans un autre genre, j’ai commencé la journée avec Cab Calloway, ça met tout de suite d’humeur tonique...

    https://youtu.be/y-kJqM7he9o

    Cordialement Ouap dou ouap ! 


    • gégène 21 juin 23:16

      @norbert gabriel

       

      Ah, Cab Calloway ! et « Minnie the moocher », bien sûr.

      Vers la fin des années 30 et une grande partie des années 40, il dirigeait un big band qui concurrençait, à juste titre, ceux de Duke Ellington et Count Basie, et qui comprenait des pointures de premier ordre comme Dizzy Gillespie, déjà, et le saxophoniste Chu Berry, hélas trop tôt disparu.

      Si vous ne connaissez pas, écoutez  »Jonah joins the Cab">i> : https://www.google.fr/#q=jonah+joins+the+cab

      Jonah Jones y est éblouissant à la trompette, magnifiquement soutenu par les riffs de l’orchestre, lui-même propulsé par une rythmique d’enfer avec le fabuleux Cozy Cole à la batterie.

      Un monument de swing.


    • François Vesin François Vesin 21 juin 18:06

      Qu’est-ce que ça fait du bien !!!

      MERCI

      ps : il y a une très grosse trentaine d’années, à Paris dans 
      une cave de jazz qui s’appelait les Chevaliers du Temple
      se produisait une jeune femme aussi extraordinaire
      qu’inoubliable qui s’appelait Marlène Anconina : avez-vous
      eu la chance de l’écouter ?

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